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 L'appel du Sang - Chapitre Premier

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MessageSujet: L'appel du Sang - Chapitre Premier   Sam 2 Sep - 1:50

Il était prévu que le voyage soit long. Traverser l’Europe du nord à l’Ouest, de la Prusse à la France plus précisément, était chose ardue en cette époque. S’il ne fallait que quelques jours en théorie, traverser les frontières n’était pas à portée de tous ; les tensions entre les différents royaumes ne facilitaient pas la tâche. Il fallait ruser, passer par les domaines de nobles les moins hostiles, et les plus enclins à laisser passer une troupe de vingt mercenaires. Souvent, il fallait moyenner un service : se débarrasser d’un groupe de bandits, ou payer un tribut soit à la garde, soit au noble lui même. Si les routes pratiquées par Eckhard et son groupe devaient être tracées sur sa carte, on ne verrait qu’un gribouillage labyrinthique, tant les détours seraient nombreux. De plus, il leur a fallu passer par l’Alsace, puis les montagnes en bordure de la Suisse, pour revenir sur le territoire français et rejoindre petit à petit leur destination.

Un peu plus d’un mois de voyage qu’il lavait épuisé, autant physiquement que mentalement. Car, pour économiser les frais, il avait dormi à la belle étoile toutes les nuits -celles où il n’avait pas poursuivi discrètement sa route- et commençait aujourd’hui à le regretter, tant son dos et ses jambes étaient ankylosés. Il regrettait autant de ne pas avoir pu prendre de vrais bains, les cours d’eau étant trop exposés, froids, ou troubles pour bien en profiter. Ses cheveux étaient en désordre, sa chemise commençait à souffrir, elle, d’avoir subi les diverses intempéries ; quant à sa barbe, elle devenait un peu broussailleuse par manque de taille. Il fut alors impératif de trouver une auberge de qualité pour s’y reposer confortablement, s’y soigner convenablement, et rejoindre le domaine cible de ce long voyage finalement.

Il eut besoin de se séparer de sa troupe, pour rejoindre le faubourg parisien avant de trouver un établissement digne de ce nom. Sa bourse, jusque là intacte, servirait enfin depuis le début du périple. Une chambre, spacieuse, des draps propres et un bain à l’eau chaude et aux huiles parfumées pour un peu d’or. Bien heureux, se disait-il, d’avoir conservé ses fonds ; coupable cependant de devoir laisser ses hommes occuper un bâtiment un peu miteux à quelques rues de là. Cependant, si vivre dans le luxe était pour eux la finalité de leurs efforts, il s’étaient jusque là contentés de vivre parmi les plus humbles populations. Eckhard avait choisi cette chambre, certes pour ses atouts, mais aussi pour porter un grand soin à lui-même, le rendez-vous qu’il avait fixé comme cause.

Plusieurs mois plus tôt, peu après l’attaque du duché de Schleswig, Eckhard avait envoyé un émissaire à la rencontre de la famille Thorn, avec la requête d’une rencontre à une date précise. La raison était aussi simple, qu’un tiers des troupes qui avaient donné l’assaut du manoir familial était d’origine française. Parmi eux, d’autres nationalités y figuraient, mais en portion moindre. Étrange, dès lors que les prussiens eux-mêmes étaient sous-représentés. La première piste de l’enquête menait donc à des soldats -ou  plutôt mercenaires- français, très probablement formés sur le royaume des Lys bleus. La famille Thorn, plus connue pour ses spiritueux d’une qualité exceptionnelle, était la première piste d’Echkard. Cette famille était aussi connue pour leur force militaire très performante, assignée à la protection de la famille royale de France. Ils auraient sans doute des informations sur des groupes paramilitaires anti-royalistes, ou indépendants.

A peine installé, Eckhard prit peine à nettoyer et brosser son attirail, avec la parcimonie d’un officier de l’armée. Ses bottes furent décrottées, brossées, et cirées. Idem pour sa ceinture, puis ses gants. Quant à sa lance, qu’il porterait comme une arme de parade, le manche reçu un lissage à la cire afin d’y étouffer toute éraflure, trace d’usure ou de décoloration du bois. La lame fut brossée à la paille de fer de la base à la pointe, pour enlever toute trace d’oxydation. Poncée, pour éliminer la moindre cassure du tranchant, et finalement soigneusement polie pour la doter du reflet d’une arme neuve au métal pur. Puis, une chemise en soie bleue, un pantalon blanc.
Mais pourquoi se préparer comme pour parader, dira-t-on. Car avant tout, Eckhard est un noble, venu jusqu’ici pour négocier les calices les plus prisés, et parmi les plus onéreux. Il omit donc, de préciser la condition réelle de sa présence à son hôte, de quoi lui valoir son hostilité probable. À moins d’une bonne palabre bienvenue.

Il se leva à l’aurore. Si ce n’était pour cette entrevue, il se serait bien volontiers laissé aller au gré de ce matelas si confortable. Il prit un nouveau bain, plus court, mais tout aussi insistant sur son hygiène, puis s’habilla. Tout bien apprêté, il fit une dernière vérification devant son miroir, avant de pester. Il n’aimait pas être aussi propret et lisse -cela lui rappelait à quel point la noblesse pouvait être vide derrière une belle toilette. Il enfila son grand manteau noir au col en fourrure de renard blanc en sortant de l’auberge, puis monta son cheval. La moitié de sa troupe l’attendait devant, prête à l’escorter jusqu’au domaine Thorn, comme tout bon noble.

Après quelques minutes, il arriva devant le domaine. Deux gardes lui barrèrent la route, très bien entraînés s’il en est, au regard de leur posture, et de leurs gestes simultanés et identiques. Eckhard présenta un parchemin, sur lequel il y figurait ce qui ferait office de laisser passer, ainsi qu’un sceau qu’ils reconnurent d’un coup d’œil. On lui saisi cependant sa lance et son épée courte, ce qu’il fit avec bonne volonté. Il ne lui restait plus qu’à rencontrer le chef de famille, et le défi serait alors lancé.
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MessageSujet: Re: L'appel du Sang - Chapitre Premier   Mer 6 Sep - 20:14

HRP : je dois juste me relire encore !

La journée s’annonçait désolante, voir même pire, agaçante.
Comment était-elle censée se lever du bon pied quand l’une de ces misérables créatures qu’elle exécrait tant allait fouler le pas de son domaine ?

Peu importe sous quel angle elle l’étudiait, cette idée définitivement ne savait montrer une once de charme à ses yeux. Le seul intérêt de cette rencontre résidait en le fait d’y tisser de nouvelles relations pour continuer d’étendre le voile de pouvoir des Thorn. Une rencontre qui lui coutait au minimum un comportement courtois et qui ne tenait donc que d’une obligation dictée par son rang au sein de la famille. Si d’accoutumée elle se débrouillait pour esquiver habilement les tâches qui l’incommodaient, certaines d’entre-elles nécessitaient une présence qu’elle seule était amène d’apporter.

Bien qu’elle avait eu le temps d’étudier la requête de ce certain Draxler, Belladone ne s’était toujours pas faite à l’idée qu’elle se tiendrait face à lui. Bien sur avant d’organiser cette rencontre, elle avait fait quérir quelques de ses hommes pour se renseigner à son sujet, sans grand succès. Elle n’avait récolté pour toute informations que les plus banales de toutes. L’individu n’était pas originaire de France, ni établi dans une  résidence fixe et s’entourait d’une troupe douteuse plus ou moins habile au maniement des armes. Il laissait donc derrière lui non seulement un mystère quant à la vie qu’il menait, mais également sur les réelles intentions qu’il nourrissait à son égard.

Et de simples mots n’avaient guère de crédit au regard acéré de la Thorn. Pour autant elle ne le sous-estimerait pas. Elle savait les ennemis partout, et les moindres erreurs parfois fatales. Même le plus anodin des hommes pouvait être le plus ignoble de tous. Elle était bien placée pour le savoir et… dieu sait qu’il était difficile de ne pas succomber à la tentation du mépris facile. Malgré son jeune age elle l’avait apprit à ses dépends. Avec un peu de bon sens et de jugeote, il n’y avait guère besoin de plus d’expérience pour reproduire cette erreur. Aussi, il fallait avouer que depuis le jour funeste de sa naissance elle n’avait jamais réellement eu l’occasion d’en confronter d’aussi près aussi étrange que cela soit. Elle s’était toujours assuré que son cercle de connaissances n’en comportait aucun et ne tolérait aucune familiarité à leur égard. Définitivement pas.
Ce n’était que des brutes épaisses après tout, n’est-ce pas ? Cela ne pouvait qu’en être pour lui arracher ces  frissons d’horreur. Raison pour laquelle elle avait tout mis en œuvre pour éviter d’en rencontrer au cours de sa longue existence. Il n’y avait eu qu’une seule fois ou elle avait faillit à cette prévention et elle s’était conclue sur un demmêlé sanglant.

L’explication la plus plausible à cette échange outre ce devoir, n’était autre que personne de confiance n’avait pu se libérer pour accueillir son invité, pas un membre de la famille proche, pas un oncle, ni un cousin éloigné. Alors elle s’était résignée à le faire elle-même. Après tout c’était l’occasion rêvée pour en confronter un, et juger plus justement leur force qui n’étais pas légendaire. Il était temps qu’elle fasse un pas en avant.

Aujourd’hui elle verrait enfin de ses propres yeux ce ce qu’elle considérait comme des aberrations de la nature autrement que par un combat sanglant peu importe si elles étaient l’indélicatesse même de la vie, l’arrogance d’une sauvagerie prépondérée et l’insolence d’une race brutale à son regard. Elle passerait outre. Avec les années elle avait su apprendre à masquer ce que la jeunesse elle aurait laissé transparaitre.  Elle pourrait de la sorte se frotter à ce que d’une certaine façon elle avait toujours nié d’« égal » à « égal ». Une confrontation en bonne et dut forme qui la contraindrait à se comporter elle aussi comme quelqu’un de civilisé.

Les craignait-elle ? Non, néanmoins, il y avait au fond d’elle une appréhension amère qu’elle ne parvenait pas à apaiser. Une tension qui raidissait sa nuque alors même que Krystale resserrait vigoureusement les pans de son corset. Ce dernier enlaçait durement la courbe de ses reins, forçant une étreinte particulièrement cruelle au point qu’elle crispa ses doigts sur le rebord de l’âtre de marbre.

— Diable Krystale, ménagez-vous un peu !!! Ne put-elle que grogner entre ses dents.

Inspirant comme elle le faisait par réflexe depuis sa tendre enfance, elle ferma les yeux sous l’air désolé de la blonde qui s’afferait dans son dos, confondue en excuses. Bientôt moulée dans une robe aux ornements complexes et à multiples volant, Belladona se laissa choir sur un tabouret pour laisser la jeune femme terminer ses préparations, patiente malgré tout. Si cela ne tenait qu’à elle c’est les cheveux lâches et la chemise au vent qu’elle se serait présentée, sans plus ni moins, prête à conclure cette histoire en deux temps trois mouvements.

Pourquoi se serait-elle donné du mal pour une chose qui n’avait en dehors des besoins de famille aucune valeur ? Il ne fallait pas croire, on avait beau avoir le gout du faste, elle n’oublierait jamais les premières décennies de sa vie à n’être qu’une moins que rien au regard des autres. Ses racines n’avaient rien de noble peu importe si le sang qui coulait dans ses veines l’était. Dans ce milieu élitiste que celui de la noblesse, tout n’était qu’imposture et illusion. Ainsi, elle même n’était qu’un mirage, une attitude façonnée par les carcans de plusieurs vies.

Et un jour, elle regagnerait sa liberté elle aussi quand elle aurait enfin réussis à obtenir le pardon. Perdue dans ses pensées, elle ne vit plus le temps passer, le creux de son visage calé dans sa paume de main , jusqu’à ce que la douce voie de la servante ne vienne la tirer hors de ses songes.
— Voilà qui est fait. Vous êtes magnifique Madame ! S’exclama la jeune femme réjouie d’être parvenue à dresser la chevelure de la vampire en une coupe complexe qui dégageait sa nuque. Il ne manque plus que la dernière touche et vous serez parfaite !
Calice émit un sourire un peu plus détendu à sa remarque bien que crispée. Krystale semblait avoir progressé dans l’art de la coiffure au cours de ces derniers mois. Ses progrès étaient remarquables.
— Merci, si seulement Céleste était capable de faire quelque chose de ses doigts peut-être ne seriez-vous pas contrainte de vous battre avec mes cheveux pour tenter de leur donner de la forme.
Krystale lâcha un sourire gêné, peu habituée à ce que sa maitresse lui fasse un compliment sous-jacent.

La touche finale de cette tenue faite tout de noir et de rouge n’était autre qu’un épais collier ras le cou venu embrasser sa gorge, à la mode des femmes espagnoles dont les bijoux révélaient une exquise sensualité une fois portés.  Calice jeta un regard désabusé dans le miroir qui projetait son reflet pour constater qu’elle était plus que présentable pour son hôte. Une créature figée à la beauté de marbre, moulée dans une délicate parure faite tout de soie et de dentelle et dont les coutures savaient mettre en relief les courbes les plus charnelles de son corps. Un sourire sarcastique lui fut arraché à ce même moment ou un garde toqua pour entrer et l’informer de l’arrivée de son invité.

— Bien il est temps que je vienne l’accueillir comme il se doit. Vous pouvez disposer Krystale, je vous ferais quérir si j’ai besoin de vos services.

Profitant que l’humaine s’éclipsait Belladona donna ses derniers ordres à Céleste resté planté là puis quitta la pièce. Elle partit rejoindre son invité que les gardes avaient escorté jusqu’à un boudoir reculé de la demeure. On l’avait prié de bien vouloir patienter quelques instants le temps que la maitresse de maison fasse son apparition. Il n’eut d’ailleurs pas longtemps à attendre avant que cette dernière ne pousse les battant d’une porte adjacente pour s’annoncer.

Bon dieu, elle regrettait déjà ne pas être venue en tenue lâche. Tout ceci était absurde. Il était encore temps de reculer et de fuir ? Non, il était trop tard. Son regard écarlate avait croisé celui de la bête.

— Pardonnez moi pour cette brève attente Monsieur.


Elle inclina sa tête en guise de salut puis s’avança vers lui pour lui tendre sa main comme les exigences le demandaient non sans réprimer son envie de ne rien en faire. Elle en profita pour détailler l’individu qui se tenait sous ses yeux sans une gêne aucune.




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MessageSujet: Re: L'appel du Sang - Chapitre Premier   Lun 11 Sep - 20:54

« Tu t’entêtes à tout tenter, tu t’uses et tu te tues à tant t’entêter », dit-il, d’une voix basse.

Eckhard patientait depuis quelques minutes à peine, dans un boudoir qui lui sembla se loger au cœur de la bâtisse. Bien qu’il soit en mesure de vanter sa maîtrise de pas moins de sept langues étrangères, il pratiquait calmement un fourchelangue français. Il répétait celui-ci particulièrement, pour sa disposition à lui tirer son accent allemand de la gorge. Des « t » plus secs, des « en » plus brefs, qui dans sa langue natale semble toutefois plus autoritaires en paradoxe de leur sonorité pour « coulante ». De sa tenue vestimentaire, jusqu’au langage, il tenait à laisser une image d’une propreté nette, qui lui attirerait -en l’espérant », les faveurs de son hôte. Son fourchelangue l’interpella quelque peu.

D’ailleurs, l’endroit était fort à propos. S’il devait s’agir de propreté, rien de cette pièce n’y échappait. Pas une trace sur le mobilier, les tapisseries ou le sol. Plusieurs fauteuils autour d’une table basse, un sofa plus loin, tous capitonnés dans ce qui semblait être du velours à vu d’œil, et ornés de dorures sophistiquées. Exactement le genre d’endroit qu’il tenait en horreur, tant il ne le voyait comme une démonstration de richesse et de bien-paraître. Et bien souvent il croisa des nobles pingres, prêts à renégocier ses contrats par manque de finances, avec d’aussi beaux meubles. Ce qui cependant ne semblait pas être le cas de son hôte du jour.

Il sortit la petite pièce dorée qu’il gardait en permanence sur lui. Cette pièce maudite, frappée d’un crâne vu de profil, portant une couronne à l’envers. Il ne savait toujours pas d’où elle venait, mais comprenait, en substance, ce qu’elle signifiait. Il se servit non pas de cette pièce pour garder en tête son objectif final, mais comme d’un petit diapason de fortune. Après s’être habitué l’oreille au son que le tapotement de cette dite pièce provoquait sur un mur, il se mit à longer les murs. Tous, un coup en haut, un coup en bas, puis un que chaque côté des tableaux. Jusque là, il n’y avait rien à signaler. Il ne se sentait peut-être pas totalement en sécurité, mais il était néanmoins un peu rassuré. Il devrait compter sur son ouïe fine de Loup pour tenter de remarquer la moindre anomalie.
Assis de façon assez relaxée sur un des fauteuils, il était à deux doigts de défaire son col et de s’offrir un peu d’air et de confort. Même s’il avait pu se reposer de façon plus que correcte, son corps réclamait encore un peu de repos. La poignée de la porte tourna.  Il passa sa main délicatement dans ses cheveux, afin de s’assurer qu’ils n’étaient pas trop en bataille, puis se leva quasiment aussi tôt, le buste droit, les mains croisées dans le dos, face à ladite porte.
Comme le crépuscule, vu de la cime d’une montagne au dessus de la couche nuageuse.
Sublime.
En un peu plus de trois cent ans d’existence, Eckhard eu bien plus que le temps de goûter à la chair, de côtoyer bon nombre de femmes ; vampires, louves et humaines confondues, et s’en alla parfois à s’enticher de quelques rares d’entre elles, sans pour autant s’abandonner à elles. Il n’avait cependant jamais rencontré de femme comme celle-ci. La finesse de ses traits, son visage délicat et ses lèvres diablement tentantes comme le Fruit Défendu. Sa peau ne souffrait d’aucun défaut, et exprimait une douceur sans même y avoir glissé la main. Sa posture était elle aussi contributrice à son image : droite, fière et sûre d’elle. Même la froideur et la tempérance qu’elle dégageait semblait lui aller à la perfection.
Assez paradoxalement, cette froideur était mise en valeur par une robe finement travaillée des plus agréables au regard. Deux tissus de haute gamme, rouge et noir, qui s’entrelaçaient à merveille dans ses jupons, et qui se soutenaient l’un l’autre sous le corset, et les manches. De fines dorures venaient s’immiscer ça et là, accentuant la qualité et l’onérosité de la robe ; et pour couronner le tout, une coiffure haute, laissant tout le loisir de s’exprimer à un ras-de-cou épais. Comble de ces atours attisant la passion des hommes, pour un visage si imperturbable. Ses deux yeux de rubis le fixèrent, il se laissa aller à un très léger sourire charmé, mais néanmoins avec mesure.

Avant de lui répondre, il s’attela à ses devoirs de salutation, à la française. Il prit délicatement la main de son hôte, et pencha à peine sa tête et son échine  pour tenir son visage juste au dessus, sans y porter de baiser. Selon la tradition, il faut  se pencher assez profondément, pour ne pas avoir à lever la main de la Dame  ; en France, il ne faut pas non plus porter de baiser, uniquement s’il y a demande de mariage. Intérieurement, cette idée le fit rire, mais il ne broncha pas.
Il se redressa doucement, puis maintint le regard rubis de la belle.

« Je vous en prie, je vous suis redevable de bien m’accepter sous votre toit, madame. »

Il remit ses mains dans son dos, dans une posture toute aussi droite, témoignant de son expérience militaire, et de ses classes d’officier -poste qu’il n’occupa jamais mais dont il avait gardé la rigueur. Son regard resta doux, et son expression se fit impassible, lorsqu’il la surprit cependant à le détailler du regard. Cette femme était sans gêne, et il aurait pu pester, s’il n’avait pas besoin de garder son flegme pour affaires. Il sentait un certain dédain venant d’elle, qu’il empressa d’oublier en lançant la discussion.

« C’est un véritable honneur de vous rencontrer. Loin de moi l’idée de flatterie éhontée, de blandices, mais que vous receviez une aussi humble personne que moi même me ravit, et vient louanger votre bonté. Je ne veux cependant pas empiéter sur votre emploi du temps, certainement chargé, parlons affaires si vous le voulez bien.  »

Après y avoir été invité, il prit place sur l’un des fauteuils du salon. Il s’y enfonça, le dos droit épousant à merveille l’angle assez droit du dossier. Il vient placer ses longs bras sur la longueur des accoudoirs, avant d’en saisir les bouts de ses mains.

« Vous n’êtes pas sans savoir que certains d’entre nous, à défaut de nous en nourrir, chassons l’humain pour la saveur de leur sang. Je suis las, à vrai dire, de les chasser. Voyez-vous, en Prusse, la chasse intensive a poussé grand nombre d’entre eux à mieux se préparer. Je viens à vous, pour m’éviter ce désagrément, tout en satisfaisant mon besoin. Mon désir de qualité passe donc par vous, plutôt que les marchés parallèles à l’approvisionnement douteux. »
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MessageSujet: Re: L'appel du Sang - Chapitre Premier   Lun 18 Sep - 22:35


Ses yeux s’étaient posés sur la silhouette silencieux, et pourtant bavards dans leur contemplation. L’oeil détaillait les moindres formes comme l’on étudiait une bête curieuse, suivant les plis de sa toilette à la plus petite froissure ses tissus. La posture adoptée par l’homme avait également quelque chose de “noble” qui ne laissait pas penser qu’il avait été éduqué dans un milieu sans moyens. Droit dans sa posture, solide sur ses jambes, et propre sur lui, rien ne laissait transparaitre sa nature lupine outre cette odeur toute particulière qui bientôt s’immisça jusque dans ses narines, pleine et puissante. Lui arrachant ce frisson étrange. Et c’est ce qui surprit le plus la maitresse de maison. Il était stupide et sot d’imaginer qu’un lycan était sauvage d’esprit parce que sa nature tenait plus de l’animal que d’autre chose, et pourtant elle aurait aimé que ça soit le cas.

Réprimant une grimaçe lorsqu’il se pencha en avant pour répondre aux exigences de bienséance elle tenta tant bien que mal de ne pas afficher son mépris. Plus encore maintenant qu’elle put constater d’aussi près que l’un d’entre eux pouvait non seulement se montrer charmant mais également être doté d’une si jolie enveloppe. Agacée par sa proximité et le simple fait de devoir se trouver en ces lieux en sa compagnie, la jeune femme ne perdit guère de sa stature quand elle l’invita à prendre place sur un fauteuil. Prenant place dans un siège voisin au sien elle désigna d’un geste de main le plateau fumant qui avait été déposé tantôt par un domestique sur la table. Elle avait veillé à ce qu’on y dépose une boisson chaude encore fumante et quelques entremets pour mettre à son aise son invité. Non pas qu’elle n’ai pas songé un instant à y glisser du poison mais définitivement elle désirait, dans une juste mesure, tenir cet entretient.
— Tenez ce n’est pas grand chose mais, cela devrait vous être une mise en bouche agréable avant que nous n’entrions dans le vif du sujet.
Le plateau ne comportait néanmoins qu’une tasse fumante. Elle n’avait guère d’appétit. Ou du moins, pas pour ce genre de nourriture là. À la réflexion il y avait fort longtemps qu’elle n’avait plus bu à la gorge d’un humain, elle non plus. Ses désirs réprimés passaient sous silence, surpassés par un une détermination à aller au delà de toute dépendance à quoi que ce soit. Pourtant, sa gorge parfois sèche et la faiblesse qu'elle se découvrait aurait du alerter ses sens. À ses excuses parsemées de gentillesse elle souffla.
— Nous rediscuterons de ma bonté après nos échanges, Monsieur.
Peu habituée à se laisser flatter par des paroles qui passaient pour trop sincères Belladona s’interrogea sur les réelles intentions du brun. En effet s’il exprimait clairement un désir de satisfaire ses besoins de lycans elle savait également que la raison de sa venue était toute autre.
— N’allez pas me dire que c’est la réputation de ma famille et de ses services quelques peu… spéciaux qui vous a mené jusque dans mon antre, même si je serais flattée de l’apprendre. J’aimerais connaitre la réelle raison à votre présence ici, n’est-il pas ? Je puis vous promettre que si cet échange se montre satisfaisant qu’il sera récompensé de quoi sustenter votre appétit et vos besoins de bête avec les meilleurs cépages que l’on possède.

Sincère son sourire se fit aiguisé sous ses lèvres charnues. Il est vrai que si pour le moment son hospitalité pouvait être palpable, tout le côté carnassier qui le secondait passait sous silence. Et, elle ne perdait pas de vue son objectif premier. Si déjà elle s’était donnée de la peine pour cet entretient, il fallait bien qu’elle y ai un intérêt, qui serait-elle autrement pour accueillir un tel homme sous son toit ? Certainement pas Belladone Thorn. Toutefois elle saurait œuvrer de gentillesse car il était évident que si elle dépassait les limites de son hôte prendrait congé d’elle ce qui était contreproductif à ses desseins.

Alors, que voulait-il ? La ferait-il languir plus longtemps ? Pourtant elle n’avait guère de patience, Belladone, sous son air sage et reposé. Ses yeux pourpres brûlaient, pressant l’homme de satisfaire sa curiosité rapidement. Qu’est-ce qui l’avait donc poussé à voyager jusqu’en France ? Que faisait-il ici et qu’attendait-il d’elle ? Et si elle détenait un certain nombre d’informations capable d’y répondre elle attendait tout naturellement d’entendre les explications de sa propre bouche. Désireuse de mieux cerner l’animal sous ses yeux aux airs si civilisés elle voulait savoir s’il saurait se montrer sincère ou s’il omettrait de quelconques détails, s’il serait hasardeux, téméraire ou peureux, pour en apprivoiser le reflet. Tendue sur son siège, figée telle une statue de marbre elle vint caler son dos dans le moelleux du siège qui la portait, levant une jambe par dessus l’autre sous sa robe, imperturbable. Inhumaine.

Elle avait tout son temps. Ou presque.

L'air empestait.



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MessageSujet: Re: L'appel du Sang - Chapitre Premier   Mar 19 Sep - 3:40

Eckhard se mit à rire doucement, en penchant la tête sur un côté, et en ramenant sa main vers son menton, le doigt en oblique devant sa bouche. Il aurait dû s’en douter plus tôt ; elle avait du mandater un espion, un informateur pour le faire surveiller ou ne serait-ce que d’enquêter sur lui. Le simple fait que les informations à son sujet soient si parcimonieuses était à son avantage dans la plupart des cas -dans celui-ci malheureusement, il en était desservi. Il était trop suspicieux pour être écouté comme quelqu’un de digne de confiance dans un échange pareil. Il se pencha légèrement, assez pour avoir la tasse à portée de main. Il souffla doucement dessus, puis en inspira l’arôme. Le parfum était proche de l’hypocras, du miel, de la cannelle, quelques épices aromatiques. La base était une liqueur chaude, ou un vin blanc aux allures douces.
Sentant ses nerfs touchés, il ferma les yeux en buvant, feintant l’appréciation de son apéritif. En réalité, s’il avait gardé les yeux ouverts, ses pupilles se seraient embrasées d’ambre bordées de tourbillons magmatiques. Comme toutes les autres nobles, plus le visage est beau, plus la robe est chère, plus venimeuse est la vipère qui s’y cache. Mais il se devait de garder son calme. Même s’il avait accumulé près de quarante cinq victimes à lui seul et en une nuit quelques mois auparavant, il savait qu’il ne s’en sortirait pas s’il entreprenait à obtenir ses informations par la force. Il inspira un coup, but une autre gorgée. Il sourit doucement, en coin, en regardant Belladone.

« Besoins de bête, voyez-vous donc. Votre sourire n’a d’égal que votre condescendance, et votre impudence… vampire. Mais soit. » dit-il, prenant le soin d’enchaîner avant qu’elle ne réponde.

À son attitude altière, il répondait avec du dédain, sans même lui rendre la faveur de l’échange. Éviter d’encaisser une nouvelle pique l’aiderait à garder son calme un peu plus longtemps, et à ne pas briser son image de noble qu’il a tant travaillé à perfectionner lors de -trop- nombreuses leçons de bienséance dans sa jeunesse. Belladone, elle, était l’incarnation de ces codes qui l’avaient éloigné pour de bon des bals dansants, fêtes mondaines et des artifices de la cour. Il tenait face à lui ce qui le repoussait le plus, pourtant il n’arrivait pas à se défaire de ses charmes et atours. D’autant plus agaçant.
De sa main droite, il récupéra du fond de sa poche la « pièce maudite ». Cette pièce d’or frappée d’un crane couronné sur la face. Cette pièce, comme seule pièce d’un puzzle encore trop vaste et déconcertant pour aspirer à y trouver un sens. Du pouce il l’envoya en l’air, puis la rattrapa entre son auriculaire et son annulaire droit, et la fit habilement rouler jusqu’à la coincer entre son pouce et son index. Non pas par esprit de fanfaronnade, mais simplement parce qu’il était toujours aussi absorbé dans ses pensées chaque fois qu’il la voyait. Il posa le coude sur l’accoudoir, le bras légèrement en diagonale vers Belladone, sans pour autant croiser son regard. Le sien, d’ailleurs, était grave, sévère, et perplexe. Il tenait la pièce de façon à ce que le crâne soit tourné vers elle.

« Vous êtes assignés à la protection du Roi Charles de France, et de facto, à son royaume. Ce groupuscule, semble-t-il, tente de renverser le règne des Nobles d’Europe. Je ne sais presque rien d’eux, si ce n’est qu’ils sont idéalistes, des soit-disant détenteurs de la bien-pensance. Qu’ils sont faibles, ou invisibles, qu’ils n’ont que peu frappé, mais toujours avec violence. Votre statut, vos réseaux de renseignement. J’en ai besoin. Et bien que cela m’exècre, par delà vos manières ô combien stupidement hautaines, j’ai besoin de vous, Belladone Thorn. »

Eckhard tourna alors ses yeux vers elle. Il lui envoya la pièce, d’une petite chiquenaude du pouce droit vers les mains. Il se pencha en avant, avant de délacer le nœud de sa chemise au niveau du premier passant. Il ramena ses coudes sur ses cuisses, bras presque ballants vers le sol, dos voûté comme un prédateur. Ce prédateur qu’il était, car embarqué dans une longue traque depuis quelques temps déjà. Quid de cette fière allure de noble maintenue jusque là ? Nul besoin lorsqu’on joue cartes sur table.

« Réfléchissez bien, madame. Vous n’avez aucune raison de refuser. Ma proposition est simple : je vous transmets la moindre information nouvelle, et je vous débarrasse d’eux si d’aventure je les retrouve sur le royaume de votre bon Charles. »
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Vampire

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MessageSujet: Re: L'appel du Sang - Chapitre Premier   Hier à 17:50



Tout ceci n'était qu'une formalité mais une formalité qu'ils étaient tenus de respecter l'un l'autre, figés dans ces rôles respectifs d'inconnus à titre et que Belladone -au fond- exécrait toujours autant. Même si elle avait apprit à faire avec ces conventions, à les adopter pour se faire la parfaite nobliale de la famille que l'on avait dressé. Façonnée par cette lignée elle-même, sculptée par le déshonneur, endurcie par le rejet mais néanmoins étoffée par ces conventions. Empoisonnée par le sang noble qui coulait dans ses veines. Celui même que ses parents avaient partagé et qu’elle faisait désormais gouter à son hôte sans pudeur. Elle était le parfait alliage de son père et de sa mère réunis. Une allure enjôleuse à en damner le plus Saint, de sulfureuses courbes faites pour accrocher le regard héritées de sa sublime mère, et un caractère aussi froid et méprisant que le fameux maitre d’arme Thorn, son époux.

Un fruit pourris à l'allure enchanteur, tombé tout droit d'un arbre aux racines gangrenées. Quelle ironie quand l’on savait que la personne qui se dressait à la cime de cette haute lignée ancestrale à présent n’était autre que l’enfant dédaigné que l’on avait condamné plus tôt.

Aujourd’hui, c’est ce que cet homme avait sous ses yeux. Un phœnix flamboyant né des cendres de son âme, qui déployait ses ailes spectrales, son regard devenu celui d’une créature astrale. Elle était l’incarnation de ce cauchemar tentateur, baignée des sombres échos d’une abyme plus noire que les ténèbres. Un oiseau de malheur couleur d’ébène portant la malédiction de sa race, dont le plumage recouvrait une peau d’écailles sombres. Sur son cou subtile comme une preuve de sa véritable origine demeuraient toujours ces fines cicatrices que plus jamais l'immortalité n'effacerait, et qui ne cessaient de lui rappeler combien il suffisait d'un rien si volonté en était pour retourner au néant d'où l'on venait.

Un néant lointain et pourtant si proche, fuyant l'immortalité et tantôt la frôlant.

Et en parlant de choses incandescentes. Le 'sieur Draxler ne se montrait-il pas un tantinet susceptible ? Elle émit un sourire en coin lorsqu'il s'agaça de ses paroles outrageantes revenant à elle à sa réponse offensive. Elle lui concédait volontiers ses propos, n'ayant en aucun cas cherché à s’en cacher. Beaucoup de gens s'accordaient exprimer leur profond dégout à son égard lorsqu’ils réalisaient trop tard, qui se tenait devant eux.

Le loup quant à lui se montrerait-il à la “hauteur” des siens ? Honorerait-il cette réputation sauvage qu’on leur prêtait dans les comtes ? Elle remarquerait bien assez tôt quelle serait sa nature la plus prépondérante. En attendant elle savourait ces fragrances d'agacement qu'elle lui notait dans la voix et les quelques gestes de son corps.

Si ses mots passaient pour provocateurs et qu'effectivement ils recelaient un fond de vérité, ils ne dévoilaient que les simples pensées qui l’animaient, manquant cruellement de tact. Personne ne lui avait apprit lisser sa verve, ni à polir ces facettes acérées sur lesquelles on s’écorchait. Attentive, mais pas moins pensive elle laissa l’homme profiter d’un instant de silence pour sortir une pièce. Si elle paraissait anodine très vite  -aux regard de son air pensif- il lui parut évident qu’elle était reliée à la raison de sa venue. Elle suivit du regard ces quelques jeux de doigts sur l’objet se doutant qu’il murissait ses mots, l’air tout à coup plus grave. Ce détail ne manqua pas d’intriguer la Thorn qui se demanda s’il était impliqué de manière personnelle à cette affaire. C’était probablement le cas.

Et lorsque enfin il lui fit part de ses réelles intentions le sujet se révéla être bien plus épineux et perplexe qu’elle ne l’aurait cru. Il venait de porter entre ses doigts une nouvelle fort contrariante. Une énigme, un ennemi silencieux qui ne manqua pas de lever le voile sur d'éventuels dangers bien moins anodins. De qui parlait-il ? Qui était ce groupe dont il lui peignait le tableau ? Froissant ces délicats sourcils sous cette nouvelle pour le moins particulière la jeune femme se mit à réfléchir. Silencieuse.

Devait-elle accepter de lui apporter son aide ? Devait-elle tenter le coup en sachant que cela pouvait également être un guet append ? Devait-elle se donner la peine de répondre favorablement à cette requête au nom de Charles ? Il en allait de son devoir et le regard insistant de l’homme qui avait terminé en insistant sur la nécessité de son aide la convinrent de céder.

— J’imagine que vous ou vos intérêts ont été touché par ce groupe à moins que l’on vous ai payé pour que vous les poursuiviez jusqu’aux confins de notre chère France depuis votre terre natale.

En pleine réflexion Bella détourna le regard lorsqu’il lui envoya la pièce. Elle réceptionna cette dernière d’un geste habile, puis déplia ses doigts pour détailler l’objet.  La pièce était frappée d’une insigne méconnue, elle détailla les reliefs de cette dernière dont le crâne qui l’ornait. Elle avait beau fouiller sa mémoire pas nom ne lui revint en tête.

— Est-ce là votre seul indice les concernant ? Permettez-moi de vous dire que vous chassez une chimère. Je crains que la tâche ne se révélè ardue. Elle nécessiterait un travail de recherches pointilleuses. Néanmoins, je dois admettre -si vous dites juste- qu’il serait judicieux de mener une enquête approfondie à ce sujet.

Elle ignora la manière dont il dénoua légèrement sa chemise ainsi que cette façon de prendre ses aises, impassible. Seul son regard le défiait durant plusieurs minutes sans qu’elle ne se prononce. Il est vrai que le marché était intéressant, mais… Devait-elle vraiment lui céder ? Sa fierté lui criait de refuser, de ne pas s’encanailler avec l’une de créatures repoussantes et insultantes. Sa conscience lui susurrait de ne pas se mêler à la souillure là où son devoir exigeait d’elle qu’elle cède. Durant tout ce temps où ses yeux écarlates restèrent sur l’homme, elle mena une lutte silencieuse contre les ressentis qu’il lui inspirait. Puis finalement après une inspiration qui ne se suivit pas d’un souffle, elle se résigna, cédant à la demande du brun.

— Soit, je vous chaperonnerais dans vos recherches à la condition que vous preniez avec vous et votre troupe quelques de mes hommes qui devront vous accompagner. Je vous demanderais également de me tenir informée de vos avancées et de me faire part de vos actions. Je n’aime pas savoir…. De viles faquins prit de grandes espérance aussi faibles soient-ils. Vous avez réussis à piquer ma curiosité à vif.


Dédaignant l’idée elle se releva lentement.

— Nous sommes donc amenés à être partenaires et pour sceller notre accord je vous invite à me suivre dans nos suites pour trouver votre bonheur à la gorge de l’une de nos fleurs.

Fermant ses yeux elle lui lança un regard noir, en colère. Il pouvait toujours refuser. Il pouvait toujours quitter les lieux. Disparaitre et ne plus jamais montrer sa face. Cela l’aurait arrangée. Pourquoi ? Peut-être à cause de la chaleur qui émanait de lui avec tant de force. Peut-être aussi à cause de cette odeur de musc qui recouvrait sa peau et qui ne cessait depuis le moment où elle avait posé les yeux sur lui de la provoquer. Autant que cette manière nonchalante de la dévisager du regard.

Mécréant.


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MessageSujet: Re: L'appel du Sang - Chapitre Premier   Aujourd'hui à 3:56

Il avait brossé la vérité, sans pour autant mentir. Il avait étalé les bénéfices que tireraient le royaume de France dans une quête qui lui serait surtout bénéfique à lui. La paix du Duché de Schleswig avait été brutalement ébranlée, sa propre paix intérieure avait montrée à quel point elle était fragile. Parfois, en se replongeant dans ses pensées, en regardant la pièce d’or, il sentait un magma bouillir au fin fond de son torse, qu’il placerait juste entre ses poumons bien enfoui dans sa chair. Comme une énergie prête à jaillir, prête à écraser le moindre obstacle sur sa route ; comme il l’avait sentie jaillir lorsqu’il tua.
Belladone avait failli toucher juste quand elle mentionna la probabilité que ces hommes aient touché à ses « intérêts », avant de soumettre l’idée qu’il avait été payé pour les traquer. Elle s’éloigna bien loin de ses motivations aussi vite qu’elle en avait approché. Elle n’imaginait pas à quel point tout ceci était important.

Eckhard se passa doucement les mains sur le visage. Point d’anxiété, même si elle semblait dubitative. Qu’elle ne puisse l’aider ou non n’était pas le problème. Qu’elle s’y refuse en était un autre. Qu’elle ne puisse l’aider le pousserait à devoir chercher plus longtemps, à perdre du temps et à lui faire reprendre l’enquête dès le début. Qu’elle refuse de l’aider signifierait qu’elle n’ait aucunement envie de partager ses informations avec un inconnu. Toutes les possibilités tournoyaient et fusaient dans sa tête, pendant les quelques secondes où elle prit sa décision. Certaines, allant même jusqu’à lui faire arracher les indices de ses jolies lèvres pulpeuses. Il savait pertinemment qu’il chassait un fantôme. Il lui fallait au moins pouvoir se représenter une menace à nouveau tangible, comme au duché.

Elle finit par répondre par l’affirmative. Compter sur les Thorn presque comme des alliés l’aiderait grandement dans sa tâche ; leurs réseaux étaient suffisamment importants pour que les recherches portent leurs fruits assez rapidement. C’était un grand soulagement pour lui de l’apprendre. Elle avait prit une menace pour le moins éthérée dans les faits -de son point de vue- suffisamment au sérieux pour y accorder de l’attention et des moyens. Les conditions étaient simples, et faciles à accepter, si bien qu’il acquiesça sans un mot. Transmettre des rapports détaillés au moindre avancement de l’enquête, et se faire accompagner par des soldats expérimentés ne représentait aucun problème à son égard. Ce serait même bénéfique d’avoir des lames de ce niveau sous ses ordres, si tant est que lesdits soldats acceptent ce devoir sans sourciller.

« Vous faites le bon choix, madame. Cet accord n’en sera que bénéfice sans contrepartie. Je veillerai à ce que nous ayons de bons et prompts résultats. »

Puis, ce soulagement s’effaça devant les paroles de Belladone. Il devait encore passer par cette foutue transaction. Il était venu prétextant la volonté d’acheter un Calice. Et il faudrait encore s’y soumettre pour « sceller  leur accord » selon ses propres mots. Cette simple pensée lui était abjecte. Il avait prit goût au sang, c’est vrai, mais pas comme ça. Pas « ce sang » qui attend sagement d’être puisé. Celui des champs de bataille, des odeurs d’acier, de goût léger d’une simple goutte qui vient à la rencontre de vos lèvres après s’être faite arracher par une lame, celui qui hurle de terreur de peur de mourir. Ce sang là.
Chasser des innocents dans la rue ou sur les traces de forêt était bien loin de ce qu’il aimait, et il trouvait même injuste qu’on puisse ôter une vie qui ne demande qu’à en rester une. Les Calices étaient des prisonniers. Des esclaves, aussi raffinés soient-ils, enchaînés au bon vouloir et aux désirs de leurs maîtres. Une perversion sans nom, pour Eckhard. Et pourtant, il devait se forcer à tolérer ces pratiques sur ce domaine. À tolérer les pratiques d’une famille dont il avait besoin. Et s’il était prêt à ce sacrifice, il le resterait s’il pouvait s’éviter ça.
Pourtant, il acquiesça, et prit le pas de Belladone.

« Après vous, madame. J’ai hâte de découvrir les talents des Thorn. »

Il se dégoûtait, derrière son sourire de marchand avare. Il avait l’impression de mettre les pieds dans un monde plus cruel qu’un champ de bataille. Celui ou mettre sa morale de côté vous permettrait d’atteindre vos objectifs, où piétiner ses valeurs était la monnaie d’échange contre la puissance politique. Il serra fermement le poing dans son dos, tout en suivant Belladone dans les couloirs de la bâtisse, réfléchissant à un moyen de s’éviter cette purge sans froisser son hôte. Puis, une idée lui traversa l’esprit. Il continua de la suivre à travers les couloirs de la villa.

« Permettez-moi de vous poser la question, madame, mais au-delà de la dégustation, j’ose supposer que ce Calice sera en ma possession ? Je suis plutôt de ceux qui préfèrent l’intimité dans ce genre de pratique. »

Il pouvait tout simplement jouer cette carte là. Celle, ou il se garderait ce petit plaisir pour un moment bien plus solitaire. Un moment où il ne serait pas sous le toit d’une famille qu’il honnirait. Un moment où Belladone ne serait pas debout là, aussi proche de lui. D’ailleurs…
Un détail venait de lui sauter à la figure. Quelque chose qu’il n’avait pas remarqué la première fois qu’il l’avait vue, probablement subjugué par sa douce beauté. Peut-être le remarquait-il maintenant qu’elle l’ait refroidi par son ton acerbe et sa froideur dans ses échanges verbaux -non pas qu’il la trouvait moins belle pour autant, ou peut-être était-ce parce qu’il se tenait plus proche d’elle qu’auparavant. Une cicatrice. Une marque très rare pour un vampire. Pour un Loup, à moins que la blessure ne soit très grave. Alors, pourquoi ? Son regard resta fixé longuement dessus, à mesure qu’il avançait dans les couloirs.
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