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 Lys et Fleur d'Asie || Charles de France

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MessageSujet: Lys et Fleur d'Asie || Charles de France   Mer 29 Nov - 13:32

Lys et Fleur d'Asie
Charles de France x Zhen Hua

Cela faisait des jours qu’ils se dirigeaient vers le Nord. Pour la première fois depuis longtemps, Zhen Hua quittait Florence et l’Italie pour franchir les frontières françaises. Le voyage apporta un vent de fraîcheur à la Fleur d’Asie. Si elle avait pu, elle aurait aimé s’attardé un peu plus longtemps dans les petits villages français dont elle croisait la route. A quelques détails près, elle avait l’impression de retourner au temps où elle voyageait encore avec son père. Mais les temps avaient changé. La complicité qu’elle avait avec son géniteur n’était plus la même. De plus, elle voyageait en tant que Fleur d’Asie et était accompagnée de serviteurs qui les aidaient avec leurs affaires. Ce statut la mettait éternellement mal à l’aise.

Il y a quelques temps, ils avaient été invités par un comte français qui promettait à Zhen Hua de rencontrer le Roi de France. Signor Sapiento avait aussitôt vu les avantages à une telle occasion, et avait empressé sa fille d’accepter. Elle avait cédé sans particulièrement d’enthousiasme, rencontrer un roi ne faisant nullement partie de ses ambitions, fut-il de France ou d’ailleurs… Néanmoins, une fois que Florence disparut de son champ de vision, la métisse trouva tout d’un coup bien de l’intérêt au déplacement. Un doux sourire s’était installé sur ses lèvres pendant que les paysages défilaient derrière la fenêtre de sa calèche. Pendant ce temps, signor Sapiento s’occupait à donner des cours intensifs de français à la jeune demoiselle. D’ailleurs Zhen Hua remerciait silencieusement Raffaele pour les leçons qu’il lui avait déjà donné sur cette langue. Elle regrettait simplement qu’il n’ait pas pu partir avec eux.

Mais le voyage ne dura pas éternellement. Bientôt, ils franchirent les portes de Paris où ils furent accueillis et logés par le comte de Sancerre. Celui-ci les reçut avec plaisir et satisfaction, ravi que la Fleur d’Asie ait accepté son invitation. Il ne manqua pas de les récompenser pour leur venue, promettant alors qu’ils recevraient sans doute le double si elle rencontrait et satisfaisait le roi. A ce moment-là, le sourire de Zhen Hua s’estompa de ses lèvres. A vrai dire, elle avait presque oublié la raison de leur voyage…

Dès le lendemain, la Fleur d’Asie fut emmenée au château royal. Pour l’occasion, son père avait sélectionné pour elle ses plus beaux vêtements traditionnels et ses plus beaux bijoux. Les servantes l’avaient aidé à s’habiller et se maquiller pendant des heures, s’adonnant à cœur joie de faire d’elle une poupée orientale. Sa peau devint immaculée, faisant ressortir le noir de ses yeux et le rouge de ses lèvres. L’écarlate de son hanfu dont les manches coulaient le long de ses bras lui donnait une silhouette élégante et aérienne. Parée d’or et de soie, Zhen Hua s’était à nouveau transformée en princesse. Mais aujourd’hui, elle paraissait plus ornée que d’habitude, sans doute parce qu’elle s’apprêtait à rencontrer un roi…

Quand ils pénétrèrent les murs du château en ce début d’après-midi, la Fleur d’Asie sentit aussitôt les regards se tourner vers elle. Ce fut seulement à ce moment-là que la nervosité se mit à agiter son cœur. Apparemment, c’était la première fois que l’on voyait une asiatique dans la Cour de France. On murmurait sur son passage, s’interrogeant sur cette énergumène qui était entrée au palais, la jaugeant et l’étudiant de loin. Cette scène eut pour effet de rappeler à Zhen Hua son arrivée à Florence. Pourtant son malaise ne s’estompa pas pour autant. Elle se sentait si nerveuse à cause de tous ces regards qu’elle mourrait d’envie de fuir cet endroit. Mais pourtant, il fallait croire que la demoiselle était une bonne actrice. Son pas assuré fendait la foule avec élégance, et son expression stoïque était inébranlable. Seuls les battements de son cœur et ses yeux fuyants auraient pu la trahir.

Zhen Hua et signor Sapiento se laissèrent donc guider par le comte de Sancerre au sein du château. Ensuite, ce fut au tour de l’attente de prendre place. Il fallait patienter pour l’arrivée du Roi, ce qui laissa le temps à la Fleur d’Asie de se plonger un peu plus dans sa nervosité. Elle s’était informée sur ce Roi qu’elle s’apprêtait à voir… Charles de France, un homme qu’on disait puissant et cruel. Il dirigerait son pays d’une main de fer, éliminant sans aucune pitié ses opposants. A vrai dire, la description qu’on lui avait faite ne lui avait pas donné la meilleure des images. Mais elle attendait de le voir pour pouvoir réellement en juger. Mais surtout, ce qui l’intriguait le plus était les derniers évènements qui s’étaient passés récemment. À la suite d’une bataille contre les anglais, le Roi de France serait devenu amnésique…

L’agitation autour d’elle mit fin à ses rêveries. Voilà, il était là. Accompagné de sa Cour, Charles de France avait fait son entrée en scène. Le cœur de Zhen Hua ne se calma pas. Enfin… c’était le moment fatidique. Malgré elle, ses muscles se crispèrent. Derrière elle, elle sentait le regard de signor Sapiento plein d’espérance.
Le comte de Sancerre se précipita vers le Roi, s’inclinant bien bas avant de faire ses salutations et ses présentations. Il désigna la Fleur d’Asie, la pria de s’avancer en expliquant fièrement qu’elle serait sans aucun doute en mesure de régler les problèmes de sa Majesté.
Zhen Hua s’avança donc d’un pas, poussant un soupir pour essayer de se calmer. Puis, dans un bruit de tissu, elle s’agenouilla avec grâce directement au sol, s’inclinant presque au point où sa tête touchait la pierre froide. Dans cette position, elle prononça alors de sa voix calme aux accents si particuliers :

« Dans mon pays, c’est ainsi que l’on salue les puissants. Et on m’a dit que le roi de France était l’un des plus grands de ce monde… »

Elle releva le buste et la tête, mais garda les yeux sol. Voilà qu’elle agissait comme une hypocrite… Elle ne portait aucune admiration particulière pour ce Roi qu’elle ne connaissait pas. On lui avait simplement dit de flatter sa Majesté et elle l’avait fait. Mais elle détestait sa malhonnêteté. Son salut particulier faisait seulement partie d’un spectacle, d’un numéro pour attirer l’attention et obliger la fascination. Après tout, ce que l’on attendait d’elle lorsqu’on l’invitait était de voir de l’exotisme, des choses inhabituelles qu’on ne voyait pas dans le pays. Mais si elle avait eu le choix, elle aurait préféré agir le plus normalement du monde. Comme toujours, Zhen Hua était docile aux agissements que lui dictait son père… En arrière, Signor Sapiento souriait en voyant le succès qu’avait sa petite protégée à attirer tous les regards.

Pour l’instant, la Fleur d’Asie n’avait pas osé lever les yeux vers le souverain, pas plus qu’elle n’avait prêté de l’attention au monde alentour. C’était sa manière pour ignorer la foule et garder son calme. Manière qui fonctionnait plutôt bien, son visage toujours placide, ses épaules ne tremblant pas, jamais.
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MessageSujet: Re: Lys et Fleur d'Asie || Charles de France   Mar 5 Déc - 14:01

Il y avait une drôle de tension, depuis ce matin, dans la demeure du Roi de France. Beaucoup de monde courrait çà et là dans les couloirs, piaillant au sujet d’une rumeur unique en son genre. Charles aurait volontiers, cependant, préféré rester en dehors de ces palabres si fades. Pourtant, la nouvelle lui parvint très vite à lui aussi, alors même qu’il sortait à peine de son lit, le soleil ayant achevé de le réveiller. Une invitée de marque allait arriver au Château dans la journée. Une demoiselle à l’origine si lointaine qu’elle paraissait être devenue un rêve éternel et vivant, prompt à danser devant le regard des plus curieux.

Ah. Oui. Il est vrai, Charles en avait entend parler, en effet. L’un des nobles de sa Cour, un certain Sancerre – s’il ne faisait point d’erreur ? – lui avait faire savoir qu’il lui offrirait en cadeau une démonstration des plus élégante, tout droit venue d’Asie. Un pays bien au-delà de la ligne d’horizon, un pays que l’on définissait comme étant peuplé de barbares et de païens, apparemment. A cette annonce, le Roi était resté de marbre. Non mais qu’il méprisait cette initiative, mais il ne savait simplement pas quoi en penser, voilà tout. En quoi voir une danseuse d’un mystérieux royaume pourrait être une bonne idée ? Après tout, il n’éprouvait déjà plus aucun intérêt pour les spectacles qui avait fleurit sous son toit depuis son réveil, afin de fêter son retour sur le trône. Mais là encore, il ne dénigrait pas le talent ou la bonne volonté des acteurs ou des danseurs qui s’étaient succéder sous son regard vert. Simplement, il ne parvenait plus à se détendre pleinement et à apprécier l’instant.

Ce constat l’avait peiné au plus haut point mais il tâchait également de ne pas se laisser ensevelie par cette tourmente intérieure. Il devait faire bonne figure ; il y avait tant de personne qui comptait sur lui. Mais lui, sur qui pouvait-il compter, finalement ? Encore une question sans réponse pour le monarque, qui se laissa apprêter, comme le voulait la tradition de sa Nation.

Ce ne fut que quelques heures plus tard qu’il fut invité à se laisser guider jusqu’à la cohorte qui venait de pénétrer au sein du château royal. S’il avait pu, il aurait trainé les pieds pour éviter cette entrevue, mais il savait aussi que cela faisait partie de ses devoirs. Alors, il s’y plia, courba l’échine devant ces responsabilités pour lesquelles il se sentait davantage étranger que puissant couronné, et vint donc saluer ses visiteurs prévus.

Son regard vert détailla alors la demoiselle qui se démarquait du lot. Elle était.. vraiment très belle. Au moins il n’avait point été trompé à ce propos. Mais ce fut tout le contexte et la cohue autour de cette apparition-là qui le mirent mal à l’aise. Sa gorge se serra même en voyant l’étrangère presque mettre front à terre pour vanter sa puissance en tant que Roi. Ces flatteries, qu’il devinait fausses ou presque, ne lui plurent guère, en aucune mesure.

Un frisson désagréable dévala sa colonne vertébrale. Il voulait qu’on le laisse en paix, que l’on cesse de l’obliger à faire ce genre de chose, ces contemplations qui ne rimaient à rien. « Sortez tous. » Sa voix s’éleva dans la pièce, non pas froide, mais ferme. Cela ne lui était plus arrivé depuis fort longtemps. Ainsi, beaucoup le regardèrent avec des yeux interrogateurs. Il failli revenir sur cette décision, d’ailleurs. La pression de tous ces yeux braqués sur lui…

« J’ai dit sortez tous. Maintenant. Vous ne comprenez plus un ordre de votre Roi ? » La foule parue soudainement s’animer de nouveau, chacun se dépêchant d’obéir à cette requête royale. « Tous.. .Sauf elle. » A vrai dire, il ne savait pas pourquoi il avait ajouté ce propos ; tout ce qu’il désirait était un peu de paix. Et qui sait, peut-être elle aussi apprécierait-elle ?

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MessageSujet: Re: Lys et Fleur d'Asie || Charles de France   Mer 6 Déc - 9:45

Lys et Fleur d'Asie
Charles de France x Zhen Hua

« Sortez tous. » C’était l’ordre qui venait d’être donné. Le Roi eut besoin de le répéter par deux fois pour que la foule, déconcertée par cette demande ferme, s’exécute. En entendant ces mots, Zhen Hua avait levé pour la première fois les yeux vers Charles de France. Elle était tout aussi surprise que les personnes alentours (il était rare qu’on la chasse à peine arrivée après tout), et observa longuement son regard vert avec perplexité tandis qu’il parlait. Il lui semblait que quelque chose lui déplaisait. Etait-ce à cause de ses salutations extravagantes ? Zhen Hua avait l’impression que c’était plus profond encore…

La Fleur d’Asie amorça donc son départ, suivant le mouvement de la foule qui quittait la pièce. Elle avait à nouveau baissé la tête, évitant de croiser le regard du comte de Sancerre qui semblait particulièrement déçu. Ce déplacement jusqu’à Paris s’annonçait plutôt inutile… La métisse imaginait déjà signor Sapiento se scandaliser d’avoir fait le voyage sans même avoir pu montrer les talents de sa précieuse fleur au Roi de France. Cette promesse vaine avait des chances de le mettre de mauvaise humeur durant le reste de leur séjour. Quand la Zhen Hua vit le visage de son père, elle devina qu’il ne tarderait pas à se plaindre dès que les portes de la salle seraient refermées derrière lui… Mais la Fleur d’Asie était certaine qu’il finirait par rentabiliser ce déplacement en proposant au reste de la noblesse française ses talents de danseuse. Ses représentations ici n’étaient pas encore finies… Du moins le pensa-t-elle, jusqu’au moment où la voix du souverain se fit à nouveau entendre.

« Sauf elle… » Zhen Hua s’interrompit dans son mouvement, devinant alors que ces paroles lui étaient adressées. Elle se tourna vers le Roi de France, un peu confuse, avant de jeter un œil vers signor Sapiento qui était désormais près de la porte. La Fleur d’Asie avait tellement l’habitude qu’il dirige ses mouvements qu’elle chercha chez lui la manière dont elle était censée réagir… Un réflexe dont elle s’en voulut aussitôt. Ce n’était pas ainsi qu’elle gagnerait son indépendance et sa liberté… L’italien s’était aussi immobilisé pour observer sa fille et le souverain, surpris lui aussi, mais agréablement surpris cette fois. Il adressa à la Fleur d’Asie un hochement de tête encourageant auquel la demoiselle répondit silencieusement, puis suivit la foule à l’extérieur.

Une fois que tout le monde eut quitté la pièce, la salle parut soudainement à Zhen Hua bien vide, immense et silencieuse. Toutefois, elle se sentait aussi soulagée d’être débarrassée de tous ces regards curieux. Pour un moment, ses épaules se détendirent imperceptiblement. Elle aurait même pu soupirer de soulagement, seulement, ce serait mentir que de dire que sa nervosité lui était totalement passée. Un seul homme peut être tout aussi intimidant qu’une foule, et un inconnu reste un inconnu. Ce n’était pas tant que celui qui était en face d’elle était le Roi de France qui la dérangeait, mais le simple fait qu’elle ne connaissait rien de lui, et par conséquent, qu’elle ne savait pas si elle pouvait ou non lui faire confiance. Mais au moins, sans signor Sapiento et sans la foule de curieux aux alentours, elle se sentait enfin capable d’être un peu moins retenue par ses obligations de Fleur d’Asie. Même si son père aurait préféré le contraire, faire du spectacle n’était plus sa préoccupation première.

Pendant un temps, le silence régna dans la salle, et ni l’étrangère, ni le monarque ne semblait vouloir le briser. Si elle l’avait voulu, elle aurait tout aussi bien pu oublier sa présence de son monde, et effacer la sienne du sien. C’était presque comme si aucun des deux n’existait. Pourtant, les yeux noirs de l’asiatique ne quittaient pas l’homme. Il était rare que son regard soit autant intrigué par un inconnu. Mais il fallait dire que peu de personne n’avait réagi de cette manière en la rencontrant. Etait-ce de la curiosité qu’elle éprouvait là ?

« Attendez-vous… quelque chose de moi ? »

L’écho de sa propre voix la surprit. Pour elle qui était si réservée, il était inhabituel qu’elle démarre la conversation. Néanmoins, elle avait noté un certain changement dans son attitude. Pas de titre honorifique, pas de flatteries. Si elle pouvait se passer de les dire, elle ne les dirait pas. Elle, plus que n’importe qui, était pleinement consciente qu’un homme reste un homme, peu importe son statut social. Combien de passés tourmentés avait-elle vu alors même que les personnes auxquels ils appartenaient étaient les plus puissantes d’Italie ?
Pourtant, Zhen Hua n’oubliait pas non plus devant quelle figure importante elle était. Elle n’était pas assez idiote pour cela. Elle modérerait donc ses paroles et glisserait sans doute des sire ou des Majesté si cela était vraiment nécessaire. Et puis dans tous les cas, elle ne se sentait pour l’instant pas assez en confiance pour être parfaitement honnête…
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