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 珍花 || Zhen Hua

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Messages : 7
Âge du personnage : 21 ans


Mémoire de vie
Race:
Métier/Rang:
Statut amoureux:

MessageSujet: 珍花 || Zhen Hua   Dim 1 Oct - 1:53


Zhen Hua

ÂGE ─ 21 ans.
ANNIVERSAIRE ─ 18 août.
ORIENTATION SEXUELLE ─ Tentez toujours votre chance, messieurs…
OCCUPATIONAttraction exotique, au service de l’Ordre.
PAYS ─ Empire du Milieu, bien que ses terres d’adoption soient italiennes.
CLASSE SOCIALE ─ Officiellement bourgeoise.
RACE ─ Sorcière.
AVATAR ─ Original par Ibuki Satsuki.

Lecture du passé

L’esprit est ce qui emmagasine les expériences du corps. Zhen Hua, par le simple touché direct avec la peau, peut revivre ces expériences. Elle distinguera des images, des sons et des sensations d’une mémoire passée qui ne lui a pas appartenue. Elle les revivra de son point de vu, et cela à une rapidité vertigineuse qui la rend bien souvent nauséeuse après ses séances. Toutefois, le contact doit durer longtemps, plusieurs minutes si elle veut que les sensations ressenties deviennent moins confuses, plus lentes et plus précises. De même qu’elle est incapable de cibler ce qu’elle va voir. Bien souvent, elle est seulement emportée par un florilège d’images indistinctes. Toutefois, si la personne à qui elle lit le passé est endormie, il lui est plus facile de pénétrer sa mémoire. De même que si une personne est hantée par un souvenir précis et que Zhen Hua la touche, ce sera d’abord ce souvenir qu’elle verra. On peut donc éviter qu’elle découvre un passé en pensant exclusivement à un souvenir en particulier, en le détaillant dans sa mémoire, et en ne se concentrant que sur lui.
Les lectures du passé lui font toutefois du mal. Lorsqu’elles s’accumulent de trop, il lui arrive de confondre ses propres souvenirs avec ceux qu’elle a lus et de ne plus savoir qui elle est vraiment. Il lui faut parfois du temps pour démêler les expériences qui lui appartiennent, et celles qui ne lui appartiennent pas, au risque de devenir folle.
Profil Psychologique

Un visage calme et mélancolique. Une silhouette délicate et aérienne drapée de soie aux couleurs chatoyantes, une peau pâle, mais aux yeux sombres en amande. Zhen Hua est parfois surnommée la Fleur d’Asie par les européens. Elle incarne cette beauté mystérieuse venant des horizons lointains de l’Est. Une créature presque surnaturelle par son apparence et sa manière d’être. Le timbre doux et un peu distant de sa voix aux accents exotiques, son visage presque toujours figé dans une calme indifférence, la grâce de ses mouvements accentués par la soie de ses vêtements traditionnels... Tous ces éléments ont créé autour de la jeune femme presque un mythe captivant. Ce mythe, elle le joue à la perfection. Après tout, on l’a éduquée ainsi, pour qu’elle soit digne des curiosités. Elle est habituée à ce qu’on l’admire et à ce qu’on l’étudie. Calme, mystérieuse, belle et délicate, c’est de cette manière qu’elle doit se montrer. Mais qu’en est-il de la réalité ?

Premièrement, il y a cette froideur dans sa manière d’agir… Ou plutôt sa distance, de manière littérale ou figurée. Zhen Hua ne s’approche pas de ses invités. Elle les laisse la contempler, mais elle ne cherche pas le contact ou l’amitié. Malgré sa politesse et son savoir-vivre, ses yeux noirs sont fuyants, et ses mots sont rares. On pourrait croire que c’est parce qu’elle ne connait pas bien la langue, mais au contraire, depuis les années qu’elle habite ici, Zhen Hua comprend parfaitement l’italien. Certains penseraient alors qu’elle est simplement taciturne, mais non, ce n’est toujours pas ça. Une fois sa sympathie acquise, elle se montre tout de suite beaucoup plus bavarde. En réalité, la Fleur d’Asie est vigilante. A force d’être observée telle une créature étrange, à force de se faire utiliser comme gagne-pain, elle ne sait plus exactement à qui faire confiance. Zhen Hua est manipulée par son père, et elle le sait. Seulement, elle n’a aucune idée de comment se sortir de cette situation. Alors, elle se méfie des autres, par simple principe et précaution.

Mais n’y a-t-il pas une autre raison à sa distance ? Une raison plus simple qui impliquerait sa méfiance ? Zhen Hua n’osera sans doute pas se l’avouer, mais elle est aussi simplement gênée par la présence et les regards des autres. Plutôt ironique lorsque sa principale occupation est justement de se faire observer. La Fleur d’Asie est timide et ça, elle ne pourra pas le changer. Elle est de nature introvertie et réservée, subit la présence des étrangers plus qu’elle ne l’apprécie. Sans doute est-ce pour cela que son expression est si indifférente. Le calme dont elle semble être accoutumée n’est en réalité qu’une façade pour cacher son embarras. Or, si vous arrivez à gagner sa confiance et son affection, c’est un tout autre visage qu’elle montre. Ses expressions changent, elle sourit davantage, se met parfois en colère, et rougit plus souvent, mais surtout elle paraît beaucoup plus naturelle que cette poupée orientale mystérieuse qu’elle s’efforce d’afficher. Zhen Hua aimerait être capable de montrer ce vrai visage à tous ceux qui l’entourent. Mais sa maudite timidité lui en empêche. Sans compter qu’elle s’est sans doute trop accoutumée à ne pas être elle-même…

Son expression est donc presque toujours figée sur un masque imperturbable. « Calme et insensible » sont des mots qui reviennent souvent pour décrire la Fleur d’Asie. Mais comme nous l’avons fait remarquer, tout cela loin d’être le cas. Malgré les apparences, Zhen Hua est souvent chamboulée par de multiples émotions. Son empathie est aussi très développée, et elle se sent souvent submergée par les fortes émotions de ceux qui l’entourent. Peut-être est-ce d’ailleurs une des raisons pour lesquelles elle n’aime pas la présence des autres… Montrez-lui des larmes, et son cœur sera forcément touché de plein fouet. Elle n’arrive pas à être objective face à une personne souffrante et fait toujours preuve d’une compassion qu’elle juge elle-même excessive. Décevoir autrui est d’ailleurs une de ses plus grandes hantises. Cela la rend particulièrement vulnérable et manipulable, et elle en est pleinement consciente. Sa méfiance est aussi pour elle une barrière de sécurité lui permettant de ne pas tomber dans le piège de la trop grande empathie. Mais sa compassion est encore plus grande avec ceux dont elle a partagé les souvenirs… Après tout, quoi de mieux pour comprendre quelqu’un que de vivre ce qu’il a vécu ? Ses pouvoirs lui donnent cette capacité, pour le meilleur ou pour le pire… Tout n’est pas bon à voir dans le passé d’une personne, et Zhen Hua s’est souvent sentie coupable pour des crimes qu’elle n’avait pas commis.

D’ailleurs, parlons de ce fameux don, de son impact qu’il a sur la jeune fille… En lisant les souvenirs des autres, Zhen Hua a bien compris une chose : on ne peut pas oublier volontairement. Et pourtant, combien d’images a-t-elle voulu effacer de son esprit ? Que ce soit des douleurs atroces, des crimes ou des trahisons insupportables ? Les souvenirs des autres la hantent. Elle a beau savoir que ces expériences ne lui appartiennent pas, elle ne peut s’empêcher de réagir comme si elle les avait subies. A tel point qu’elle en perd parfois sa propre identité, dévorée par celles des autres. C’est pourquoi la Fleur d’Asie a besoin de personnes de confiance pour lui rappeler qui elle est, et la rassurer sur ce qu’elle a fait et ce qu’elle n’a pas fait. Son père remplit d’ailleurs cette fonction la plupart du temps, même si dernièrement, elle ne lui accorde plus la même confiance qu’auparavant. Un des seuls qui arrive à lui refaire prendre conscience d’elle-même pleinement est Raffaele, son demi-frère. Mais Zhen Hua sait qu’elle ne pourra pas éternellement compter sur lui.

Zhen Hua veut devenir indépendante, elle recherche la liberté plus que tout au monde. Si elle le pouvait, elle quitterait la maison de signor Sapiento sans aucune hésitation. Parfois, elle se met à rêver de voyages, par-delà les mers, et pourquoi pas aller à la découverte du Nouveau Monde dont certains parlent tant… Si elle le pouvait, elle quitterait l’Italie et oublierait l’Empire du Milieu. Si elle le pouvait, elle vagabonderait éternellement jusqu’à ce qu’elle trouve enfin sa place sur cette Terre. Mais Zhen Hua doit rendre service à quelqu’un. Une personne qui lui a beaucoup donné, mais aussi beaucoup pris. Une personne qui n’est autre que son père qu’elle ne peut se résoudre à abandonner…
Histoire



« Quel déshonneur. » Ce sont les mots qui ont franchis les lèvres du chef de la famille Wu en apprenant la naissance de sa nouvelle descendance indésirable. Sa fille avait déçu toutes ses attentes. Avant même son propre mariage, elle avait mis au monde une enfant, rendant furieux son fiancé qui avait rompu ses engagements, ce qui laissa la famille Wu dans un fort embarras. Et comme si cette honte ne suffisait pas, il fallait que la fille qui venait de naître soit celle d’un étranger ! D’un voyageur volatilisé dans les lointaines terres de l’Ouest ! Aucune chance que cet homme soit retrouvé un jour. Et voilà que cette pauvre enfant naissait sans père, avec en prime le poids du déshonneur de sa mère. Elle était une erreur, une faute impardonnable dans la famille Wu. Le traitement qu’on lui donnera n’égalera jamais les privilèges de ses cousins. Personne dans la famille ne pouvait accepter une telle disgrâce.

Quant à la mère de l’enfant, elle pleurait. Entre l’épuisement de l’accouchement, la fascination de ce petit être qui se tortillait maintenant dans ses bras et le jugement fatidique de sa famille, elle sanglotait des excuses que personne n’arrivait à comprendre. La petite fille ne comprenait rien à ses lamentations. Le bruit de la pluie torrentielle qui s’abattait depuis des jours au dehors ne faisait qu’accentuer ses cris de nouveau-né. L’enfant fut donc appelée Lin.


***


La famille de sa mère, Lin ne la revit plus. Un autre homme accepta de faire de sa génitrice une de ses épouses et d’adopter la petite au sang honteux. A la place des Wu, Lin venait d’intégrer malgré elle la famille Shi. Quand elle grandit, Lin devint plus grande que les autres filles. Ses traits étaient légèrement plus allongés, sa peau plus pâle, et sans pour autant être totalement différente des autres, il y avait quelque chose chez elle d’indescriptiblement unique. Sans doute le résultat de son métissage. Aux yeux des orientaux, elle paraissait occidentale. Mais aux yeux des européens, sûrement paraissait-elle beaucoup plus asiatique. Elle avait hérité de sa mère ses cheveux bruns et lisses, ainsi que de ses profonds yeux noirs. Mais de son père, nul ne savait ce qu’elle avait exactement en commun.

Lin grandit auprès de sa mère. Son père adoptif n’avait que bien peu de considération pour elle. Il en avait bien plus pour ses enfants légitimes, une petite sœur et un petit frère qui naquirent deux ans, et trois ans après son mariage. Lin profita tout de même de l’éducation qu’on donna aussi à sa sœur. En plus de la lecture, de l’écriture et des mathématiques, et on lui enseigna une base modeste de la danse et de la poésie. Mais ses différences avec le reste de sa famille ne cessaient de l’éloigner de celle-ci. D’autant plus qu’on se mit progressivement à se méfier de la petite métisse quand on se rendit compte qu’elle connaissait des choses qu’elle n’était pas censée savoir ; des secrets et des évènements qui s’étaient passés avant même sa naissance et qu’elle contait comme si elle y avait été… En plus du mépris de son métissage s’ajoutait maintenant une certaine crainte. « Fréquentez cette enfant impure et tous vos plus honteux secrets seront révélés. » La peur que causa cette rumeur suffit à dissuader les personnes alentour de la côtoyer trop longtemps. La fillette se mit même à croire qu’elle était maudite. On la fuyait comme la peste à cause de son apparence et de ses étranges pouvoirs. Seule la mère de la petite restait toujours à ses côtés, même si pour cela elle s’éloignait un peu de ses autres enfants. Elle jugeait que sa fille aînée chérie devait éprouver bien plus de solitude que le reste de sa progéniture…


***


Je vois, un homme que je n’ai jamais vu auparavant… Son visage est étrange, il n’y en a pas de pareil dans la région. Il est grand, on dirait presque un géant… Sa peau est encore plus pâle que la mienne, ses cheveux forment d’étranges boucles claires, et ses yeux… On dirait qu’ils ont le bleu du ciel. A vrai dire, il me fait presque peur. On dirait un esprit qui a pris l’apparence d’un humain… Pourtant je n’arrête pas de l’observer, de le dévorer des yeux. J’entends sa voix qui me parle d’une manière étrange. Elle est lointaine, un peu brouillée, comme si j’étais séparée de lui par une bulle de verre. Je ne comprends presque pas ce qu’il dit, sans compter que son accent est trop différent du mien et que ses phrases semblent approximatives. Mais peu importe, il est la seule chose à laquelle je prête attention. Le reste est flou. Il me fait rire. Pourtant c’est étrange, je n’ai pas vraiment envie de rire mais plutôt de me réfugier auprès de Muqin… D’ailleurs je ne sais pas où elle est, ça m’inquiète. Puis soudain, l’étranger s’arrête de parler. Il surveille les alentours avant de me regarder à nouveau. Brusquement, c’est ses lèvres que je sens sur les miennes. Je n’ai pas envie d’être embrassée, et encore moins par cet homme. Je ne sais même pas son nom ! Je veux me débattre, mais rien n’y fait. Je suis prisonnière d’un corps qui ne m’obéit pas, et j’accepte malgré moi son baiser. Je continue même de l’embrasser avec fougue avant d’enfin me détacher de lui et de le repousser. Je sens les traits de mon visage se crisper en un sourire. Mes lèvres bougent pour parler, pourtant ce n’est pas ma voix que j’entends prononcer : « Nous devrions nous arrêter. »
Cette voix, je la reconnais. C’est celle de Muqin.


Soudain, les images cessèrent. Lin inspira à grand coup avec soulagement. Enfin, elle retrouvait son corps, les sensations de ses petites mains, de ses yeux qui battaient des cils avec confusion, de sa respiration encore haletante et de son cœur qui cognait à vive allure. Alors qu’elle se redressait subitement en se frottant les yeux, elle remarqua la silhouette encore toute habillée de sa mère qui s’était endormie auprès d’elle, sa main auprès de la sienne.

- Muqin…

Tremblante, la petite fille se recoucha alors pour se blottir contre elle et respirer son odeur rassurante, tout en prenant bien soin de ne pas toucher directement sa peau. Elle se sentait mal, et avait l’impression de ne pas avoir dormi du tout. Le soleil ne s’était pas encore levé. Lin essaya donc de se replonger dans ses rêves, mais ses tremblements ne voulaient pas cesser.

Habituellement, Lin n’aimait pas toucher les autres trop longtemps. Pour une raison qu’elle ignorait, les contacts physiques lui donnaient des maux de tête affreux, et elle voyait des choses qui n’étaient pas réelles… Ou non, ce n’était pas vraiment ça… Elle ressentait des choses qui n’étaient plus réelles. Ces choses l’effrayaient. Elle avait l’impression de ne plus avoir le contrôle sur rien quand elles les vivaient, comme si elle était possédée… Mais c’était rare qu’elle voie des images et ait des sensations aussi précises que cette fois-là.

Sa mère s’agita quand elle sentit sa fille la serrer plus fortement contre elle. Elle se réveilla doucement, et caressa avec tendresse les cheveux de l’enfant avec un air ensommeillé :

- Tu as fait un cauchemar, Lin ?

La petite se contenta d’hocher la tête pendant que sa mère continuait ses caresses.

- Moi aussi j’ai fait un cauchemar… Mais ne t’inquiète pas, tu peux te rendormir. Muqin veillera sur toi jusqu’à que tu fasses des rêves paisibles. Je te promets que je resterai auprès de toi…

Peu à peu calmée par cette voix douce, Lin desserra ses bras. Elle se retourna dans son lit, ses petits yeux se fermant presque malgré elle, bercée par le doux chant de sa mère…


***


Tout va vite. Les paysages défilent. Je n’ai même pas le temps de les admirer… Ils changent sans cesse, à tel point que ça me donne la nausée. On me parle aussi. Avec des mots que je ne comprends pas et qui ne ressemblent à rien de ce que je connais. Pourtant, je leur réponds presque à tous avec enthousiasme dans ces langues inconnues. Beaucoup de gens me sourient et rient avec moi. Je passe une bague au doigt d’une femme au visage blafard. Je voyage encore. On met un nourrisson dans mes bras que je fais tournoyer avec bonheur. Plus tard, quand je le revois, c’est déjà un petit garçon aux cheveux bouclés. « Raffaele ! » C’est comme ça que je l’appelle fièrement, toujours en tournoyant. Beaucoup de visages défilent. Je n’ai pas le temps de tous les voir… Il y a beaucoup de femmes. Soudain, j’ai envie de sursauter quand je reconnais Muqin. Mais je n’ai pas le temps de le faire, elle est déjà partie. Les paysages changent beaucoup trop vite… Maintenant, il y a une fille qui court et qui m’agrippe le bras. C’est très étrange… J’ai l’impression qu’elle me rappelle quelqu’un.
Puis je réalise soudain. Cette fille, c’est moi.


Lin lâcha soudainement le poignet de l’homme qui la regardait avec un air interloqué. Elle sembla vaciller mais se rattrapa de justesse en s’agrippant aux vêtements de l’étranger qui la soutint pour ne pas qu’elle s’effondre. Les autres voyageurs qui l’accompagnaient poussèrent des exclamations surprises en une langue inconnue quand ils virent la jeune fille tomber dans ses bras. Elle ne savait pas quoi penser. C’était un miracle… Non. C’était le destin. Elle leva les yeux vers l’homme qui la regardait avec un air inquiet et lui demandait avec un accent approximatif si elle allait bien. Elle l’observa toute aussi confuse que lui. Elle ne l’avait jamais vu, pourtant elle avait l’impression qu’il avait vieilli… Etait-ce à cause de sa barbe broussailleuse qui lui avait poussé ? Etourdie, elle murmura dans un souffle :

- Enfin… Je t’ai retrouvé. C’est toi, tu es celui qui a embrassé ma mère…


珍花


Roberto Sapiento. C’était le nom de l’étranger qui l’avait rattrapée en pleine rue et accompagnée dans la maison de son père adoptif. Quelle surprise eut l’homme quand il aperçut la mère de l’enfant qu’il venait de secourir. Il comprit alors que cette jeune fille n’était pas n’importe quelle enfant, que son apparence familière n’était pas anodine. Lin essaya de retenir son père enfin retrouvé, après tout, c’était un évènement tellement inespéré. Il lui avait suffi d’une rumeur sur des étrangers pour que Lin se précipite dans les rues pour partir à leur recherche. Quand elle lui avait semblé reconnaître l’homme des souvenirs de sa mère, elle n’avait pas réfléchi. Elle voulait simplement vérifier sa théorie, tenant le bras du voyageur peut-être un peu plus longtemps qu’elle ne l’avait prévu. Et voilà qu’elle s’était presque évanouie dans ses bras, qu’il l’avait ramené dans sa maison, qu’il était là pour lui expliquer les origines de sa naissance… Mais son faible état ne lui permit pas de convaincre sa mère de l’accueillir plus longtemps. Elle chassa l’étranger dès que possible, avec haine et mépris dans le regard.

Mais cela n’empêcha pas le voyageur de s’intéresser alors à cette fille qu’il venait de découvrir. Il partit de la demeure intrigué, et chercha à en savoir plus sur elle et sur comment elle était parvenue à connaître son identité alors qu’il ne l’avait jamais rencontrée auparavant. Il apprit alors avec surprise que des rumeurs entouraient l’enfant. Elle serait capable de connaître le passé de ceux qu’elle approchait. Une idée s’éveilla alors dans l’esprit de l’étranger, une vision farfelue qui pourrait éventuellement le mener à la gloire. Roberto Sapiento se mit en tête d’emmener sa fille avec lui en Italie.

Le père inespérément retrouvé rencontra la famille Shi. Il dut passer par plusieurs négociations avec le père adoptif de Lin qui se montrait méfiant aux premiers abords. Puis après réflexion, ce-dernier finit par consentir au départ de la fille de sa femme – non sans un certain soulagement – contre une somme considérable d’argent. Du jour au lendemain, Lin fut vendue et embarquée par son véritable père. Sa mère n’eut aucun mot à dire dans cette affaire. Elle regarda sa propre fille s’éloigner d’elle après des adieux déchirants, pleura en fusillant des yeux celui qui avait été autrefois son amant d’une nuit, et vit cette expérience comme une trahison, un enlèvement de son enfant. Mais hélas, sa fille chérie disparut à tout jamais de sa vie. Elle était emportée loin d’elle, et voyageait désormais vers l’Ouest, au-delà de l’horizon où se couche le soleil. Plus jamais Lin ne reverra sa mère.


***


Lin avait 12 ans. Elle ne s’était pas attendue à tous ces changements. Les adieux avec sa mère l’attristèrent au plus haut point, mais à vrai dire elle se sentit aussi soulagée d’enfin quitter la demeure des Shi ainsi que sa ville natale. Pour elle, c’était un nouveau départ, même plus, un nouvel espoir. Son nouveau père lui parla sans cesse tandis qu’ils partaient. Apparemment, il venait d’un pays lointain qu’il nommait Italia, et voyageait en Orient pour faire du commerce depuis des années. Il était savant, maîtrisait plusieurs langues et semblait connaître beaucoup de choses sur les cultures des pays où il avait été. Lin buvait ses paroles, fascinée. Si la première fois qu’elle l’avait rencontré, elle avait été effrayée, aujourd’hui elle comprenait pourquoi sa mère lui était tombée dans les bras avec une telle facilité. Son charisme resplendissait. Elle avait l’impression qu’il pouvait convaincre n’importe qui grâce à ses beaux discours. Pour un européen, il se débrouillait fort bien en affaire, alors même que le pays avec qui il commerçait rejetait ses origines.

De plus, lors de leur voyage, signor Sapiento – ainsi souhaitait-il se faire appeler – se chargea de son éducation. Il voulut apprendre à Lin la langue de son pays natal. Ainsi, la métisse fut même capable d’écrire avec l’alphabet latin. Elle écoutait ses cours avec attention et curiosité, se demandant si tous les hommes en Europe étaient comme son professeur. Mais elle fut aussi surprise de voir que son père voulait qu’elle continue de garder les enseignements qu’on lui avait appris chez les Shi. Ainsi, dès qu’ils en avaient l’occasion, signor Sapiento demandait à la jeune fille de s’exercer à la danse traditionnelle de son pays. Il voulait, disait-il, qu’elle soit plus gracieuse et plus précieuse qu’une fleur. La métisse se vit alors attribué le surnom de Zhen Hua dès le début de leur voyage par son père, à se demander si celui-ci savait que son véritable nom était Lin. La demoiselle finit par accepter cette nouvelle appellation. Après tout, précieuse fleur, n’était-ce pas plus jolie et plus flatteur que pluie persistante ?

Par ailleurs, tandis qu’ils étaient toujours dans l’Empire du Milieu, Lin fut couverte de cadeaux ; de vêtements traditionnels faits de soie, de bijoux en tout genre, d’épingles à cheveux… La métisse n’en revenait pas qu’on prenne si soin d’elle. Pendant un moment, elle se sentit comme transformée en princesse. Quand elle se voyait dans la glace, elle se trouvait pour la première fois jolie et pensait alors que le nom de fleur ne lui allait pas si mal, finalement. Zhen Hua s’imagina que son père devait être riche, qu’il devait être quelqu’un de généreux et d’attentionné, même si elle ne comprenait pas réellement ses intentions. Elle lui en était devenue reconnaissante pour l’attention qu’il lui portait, même si celui-ci n’égalait pas celle de sa mère. Son père quant à lui avait le pouvoir de la gâter plus qu’elle ne l’avait imaginé.


***


Mais il y eut bien une part d’ombre qui prit place. Après tout, tout était trop beau pour que signor Sapiento ne demande rien en retour. Premièrement, l’homme n’avoua jamais qu’il était son père, même si Zhen Hua était persuadée qu’il le savait. Il l’ignora même quand elle tenta de l’appeler Fuqin. La jeune fille fit de son mieux pour ne pas montrer sa peine, après tout, il avait été assez généreux avec elle. Elle ne voulait pas le déranger avec ces détails futiles. Mais la seconde part d’ombre vint au moment où signor Sapiento lui exigea d’user de ses pouvoirs, cela simplement à titre d’expérience. Zhen Hua se figea alors, abasourdie par sa demande. Jamais on ne lui avait demandé de lire le passé des autres volontairement. C’était un employé de son père, un européen lui aussi, qui semblait faire office de cobaye. La jeune fille refusa. Elle avait peur de ce qu’elle pourrait voir et ressentir lors de cette intrusion dans les souvenirs de l’homme. Elle avait peur de se faire à nouveau haïr par ceux qui l’avait acceptée durant ce voyage. Elle avait peur qu’on la considère à nouveau comme un être maudit. Mais son père la rassura sur ses craintes. Sur un ton calme et doucereux, un sourire bienveillant sur le visage, il lui affirma de la manière la plus convaincante qu’il en était capable :

- Tu n’es pas maudite, Zhen Hua… Tu es bénie par les dieux de ton pays, ils t’ont offert un don inaccessible au reste des mortels. Si ceux d’où tu viens avait peur de toi c’est parce qu’ils ne te comprenaient pas. Tu es une précieuse fleur, tu te souviens ? Tu pourrais faire des miracles. Tu rendras tout le monde admiratif en Europe, je te le promets. Tu auras la gloire… Si tu ne veux pas le faire pour toi, fais-le au moins pour moi.

Zhen Hua ne comprit pas tout ce qu’il lui raconta. Néanmoins, à ses yeux pleins d’espoir, elle devina qu’elle le décevrait énormément si elle ne s’exécutait pas. Alors, avec une certaine réticence, elle plaça ses mains sur celles de l’employé de son père, attendit que les images passent et ralentissent pour devenir compréhensibles, et s’entraîna ainsi plusieurs fois à lire le passé d’autrui. Chaque exercice la rendant presque malade et lui embrouillant l’esprit, elle tenta pourtant de s’habituer à cette confusion. Son père fut tout de même satisfait de constater que les rumeurs qu’on lui avait murmurées n’étaient pas infondées. Il prit tout de même garde à ce que sa précieuse fleur ne s’écroule pas pendant le voyage. Après tout, il serait dommage qu’elle se sente mal avant même son arrivée en Italie…


欧洲


Des mois durant, le voyage se poursuivit vers l’Ouest. Pour la première fois, Zhen Hua avait franchi les frontières de son pays natal. Elle était fascinée sur ce qu’elle découvrait sur son chemin. Pourtant elle était aussi poursuivie par une impression de familiarité lorsqu’elle elle voyait certains nouveaux paysages. Les souvenirs de son père occupaient toujours les siens. Même si tout n’était pas clair, elle se rappelait de certaines bribes qu’elle avait entraperçues si précipitamment dans son esprit.

La métisse se sentait si bien auprès des autres voyageurs à s’aventurer toujours plus loin derrière l’horizon… Elle était acceptée par ses compagnons ; son père prenait soin d’elle comme on prend soin d’une poupée ; il lui apprenait tous les jours des choses incroyables sur le monde. Jamais auparavant Zhen Hua n’avait été aussi curieuse et vivante. Si elle avait pu, elle aurait poursuivi ce voyage pour l’éternité… Après avoir explorer les terres, elle aurait tant aimé voguer sur les vagues de l’océan…

Mais bientôt, ils firent leur arrivée en Europe, et progressivement ils s’approchaient des frontières de l’Italie. Signor Sapiento était si enthousiasme à l’idée de leur retour… Plus que tout, il faisait des éloges intarissables sur ses terres natales. Il s’assurait aussi auprès de Zhen Hua qu’elle avait bien retenu ses différentes leçons qu’il lui avait appris pendant le voyage. La jeune fille était alors obéissante et appliquée, elle connaissait désormais parfaitement les règles de bienséance de l’Italie, maitrisait correctement l’italien, et se tenait avec le port d’une princesse orientale. Zhen Hua songea alors que si elle retournait auprès de sa mère en Asie, elle lui serait sans doute méconnaissable. A vrai dire, le temps où elle était la pauvre et rejetée Lin lui semblait tout d’un coup bien loin…

Quand enfin ils arrivèrent dans sa ville d’origine, la jeune fille découvrit enfin Florence et la maison de son père. A l’intérieur se trouvaient deux individus que Zhen Hua n’eut aucune peine à reconnaître. D’un côté, il y avait la femme au visage blafard qui l’observait avec méfiance et scepticisme, manifestant alors sa réticence à accueillir une étrangère dans sa demeure… Et de l’autre, il y avait un jeune homme, âgé de quelques années de plus qu’elle, dont le visage semblait avoir pris en maturité et en assurance. Elle ne put s’empêcher de sourire, se rappelant du garçon aux cheveux bouclés.

- Raffaele…


***


Signor Sapiento imposa la présence de la jeune fille dans sa propre demeure. Zhen Hua se sentit plus embarrassée qu’elle ne l’avait été depuis longtemps. Elle était sans cesse épiée par le regard inquisiteur de la femme de son père, Eleonora Sapiento. De plus, elle réalisa peu à peu qu’elle était arrivée dans cette famille en intruse, qu’elle ne savait pas si elle y était la bienvenue, et que le regard de signora Sapiento semblait lui indiquer le contraire. Pourtant, elle n’avait pas d’autre choix que d’y rester. Après tout, où d’autre pourrait-elle aller ? Et elle avait une dette trop grande envers signor Sapiento pour simplement s’en aller. Néanmoins, les voyages commençaient déjà à lui manquer…

Quant à Raffaele, il lui jetait de temps à autre des regards intrigués, sans l’animosité de celui de sa mère toutefois. Si aux premiers abords, tous deux se montrèrent maladroits pour converser, au fil du temps, ils finirent par développer une profonde et sincère amitié. Raffaele se destinait à prendre la voie de son père, et comme lui, il était passionné par les langues étrangères et les cultures exotiques. Il demanda donc à Zhen Hua de lui apprendre le mandarin. En échange, il l’aidait à améliorer son italien et lui fit découvrir les autres langues d’Europe, dont le français et l’anglais… Bien sûr, pour ces deux dernières, la jeune fille ne put qu’assimiler une base primaire, mais grâce à cela la métisse se découvrit une passion étonnante pour les langues étrangères. Plutôt paradoxal alors qu’elle avait tant de mal à communiquer avec les inconnus.

Parfois, Zhen Hua était tentée de révéler à Raffaele qu’ils avaient le même père. Mais elle craignait de le bouleverser en lui racontant cette histoire… Après tout, si dans son pays natal il était normal d’avoir plusieurs demi-frères et demi-sœurs issus d’épouses différentes dans les riches familles, ici les mœurs ne semblaient pas accepter ce genre d’agissement… Signor Sapiento ne voulait toujours pas avouer qu’il avait eu une fille avec une étrangère, et Zhen Hua respectait son choix. Son secret fut donc gardé avec elle, bien que celui-ci lui coûta.


***


D’ailleurs, son père ne laissa pas à la métisse se reposer longtemps après leur longue route. Il la fit revêtir de ses plus beaux vêtements traditionnels, et la fit se promener dans les rues de Florence, attirant les regards intrigués de la foule. La rumeur se propagea rapidement dans la ville. Une princesse orientale serait en Italie et logerait chez les Sapiento. Curieux de cette nouvelle, les membres de la haute société ne manquèrent pas d’inviter la jeune fille. Invitations que son père accepta avec enthousiasme, heureux d’entrer dans les bonnes grâces des figures de Florence. Elle fut ainsi présentée à la noblesse italienne, et la captiva par sa beauté caractéristique et son attitude mystérieuse. Signor Sapiento leur apprit aussi que la demoiselle savait danser et proposa, contre rémunération, des représentations de son talent à ces nobles gens. Ainsi, cela devint la mode à Florence d’inviter la Fleur d’Asie – tel fut le surnom qu’on lui donna – pour la voir danser et lui poser mille questions sur ses origines. Mais la rumeur disait aussi que la demoiselle n’était pas qu’une princesse orientale… Elle aurait aussi des pouvoirs insoupçonnés que les dieux de son pays lui auraient conférés… Et beaucoup espérait voir une démonstration de ceux-ci. Encore fallait-il y mettre le prix.

En effet, seuls les bons clients de la jeune fille pouvaient avoir le privilège de savoir de quoi elle était réellement capable. Ainsi, les gens les plus aisés ou ceux qui avaient la sympathie de son père avaient droit d’avoir une démonstration des lectures du passé de la Fleur d’Asie. Grâce à son père qui ne tarissait pas d’éloge à ce sujet, Zhen Hua fut alors aux yeux des nobles une divinatrice capable de comprendre des choses que le commun des mortels étaient incapables de voir, et non une effrayante sorcière. Chose qui ne faisait qu’attiser davantage les curiosités. On se demandait alors d’où lui provenait son don, et la Fleur d’Asie racontait alors l’histoire que lui avait dicté son père. Grâce à sa pureté, elle avait été bénie à la naissance par les esprits bienveillants de son pays, et ainsi elle était devenue capable dès sa plus tendre enfance de connaître le passé d’autrui.
Mais ses pouvoirs étranges finirent bien vite par éveiller les intérêts de bien d’autres personnes que son père… C’est alors que se présenta un homme d’église qui prétendit faire partie de l’Ordre d’Italie…


***


J’ai l’impression de remonter dans un temps lointain, très lointain… Je n’ai jamais vu d’histoire aussi longue, ce n’est pas normal… J’aurai dû mourir il y a longtemps. Les images passent tellement vite, je ne comprends pas la plupart d’entre elles. Mais surtout, je vois du sang, beaucoup de sang. Je ne sais pas pourquoi, mais je m’en abreuve comme un nectar des plus précieux. Le goût métallique me dégoûte et me donne envie de vomir, mais je continue d’en boire auprès de ces belles dames qui acceptent de me présenter leur cou. Je prends soin d’elles. Elles m’aiment, ça se voit à leurs regards. Mais elles disparaissent toutes une à une. La plupart tombent dans mes bras dans un sommeil éternel… Je pars donc en chercher de nouvelles. Cela fait un moment que je n’en ai plus vu. Je me sens las d’avoir été si longtemps en vie. Mais la seule chose que je vois à présent, c’est cette jeune fille au visage si particulier qui danse dans ses habits de soie.

Zhen Hua recula soudainement. Tout en contenant ses tremblements, elle observa le jeune homme en face d’elle qui lui souriait doucement avec un air interrogateur. Elle retint ses haut-le-cœur avec difficulté, le souvenir du goût du sang encore marqué sur sa langue. L’homme n’était pas censé être un des privilégiés des lectures du passé. Elle avait touché sa main par inadvertance et avait vu une partie de sa longue existence. Maintenant, elle ne pouvait plus détacher ses yeux de lui, dégoûtée d’elle-même pour avoir pu boire un liquide aussi dégoûtant que du sang.

- Y-a-t-il un problème, Fleur d’Asie ? demanda-t-il après quelques secondes. Vous semblez troublée…

Zhen Hua prit une inspiration pour reprendre de la contenance et secoua doucement la tête en signe de négation. En un instant, elle avait retrouvé son visage calme et indifférent de façade. Pourtant les battements de son cœur lui indiquaient qu’elle n’était pas aussi sereine qu’elle ne voulait le paraître.

- Je viens simplement de me souvenir de quelque chose de très important… Ne vous inquiétez pas.

Le reste de la soirée fut un supplice pour la Fleur d’Asie. Depuis le début de son arrivée à Florence, son malaise allait en grandissant. Et si Raffaele était tout de même un point positif de sa venue en Italie, le reste n’était que teinté de couleurs fades. Signor Sapiento était le seul à se réjouir du succès de sa fille. Il était celui qui la poussait à rencontrer les hautes figures de la société italienne et qui gardait l’argent qu’on lui donnait à ces occasions. Être entourée d’inconnus qui l’observait telle une bête de foire la dérangeait. Elle était gênée par tout l’intérêt qu’on lui portait et aurait préféré s’effacer des mémoires. Mais son père ne lui laissait pas cette occasion, et grâce à elle il gagnait en richesse et en influence. C’était avec douleur que Zhen Hua s’était rendu compte de sa manipulation. Elle ne voulait plus lire le passé juste par simple divertissement pour les autres. Mais elle se laissait influencée par signor Sapiento sans la moindre protestation… Après tout, sans doute espérait-elle aussi un peu de reconnaissance de sa part. Et de plus, depuis quelques temps, il était tombé malade. Il ne le montrait pas, mais sa santé se dégradait à petit feu… Zhen Hua ne pouvait simplement pas l’abandonner ainsi.

Et ce soir-là, voilà qu’il s’ajoutait à tous ces problèmes ce jeune homme – mais était-ce réellement un être humain ? – que Zhen Hua surveillait du coin de l’œil. Et dire qu’en ce début de soirée, elle l’avait trouvé si charismatique et séduisant. A présent, elle était comme effrayée par lui ? Ou non, ce n’était pas exactement ça… Ce dont elle avait peur n’était pas du jeune homme en question, mais des conséquences de sa découverte. Elle avait l’impression que c’était elle qui avait bu le sang de ces femmes, que c’était elle qui avait vécu durant trop longtemps pour un être humain normal… Si elle n’avait pas été au milieu de l’une de ses présentations, elle en aurait tremblé de terreur et de culpabilité. Mais surtout, ce qui la tracassait davantage était ce qu’il se passerait une fois qu’elle rentrerait chez signor Sapiento.

La nuit avançait, bientôt ce fut l’heure de quitter les hôtes qui l’avaient invitée. Zhen Hua les salua avec grâce et respect, et accompagnée de son père, elle rejoignit enfin la maison où Eleonora Sapiento était déjà plongée dans un sommeil profond. Raffaele les accueillit accompagné d’un religieux qui attendait leur retour. Zhen Hua observa le prêtre avec pâleur. Pour la première fois depuis le début de la soirée, sa voix dérailla lorsqu’elle lui adressa la parole :

- Vous aviez raison… J’ai… Non… Ariosto Siciliani a déjà bu du sang humain. Il est… c’est…

Réalisant soudain les conséquences de ses paroles, des larmes débordèrent de ses yeux noirs, trahissant la culpabilité qui la tourmentait. Raffaele et signor Sapiento se précipitèrent alors auprès d’elle pour la rassurer et lui montrer des signes de soutien. La jeune fille passa ses mains sur ses joues humides avec surprise, comme si elle ne comprenait pas ce qu’il se passait. Le prêtre s’avança alors, posa sur son épaule une main qui se voulait bienveillante, et lança avant de sortir dans les ténèbres de la nuit :

- Vous avez fait du bon travail… Nous nous chargeons de la suite. L’Ordre fera à nouveau appel à vous en cas de besoin.

La porte se referma en un claquement brutal. Raffaele se chargea de raccompagner Zhen Hua dans sa chambre. Une fois qu’ils furent seuls, la métisse fondit en larme de plus belle et redoubla ses tremblements. Si devant ses hôtes elle s’était montrée quasiment inébranlable, là elle laissait libre cours à ses émotions. Et Raffaele faisait de son mieux pour arrêter ses larmes. Mais la jeune fille n’arrêtait pas de se lamenter.

- C’est ma faute… C’est ma faute si elles sont mortes. Et lui aussi… Il va mourir à cause de moi…

Raffaele la rassura comme il le put, lui expliquant qu’il ne comprenait pas de quoi elle parlait, et lui assurant qu’elle n’avait tué personne. Cala prit du temps avant qu’elle ne puisse trouver le sommeil, mais au moins les paroles de son demi-frère l’y aidèrent…


Et ainsi transportée au pays des songes, Zhen Hua rêva du temps où on l’appelait encore Lin et où elle partait à la découverte de pays lointains. Elle se souvint qu’elle n’avait rien à voir avec Ariosto Siciliani, qu’elle n’était pas une amatrice de sang de jeune femme, et qu’elle n’était pas un vampire. Mais désormais elle réalisait qu’elle était reliée à ces créatures… Qu’elle avait le pouvoir de décider de leur existence auprès de l’Ordre. Mais cette perspective ne la ravit pas non plus… Pas plus que le fait qu’elle était toujours sous le joug de Roberto Sapiento.
Questionnaire

ÊTES-VOUS AU COURANT DE L'EXISTENCE DES VAMPIRES ET LYCANS? ─ Je sais qu’ils existent. L’Ordre m’en a fait rencontrer certains. J’ai lu leur passé, et grâce à moi – ou à cause de moi – ils ont eu leur arrêt de mort.
QUE PENSEZ-VOUS DES LYCANS/VAMPIRES ─ Je ne sais pas vraiment quoi penser d’eux… Ils m’effraient un peu, mais pas au point de me terrifier non plus. Je sais qu’ils seraient capables de me tuer… Mais après avoir ressenti ce qu’eux ont ressenti au cours de leurs vies, je ne sais plus s’ils sont si fondamentalement mauvais ou non. Je me perds dans mes réflexions et ma mémoire… Je devrais arrêter d’y penser.
ÊTES VOUS SATISFAIT(E) DE VOTRE VIE ACTUELLE? ─ Non. Je ne suis pas satisfaite du tout. Je ne suis qu’une poupée exposée à la vue des nobles occidentaux, j’appartiens à mon père qui n’avoue même pas que je suis sa fille. Je n’ai jamais voulu être une bête de foire… Sans compter que je condamne des monstres à l’apparence humaine à la mort. Ils ont beau être des bêtes, je n’arrive pas à m’empêcher de m’en vouloir… J’ai trop d’empathie pour ces créatures.
SI NON, QUE VOUDRIEZ-VOUS CHANGER?  ─ J’aimerai arracher mon costume de Fleur d’Asie, le jeter aux flammes et m’enfuir de ces regards inquisiteurs qui m’observent avec curiosité. Mais où est-ce que j’irai ? J’en ai assez de l’Europe, mais on ne m’a jamais accepté non plus sur mes terres natales…
VOTRE POINT DE VUE SUR LE MONDE CONNU? ─ L’Empire du Milieu n’est pour moi qu’un souvenir lointain. Je ne veux pas retourner là-bas. Seule la présence de ma mère me manque. Quant à l’Europe, j’ai du mal à m’y intégré. La langue, la culture, les apparences physiques, toutes ces différences m’empêchent de me lier aux occidentaux. Ils me dévisagent tous avec une curiosité, un mépris, une crainte ou un amusement qui me déplaît… Tout cela sous prétexte que je ne suis pas semblable à leurs habitudes.


Joueur

PSEUDO ─ Kawaii Potato °^°
ÂGE ─ 18 ans ~
SEXE ─ Jsuis une mademoiselle, oui oui… On dit bien UNE patate 'w' !
LA COULEUR DE TON PYJAMA ─ A pwal :B /pan/


Dernière édition par Zhen Hua le Jeu 23 Nov - 2:20, édité 4 fois
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Sangs-mêlés

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Métier/Rang: Bohémienne
Statut amoureux: Célibataire

MessageSujet: Re: 珍花 || Zhen Hua   Dim 1 Oct - 11:51

Bienvenue officiellement et bon courage pour ta fiche huhu ♥️ mouton
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Humain

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Âge du personnage : 31 ans


Mémoire de vie
Race: Humain
Métier/Rang: Roi d'Angleterre
Statut amoureux: Marié(e)

MessageSujet: Re: 珍花 || Zhen Hua   Dim 1 Oct - 12:15

Héhé. Je me disais que son nom allait s'écrire avec le caractère de fleur !
Je suis totalement fan de l'artiste que tu as utilisée pour ton avatar, c'est magnifique ;-;

Me tarde de voir ce que tu vas nous faire avec, courage pour la suite et encore bienvenue ~
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Infant

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Mémoire de vie
Race: Infant
Métier/Rang: Marquis
Statut amoureux: En couple

MessageSujet: Re: 珍花 || Zhen Hua   Dim 1 Oct - 12:40

Bienvenue ici officiellement! J'ai hâte de voir ce que va donner ton personnage * - *
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Vampire

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Âge du personnage : On ne demande pas son âge à une -vieille- femme..


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Métier/Rang:
Statut amoureux: Célibataire

MessageSujet: Re: 珍花 || Zhen Hua   Mer 1 Nov - 12:51

heey Bonjour Zhen

Le délai de trois semaines est dépassé et n'ayant eu que peu de nouvelles sur ta fiche je devrais l'archiver d'ici cinq jours.

Du coup n'hésite pas à demander un délai supplémentaire ou à poster une absence.

Merci de ta compréhension! nomnom

_________________
Autres portraits ( merci meli & ed pour le vava ~ ) :
Spoiler:
 
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Infant

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Messages : 488


Mémoire de vie
Race: Infant
Métier/Rang: Marquis
Statut amoureux: En couple

MessageSujet: Re: 珍花 || Zhen Hua   Ven 24 Nov - 10:29

••• Bienvenue parmi nous


Wouah! Cette fiche magnifique! Vraiment j'ai ADORE te lire; ta plume est délicate et très belle! C'est avec une joie que je te donne ta couleur (j'ai hâte de pouvoir te croiser IRP! ♥️)
Te voici validée! ♥️

Le test d'entrée passé, te voilà désormais une Bourgeoise Sorcière.
Tu peux dés à présent aller recenser ton avatar, chercher des partenaires de rp et poster une fiches récapitulative de tes relations que nous te conseillons d'aller consulter pour une intégration rapide. Également, le serveur Discord du forum est tout près à t'accueillir. ♥️

N'hésites pas, également, à apporter ta pierre à l'édifice d'Ex-Cathedra, nous comptons sur toi. Bon séjour parmi nous et n'hésite pas à nous solliciter si le besoin en est.
Mezariel.
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