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 C'est, lame à la main que je pourfend l'éternel ennemi de mon esprit | Gwilym

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Messages : 2
Âge du personnage : 45 ans d'aspect, environ 2000 ans réels


MessageSujet: C'est, lame à la main que je pourfend l'éternel ennemi de mon esprit | Gwilym    Ven 1 Sep - 22:11


Gwilym MacLeod

ÂGE ─ J'ai dépassé les 2000 années depuis un moment.
ANNIVERSAIRE ─ Vous rigolez je l'espère.
ORIENTATION SEXUELLE ─ Ce n'est pas à l'ordre du jour, ma fille m'attend.
OCCUPATION ─ Mercenaire en free-lance pour divers royaumes.
PAYS ─ L'Italie anciennes.
CLASSE SOCIALE ─ Un humble homme devenu guerrier et voyageur.
RACE ─ Lycan sang pur.
AVATAR ─ Geralt de Riv - The Witcher

Profil Psychologique

Ce que tu as vécu dans ton existence et que tu considères comme l'enfer n'est dans la mienne qu'une épreuve. Installe-toi, respecte ton aîné et ouvre tes esgourdes, jeune homme. Tu vas entendre ce qu'est un vétéran des légendes, un lycan d'un passé que l'on préfère oublier. Je me nomme Gwilym et le fait même que j'existe sera l'une des raisons de tes nuits sans sommeil. Tu sens la peur dans ta chair ? Elle prouve que tu es encore en vie alors qu'avec l'affront que tu portes à mon égard, je pourrais te trancher la gorge sans prévenir. Je pourrais, mais pour cette fois, tu seras mon compagnon de repas, nous verrons ensuite si tu vis ou non.

Il est rare que je consomme un paisible repas dans la forêt, en compagnie de quelqu'un, alors tu as bien de la chance, si j'ose dire. Je te vois, toi qui lance des regards vers mes épées depuis le début de notre rencontre, est-ce par peur ou par envie de me passer par le fil de l'épée ? Je te conseille de ne pas rater ta cible si c'est là bien le plan que tu chaperonnes en secret. Je n'ai jamais été connu pour perdre aussi facilement et la seule preuve se lit sur mon visage. Alors, cesse donc de fixer mes armes et mange ce repas face à toi. Ne m'oblige pas à te prouver dans l'instant que tu n'as pas plus de chance qu'un pauvre gibier. Tu me rends particulièrement agressif et arrogant, je trouve. Cela ne me ressemble pas, un seul instant. Je vais faire comme si tu n'étais pas là, afin de ne pas te trancher la gorge sur-le-champ, en gâchant mon dîner.

Je dois dire que parler de mes pupilles, aura le don de m'apaiser, alors soit je vais le faire. Il y a eu tout d'abord Edelweiss. Sauvage comme un ouragan, elle n'a pas été des plus sages au départ. Après tout, elle n'était pas de mon sang pas plus que mon autre pupille. Elle n'a pourtant pas été un seul instant un poids pour moi. Je me suis attaché à elle, après l'avoir prise des griffes de mes confrères aux crocs acérés. Je n'aimais que très peu leur méthode et je pensais que j'étais plus apte à la rendre meilleure.

Tu n'ignores sans doute pas l'influence que j'avais déjà à l'époque, même si je ne suis surtout plus qu'un vestige du passé. Un vestige que l'on enterre aucunement sous un tas de cendres impunément.

Pour revenir à ma pupille, elle était sauvage, parfois entêtée, mais toujours obéissante. Je l'ai élevé, formé et rendue plus forte que jamais avec l'attention et l'affection d'un père. Je l'ai vu grandir, devenir la femme farouche et magnifique qu'elle doit encore être aujourd'hui. C'est sans doute après son départ que j'ai changé. La solitude à l'effet d'une marque au fer-blanc sur la chair. Cela ne vous quitte pas, la douleur se fait ressentir et n'a que peu d'effet bénéfique sur votre humeur ou vos paroles. Je n'ai jamais revu Edelweiss depuis le jour de son départ, mais je saurais reconnaître son odeur, le son de ses lames ou sa voix sans hésitation. On ne trompe pas un chasseur dans l'âme, un vieux de la vieille comme disent les humains. Et puis elle fut sans doute la première raison de me faire devenir père sans l'avoir véritablement choisi. Je devais l'aider, l'élever et la sauver de ce destin tout sauf idéal pour une enfant. Elle était une vampire, moi un vieux lycan déjà pour l'époque, mais cela ne m'avait pas affecté un seul instant. Pour moi, elle restait une enfant, mon enfant.

Il y a eu ensuite Myst. Bien plus grande et bien plus calme, elle avait ce don de savoir m'anticiper, mais prenait souvent le défaut d'attaquer sans réfléchir. Il est toujours intéressant de faire plier un vieux loup comme moi, cela vous donne de la renommée et de l'audace. Sauf quand ce dernier sait frapper quand il faut et vous faire tomber les quatre fers en l'air sur l'herbe.

D'ailleurs, quand on parle de la belle louve, la voici. Avant que tu ne portes ton regard avec insistance sur ses courbes, n'oublie pas que ma lame est à portée de mon bras et que Myst, c'est moi qui l'ai élevé. Si tu te montres rustre, trop insistant avec elle, tu sauras qu'elle est aussi charmante que redoutable. Prends mes paroles comme un avertissement et respecte là comme tu te dois de me respecter. Bien, tu courbes l'échine devant elle, je n'aurais pas demandé mieux. Myst encore présente à nos côtés, qui me regarde, comme si j'étais en train de raconter des choses gênantes, a été sans doute ma plus belle réussite avec Edelweiss. Du fait de son âge plus avancé, je n'ai pas eu à l'aider à marcher, ni à parler ce qui a donc accéléré les choses. Elle était déjà adroite de ses dix doigts, mais comme je l'ai dit précédemment bien trop téméraire pour que ses assauts portent souvent leurs fruits.

Myst, je ne te permets pas ce coup de pied dans ma couche, tu sais très bien, que j'ai raison. C'est cela, va bouder, mais ne boude pas trop longtemps, ta viande va refroidir et tu vas encore me dire qu'elle ressemble à de la semelle de botte. Laissons là bouder, elle finira par revenir aussi bien alimenté par la faim que par l'ennui de ne rien faire.

Je ne saurais dire qui a le plus affecté ma vie entre ses deux demoiselles, car les évènements sont bien différents. Toutes deux ont fait naître dans ma vie une idée de famille que je n'aurais souhaité auparavant. Je suis un ancien prédateur et trouver une femme quand bien même le charme me reste encore, ce n'a jamais été une priorité. L'ivresse du combat a toujours été plus forte que celle de fonder une famille, même si j'ai toujours tenté de le faire dans les moments de calme. Hélas, le fer appelle le fer alors j'ai combattu encore et encore sans jamais avoir le moindre regret de trancher une gorge comme la tienne et de répandre le sang. Il n'y a jamais eu de place pour la pitié et la miséricorde dans le combat. Oui, un lycan qui parle de miséricorde, cela a de quoi sonner plus ironique que jamais. Je crois qu'à part la période où j'ai élevé Edelweiss et ma rencontre avec Myst, mon existence n'a été que le combat.

Le cri des guerriers qui s'agitent autour de moi, la tension palpable avant l'affrontement ont été autant d'artifice à ma violence. Une transe s'est toujours emparée de mon corps et rendant ce que l'on pense, sage, mesurée en une bête féroce et agitée. Il n'est jamais bon de croiser le fer quand on ignore l'adversaire, mais encore plus quand ce dernier n'a pour but que de vous découper la gorge. Je suis bien souvent cet adversaire à vrai dire et le peu qui sont encore en vie portent autant de marques sur la peau, que moi. Tu te rappelles la peur dont je parlais tout à l'heure et bien elle doit encore vivre dans ta chair. Tu es peut-être adouci par le récit sur mes filles ou bien même la vision d'avoir pu voir Myst, mais n'en oublie pas à qui tu fais face. Il ne faut jamais relâcher son attention, sa garde sous peine de se voir passer au fil de l'épée et de mourir plus vainement que l'on aurait pu le prévoir. La vie est bien plus courte que l'on peut le croire, même pour un jeune homme gaillard et entraîné comme toi. Je serais prêt à mettre ma main non gantée dans ces flammes voraces, que ma fille, Myst peut te désarmer sans avoir recours à autre chose que ses doigts. Elle restera comme sa sœur Edelweiss, mes pupilles, mes enfants, ayant suivi mon entraînement. Maintenant mange, j'ai encore d'autres récit à te conter si tu sais t'en montrer méritant.

Histoire



Il est temps de te conter l'histoire du vieux loup avec qui tu partages en ce moment ton repas. Peut-être même le dernier si le destin ne joue pas en ta faveur. Une nation qui dès ses balbutiements avait la grâce et la force pour elle. Je suis né dans des terres qui m'ont bercé par les remues de la mer, l'odeur des oliviers et le soleil mordant. Une nation qui dès ses balbutiements avait la grâce et la force pour elle. Je n'étais pour ma part d'un humble homme sans femme ni enfant, un forgeron qui de son enclume et de son marteau travaillait sans cesse. J'étais Giulio Ivaldi, le forgeron d'un sage et calme village d'Italie. Qu'il s'agisse d'arme, d'outil, j'étais celui que l'on sollicitait avec bienveillance. Un homme peut-être pas bon, mais juste dans ses actes. Je ne tolérais que très peu les visites inopportunes aussi bien que les demandes sans la moindre politesse. J'avais fini par n'être sans doute pas l'homme le plus important, mais l'un des plus utiles aussi bien pour le seigneur des environs que pour les guerriers et paysans. On reconnaissait mon talent, mon importance dans le village et le travail que j'offrais a tous. J'avais de la reconnaissance, sans pour autant avoir cherché à l'avoir véritablement. J'acceptais leur présent d'un air embarrassé sans jamais refuser. Je ne voulais aucunement brusquer ceux qui voyaient en moi une image d'un homme d'une grande gentillesse, quand moi-même ne trouvait cela que tout simplement normal de ma part.

Je vaguais à mon existence sans jamais déranger qui que ce soit, non sans croiser, un jour d'un soleil éclatant, la route ou plutôt le chemin d'une troupe. Je n'aurais su compter le nombre de personnes en face de moi, tant cela remonte, mais je n'avais pu ignorer la stature de l'un d'eux. Il s'était présenté devant moi en tant que guerrier voyageant et de son regard, j'avais su qu'il n'était pas n'importe qui. De lui, s'élevait une aura étrange mêlant confiance, force et charisme. Je l'écoutais non sans le replacer gentiment dans ses bottes quand il tentait de me rappeler mon métier. Je te vois rire, mais sans nul doute que mon geste a eu le mérite de surprendre cet homme. Je lui forgeais pour lui et ses compagnons des lames aussi affûtées et tranchantes que possible. Je me proposais même pour remettre en état du mieux possible leur armure. Un travail d'orfèvre qui avait fini par attirer l'œil de cet homme, dont je savais maintenant le prénom : Romulus. J'apprenais de par ses compagnons qui il était en quelques sortes, mais ce fut sa proposition qui brisait un peu mon quotidien. Aussi mature que j'en avais l'air, je semblais avait eu un effet devant lui, car il me proposait de l'accompagner. Mon visage n'arborait nulle autre qu'une expression de surprise. Je lui demandais de réparer un peu incrédule avant qu'il ne le fasse donc pour clarifier mes pensées. Je ne sais si c'était ma question sur le fait de désirer emmener mon enclume et un marteau ou mon expression, mais il émettait un rire. Je le laissais rire avant d'attendre d'un pied ferme sa réponse. Il me l'offrait avant de me proposer de le retrouver dans la taverne du village.

Ainsi, alors que je pensais passer mon existence à fabriquer armes, armures et outils, j'avais maintenant le choix et le droit à une autre vie. Une partie de moi souhaitais ce changement, mais l'autre n'oubliait pas que n'ayant aucun apprenti sans moi, le village perdait un artisan. Alors, pendant la soirée, je parlais avec cet homme de longue heure afin de lui demander un recours. La surprise sur son visage allié à mon aveu m'offrir donc cette dite semaine. Je les laissais partir sans moi, promettant de les rejoindre en suivant leur piste. J'utilisais les sept jours afin de former aux rudiments de mon métier, un jeune homme des plus enthousiaste et qui s'était au final montré aussi compétant que satisfaisant. La fête du village approchant, je profitais de cette dernière pour annoncer ce changement avant de prendre congé aussi discrètement et sagement que j'en avais naturellement le talent. Je prenais le départ quelques heures après mon enclume de fortune attachée dans le dos, mon marteau à la ceinture ainsi qu'une armure vétuste sur le torse et une épée de l'autre côté de ma taille. J'allais mettre entre parenthèses mon métier de côté pour partir dans une aventure qui n'allait en aucun cas se passer ni comme je le pensais ni de la façon dont je l'aurais souhaité.

Je traversais les plaines à la recherche de cet homme et de sa troupe et ce ne fut qu'au bout de plusieurs jours que je tombais enfin sur eux. Romulus s'était levé de sa stature d'homme fier pour m'accueillir parmi eux avant de faire signe à l'un des compagnons de me faire une place. J'avais un mélange d'appréhension, d'inquiétude et de joie d'être des leurs. Je répondais calmement à chacune de leur question n'ayant que peu de tabou à vrai dire, à divulguer. Je décidais au fil des jours en leur compagnie de m'ouvrir du mieux possible aussi bien en aidant à la chasse, à la cueillette qu'à la préparation d'un éventuel camp. Je prouvais mon utilité encore une fois, tout en montrant ce dont j'étais capable. Je devais être d'apparence le plus vieux de cette troupe, sans savoir qu'en âge, je n'étais qu'un jeunot. J'étais un peu comme toi, vis-à-vis de moi, à l'époque. Je partageais leur repas, leur présence, sans savoir ce qu'ils avaient vécu ou vu. Nous avons ensemble traversé assez de terre pour en user les jambes de n'importe quel être et c'est sans doute dans un acte démesuré de ma part pour tenter de sauver l'un de nous d'une bête sauvage que je me retrouvais au bord de la mort. Assis au seuil de cette dernière, de ses bras squelettiques et de ses doigts crochus elle m'entourait peu à peu. Je sentais le froid mordant sur ma chair, la vie me quitter, mais l'un de nous ne souhaitait pas plus cela, que moi.

Romulus penchait au-dessus de moi, me parlait d'une voix calme et assurée. Il me penchait la tête pour dévoiler mon épaule, sous ma maigre armure et me laissait le choix. Soit je quittais se monde sans avoir accompli quoi que ce soit, soit, j'allais être un autre homme. J'acceptais aussi bien par envie de vivre que sans réfléchir. Je sentais ses crocs dans ma chair, je serrais le poing en grognant et peu à peu, je me sentais revenir. Cela n'était que douleur alors que mon esprit lui-même me semblait scinder en deux. Deux parts d'un même être : moi. Une part que j'avais toujours été et une autre semblable aux… Loups ? Je clignais des yeux encore une fois incrédule avant de fixer cet homme avec un air entre l'effroi et la reconnaissance. Je ne voulais aucunement chercher par quel miracle la vie avait pu me revenir suite à sa morsure. Je l'interrogeais du regard puis verbalement avant de le sentir me relever. Il m'expliquait alors qu'il était un lycan, un être aussi proche de l'homme physiquement que du loup intérieurement. Je ne savais quoi dire de ses paroles, mais au vu de ce que je ressentais et ce qui s'était passé, je n'avais aucune raison de ne pas le croire. Il ramassait mon épée en me la posant dans les mains et de poursuivre ses pas. Je restais genou à terre, immobile et perdu avant de froncer les sourcils. Je levais mon corps, rangeais ma lame et laissais de côté enclume et marteau sur le sol. Je quittais définitivement mon humanité, ayant compris que j'étais donc moi aussi un lycan. Ce n'était pas une chose simple à reconnaître, mais maintenant que j'étais devenu encore plus l'un des leurs, je comprenais. Ce que j'avais pris pour une troupe de voyageurs était en fait une meute de loup, tout simplement. Et maintenant que j'en étais un, moi aussi. Je devais suivre leur « code » et leur raison d'être en oubliant ma vie humaine.



Je me mettais donc à chasser de plus en plus souvent, à croiser le fer si l'utilité y était et parfois nous en venions à nous nourrir de voyageurs humains. Oui Myst comme l'homme à qui je parle, mais non, tu ne vas pas le manger. Trouves-tu cela poli de me couper dans mes paroles pour savoir si tu peux manger ce pauvre bougre ? Assis et écoute, nous verrons plus tard pour son sort. Donc, par la suite, j'ai parcouru de longues distances et traversé bien des terres avec eux. Pourtant, me sentant sans doute toujours un peu le solitaire qu'il avait rencontré, il m'avait interrogé sur ma volonté de partir sans jamais rien n'y ajouter. Alors, de ma lame, de mon armure vétuste, j'avais acquiescé sans rien dire. Je ne mettais pas en doute la noblesse de cet homme ni celle de ses compagnons, mais même lui, alors que nous n'avions partagé que peu de chose en une durée qui semblait infime pour ce que nous étions, avait compris que la solitude était mon meilleur allié. Je m'effaçais donc en remontant les terres vers le Nord sans savoir ce que j'allais trouver ni ce qui allait se passer dans ma vie. Pour sans doute l'une des premières de mon existence, l'avenir était incertain et si pour beaucoup cela n'aurait été qu'un frein, pour ma part, il encourageait mon audace. Je passais sans doute des années à traverser ces pays inconnus pour ma personne aussi bien à pied qu'à cheval ou encore sur un bateau de marchand.

N'ayant eu aucune notion du temps lors de mon voyage, je finissais par demander ma route à un homme non sans m'être retrouvé sur des terres aussi fraîches que pluvieux. Un climat et un paysage qui pour moi avait l'air aussi inconnu que pourtant hospitalier. À l'époque, j'ignorais que cet endroit bien plus qu'une île prise par des peuples en guerre, allait être l'origine d'un nouveau changement chez moi. Je savais l'influence et les avis des peuples de Rome sur des terres grâce à mon voyage, mais à part cela, ce n'était qu'un territoire sauvage et brisé par les affrontements, rien de plus. Je me prenais à la violence, à croiser le fer si j'ose dire et donc à participer à ses affrontements. Sans étendard et sans nation dans mon cœur, je me battais au final pour les plus offrants sans jamais me lasser. Je traversais au final les âges sans jamais me rendre compte que le compagnon qui avait fait de moi le lycan que j'étais, état depuis longtemps mort d'une lame dans le corps. Il était inimaginable pour moi qu'un homme qui m'avait paru fier et puissant en vienne, par la mort de son frère à se suicider de la sorte. Non sans avouer que sa mort avait créé chez moi un remord de ne pas avoir été là, vite chassé malgré moi par le goût de la guerre et du combat.

C'est aussi à cette période que je connaissais l'avancée des forges. Ayant été moi-même dans ce rôle de bâtisseur, de fabricant d'armes, je ne pouvais que reconnaître l'efficacité de ce changement de méthode. Le tranchant, l'estoc, la taille et la contre-taille avaient de quoi en meurtrir, voir en tuer plus d'un. Aussi avais-je préféré rapidement me munir de ces nouvelles armes fraîchement créées au risque de les forger de mes propres mains. L'évolution des armes avait amené aussi celle des armures. Pourtant, ce qui m'avait semblé être un choix judicieux, c'était au final révélé inutile. Je n'avais nullement besoin de me vêtir d'une armure lourde et encombrante, car mes sens, mes gestes étaient guidés par soif de la guerre et par ma nature. Je prenais une place de choix dans les armées et quand mes compagnons éphémères tombaient sur le sol, inanimé et perdant, je restais parmi les survivants sans grand mal. Il m'était arrivé dans un geste de bienveillance d'offrir à des comparses du moment, un privilège que j'avais possédé grâce à Romulus. Tout comme lui, j'avais apposé ma marque et assouvi des gens par ma morsure. Je comprenais également ce qu'il n'avait pu m'expliquer quand j'avais été encore avec lui : nos faiblesses. Que n'avait pas été ma stupeur en voyant l'un de mes comparses du champ de bataille, tomber sur le sol presque inconscient quand il avait été recouvert de la monnaie du peuple que nous avions combattu et vaincu si vaillamment. Portant ma main sur l'une des pièces, je n'avais pu la conserver, ma main marquée d'une étrange brûlure.

Il ne me fallut pas bien longtemps pour comprendre que sans être la monnaie elle-même, l'une des faiblesses de ma nature était l'un des alliages de cette dernière. L'argent était une des failles de ce changement en lycan qui m'offrait une puissance surhumaine, mais une contrepartie si handicapante. J'acceptais ainsi les récompenses monétaires en gardant toujours mes gants et je venais à faire fondre des pièces de mon butin de guerre afin d'en enduire le bout de l'une de mes épées. Oui, car depuis le début des hostilités auxquelles j'avais participé, j'étais connu comme le guerrier aux deux lames. Un style de combat à l'épée aussi agréable pour moi, que dans la manière de me déplacer, de me battre et de tuer. J'avais d'ailleurs choisi de me nommer Gwilym MacLeod, ayant pris le nom d'un guerrier mort non loin de moi dans une bataille et un prénom venant de ce peuple, afin de me fondre dans la masse. Les guerres se succédaient sans jamais se ressembler, les compagnons mourraient sans que je ne puisse m'y attacher véritablement. De toute façon, je ne cherchais plus vraiment à me faire des alliés de choix, car je savais qu'avec les conflits celtes tout autour de moi, cela n'était que de courtes durées la plupart du temps. Aussi vaillant qu'ils étaient, ils ne savaient pas se mettre d'accord plus de deux jours sans qu'une bataille n'éclate au point que je passais autant de temps à aiguiser mes lames qu'à me battre. Une espérance amusante sans nul doute, mais bien plus harassante qu'autre chose même pour un lycan de mon acabit. Cela n'érodait aucunement moins avis de me battre et de passer au fil de ma lame ceux qui avaient l'audace de m'affronter, mais une lassitude en moi s'installait tout de même.

Un champ de bataille après l'autre, un chef de guerre puis son suivant, autant de raisons de lâcher prise en somme. Je n'ai malgré tout pas lâché ces peuples que bien des siècles après le départ de mon engouement pour les affrontements, le son des guerres, la violence et le sang des vaincus. Il était pour moi de changer d'air, de rouler ma bosse et de trouver un seigneur de guerre un peu moins anarchique et bien plus généreux. Je n'étais pas plus porté sur l'argent que je ne le suis maintenant, mais en vivant seul, en devant chasser, il me fallait de quoi survivre dans les villes que je pouvais traverser dans ma route aucunement terminée. Aussi débrouillard, habitué à bouger, à faire ma propre vie sans aide extérieure, je ne pouvais pas le faire sans avoir par moment un point d'attache. Que je le veuille ou non, avec le loup en moi, j'avais encore gardé de Giulio, l'homme que j'avais été avant. Il n'était qu'une infime partie, le prédateur, le vieux loup bien plus tenace et important qu'un vulgaire homme, comme toi par exemple. Oui je brise mon récit, car tu reportes avec bien trop ton regard sur ma fille et comme il semble que mes menaces n'aient pas portée leur fruit, je vais agir autrement. Voilà, avec ma lame sous la gorge tu vas peut-être enfin m'écouter et je vois que Myst ait trouvé une meilleure solution. Attend la fin ma chère fille et ensuite, promis tu auras ton dû.



Quittant les champs de bataille celtes, je m'étais aventuré sur les territoires d'Europe centrale à nouveau, dans de vertes forêts. Ce fut dans l'une d'elles que mes pas me menaient aussi bien vers un chamboulement qu'une rencontre. Ma première fille, ma petite Edelweiss. Ce n'était pas son prénom, mais pour moi, c'était sans doute de par mes voyages, la fleur qui la représentait le plus. Une fille au caractère sauvage, mais qui de moi avait appris bien des choses. Comme le père que je n'avais pu être pour qui que ce soit, je prenais le temps de lui apprendre à marcher, à parler comme l'aurait fait, un autre à ma place. Je constatais avec étonnement son changement au fil du temps qu'elle passait avec moi, le fait qu'elle se montrait plus farouche et plus civilisé par moment et d'autres fois toujours aussi sauvage. Elle voulait apprendre à se battre comme je savais le faire, et même si son apprentissage était de plus en plus atypique, j'étais fier d'elle. Bon, il arrivait qu'elle veuille me mettre au défi ou frappe les autres enfants, mais je savais qu'à chaque fois elle tentait de se prouver sa propre force ou bien de se faire une place. Une vampire abandonné au loup et sauvé par un inconnu comme moi, devenu son père par adoption, ce n'était pas simple pour elle. Comme tu peux t'en douter, elle a fini par partir, après avoir grandi, appris et changé grâce à moi et à l'éducation que je lui avais inculquée. J'ignore si un jour, je la retrouverais, car je doute que Myst en soit forcement ravi, n'est-ce pas ? Mais je dois avouer que cela ferait des retrouvailles agréables et méritées pour tous. Et puis, tu saurais enfin qui est ta sœur ma petite Myst.

Ne fais pas cette tête et ne lui brise pas la nuque, je vais parler de toi. Je n'ai pas oublié notre rencontre, alors que tu étais comme ta sœur perdue dans la forêt. À la différence que tu étais seule, sale, couverte d'ecchymose et fatiguée. Tu avais grogné quand je m'étais approché, mais en sentant l'influence que j'avais en tant que loup, tu avais baissé les oreilles. Tu t'étais montré docile, chose que tu as l'air d'avoir totalement oublié, depuis le temps. Ne grogne pas, tu sais parfaitement que j'ai raison et c'est bien ce qui te dérange : que j'ai bien souvent raison. Je t'ai donc portée jusqu'à mon camp de fortune ayant préféré après le départ d'Edelweiss, laisser mon ancienne maison, construite peu de temps avant de la rencontrer, à l'abandon. Je ne voulais pas que si elle tombait sur des hommes ayant l'horreur des lycans ou des vampires, mon nom ne lui retombe sur les épaules, c'était pour la préserver. Et c'est aussi pour cela que j'ai préféré te faire vivre avec moi une vie nomade sans toit véritable et où camp et nourriture sauvage se mêlent. Je savais dès le départ que j'allais obliger une jeune femme à vivre une vie nullement idéale, mais qui permettrait de la sauver de pas mal de désagrément. Alors, je doute que mon autorité, mes paroles et mes gestes non jamais été agréable depuis que tu es avec moi, mais c'est pour ton bien. Et au contraire de ce que tu pensais au départ, je n'ai pas aimé Edelweiss plus que toi. Je vous aime toutes les deux, comme mes filles, avec autant d'amour paternel. Ce n'est pas pour rien que je rappelle souvent de ne pas chercher les autres lycans que l'on croise ou encore de ne pas aborder les voyageurs comme notre invité. Au moins, pour le coup, cela a permis que je raconte une partie de qui je suis et que tu saches comment je t'ai trouvé. Maintenant, comme je sais que tu ne lâcheras pas l'affaire et que tu vas vouloir sa peau, vas-y brise lui la nuque. Mange-le si cela t'amuse et ensuite vient te coucher. Je pense qu'il est temps, car d'autres journées nous attendent, sans doute mouvementées.

Questionnaire

ÊTES-VOUS AU COURANT DE L'EXISTENCE DES VAMPIRES ET LYCANS? ─ On peut dire cela, oui.
QUE PENSEZ-VOUS DES LYCANS/VAMPIRES
Les lycans tout d'abord sont pour moi une source intarissable d'étranges périodes et de moment bien plus loquasse. La sauvagerie qui siège dans leur chair n'a de cesse de les rendre instable et agité. Si seulement ils avaient la sagesse, mais hélas pour beaucoup c'est un trait qui leur fait défaut.

Les vampires sont aussi bien la peste sur terre que des ennemis de choix. Puissant, assoiffé et sans pitié, il n'est pas mieux pour croiser le fer et la rage que ces êtres. Je ne les porte pas dans mon cœur, mais mon estime envers eux, est présente.
QUEL EST VOTRE POINT DE VUE A PROPOS DES INFANTS ET DES SANG-MÊLES MAUDITS? ─ Ils ne sont que des erreurs que la nature laisse vivre, sans doute à tort.
ÊTES VOUS SATISFAIT(E) DE VOTRE VIE ACTUELLE? ─ Si l'on oublie la période Celtes et l'acharnement de ses peuples à avoir autant de dialogue que jugeote, ainsi que leur barbarie, je pense que oui. Vivre comme son souhait l’exige n'est pas donné à tout les vivants de cette terre. De plus, la longévité conserve le guerrier.
SI NON, QUE VOUDRIEZ-VOUS CHANGER?  ─ Sans doute mon lieu de naissance, mes connaissances de la vieille époque et cette lame. Elle ne m'a jamais quitté, mais elle représente aussi bien la folie dont j'ai été l'un des plus beaux acteurs, que ma hardiesse au combat. Une lame avec une histoire moins dense serait un meilleur atout.
VOTRE POINT DE VUE SUR LE MONDE CONNU?
─ Il n'est qu'un enchevêtrement de château de carte et d'affrontement où je me mèle quand le désir me prend. Croiser le fer n'a jamais été une obligation, mais bien plus un souhait. Je me plais à ces actes, même si je ne saurais quoi en dire vraiment. Ce monde m'a vu grandir et je l'ai vu vieillir bien plus que mes traits.

Joueur

PSEUDO ─ Ed ou Magnus ?
ÂGE ─ Bientôt un quart de siècle, ça approche.
SEXE ─ Souvent, ah pardon, homme.
LA COULEUR DE TON PYJAMA ─ J'en met pas et là... gris

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Un glaive de fer, dans les mains d'un vétéran
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