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If we hold on together • Laurin

EX CATHEDRA :: La France :: Le Château de Paris
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Charles De France
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Jeu 30 Aoû - 11:53
Charles n’avait jamais été friand des notions de la Cour. Qu’il soit question de la sienne ou d’une autre, il se pliait aux festivités davantage par traditions que par réelle volonté personnelle. Surtout depuis qu’il avait vécu l’Enfer à cause des anglais lors de sa capture durant la précédente guerre l’ayant opposé à l’Angleterre. De cela aussi, il ne gardait nulle bribe. Le Souverain était perturbé au plus haut point. Son épouse semblait être accablée par son manque de souvenirs et lui-même se sentait quelque peu… Vide. Parfois. Lorsqu’il essayait de réfléchir à son passé mais que rien ne lui revenait.

Seuls quelques rares tableaux l’orientaient sur le sens qu’avait sa vie, auparavant. Mais sa Majesté ne se reconnaissait plus vraiment dans ces peintures; au même titre que dans les festivités précédemment citées.

Ce soir avait lieu un bal et beaucoup de personnes issues de la noblesse avaient accourues sitôt l’annonce de l’invitation émincée. Charles de France avait organisé ce bal sous les conseils de ses ‘amis’ de la haute-société. Pour l’heure, il s’était rendu à leur avis. Non pas qu’il le regrettait, mais l’atmosphère étouffante du grand hall de son palais parisien devient rapidement irrespirable pour lui. Mal à l’aise, il profita d’un instant musical pour filer, laissant aux musiciens le soin de distraire les bien-nés autre que lui-même.

Soufflant fortement pour reprendre son souffle, le Roi finit par se redresser dès lors qu’il fut dans l’un des couloirs menant à une pièce qui n’était sans doute pas la plus peuplée en cette nuit de fête - et le terme était volontairement exagéré.

Ainsi, du haut de ses vingt-huit-années, le Monarque pénétra dans l’enceinte de l’armurerie, satisfait de voir que son désir d’isolement serait ici apparemment satisfait. Son coeur battait vite, mais il fit en sorte de se calmer, ses cheveux blonds dansants avec la brise qui s’infiltrait ici. Par la fenêtre la plus proche, une demi-lune somptueuse inondait son unité toute entière, le laissant là, éthéré; cerné par des épées qui avaient pourtant, il n’y a guère si longtemps, échoué à le protéger.

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Laurin de Buxy
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Jeu 30 Aoû - 11:56
La lune avait beau n’être qu’au milieu de son cycle, elle projetait tout de même une lumière opaline claire sur l'armurerie. Laurin n’arrivait pas à rester calme, l’appel de l’astre le démangait comme à son habitude, aussi s’était-il réfugié à l’arsenal, fuyant les courtisans et leurs babillages inutiles. L’odeur de l’huile et de l’acier l’aidait à garder son calme et l’entretien du matériel calmait à coup sur ses nerfs en l’occupant quelques heures.
Il s’échinait sur un plastron vieillissant dans le petit atelier attenant à la salle d’arme. Son cuir n’était plus de prime jeunesse et commençait à s’écailler doucement, Laurin ne souhaitait pas laisser une si belle pièce se dégrader ainsi. Il avait presque réussit à redonner son lustre à l’armure qu’un bruit attira son attention. L’odeur d’un être humain flottait au milieu de celles plus communes de l’armurerie.
Il sortit de son officine, le plastron encore dans les mains, s’attendant à croiser un noble en balade. Mais devant lui se trouvait le roi de France plongé dans ses pensées.
Il hésita un instant puis osa timidement interpeller son souverain.
“Bonsoir Majesté. Puis-je faire quelque chose pour vous ?”
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Charles De France
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Jeu 30 Aoû - 11:59
Il s’était retiré dans cette partie du château pour ne pas se mêler à la foule ambiante, propre au bal organisé en ce moment même dans le ventre de son palais et qui rythmait la soirée de gala. Cependant, Charles ne s’était pas imaginé une seconde croiser le chemin de quiconque entre ces murs-ci, ou le métal était le locataire le plus présent et le cuir son fidèle attenant. Aussi, lorsqu’il se fit respectueusement interpellé par une tierce personne, le Souverain se surprit à sursauter, brièvement arraché à la contemplation lunaire, ses yeux verts s’accrochant à une silhouette toute nouvelle et bien différente de celle de l‘astre lunaire.

Il s’agissait manifestement d’un homme de belle allure et d’une carrure toute dessinée par les heures d'entraînements devinées comme étant derrière lui. Son visage, loin d’être poupon, engageait pourtant à ne pas le définir comme étant trop marqué par le temps, l’âge, les années.

Charles cligna des yeux à deux reprises avant de trouver quoi répondre. « Oh, je… Navré je ne souhaitais déranger personne en ces lieux. » Il fit quelques pas qui résonnèrent dans le lointain du toit immensément haut en comparaison à ceux des habitations nobles plus modestes qu’il avait déjà eu l’occasion de visiter par le passé. « Je cherchais simplement le calme et la compagnie du silence… J’ai un peu honte de l’admettre mais j’ai fait en sorte de me soustraire à mes devoir de Roi, ce soir. Chose quelque peu pathétique, je pense que vous en conviendrez. »
Tout du moins, c’était ainsi que lui se jugeait. Avec fermeté et intransigeance. Car, déjà que sa mémoire lui faisait défaut, comment pouvait-il rassurer son peuple s’il n’était même pas dans la capacité de respecter ses engagements de Roi ?

Posant une main sur l’un des établis de bois, Charles plongea son regard sur les épées religieusement bien rangées, les unes avec les autres. C’était un travail de haute qualité, à n’en point douter.

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Jeu 30 Aoû - 12:00
Etait-ce bien le roi qui s’excusait devant lui ? Jamais il ne s’était imaginer qu’il pourrait non seulement discuter en privé avec son seigneur, mais encore moins que ce dernier serait contrit.
Il posa rapidement la pièce d’armure sur une table à ses côtés et s’avança de quelques pas.
“Vous ne me dérangez pas du tout monseigneur, après tout c’est votre armurerie. Et ne vous excusez pas, je ne saurais vous juger. Mais il me semble que je n’ai pas encore eu la chance de me présenter. Je suis Laurin de Buxy, banneret de la maison d’Orléans.”
Il esquissa une rapide révérence, essayant de ne pas trop se rapprocher des manières des courtisans sans toutefois se montrer irrespectueux. Après tout, il ne savait pas sur quel pied danser avec le roi, l’expérience lui était toute nouvelle. Mais ce dernier avait les yeux dans le vague, fixant les râteliers et les armes qui trônaient dessus.
“Je dois vous avouer que j’ai moi même fui la compagnie de la cour ce soir. La compagnie de tant de personnes peut parfois pousser les gens à chercher un peu d’isolement. Et je ne fais pas exception à la règle.”
Il guettait nerveusement la réaction du souverain. La première impression étant la plus importante, il craignait de faire un faux pas.
Il reprit le plastron et le fixa sur son reposoir. Laissant l’acier luisant réfléchir les rayons de l’astre nocturne.

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Jeu 30 Aoû - 12:02
Laurin de Buxy. Ainsi était nommé son interlocuteur. Charles aurait aimé pouvoir dire que ce nom évoquait chez lui un souvenir quelconque mais… il n’en fut rien. Comme le reste. Comme beaucoup. Il inspira et souffla quelques secondes avant de prendre acte de ce que venait de lui délivrer son homologue de l’instant. « Enchanté, banneret. » La maison d’Orléans était, après tout, un pilier puissant de ce royaume, au même titre que la couronne de France. A deux ou trois détails près. « Navré si j’apparais étrange, j’imagine que la nouvelle au sujet de mes souvenirs vous est parvenue au même titre que la majorité de la population du pays dont je suis à la tête. »

Il se sentait quelque peu honteux, d’apparaître sans doute si fragile. Il était le Roi, tout de même ! Dieu avait placé en lui sa foi indéfectible et il était, aux dires de ses plus proches, le fils favori de l’église de Rome. Rien n’aurait dû pouvoir le faire trembler. Rien. Si ce n’est l’Angleterre, apparemment. Et les festivités serties d’apparats trop lourds, comme ceux-soir-là, précisément. « Distillez-vous votre temps en solitaire avec l’entretien de ces magnifiques lames ? » dit-il alors que son regard revenait vers le métal des précieuses suscitées. « Rien qu’à l’œil, je peux dire qu’elles sont parfaitement entretenues. Vous avez sans doute une main de maître, Messire de Buxy. »

Tout le monde ne pouvait se targuer d’avoir droit à une parole, même courte, de la part du Roi. Un dialogue encore moins. Mais ce soir et en ces lieux, Charles avait envie de se débarrasser un peu de ces conventions qui lui clouent la peau depuis son réveil.

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Jeu 30 Aoû - 12:03

Il avait beau avoir entendu les rumeurs sur l’état du roi, il ne s’était jamais rendu compte de l’étendu des blessures de son souverain. La dernière fois qu’il l'avait aperçu, c’était un homme énergique et motivé inspectant les troupes s’apprêtant à partir vers l’Angleterre. Il était passé à quelques rangs à peine de Laurin, jugé sur son destrier, ses cheveux portés par le vent, ses traits patriciens marqués par la fierté. Aujourd’hui il semblait brisé et rêveur.

“C’est bien trop d’honneur Sir, je ne fais que mon travail. Mais je dois reconnaître que c’est une tâche que j’apprécie. Entretenir le matériel m’occupe l’esprit et me détend, surtout les nuits où cour s’agite ainsi. C’est toujours lors des nuits les plus mouvementées que se réveillent les vieilles cicatrices. Je dois dire que vous avez l’oeil pour les armes, ce sont de très belles pièces, rapportées d’Italie.”

Il en saisit une et hissa la garde rehaussée d’or au niveau de ses yeux. La lueur de la lune faisait jouer des reflets éthérés sur les gravures et les replis de l’acier. Le métal était d’une qualité rare, et le travail du fabricant tenait plus de l’orfèvre que de la forge. Il souffla un coup pour se calmer, humant l’huile qui enduisait la lame, et reposa l’épée.

Il se trouvait balourd, son souverain semblait perdu et il ne savait pas quoi lui dire. Il repensa à la douleur de la morsure et aux longues heures d’agonies qui en avaient suivi. Il ne doutait pas que les souffrances du roi dépassaient largement les siennes. Si seulement la moitié des rumeurs qui couraient s’avéraient vraies, alors le roi devait être soit d’une constitution colossale, soit particulièrement chanceux.

“Je voulais vous dire que je suis navré pour ce qui vous est arrivé. J’ai vraiment été soulagé en apprenant que vous vous remettiez. Peu de gens seraient capable d’endurer de tels traitements et y survivre. Quelqu’un tout en Haut doit tenir des plans particuliers pour vous.”

Il sentit sa propre blessure qui le démangeait, l’évocation de telles souffrances ranimant les souvenirs de sa propre chaire. Il passa sa main sur son épaule, là où les crocs avaient mordu dans les muscles.

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Jeu 30 Aoû - 12:05
Charles savait qu’il aurait dû être ravi de voir que l’on se souciait de son état de santé et du reste de ce qui pouvait le concerner de près ou de loin. Pourtant, sa perte de mémoire l’empêchait de profiter des fruits de ce genre de conversation. Il se sentait… Illégitime à recevoir de telles attentions et ce soir plus que les autres, la mélancolie qui l’envahissait était particulièrement forte. « Je vous remercie. » Il avait pincé les lèvres un instant, le regard de nouveau braqué sur les pièces d’armureries magnifiées par les soins reçus des mains du De Buxy.

« Depuis combien de temps êtes-vous en office ici, Laurin de Buxy ? » Cela l’intéressait réellement et Charles mettait toujours, depuis qu’il en était en mesure, un point d’honneur à questionner les gens, les autres. A essayer de les connaître. C’était vraisemblablement quelque chose que son ancien lui ne faisait guère assez, s’il se référait à certains bruits de couloir qu’il n’aurait sans doute pas dû entendre. « Puis-je ? » dit-il en se dirigeant vers l’une des épées au pommeau travaillé.

Il aurait voulu tenir une épée en main d’une manière plus appuyée et ferme que durant les simagrées d’affrontements auxquels il avait eu droit depuis son réveil. Peut-être qu’au contact de l’une de ces demoiselles de métal, il pourrait ressentir de nouvelles émotions qui le guideront vers un lieu de réflexion moins engoncé dans le tissu ? Il l’espérait, en tout cas.

Mais, il avait beau être le roi, il préférait attendre que son hôte lui atteste qu’il pouvait disposer temporairement de cette arme-ci.

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Jeu 30 Aoû - 12:06
La mélancolie du roi était palpable. Laurin ressentie son erreur lorsque le souverain le remercie, il semblait mal à l’aise et gêné. Il se sentait bête d’avoir ainsi parlé à Charles. Ce genre de discussion n’avait jamais été son fort, en tout cas pas depuis les Deniers, il préférait se ramener à ce qu’il maîtriser, l’acier et le chant des lames, il remarquait justement la prise un peu lâche du roi sur son épée.
“Bien sur allez y Sir. Si vous voulez vous essayez un peu à cette lame il y a une petite salle d'entraînement attenante.”
Il prit lui même une lame en main, une rapière à ricasso assez fine et à la garde taillée dans la masse pour ressembler à une feuille de vigne. Puis il se dirigea vers l’antichambre de combat. S’emparant d’une lanterne, il poussa la porte de bois finement travaillée et se mit à allumer les bougies réparties le long des murs. Ils y verraient moins bien mais le lustre serait trop fastidieux à enflammer.
Ses pas résonnaient sur le parquet de bois dur et remontaient le long des arcades qui menaient à la voûte. La pièce, quoique spartiate, remplissait parfaitement son office. Un raque pour les armes longeait le flanc est du mur et un pantin de paille destiné à la coupe occupait le nord.
“Cela fait 3 ans que je m’occupe de ce lieu. J’ai été affecté ici après la campagne d’Italie et je suis resté en service en continue depuis lors. Enfin si on oublie la campagne d’Angleterre.”
Il fit signe au roi de rentrer dans la salle et de faire comme chez lui. Il tenait toujours son épée et espérait secrètement que Charles souhaite effectuer quelques passes. Quelle chance ce serait pour lui de montrer ses talents d’escrimeur. Et peut-être cela lui permettrait-il de graver son image dans la mémoire du roi de France.

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Jeu 30 Aoû - 12:07
Quelle ne fut pas la surprise de Charles lorsqu’il fut autorisé, pour ne point dire invité, à prendre l’arme qui semblait l’appeler et le séduire de par sa simple présence. Regardant son homologue s’éloigner, le Souverain ne perdit nullement un seul instant pour concrétiser ses paroles précédentes, prenant le temps d’admirer la magnifique facture de cet ouvrage tout de métal fait. Un sourire fin parvint à trouver grâce sur ses lèvres et l’envie de mettre en pratique ses vagues souvenirs récents s’empara de lui.

Pénétrant dans la pièce attenante, tel que l’avait précisé Laurin de Buxy peu de temps auparavant, Charles plissa un peu les yeux afin de s’accoutumer à la semi-clarté des lieux. En cette nuit de demi-lune, ces quelques flammes seraient malgré tout suffisante, peu importe l’office requit.

En écoutant les dires de son maître d’arme, Charles de France eu un sourire quelque peu peint de tristesse. Abaissant quelque peu son épée, jusqu’à ce que le bout de la lame puisse presque toucher le plancher il osa délier ses lèvres pour une requête bien particulière. « Sir de Buxy, puis-je me montrer curieux ? » Il prit une inspiration profonde avant de reporter son regard émeraude éteint vers l’habitant de ces lieux si particulier. « Auriez-vous l’obligeance de me raconter, de votre point de vue, les événements qui se sont déroulé pendant la guerre contre l’Angleterre ? J’ai été informé des grandes lignes par mes généraux, bien sûr, mais j’ai l’impression qu’ils me cachent quelque chose, bien que je ne saurais l’affirmer pour autant. »

Cela lui pesait, pour autant, d’avoir cette sensation d’être traité comme un enfant. Charles se remettait encore de certaines de ses blessures, certes, et le pays se relevait de cette campagne, mais… Quelque part, une ombre semblait subsister. Dans les détails que l’on refusait de lui délivrer.

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Laurin de Buxy
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Jeu 30 Aoû - 12:08
Le roi lui demandait-il vraiment de lui raconter la campagne d’Angleterre ? Il était surpris, il semblait lui faire confiance pour lui révéler toute l’histoire alors qu’ils venaient de se rencontrer. Pourquoi le seigneur de toutes les terres de France lui feraient-ils confiance à lui, un noble de bas étage alors qu’il semblait se méfier de ses propres généraux ?
Mais après avoir encaissé le choc initial il en fut enchanté, il tenait sa chance de rendre service au roi. Il pouvait se rendre utile à sa majesté en personne. Il ne laisserait pas passer cette chance.
Il repensa aux batailles, l’approche vers Londres, le manque suspicieux de résistance, la débâcle soudaine, l’occupation, la révolte. De mauvais souvenirs remontaient à la surface, le visage de Serge s’imprimait en surimpression dans sa mémoire, ses traits tordus de douleurs, les yeux fous cherchant la délivrance. Des dizaines d’images similaires s’incrustaient dans les pores de son esprit, se libérant de leurs prisons de refoulement. Il prit un instant pour se calmer, ses lèvres étaient sèches, sa main se serrait trop fort sur la poignée, les phalanges viraient au blanc sous la pression. Il devait lui raconter ce qu’il savait, autant qu’il pouvait.
“Je ne saurai parler que de ce que j’ai pu voir et apprendre de mes propres oreilles ou de sources fiables mais j’ai suivi la plus grande partie de la guerre aussi j’espère ne rien louper. Nous sommes partie d’ici mais aussi depuis les châteaux et autres forteresse de la régions. Nous étions des milliers, je me rappel très bien les étendards qui flottaient par dizaine au dessus des troupes. Je vous ai même vu nous haranguer avant le départ. Nous avons marcher des jours, en rythme forcé, pour atteindre les ports, le moral était bon, on avalait des dizaines de bornes chaque jours sans se décourager.
A Calais nous avons embarqués, prêts à en découdre dès notre arrivée. La traversée fut rapide et sans soucis, presque aucun navires à l’horizon, à peine quelques escarmouches navales. A mon avis, c’est à ce moment qu’on aurait dû se rendre compte que quelque chose clochait.
Une fois débarqués nous avons suivi le plan dressé par l’état major, nous avons marché vers Londres. Le gros de l’armée s’est scindé pour prendre des objectifs stratégiques mais la résistance n’était pas très importante.Le moral était haut parmi la troupe, le haut commandement semblait grisé par ces victoires rapides. C’est surement pour ça que les doutes soulevés par certains officiers n’ont pas été écoutés. Je n’étais pas personnellement dans la tente lors de l’explication des plans, mais j’ai bien vu Francis d’Auxerres en sortir furieux et pestant contre l'inattention et le manque d’écoute des généraux.”
Jusqu’ici il racontait surtout ce qu’il avait pu entendre par les officiers supérieurs. Mais le récit allait prendre un ton plus personnel alors qu’il se rapprochait des véritables combats, ceux qu’il avait mené pour prendre les faubourgs et les rues, luttant pied à pied pour gagner un pauvre pouce de terrain. Les corps à corps dans les rues jonchées de cadavres ne disparaîtraient jamais de sa mémoire.
“ On a marché jusqu’à Londres, la ville semblait bien défendue et fortifiée, ce qui donnait raison aux généraux. Le roi d’Angleterre avait bien amassé ses troupes à l’intérieure de la cité. On a reçu nos ordres, mon unité d’infanterie lourde devait prendre Southwark, j’étais donc loin du gros des troupes qui attaquaient la Tour. Nous avons lancé l’assaut contre les remparts au petit matin, les prendre nous a couté beaucoup d’hommes mais nous avons finalement réussi à effectuer une percée.”
Sa voix commença à se serrer, les souvenirs commençaient à devenir plus durs à raconter. Il était fier de servir son roi ce jour là, mais malgré tout, les atrocités dont il avait été témoin et acteur ne le quitteraient jamais. Il ne parlerait pas des hommes qui étaient tombés à ses cotés, il n’en ferait pas une histoire personnelle. Le roi n’avait pas demandé des sentiments, il avait demandé des faits.
“Les anglais se sont repliés dans les ruelles et les allées, nous empêchant de rejoindre le pont et d’ouvrir un deuxième front sur la Tour. Ils se sont battus comme de bons diables et à dix heures nous étions à deux rues de notre objectif. Mais chaque pas nous coûtait trop d’hommes, de bons hommes.”
Sa main était livide, comme son visage. Il avait cru pouvoir en parler avec détachement mais l’exercice se montrait trop dur. Les images tournaient dans sa tête. Les hallebardiers anglais frappant à l’aveuglette, les charges désespérées, mais surtout l’intérieur de son casque chargé d’ombres, maculé de sang et de sueur, le marteau de guerre dans ses mains, le bruit de l’acier qui ploie sous les coups. Et par dessus ça les hurlements de douleur, les râles d’agonies. S’il y avait un Dieu en haut, Il avait oublié ses fils ce jours là.
“C’est à ce moment que Edward de York a refermé son piège. Il a mené ses troupes hors des villages et des forêts où ils s’étaient terrés et ils nous ont encerclé. Le manque de résistance s’expliquait soudainement, York avait posé un énorme piège et nos généraux nous ont laissé poser le pied dedans. De Southwark à Norton Folgate nous étions tous entourés d’hommes d’armes anglais et de coureurs gallois. Ils nous ont mis en pièce. Je ne me rappel pas de la fuite ou de comment nous avons percé leur chaudron, une masse m’avait alors envoyé valdinguer inconscient. Je me suis réveillé dix heures plus tard, en pleine retraite. C’est à ce moment que j’ai appris que vous aviez été fait prisonnier. Nous sommes revenus jusqu’à Paris la queue entre les jambes.”
L’ironie voulait qu’il ait perdu le contrôle la nuit avant d’embarquer. La pleine lune rayonnait si fort, et il était affaiblie. Il avait laissé la bête prendre le contrôle et semer la panique dans un petit village de la côte.
“L’occupation fut rude, les anglais prenaient ce qu’ils voulaient sans se soucier des conséquences. Personne ne saurait compter le nombres de bâtards à moitié anglais d’ici à Calais. Il y a eu de nombreux échauffourés entre français et soldats lorsque la nourriture a commencé à manquer à cause des pillages. Beaucoup de sang fut versé. Nous étions brisés, vaincus, franchement misérables.”
Il le pensait vraiment, il s’était senti si impuissant à cette époque, incapable de lutter. Certains matins la honte le submergeait et se lever le matin devenait une épreuve de force. Le peuple assumait son statut de vaincu, trop peu se soulevaient manque de leaders pour les mener. Il les avait même hait de ne pas se révolter. Mais il se haïssait encore plus de ne pas avoir la force de les mener lui même.
“ Puis lorsqu’ils vous ont torturé aux yeux de tous, devant les parisiens, sans honte et sans vergogne, le peuple s’est soulevé. Je n’ai pas assisté à votre supplice mais des compagnons d’arme m’ont raconté. C’était digne de bouchers selon eux. Ça a lancé une émeute puis ça a dégénéré en révolte.Tous les vétérans de la campagne sont repartis au combat, heureux de pouvoir se venger. C’était différent de tout ce que j’avais pu voir. Les troupes anglaises disparaissaient sous des nuées d’émeutiers armés de fourches et de cailloux. Paris a brûlé trois jours de suite avant que nous arrivions à mettre l’ennemi en déroute. Je sais que nous avons été nombreux à essayer de canaliser les foules. Des chevaliers menant des troupes de paysans et d’artisans assoiffés de vengeance, les ordonnant pour jeter les anglais à l’eau aussi rapidement que possible.”
Ça avait été compliqué mais certains se rangeaient sous la bannière de soldats professionnels. Les bousculades désordonnées devenaient des raids préparés au fur et à mesure que les gueux se disciplinaient sous la tutelle de chevaliers et s’équipaient en pillant les cadavres. Sa troupe avait fini par ressembler à un assemblage hétéroclite d’armes et d’armures volées sur les corps des deux camps, tous maculés de sang et de crasse.
“ Et puis nous les avons enfin repoussés. D’abord jusqu’en province puis jusqu’à la mer. La libération avait un goût amer, nous avions trop perdu, mais au moins nous nous sommes relevé de notre défaite.”
Il s’arrêta, son souffle était court, sans s’en rendre compte il avait déroulé son histoire rapidement, enchainant pour ne pas laisser le temps à l’hésitation. Peut-être que son esprit avait déjà secrètement retourné l’histoire des dizaines de fois dans sa tête en attendant ce jour. Il avait tout raconté au roi, tout ce qu’il savait. Il se demanda s’il n’était pas allé trop loin en parlant de ce qu’il avait ressenti n’avait-il pas dépassé la question du roi ?
Il souffla doucement, reprenant son souffle. La chose était dite, il ne servait à rien de regretter. Sa main se dessera sur la fusée, le sang afflua de nouveau dans ses doigts, de longs picotements se mirent à remonter son bras. Il fixa le roi afin de voir sa réaction. Que pensait-il maintenant de son vassal ?

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Jeu 30 Aoû - 12:09
Il avait bien conscience de l’exercice pénible qu’il avait fait mandé à ce pauvre hère devant lui, lequel n’avait sans doute rien demandé de la sorte. Si Charles ressentait une grande part de culpabilité dans l’affaire, il avait tout de même l’envie d’avoir un point de vue différent de celui de ses propres généraux et fidèles attenants. Car il avait bien comprit les volontés de ces mêmes personnes de vouloir lui épargner les pires horreurs installées confortablement dans l’antre de ce genre de récits. Mais le souverain ne voulait pas de ce genre de chose. Il souhaitait connaître toute la vérité, rien que la vérité. Même si elle devait lui crever le cœur ou l’empêcher de dormir pendant des nuits entières, il estimait que c’était là son devoir. Souffrir le même mal que son peuple était une nécessité ; une normalité. Car il ne pouvait plus se prétendre Roi s’il était si loin des priorités de son peuple, loin de l’histoire sanglante que son pays avait vécu et intériorisé dans ses chaires.

Enfin, il pouvait donner une signification aux blessures qu’il avait récoltées. Il n’était même pas couvert de blessures de bravoure militaire. Ce n’était là que l’expression de son inefficacité en tant que Monarque. Il s’en voulait amèrement, de n’avoir été à même de rivaliser avec ce genre d’aberrations. Il se devait, à partir de cet instant, de changer cette part de son passé, de cet échec cuisant et humiliant. Un frisson le gagna, réveillant chez Charles des tiraillements sur certaines de ses blessures en cours de guérison. Il laissa un soupir lui échapper.

« Je vois. Je vous remercie de votre franchise, Sir. Vous m’avez apporté de nouveaux éléments qui me permette dés lors de mettre en lumière des événements dont je n’avais qu’un point de vue biaisé et unilatéral. Désormais, je comprends mieux certaines choses… » Une forme de rage s’empara également du souverain. Il était en colère contre lui-même d’avoir été incapable de faire mieux. De ne pas avoir su protéger son épouse de ce spectacle affligeant qu’était devenue sa personne. Aussi, puisant dans son sang-froid, le Monarque délia de nouveau les lèvres. « Peut-être suis-je dans l’abus en vous demandant cela mais… Sir De Buxy, me feriez-vous l’honneur de croiser le fer avec moi ? » Il voulait renouer avec l’art noble de la martialité. C’était là son œuvre en tant que Souverain. Il ne pouvait y échapper. Il ne voulait y échapper.

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Jeu 30 Aoû - 12:09
Il ravala ses sentiments au plus profond de sa personne. Il avait souffert mais bien moins que son interlocuteur. Sa contenance lui revenait tranquillement alors que les souvenirs à vifs refluaient loin de la périphérie de sa conscience. Au delà de tout cela, la bête grattait, parler de ses souffrances avait attisé la créature qui sommeillait habituellement en lui. Par chance la lune ne nuisait pas encore assez à son contrôle de soi, mais il ne doutait pas que la prochaine apogée de l’astre serait difficile à gérer s’il ne trouvait pas d’ici là quelque chose pour se focaliser. Il balaya ces pensées en même temps que les vestiges de ses souvenirs. Tournant plutôt son attention vers son souverain. Il lui proposait une petite passe d’armes, de quoi réchauffer ses muscles et se distraire un peu.
“Sir, je ne saurai refuser un duel amical, et encore moins avec vous.”
Il se mit en position, une garde basse selon la technique allemande, une posture tout droit sortie d’un livre d’exercices. Il attendait la réaction du roi, son corps était tendu, ses muscles prêts à l’action. Si Charles de France voulait un peu d’exercice, il serait servi. Mais la prudence serait de mise, blesser le roi, même par accident, pouvait lui coûter sa carrière, même si ce nouveau souverain semblait plus laxiste sur la question que son ancienne personnalité, les généraux pouvaient le tailler en miette rien que pour l’affront que cela représentait.


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Jeu 30 Aoû - 12:10
Le moment de narration au sujet de ses déboires sur le champ de batailles anglais passé, Charles éprouvait désormais le désir puissant de se remettre d’aplomb avec les plumes des guerriers ; les épées forgées que possédait sa Cour. Laurin de Buxy paraissait homme de la situation. D’ailleurs, le Monarque se surprit à songer que peu de personnes avaient eu autant de répondant face à lui depuis son réveil. Il n’avait pu vraiment se sentir en compagnie aisante autant qu’il l’aurait souhaité jusque-là. C’était bien dommage, d’ailleurs.

Quoi qu’il en fut, l’homme se mit en garde, à la manière militaire française ; celle-là même qu’il avait revu dans un livre de techniques militaires quelques jours auparavant. Jaugeant la posture de son homologue de l’instant, le Roi ne sut, au départ, comment aborder la situation. Et s’il se ridiculisait ? Et s’il tâchait de sa honte l’ensemble de la lignée combattante des Rois l’ayant précédé sur le trône ? Une telle possibilité le terrifiait.

Pourtant, il sentait son cœur battre à tout rompre. Aussi, en une enjambée respectueuse, Charles se permit d’entamer les hostilités fictives en portant un coup d’estoc au niveau des jambes de son opposant. Il espérait avoir correctement exécuté ce mouvement.

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Jeu 30 Aoû - 12:11
La lame filait droit vers sa jambe, rapide et précise. Laurin détestait les estocs, on peut aisément louper sa parade. Trop peu de force et l’épée ne déviait pas assez, trop et on se déstabilise, s’exposant à un deuxième assaut rapide. Il fit un pas de côté pour se placer dans la garde du roi, pile dans l’axe de son corps, et porta brutalement le plat de sa lame le long de celle de son adversaire. Le choc remonta son bras en s’accompagnant de l’habituel bruit de l’acier qui en martèle un autre. Son poignet vibra violemment, il s’était trop précipité.
Il remonta le long de l’âme de l’arme jusqu’à ce que la pointe acérée ne soit qu’à quelques centimètres de sa garde. Il cassa le coude afin que le fil vint se caler entre sa propre lame et sa garde, empêchant Charles de manoeuvrer. En temps normal la lame aurait aussitôt valsé au loin et son poing aurait fini par enfoncer le visage de son adversaire aussi fort que possible, une technique brutale et peu noble, parfaite pour régler son compte à un adversaire dans un combat de rue ou un corps à corps sanglant. Mais de telles méthodes n’étaient pas dignes d’être utilisées auprès du roi, ou en tout cas sur lui.
Plusieurs nobles plutôt conservateurs s’étaient offusqués lorsqu’il avait réglé des disputes avec des méthodes similaires. Il se contenta de repousser l’épée vers le bas en l’orientant avec sa lame puis releva rapidement le quillon vers le nez de Charles, libérant certes sa lame, mais de toute façon il n’aurait pas le temps de riposter. Il s’arrêta juste avant de percuter son souverain. Le tout était mécanique, un mouvement rodé par des heures d’entrainements et de nombreuses passes, et il ne réfléchit qu’après son mouvement. Il voulait prouver son habileté, mais qu’allait donc lui coûter son excès de zèle ? Certaines personnes devenaient ombrageuses dès lors qu’on les battait. Il priait intérieurement que Charles ne fut pas homme à prendre cela personnellement.

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Jeu 30 Aoû - 12:14
Il avait tenté de mettre en application une technique vue dans un livre et qu’il était supposée connaître depuis bien avant. Et, même si le commencement n’avait pas été mauvais, Charles avait rapidement fait les frais d sa trop grande confiance en lui, même en étant sujet à une amnésie ô combien virulente. Il avait sans doute, inconsciemment, sous-estimé quelque peu son adversaire et pouvait désormais le regretter comme il se devait de le faire.

Il fut presque désarmé et le quillon de son adversaire lui serait parvenu en pleine milieu du visage, perçant son nez, s’il avait été question d’un duel réel et à l’issue mortelle. Etouffant un frisson, non sans difficulté, Charles ne put que reconnaître la vivacité et la maîtrise dont faisait preuve Laurin de Buxy avec une arme de ce calibre dans les mains. Rapidement, une interrogation lui vint.

Tandis il reprenait un peu son souffle et sa constance, le Monarque se permit de se redresser sur ses appuis. Puis, abaissant la garde de son épée, il se décida à poser la question qui lui brulait sensiblement les lèvres depuis une poignée de secondes « Sir de Buxy… Vous faites montre d’une incroyable maitrise de l’arme des combats à l’épée, même moi et ma maladresse pouvant en certifier ! Comment est-ce possible que vous ne soyez pas déjà un haut-gradé au sein de mon armée ? »

Mais Charles réalisa qu’il avait peut-être dépassé les bornes de la bienséance et, se reprenant, il baissa la tête un court instant avant de détourné un regard gêné vers un point invisible au fond de la salle d’arme « Veuillez excuser cette réaction de ma part, peut-être n’avez-vous guère envie de parler de ce genre de choses avec moi. Je trouverais cela tout à fait justifié. Permettez-moi de vous présenter mes excuses. »

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Jeu 30 Aoû - 12:14
Victoire ! Malgré son outrecuidance le roi reconnaissait ses talents et s’étonnait même de son faible avancement. Sa chance se tenait devant lui. Il aimait bien cette nouvelle facette du souverain, honnête et prête à poser ses questions même si elles ne se conformaient pas aux codes de la cour.
“Et bien sir, cela ne me gêne pas du tout d’en discuter. Au contraire même, je ne saurais donc accepter vos excuses. J’ai beau être un bon duelliste et un soldat loyal, même en matière de stratégie je me débrouille honorablement, ce ne sont pas ces qualités qui vous propulsent au sommet de la hiérarchie. Un nom de haute naissance et des promesses faites aux bonnes personnes sont plus efficaces que des états de service impeccables. Et malheureusement je ne suis pas très doué pour les manoeuvres de cour, et les De Buxy ne font pas à vrai dire partie des grandes familles du royaume, nous n’avons qu’un minuscule domaine. Je ne peux pas apporter un grand nombre de troupes comme les barons, ni financer des campagnes comme les ducs, je n’ai que mon épée à offrir. Je préfère m’occuper des armes que de faire des courbettes à un vicomte, aussi ne me suis-je pas fait un grand nombre d’alliés au palais. Mais je ne doute pas qu’il soit possible de s’élever grâce à ses propres talents, cela prend juste plus de temps votre Altesse. Et si jamais je devais accéder à de telles places je préfère me tailler ma part moi même.”
Laurin se sentait fier, le regard de Charles de France, souverain du royaume et chef des armées se tournait vers lui. Il avait même la chance de pouvoir s’exprimer franchement avec lui. Parlant honnêtement de sa vision de la noblesse sans toutefois se montrer amère. Quel joie que de pouvoir se démarquer ainsi. Lui qui croyait ne jamais avoir cette chance, en tout cas pas sans avoir à se plier à une quelconque bassesse pour un seigneur plus influent. Il jouait sur son terrain, sans personne pour lui imposer ses règles. Sans rien demander on lui servait l’occasion rêvée, le tout sur un plateau d’argent.
“Je rajouterai même que mon cas n’est pas isolé. Que ce soit en Italie ou en Angleterre, j’ai pu voir d’excellent soldats, bien meilleurs que moi, de véritables leaders nés qui menaient leurs maigres troupes dans des assauts désespérés et se découper un chemin à travers l’adversité. Pourtant eux aussi restaient piégés parmi les bas rangs, incapables de se payer un grade plus élevés et pas assez proches de la vision de l’état major pour être directement remarqués.”
Il pensait notamment au comte de Tancarville, Jérôme, un bon ami et un guerrier de génie. Sans lui Laurin ne serait plus là pour parler. Grâce à sa résistance acharnée et à ses talents de spadassin, les piquiers normands avaient tenu bon, le tirant lui et ses soldats d’une fin exécrable. Pourtant Tancarville ne dirigeait qu’une petite compagnie, équipée à ses propres frais.

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Jeu 30 Aoû - 12:15
Il écouta avec un silence presque religieux ce que Laurin de Buxy avait à lui dire, la garde de son arme toujours en main – bien que la lame soit à même de toucher le sol de sa pointe, présentement. Charles de France prit le temps de considérer les mots prononcés. Un fin sourire se dessina sur ses lèvres encore un peu pâlot. Il appréciait la vivacité et l’honnêteté de son vis-à-vis. C’était là des qualités qu’il ne parvenait pas à retrouver chez une grande majorité de ses suiveurs. En tout cas, depuis son réveil et sa perte de mémoire. Charles ignorait si les choses étaient déjà ainsi, avant.

Prenant acte de la diatribe, il voulut faire preuve de bonne volonté. Et surtout, montrer à ce jeune homme qu’il avait bien compris son message. « Je vois. » Pensif, il réfléchit à comment tourner sa phrase pour qu’elle ne soit point mal interprétée. « Je ne sais pas si vous connaissez le chef de mes armées, mais il s’agit de l’un de mes amis les plus proches. Si vous le souhaitez, je lui parlerais de votre cas de figure et vous accorderai une audience avec lui. Il est un stratège hors-pair et un commandant émérite. »

Il avait entendu dire que Francis n’avait pas démérité durant la dernière bataille. Et puis, il avait été l’un des plus puissants soutiens sur lequel le Monarque avait pu se reposer depuis son réveil.

Alors que le Souverain s’apprêtait à poursuivre sur sa lancée, des sons étranges se firent entendre. On l’appelait dans les couloirs. Et vu le ton des voix, une panique légère pouvait être détectée sans difficulté. « Oh non… » Charles se pinça l’arête du nez « Ils m’ont retrouvés, semblerait-il… » Qui ça ? Ses courtisans.

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Jeu 30 Aoû - 12:16
Laurin surprit le roi à sourire, un mince rictus passant fugacement sur son visage. Et la proposition de Charles déclencha en lui un nouvel élan de joie. Il s’était fait entendre du maître du royaume. Alors qu’à peine quelques minutes auparavant il n’aurait même pas oser rêver de le rencontrer en personne.
Mais la joie du roi tourna à la panique lorsque le murmure des courtisans, avide de la présence du souverain, leur parvint. Un instant il se dit que c’était fini, que l’instant de complicité qu’ils venaient de partager allait s’évaporer parmi les incessant gémissements de nobliaux. Mais une idée lui vint à l’esprit.
“Sir je ne saurais accepter un tel honneur sans vous rendre moi même un service. Je n’ai pas grand chose à vous offrir en retour que mes compétences, mais si vous souhaitez vous jouer un peu de ces gens, je souhaiterais vous proposer de leur offrir une petite séance d’entrainement. Laissons les s’essayer contre votre fidèle serviteur.”
Il effectua une ample révérence, relevant en même temps la rapière pour que son maître puisse bien admirer la lame qui réfléchissait la lueur des bougies. En son fort intérieur, la bête exultait, l’appel de la violence excitait l’animal et ses griffes grattaient sous son crâne.
Il se releva et décocha un sourir taquin à Charles. Il ne pensait pas trop avoir à craindre les freluquets qui trainaient à la cour. Et si malgré tout, un épéiste doué émergeait de la marée de pantins fantoches, alors il aurait la joie de se mesurer à un véritable adversaire.

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Jeu 30 Aoû - 12:17

Charles ne s’était en rien attendu à une telle réaction de la part du régent de l’armurerie. Ayant cru mal comprendre les dires du concerné au départ, le Roi n’avait pas jugé bon de lui demander de redéfinir ce qu’il entendait ainsi. Mais, voyant que le De Buxy paraissait plus que sérieux dans ses propos, le Roi ne put que laisser échapper un rire tonitruant lui échapper. Depuis quand n’avait-il plus laissé évader de sa gorge un tel tonnerre appréciable ? Il fut contraint de se tenir les côtes avec sa main libre, pendant quelques secondes.

Puis, l’instant de satisfaction passé, Charles de France parti reposer l’épée dans son casier et se retourna ensuite vers Laurin. S’essuyant les yeux, quelques peu remplit de larmes neuves, il finit par déclamer son ressenti également. « Eh bien, ma foi, pourquoi pas ! Cela sera, je le pense, un bon moyen de jauger de vos compétences. En plus de me distraire. » Le deuxième point était ironique, mais le Monarque sentait qu’il pouvait se laisser aller à ce genre de frasques avec une personne telle pour lui faire front.

« Majesté ! Enfin nous vous avons retrouvé ! » S’enquit un courtisan en pénétrant dans l’armurerie. Immédiatement, les idées fausses fusèrent « Ce manant vous a-t-il retenu contre votre gré, Sir ?! Quelle outrecuidance ! » Mais d’un geste de la main, paume déployée, Charles ramena les consciences –qui commençaient à s’encaisser dans le fond de l’armurerie – à la raison. « Rien de tout ceci n’est le reflet de la vérité. Bien au contraire. Laurin de Buxy me faisait démonstrations de ses qualités guerrières. L’idée m’est venue de suivre ses conseils sur la tenue de mes suivants… Pourquoi ne pas me montrer ce dont vous êtes tous capables, arme en mains ? »

Immédiatement, Charles sentit une tension monter parmi ses courtisans. Un coup d’œil empli de malice à Laurin le fit sourire de nouveau. Il se sentait presque comme un enfant.

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Jeu 30 Aoû - 12:17

Il sentit l’adrénaline monter, la lame vibrait légèrement dans l’atmosphère maintenant bondée de la salle d’arme. L’homme qui menait les courtisans ne s’attendait pas à une telle idée venant de la part du souverain aussi semblait-il légèrement abasourdie par la proposition. Il s’empara de la rapière que lui tendait Charles et s’avança au centre de la pièce. Les courtisans se répartirent le long des murs, masquant encore plus la lumière des chandelles. Malgré l’éclairage tamisé, Laurin détaillait facilement son adversaire. Il semblait entre deux âges, grand et bien portant, pourtant les excès de la vie de cour commençaient à prélever leur tributs sur son corps. Il maniait maladroitement l’arme comme si son dernier combat remontait à plusieurs années. Sa garde était trop basse, ses pieds trop proches, un coup bien placé et il tomberait à la renverse. Laurin sourit au roi, un large rictus, à peine dissimulé. Le courtisan eu un sursaut de surprise en remarquant le regard carnassier du maître d’arme. Toujours souriant il haussa la voix pour que tous l’entende.
“Messire, je vous propose un exercice classique. Arrêtons nous à la première touche, il serait malencontreux que vous vous blessiez dans cette affaire.”
Il récupéra la réaction escomptée, le courtisan rougit et sembla perdre légèrement son sang froid. Qui était donc ce jeunot qui osait donc le prendre de haut. La fanfaronnade avait fait mouche, l’homme ne pouvait laisser un impudent le narguer ainsi.
“Dites plutôt que vous avez bien peur d’être blessé mon ami.
-Dans ce cas souhaitez vous un duel au premier sang ?” Il l’avait traité de pleutre, aussi ne pouvait-il plus reculer.
“Bien sur ! Je vais vous laisser une marque qui calmera bien vos manière impétueuses !
-Qu’il en soit ainsi. Mais je ne me bats jamais contre quelqu’un sans connaître son nom. Je suis moi même Laurin de Buxy, banneret de la maison d’Orléans et préposé à cette armurerie. A qui ai-je l’honneur ?
-Je suis Alphonse d’Orville. Trêve de plaisanteries ! Nous sommes ici pour nous battre pas pour échanger des politesses.”
Une garde classique, pied droit en avant, lame pointée vers le menton, main en contrepoids. Sans la maladresse de sa mise en place, il aurait pu faire un adversaire correcte. Laurin le laissa attaquer en premier. Des coups de tailles légers, mimant l’estoc sans jamais en avoir la vivacité. Au lieu de filer droit vers lui, la lame oscillait, frappant de droite et de gauche. Le jeune homme joua le jeu quelques temps, parant de façon ostentatoire, laissant les lames s’entrechoquer bruyamment. Le combat ressemblait plus à une pièce de théâtre qu’à un véritable duel. Charles les regardait toujours amusé. L’homme semblait prendre confiance, ne se rendant pas compte que son ennemi jouait le jeu, il se fit plus pressant, essayant de rentrer dans la garde de Laurin. Grossière erreur, ce dernier plongea droit vers lui, laissant le courtisan s’avancer bien trop loin. La lame l’avait dépassé, mais il plaqua le sienne contre la garde pour la bloquer en arrière et son poing gauche vint chercher le menton. Ainsi bloqué, et faible sur ses appuis, il bascula sur ses appuis et s’affala par terre, son postérieur s’écrasant violemment sur le sol. Il lâcha l’arme au passage, la laissant glisser sur le sol bien loin de lui.
Après s’être emporté contre le maître d’arme et l’avoir pris de haut, se retrouver ainsi le cul par terre, entrain de masser sa mâchoire douloureuse, sous le regard des autres, quelle humiliation c’était.
“Sir d’Orville, si vous souhaitez défaire un combattant je vous conseillerai de choisir entre l’estoc et la taille, pas d’essayer de mélanger les deux pour l’amusement de la galerie.
-Ne me donnez pas de conseil ! Aucun gentilhomme ne se bat ainsi. Utiliser ses poings dans un duel ! Quelle lâcheté.” Il fulminait, son visage avait viré au cramoisi, il parlait trop vite et trop fort. Laurin se délectait de sa rage. Son large rictus se peignit de nouveau sur son visage, déformant une nouvelle fois ses traits. Il exultait de pouvoir reprendre un de ces imposteurs.
“Avez vous dit aux Anglais de se battre de façon plus civilisée durant la campagne ? Ou bien la rougeur de votre visage les a-t-elle mis en déroute ?
-Un duel et une guerre ne sont pas comparables !
-Bien sur que si, sauf qu’à la guerre vous n’affrontez pas un unique adversaire, peut être l’avez vous oublié après tout ce temps à éviter le champ de bataille. Si vous n’êtes pas d’accord avec cela peut être que quelqu’un d’autre peut me démontrer que j’ai tort. “
Il ramassa l’arme et la tendit vers les courtisans, attendant qu’un d’entre eux s’en saisisse. Il souriait à pleine dents, soutenant le regard des hommes adossés au mur.

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Jeu 30 Aoû - 12:19
Charles ne s’était pas attendu à ce que ses « convives » entrent dans le jeu si aisément. Mais il fallait croire que les paroles d’un Roi, même lancées ainsi, dans la plus pure des plaisanteries, étaient prises au sérieux, donc. Charles en fut un peu froissé mais ne s’attarda pas davantage sur ce détail. Il assumait ce qu’il avait dit, fat et demandé. En lançant un caillou dans la mare, il ne pouvait pas espérer que les remous ne viennent pas lui éclabousser les pieds, après tout. Il n’aurait su en tenir rigueur à ses courtisans, en ce sens.

Mais il serait tout aussi mentir de prétendre que Charles n’était pas au moins un peu curieux de ce qui allait se produire sous son regard émeraude. Et les échanges lui donnèrent presque raison. Laurin dominait parfaitement la situation, qu’importe qu’il s’essaie à faire croire le contraire. L’inverse aurait été étonnant. Charles eut beaucoup de mal à ne pas laisser un rire franc lui échapper en voyant le pauvre courtisan être ainsi dépouillé de son arme et envoyé au tapis. A la place, il se contenta d’étouffer son rire dans la paume de sa main, dans une tentative se voulait discrète mais qui ne l’était guère tant que cela.

Il apprit lors de ce duel, que Laurin était vassal de la maison d’Orléans. C’était bon à savoir, il irait se référer aux concernés le plus tôt possible pour discuter de l’avenir de ce prometteur guerrier. Mais il garda pour lui ces pensées-là pour l’heure. Il ne devait pas trop se précipiter.

Aussi, en voyant que les égos commençaient alors à s’entrechoquer, Charles se permit d’intervenir à la fin du duel entre les deux opposants. « Allons, allons, Messieurs. Vous avez tous les deux fait preuve d’une dextérité irréprochable. Vous avez chacun vos atouts, inutiles de se confronter sur un terrain tel. » Il était grand temps de retourner à la grande salle, même pour Charles.

Le Roi acceptait ce retour à ses obligations, après tout il s’était autorisé une fuite inopinée et ne pouvait toujours se garder de son statut, de son rôle ici-bas. Alors après un geste de main qui renvoya la foule de courtisans vers une pièce qui convenait bien mieux à cette dernière, Charles se tourna une dernière fois vers Laurin, et se permit de poser une main sur l’épaule du jeune homme. « Je dois m’en retourner à présent. Soyez cependant assuré que je n’oublierais pas cette entrevue. Vous aurez bientôt de mes nouvelles. »

Puis le Souverain s’en retourna, aussi digne qu’il était possible de l’être, la tête haute et l’esprit soulagé de ses préoccupations lourdes. Il avait su se détendre d’une manière peu orthodoxe mais cela avait porté ses fruits. L’essentiel était donc le résultat… Et les fruits que cette entrevue pourrait un jour rapporter.


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