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Lys et Fleur d'Asie || Charles de France

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Zhen Hua
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Mer 29 Nov - 13:32
Lys et Fleur d'Asie
Charles de France x Zhen Hua

Cela faisait des jours qu’ils se dirigeaient vers le Nord. Pour la première fois depuis longtemps, Zhen Hua quittait Florence et l’Italie pour franchir les frontières françaises. Le voyage apporta un vent de fraîcheur à la Fleur d’Asie. Si elle avait pu, elle aurait aimé s’attardé un peu plus longtemps dans les petits villages français dont elle croisait la route. A quelques détails près, elle avait l’impression de retourner au temps où elle voyageait encore avec son père. Mais les temps avaient changé. La complicité qu’elle avait avec son géniteur n’était plus la même. De plus, elle voyageait en tant que Fleur d’Asie et était accompagnée de serviteurs qui les aidaient avec leurs affaires. Ce statut la mettait éternellement mal à l’aise.

Il y a quelques temps, ils avaient été invités par un comte français qui promettait à Zhen Hua de rencontrer le Roi de France. Signor Sapiento avait aussitôt vu les avantages à une telle occasion, et avait empressé sa fille d’accepter. Elle avait cédé sans particulièrement d’enthousiasme, rencontrer un roi ne faisant nullement partie de ses ambitions, fut-il de France ou d’ailleurs… Néanmoins, une fois que Florence disparut de son champ de vision, la métisse trouva tout d’un coup bien de l’intérêt au déplacement. Un doux sourire s’était installé sur ses lèvres pendant que les paysages défilaient derrière la fenêtre de sa calèche. Pendant ce temps, signor Sapiento s’occupait à donner des cours intensifs de français à la jeune demoiselle. D’ailleurs Zhen Hua remerciait silencieusement Raffaele pour les leçons qu’il lui avait déjà donné sur cette langue. Elle regrettait simplement qu’il n’ait pas pu partir avec eux.

Mais le voyage ne dura pas éternellement. Bientôt, ils franchirent les portes de Paris où ils furent accueillis et logés par le comte de Sancerre. Celui-ci les reçut avec plaisir et satisfaction, ravi que la Fleur d’Asie ait accepté son invitation. Il ne manqua pas de les récompenser pour leur venue, promettant alors qu’ils recevraient sans doute le double si elle rencontrait et satisfaisait le roi. A ce moment-là, le sourire de Zhen Hua s’estompa de ses lèvres. A vrai dire, elle avait presque oublié la raison de leur voyage…

Dès le lendemain, la Fleur d’Asie fut emmenée au château royal. Pour l’occasion, son père avait sélectionné pour elle ses plus beaux vêtements traditionnels et ses plus beaux bijoux. Les servantes l’avaient aidé à s’habiller et se maquiller pendant des heures, s’adonnant à cœur joie de faire d’elle une poupée orientale. Sa peau devint immaculée, faisant ressortir le noir de ses yeux et le rouge de ses lèvres. L’écarlate de son hanfu dont les manches coulaient le long de ses bras lui donnait une silhouette élégante et aérienne. Parée d’or et de soie, Zhen Hua s’était à nouveau transformée en princesse. Mais aujourd’hui, elle paraissait plus ornée que d’habitude, sans doute parce qu’elle s’apprêtait à rencontrer un roi…

Quand ils pénétrèrent les murs du château en ce début d’après-midi, la Fleur d’Asie sentit aussitôt les regards se tourner vers elle. Ce fut seulement à ce moment-là que la nervosité se mit à agiter son cœur. Apparemment, c’était la première fois que l’on voyait une asiatique dans la Cour de France. On murmurait sur son passage, s’interrogeant sur cette énergumène qui était entrée au palais, la jaugeant et l’étudiant de loin. Cette scène eut pour effet de rappeler à Zhen Hua son arrivée à Florence. Pourtant son malaise ne s’estompa pas pour autant. Elle se sentait si nerveuse à cause de tous ces regards qu’elle mourrait d’envie de fuir cet endroit. Mais pourtant, il fallait croire que la demoiselle était une bonne actrice. Son pas assuré fendait la foule avec élégance, et son expression stoïque était inébranlable. Seuls les battements de son cœur et ses yeux fuyants auraient pu la trahir.

Zhen Hua et signor Sapiento se laissèrent donc guider par le comte de Sancerre au sein du château. Ensuite, ce fut au tour de l’attente de prendre place. Il fallait patienter pour l’arrivée du Roi, ce qui laissa le temps à la Fleur d’Asie de se plonger un peu plus dans sa nervosité. Elle s’était informée sur ce Roi qu’elle s’apprêtait à voir… Charles de France, un homme qu’on disait puissant et cruel. Il dirigerait son pays d’une main de fer, éliminant sans aucune pitié ses opposants. A vrai dire, la description qu’on lui avait faite ne lui avait pas donné la meilleure des images. Mais elle attendait de le voir pour pouvoir réellement en juger. Mais surtout, ce qui l’intriguait le plus était les derniers évènements qui s’étaient passés récemment. À la suite d’une bataille contre les anglais, le Roi de France serait devenu amnésique…

L’agitation autour d’elle mit fin à ses rêveries. Voilà, il était là. Accompagné de sa Cour, Charles de France avait fait son entrée en scène. Le cœur de Zhen Hua ne se calma pas. Enfin… c’était le moment fatidique. Malgré elle, ses muscles se crispèrent. Derrière elle, elle sentait le regard de signor Sapiento plein d’espérance.
Le comte de Sancerre se précipita vers le Roi, s’inclinant bien bas avant de faire ses salutations et ses présentations. Il désigna la Fleur d’Asie, la pria de s’avancer en expliquant fièrement qu’elle serait sans aucun doute en mesure de régler les problèmes de sa Majesté.
Zhen Hua s’avança donc d’un pas, poussant un soupir pour essayer de se calmer. Puis, dans un bruit de tissu, elle s’agenouilla avec grâce directement au sol, s’inclinant presque au point où sa tête touchait la pierre froide. Dans cette position, elle prononça alors de sa voix calme aux accents si particuliers :

« Dans mon pays, c’est ainsi que l’on salue les puissants. Et on m’a dit que le roi de France était l’un des plus grands de ce monde… »

Elle releva le buste et la tête, mais garda les yeux sol. Voilà qu’elle agissait comme une hypocrite… Elle ne portait aucune admiration particulière pour ce Roi qu’elle ne connaissait pas. On lui avait simplement dit de flatter sa Majesté et elle l’avait fait. Mais elle détestait sa malhonnêteté. Son salut particulier faisait seulement partie d’un spectacle, d’un numéro pour attirer l’attention et obliger la fascination. Après tout, ce que l’on attendait d’elle lorsqu’on l’invitait était de voir de l’exotisme, des choses inhabituelles qu’on ne voyait pas dans le pays. Mais si elle avait eu le choix, elle aurait préféré agir le plus normalement du monde. Comme toujours, Zhen Hua était docile aux agissements que lui dictait son père… En arrière, Signor Sapiento souriait en voyant le succès qu’avait sa petite protégée à attirer tous les regards.

Pour l’instant, la Fleur d’Asie n’avait pas osé lever les yeux vers le souverain, pas plus qu’elle n’avait prêté de l’attention au monde alentour. C’était sa manière pour ignorer la foule et garder son calme. Manière qui fonctionnait plutôt bien, son visage toujours placide, ses épaules ne tremblant pas, jamais.
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Mar 5 Déc - 14:01
Il y avait une drôle de tension, depuis ce matin, dans la demeure du Roi de France. Beaucoup de monde courrait çà et là dans les couloirs, piaillant au sujet d’une rumeur unique en son genre. Charles aurait volontiers, cependant, préféré rester en dehors de ces palabres si fades. Pourtant, la nouvelle lui parvint très vite à lui aussi, alors même qu’il sortait à peine de son lit, le soleil ayant achevé de le réveiller. Une invitée de marque allait arriver au Château dans la journée. Une demoiselle à l’origine si lointaine qu’elle paraissait être devenue un rêve éternel et vivant, prompt à danser devant le regard des plus curieux.

Ah. Oui. Il est vrai, Charles en avait entend parler, en effet. L’un des nobles de sa Cour, un certain Sancerre – s’il ne faisait point d’erreur ? – lui avait faire savoir qu’il lui offrirait en cadeau une démonstration des plus élégante, tout droit venue d’Asie. Un pays bien au-delà de la ligne d’horizon, un pays que l’on définissait comme étant peuplé de barbares et de païens, apparemment. A cette annonce, le Roi était resté de marbre. Non mais qu’il méprisait cette initiative, mais il ne savait simplement pas quoi en penser, voilà tout. En quoi voir une danseuse d’un mystérieux royaume pourrait être une bonne idée ? Après tout, il n’éprouvait déjà plus aucun intérêt pour les spectacles qui avait fleurit sous son toit depuis son réveil, afin de fêter son retour sur le trône. Mais là encore, il ne dénigrait pas le talent ou la bonne volonté des acteurs ou des danseurs qui s’étaient succéder sous son regard vert. Simplement, il ne parvenait plus à se détendre pleinement et à apprécier l’instant.

Ce constat l’avait peiné au plus haut point mais il tâchait également de ne pas se laisser ensevelie par cette tourmente intérieure. Il devait faire bonne figure ; il y avait tant de personne qui comptait sur lui. Mais lui, sur qui pouvait-il compter, finalement ? Encore une question sans réponse pour le monarque, qui se laissa apprêter, comme le voulait la tradition de sa Nation.

Ce ne fut que quelques heures plus tard qu’il fut invité à se laisser guider jusqu’à la cohorte qui venait de pénétrer au sein du château royal. S’il avait pu, il aurait trainé les pieds pour éviter cette entrevue, mais il savait aussi que cela faisait partie de ses devoirs. Alors, il s’y plia, courba l’échine devant ces responsabilités pour lesquelles il se sentait davantage étranger que puissant couronné, et vint donc saluer ses visiteurs prévus.

Son regard vert détailla alors la demoiselle qui se démarquait du lot. Elle était.. vraiment très belle. Au moins il n’avait point été trompé à ce propos. Mais ce fut tout le contexte et la cohue autour de cette apparition-là qui le mirent mal à l’aise. Sa gorge se serra même en voyant l’étrangère presque mettre front à terre pour vanter sa puissance en tant que Roi. Ces flatteries, qu’il devinait fausses ou presque, ne lui plurent guère, en aucune mesure.

Un frisson désagréable dévala sa colonne vertébrale. Il voulait qu’on le laisse en paix, que l’on cesse de l’obliger à faire ce genre de chose, ces contemplations qui ne rimaient à rien. « Sortez tous. » Sa voix s’éleva dans la pièce, non pas froide, mais ferme. Cela ne lui était plus arrivé depuis fort longtemps. Ainsi, beaucoup le regardèrent avec des yeux interrogateurs. Il failli revenir sur cette décision, d’ailleurs. La pression de tous ces yeux braqués sur lui…

« J’ai dit sortez tous. Maintenant. Vous ne comprenez plus un ordre de votre Roi ? » La foule parue soudainement s’animer de nouveau, chacun se dépêchant d’obéir à cette requête royale. « Tous.. .Sauf elle. » A vrai dire, il ne savait pas pourquoi il avait ajouté ce propos ; tout ce qu’il désirait était un peu de paix. Et qui sait, peut-être elle aussi apprécierait-elle ?

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Mer 6 Déc - 9:45
Lys et Fleur d'Asie
Charles de France x Zhen Hua

« Sortez tous. » C’était l’ordre qui venait d’être donné. Le Roi eut besoin de le répéter par deux fois pour que la foule, déconcertée par cette demande ferme, s’exécute. En entendant ces mots, Zhen Hua avait levé pour la première fois les yeux vers Charles de France. Elle était tout aussi surprise que les personnes alentours (il était rare qu’on la chasse à peine arrivée après tout), et observa longuement son regard vert avec perplexité tandis qu’il parlait. Il lui semblait que quelque chose lui déplaisait. Etait-ce à cause de ses salutations extravagantes ? Zhen Hua avait l’impression que c’était plus profond encore…

La Fleur d’Asie amorça donc son départ, suivant le mouvement de la foule qui quittait la pièce. Elle avait à nouveau baissé la tête, évitant de croiser le regard du comte de Sancerre qui semblait particulièrement déçu. Ce déplacement jusqu’à Paris s’annonçait plutôt inutile… La métisse imaginait déjà signor Sapiento se scandaliser d’avoir fait le voyage sans même avoir pu montrer les talents de sa précieuse fleur au Roi de France. Cette promesse vaine avait des chances de le mettre de mauvaise humeur durant le reste de leur séjour. Quand la Zhen Hua vit le visage de son père, elle devina qu’il ne tarderait pas à se plaindre dès que les portes de la salle seraient refermées derrière lui… Mais la Fleur d’Asie était certaine qu’il finirait par rentabiliser ce déplacement en proposant au reste de la noblesse française ses talents de danseuse. Ses représentations ici n’étaient pas encore finies… Du moins le pensa-t-elle, jusqu’au moment où la voix du souverain se fit à nouveau entendre.

« Sauf elle… » Zhen Hua s’interrompit dans son mouvement, devinant alors que ces paroles lui étaient adressées. Elle se tourna vers le Roi de France, un peu confuse, avant de jeter un œil vers signor Sapiento qui était désormais près de la porte. La Fleur d’Asie avait tellement l’habitude qu’il dirige ses mouvements qu’elle chercha chez lui la manière dont elle était censée réagir… Un réflexe dont elle s’en voulut aussitôt. Ce n’était pas ainsi qu’elle gagnerait son indépendance et sa liberté… L’italien s’était aussi immobilisé pour observer sa fille et le souverain, surpris lui aussi, mais agréablement surpris cette fois. Il adressa à la Fleur d’Asie un hochement de tête encourageant auquel la demoiselle répondit silencieusement, puis suivit la foule à l’extérieur.

Une fois que tout le monde eut quitté la pièce, la salle parut soudainement à Zhen Hua bien vide, immense et silencieuse. Toutefois, elle se sentait aussi soulagée d’être débarrassée de tous ces regards curieux. Pour un moment, ses épaules se détendirent imperceptiblement. Elle aurait même pu soupirer de soulagement, seulement, ce serait mentir que de dire que sa nervosité lui était totalement passée. Un seul homme peut être tout aussi intimidant qu’une foule, et un inconnu reste un inconnu. Ce n’était pas tant que celui qui était en face d’elle était le Roi de France qui la dérangeait, mais le simple fait qu’elle ne connaissait rien de lui, et par conséquent, qu’elle ne savait pas si elle pouvait ou non lui faire confiance. Mais au moins, sans signor Sapiento et sans la foule de curieux aux alentours, elle se sentait enfin capable d’être un peu moins retenue par ses obligations de Fleur d’Asie. Même si son père aurait préféré le contraire, faire du spectacle n’était plus sa préoccupation première.

Pendant un temps, le silence régna dans la salle, et ni l’étrangère, ni le monarque ne semblait vouloir le briser. Si elle l’avait voulu, elle aurait tout aussi bien pu oublier sa présence de son monde, et effacer la sienne du sien. C’était presque comme si aucun des deux n’existait. Pourtant, les yeux noirs de l’asiatique ne quittaient pas l’homme. Il était rare que son regard soit autant intrigué par un inconnu. Mais il fallait dire que peu de personne n’avait réagi de cette manière en la rencontrant. Etait-ce de la curiosité qu’elle éprouvait là ?

« Attendez-vous… quelque chose de moi ? »

L’écho de sa propre voix la surprit. Pour elle qui était si réservée, il était inhabituel qu’elle démarre la conversation. Néanmoins, elle avait noté un certain changement dans son attitude. Pas de titre honorifique, pas de flatteries. Si elle pouvait se passer de les dire, elle ne les dirait pas. Elle, plus que n’importe qui, était pleinement consciente qu’un homme reste un homme, peu importe son statut social. Combien de passés tourmentés avait-elle vu alors même que les personnes auxquels ils appartenaient étaient les plus puissantes d’Italie ?
Pourtant, Zhen Hua n’oubliait pas non plus devant quelle figure importante elle était. Elle n’était pas assez idiote pour cela. Elle modérerait donc ses paroles et glisserait sans doute des sire ou des Majesté si cela était vraiment nécessaire. Et puis dans tous les cas, elle ne se sentait pour l’instant pas assez en confiance pour être parfaitement honnête…
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Sam 1 Sep - 18:05
S’il avait pu exprimer l’exacte vérité qui se tramait alors dans son cœur, Charles aurait pu faire comprendre que lui non plus ne savait pas vraiment comment expliquer ce qu’il venait de faire. Lui-même en était un peu gêné. Il ne s’était en aucun cas attendu à ce que tout le monde lui obéisse ainsi, lui qui depuis son réveil était presque materné à chaque fois qu’il devait se rendre quelque part et à qui l’ont tâchait de vouloir expliquer comme s’il était le dernier des imbéciles ce qu’il en était de son pays, son économie et tout le reste.

Personne ne s’arrêtait réellement sur ses désirs en tant qu’individu, tous n’avaient d’yeux que pour la couronne. Cela avait pour don de l’agacer au plus haut point. Mais jusqu’à présent, il avait fait en sorte de prendre sur lui et sa Majesté n’avait pu résister à l’envie profonde et imperméable de se laisser aller un peu. Ne serait-ce qu’une fois. Sans prévoir ou ni comment une telle chose pouvait avoir lieu. Désormais seul avec cette étrangère sur le sol de son palais, il avait maintenant la certitude qu’il ne pouvait revenir en arrière.

Alors, plutôt que de céder à l’angoisse d’être ainsi laissé avec sa tête toujours creuse en compagnie d’une personne qu’il n‘avait jamais vu, Charles de France s’essaya à rester maître de sa personne. Et, se figurant les réactions appropriées dans un tel cas de figure, le Roi se racla la gorge tout en détournant le regard ; la question de l’étrangère le mettant plus que très mal à l’aise. « Je… Je n’attends rien, de vous. » Ses yeux verts, incertains, scrutaient l’horizon à travers les immenses fenêtres de ce vestibule, comme si sur la ligne des arbres pouvaient se dessiner la réponse à ses interrogations intérieures.

Soupirant en constatant la futilité de ses propos, le Monarque finit, non sans difficulté, par poser son regard sur la silhouette de l’étrangère. « Quel est votre nom ? ». Car entre toutes ces interruptions et ses profondes réflexions, il ne lui avait pas semblé qu’on lui ait ne serait-ce qu’énoncer le patronyme de cette créature si particulière. Il fit en sorte, donc, de rattraper son manque de bonnes manières.

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Mer 5 Sep - 0:29
Lys et Fleur d'Asie
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Les yeux de l’étrangère s’arrondirent en voyant la réaction du souverain. Il semblait gêné et confus lui aussi. Peut-être était-elle trop sensible, mais Zhen Hua avait presque l’impression de ressentir le mal-être du roi dans son comportement… maladroit ? De plus, la présence de la métisse ne semblait que l’incommoder davantage… Mais si elle l’embarrassait tant, pourquoi avoir ordonner qu’elle reste dans ce cas ? Il ne semblait pas connaître la réponse à cette question non plus… Comme elle s’en doutait, celui en face d’elle n’était bien qu’un simple homme avec ses incertitudes.

Les voilà donc tous les deux confus et mal à l’aise face à la situation. Malgré tout, Zhen Hua n’avait cessé d’observer le roi de France jusque-là. Il était si rare que l’on n’attende rien d’elle, surtout parmi la noblesse. Généralement, on voulait qu’elle danse, qu’elle parle de son pays d’origine, ou simplement qu’elle soit belle à contempler. Le sentiment de curiosité s’affirmait peu à peu au cœur de la demoiselle… Mais il restait tout de même timide. Quand il posa ses yeux verts sur elle, Zhen Hua détourna inconsciemment le regard, comme si on venait de la surprendre en train d’observer quelque chose qu’elle n’était pas censée voir.
Ah… Le masque calme et stoïque de la jeune femme s’était bel et bien fissuré. Mais là n’était pas sa première préoccupation.

« Je… On m’appelle Zhen Hua, la Fleur d’Asie. »

Elle avait hésité sur ses mots. Était-ce dû à ses lacunes en français ? Pourtant, ce n’était pas là une question difficile. Pendant un instant, elle avait songé à son autre nom, presque oublié lui. Depuis combien d’années ne l’avait-elle pas entendu ? La dernière à lui avoir dit devait être sa mère en sanglot. Ce souvenir lui provoqua un léger pincement au cœur, mais la métisse se reprit rapidement. Le passé ne l’aiderait pas dans sa situation.

Zhen Hua, la Fleur d’Asie. A y réfléchir, ce nom sonnait presque pompeux. Si elle était devenue une fleur, c’était parce qu’on l’avait éduquée pour qu’elle le soit. Ce titre n’était rien d’autre que l’œuvre de signor Sapiento.

Un soupir presque imperceptible s’échappa des lèvres écarlates de la métisse. Avec hésitation, elle releva doucement la tête vers le roi. Et dire que quelques minutes plus tôt, ses gestes étaient assurés, élégants, et ne montraient aucune faille. Là, elle se sentait un peu plus maladroite. Pourtant, il était certain qu’elle était plus détendue qu’au moment où cette foule occupait la pièce.

« Vous ai-je offensé lorsque je vous ai salué ? »

A vrai dire, elle peinait à le regarder dans les yeux. Mais elle souhaitait lui faire comprendre que la réponse à cette question la préoccupait sincèrement. Après tout, elle détestait décevoir.
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Sam 8 Sep - 23:41
Charles ne savait plus vraiment s’il sentait un malaise l’envahir précisément parce que cette demoiselle en face de lui ne paraissait pas dans une meilleure humeur également ou si c’était juste cette situation qui le travaillait toute seule, tout simplement. Les picotements sous son crâne le laissèrent un peu agacé mais il fit en sorte de ne pas retenir uniquement cela du présent moment. Il avait fait sortir tout le monde, sa parole avait eu un poids qu’il commençait seulement à mesurer. Il devait assumer les conséquences de ses mots, de ses caprices royaux. Alors, bien que quelque peu fatigué, il inspira lentement pour expirer de la même manière.

« Non. Vous ne m’avez offensé en rien… » Il était sincère, s’il conservait grief, alors ce n’était pas contre elle, loin de là. « Pour dire l’exacte vérité, votre entourage s’est montré bien plus discourtois et offensant que vous ne l’avez été… » Il y avait des choses qui avait transparues, presque comme des insultes au son de son âme. Son coeur avait vibré sous le mal-être ressenti en voyant cette invitée et la cohorte d’intéressés tout autour d’elle. « Vous traitent-ils tous ainsi, souvent ? » Car cette sensation de n’être qu’une carte parmi tant d’autre, convoité pour ses effets plus que ses désirs propres, le mettait autant en rage que cela tirait chez lui une tristesse infinie.

« Dans tous les cas, vous pouvez vous permettre la détente un petit instant, tant que vous serez ici… » Car il n’autoriserait nulle autre personne à pénétrer dans cet endroit pour le moment. La tranquillité qui s’était doucement installée lui faisait du bien, a lui aussi. Plus personne pour lui tourner autour le temps de quelques minutes, c’était des plus appréciables. Charles se demanda alors pourquoi il n’avait pas eu le courage de fait sommer cet ordre-là avant. Peut-être que de voir cette jeune femme lui ressemblant par certains aspects avait éveillé chez lui ce brin de curiosité. Et de courage.

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Mer 12 Sep - 1:00
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Un sentiment de soulagement l’envahit au moment où son interlocuteur affirma ne pas avoir été offensé. Mais les propos du roi ébranlèrent quelque peu la métisse. D’abord, elle avait été surprise, encore une fois. Le monarque avait-il remarqué son malaise devant la Cour de France ? Pourtant, elle pensait l’avoir correctement camouflée sous son visage calme et indifférent. De plus, traiter sa propre Cour de discourtoise… N’était-ce pas rabaissant pour un roi ? Néanmoins, cette observation-là toucha énormément la jeune fille… Elle avait la sensation que l’on avait remarqué ses émotions, que l’on s’inquiétait sincèrement pour elle et ses désirs… Peut-être… peut-être n’était-ce qu’une simple impression. Mais cela importait peu. Cette émotion qu’elle ressentait au fond de son cœur était réelle. Il s’agissait de la reconnaissance. Celle-ci se renforça davantage quand le souverain lui proposa de profiter la tranquillité de cette pièce vide. Alors, avant de répondre à sa question, Zhen Hua ressentit le besoin avant tout de lui exprimer sa profonde gratitude.

« Je vous remercie… »

Les mots étaient simples, mais extrêmement honnêtes. Malgré elle, ses traits s’étaient détendus sous son maquillage de princesse orientale et un faible sourire s’était dessiné sur ses lèvres. Pourtant, la Fleur d’Asie souriait si peu – si ce n’était jamais – devant sa clientèle… Elle ne s’en était pas rendue compte, trop préoccupée à construire ses phrases en français pour répondre à la question du roi. Mais il était certain que ce qu’elle ressentait était plutôt plaisant. Elle se demandait simplement comment un roi pouvant se montrer si attentionné avait-il acquis une telle réputation d’homme impitoyable et cruel ? Sans doute ne connaissait-elle pas encore des parts sombres de son histoire. Peut-être aurait-elle dû se montrer plus vigilante… Après tout, c’était grâce à la reconnaissance que signor Sapiento l’avait amadouée dans son rôle de poupée exotique. Mais l’heure n’était pas à la méfiance. A vrai dire, ce détail s’ajoutait à sa curiosité.
Après un moment de réflexion, elle répondit enfin avec quelques hésitations :

« Il est vrai que l’on me traite souvent ainsi. Peu importe les années que j’ai passé à Florence, j’ai l’impression que les italiens ne s’habitueront jamais à moi. Il est donc probablement normal que la noblesse française se comporte également de cette façon… » constata-t-elle presque avec dépit. « Je suppose que c’est ordinaire. Les Hommes éprouvent toujours de l’intérêt – bon ou mauvais – pour ce qui est exceptionnel… »

Elle émit une pause. Ce sentiment d’être écartée de la population normale, elle le connaissait si bien. Il était même devenu tristement normal à ses yeux. Et à vrai dire, cela lui pesait… Dans un murmure, elle fit alors remarquer, plus pour elle-même que pour son interlocuteur :

« Je n’ai jamais souhaité être exceptionnelle cependant… »

Cela avait toujours été une malédiction pour elle. Ses pouvoirs quand elle était enfant, ses origines exotiques quand elle fut emmenée en Europe, elle avait toujours été étrange du point de vue des autres. Sentant ses pensées sombres l’envahir, la jeune femme secoua la tête, faisant légèrement carillonner ses bijoux en or, puis posa à nouveau ses yeux noirs sur le souverain.

« Pardonnez mes complaintes, je dois vous ennuyer… »

Elle hésita sur ce qu’elle devait dire ensuite. Voilà qu’elle se sentait à nouveau légèrement embarrassée. Devait-elle trouver un autre sujet de conversation ? Zhen Hua n’était pas réellement habile pour ce genre de chose. Habituellement, elle se contentait de jouer à la jeune femme mystérieuse et taciturne. Elle resta malgré elle étrangement silencieuse, espérant que son malaise n’affecte pas trop le souverain en face d’elle.
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Ven 14 Sep - 15:22
Sans doute cette jeune femme ne se rendait pas compte à quel point elle était dans le vrai, de par ses paroles et ses impressions sur le reste du monde qui l’entourait. A sa propre mesure, Charles comprenait parfaitement son point de vue, son ressenti. L’impression de n’être qu’un titre, une chose utile si l’on sait comment la manipuler correctement lui avait déjà collé à la peau un nombre incalculable de fois depuis son réveil. Et il soupçonnait qu’à ce niveau-là, au moins, tout n’était pas si dissonant avec sa vie passée. Le moment de détresse passé, il prit connaissance de la vie de la demoiselle dans les détails qu’elle avait accepté de divulguer.

C’est la gorge nouée qu’il veut s’essayer à être affable, presque aimable. Bien plus, en tous les cas, que lorsque les courtisans étaient encore présents, ici. Mais ses yeux ne pouvaient faire autrement que de se détourner de la silhouette de Zhen Hua, n’osant croiser son regard. Que craignait-il ? Lui-même ne le savait vraiment. C’était ainsi, tout simplement. Et sur l’instant, il ne souhaitait pas expliquer davantage sa réaction.

« Je… Vous ne m’importunez en rien. » Laissant ses agapes verts glisser vers l’extérieur, les fenêtres, il ajouta ensuite « Je sais que cela va vous paraitre sans doute étrange, peut-être même déplacé mais… Mais je comprends parfaitement le sentiment que vous venez d’évoquer. Il n’y a pas un jour où je le sens être loin de moi également. » Et finalement, il osa la regarder. « Je n’ai jamais demandé à être exceptionnel non plus, sachez-le. » Mais ils avaient malgré tous leurs croix respectives, décidées par Dieu, sans doute.

Et cette condamnation de naissance était peut-être la seule chose que Charles était en mesure de regretter. L’un comme l’autre, qu’avaient-ils fait pour mériter une chose pareille ?

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