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On dit que tout vient à qui sait attendre mais on oublie de préciser qu'il est parfois de bon ton de précipiter les choses. || Phèdre L. D'Envernay [Terminé]

EX CATHEDRA :: A chaque coeur son ouvrage :: Entités nouvelles :: Les Âmes Damnées
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Phèdre L. D'Envernay
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Mémoire de vie
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Ven 4 Aoû - 16:12

Phèdre L. D'Envernay

ÂGE ─ Un bon demi-siècle bien qu'on lui donne la trentaine, 28 ans pour être exacte
ANNIVERSAIRE ─ Un 21 janvier
ORIENTATION SEXUELLE ─ Bisexuelle
OCCUPATION ─ Courtisanne
PAYS ─ Suède
CLASSE SOCIALE ─ Devenue baronne en même temps que fille adoptive d’Aspremont, elle usurpe aujourd’hui ce titre sous un autre nom
RACE ─ Lycanne mordue
AVATAR ─ Tharja – Fire Emblem Awakening

Profil Psychologique

Si la manipulation était un art, la jeune femme en serait l’incarnation. Les années passées à louvoyer entre les intrigues de la Cour ont permis de développer son sens de l’écoute et de l’analyse des informations ainsi obtenues auprès des bavards. En effet, son caractère posé et réfléchi fait naître un sentiment d’assurance chez ses interlocuteurs, afin de mieux leur délier la langue. Sa maîtrise des langues étrangères couplée à sa culture générale lui permettent de soutenir n’importe quelle conversation et sur ce dernier point, Phèdre sait se révéler être d’une agréable compagnie. Si sa réserve peut rapidement s’effacer pour laisser place à des jeux sensuels appuyés ou non, allant de la tendresse toute simple au désir purement physique, la jeune femme n’en demeure pas moins quelqu’un de pragmatique. Prendre un amant peut s’avérer aussi plaisant qu’utile mais elle n’oublie pas ses objectifs premiers. Derrière son sourire aimable, elle n’hésitera jamais à se servir d’autrui pour parvenir à ses fins, quitte à devoir se débarrasser de ses pantins si le jeu venait à s’ébruiter. Eliminer quelqu’un de sang-froid ne lui a jamais posé problème et le détachement dont elle fait preuve à ce sujet pourrait en glacer plus d’un. En revanche, elle veille toujours à ne pas s’impliquer directement dans ces règlements de compte, histoire que personne ne puisse remonter jusqu’à elle. Phèdre n’est pas du genre à faciliter la tâche à ses adversaires et elle ne montrera aucune pitié envers ces derniers, quel qu’ils soient. A ses yeux, le monde n’est qu’un vaste jeu d’échecs où chacun avance ses pions en espérant remporter la partie.

Tout comme un prédateur traque minutieusement sa proie, la jeune femme se révèle prête à tout pour obtenir ce qu’elle convoite, y compris les pires méthodes imaginables. De son point de vue, on ne peut exprimer de la déception à moins d’avoir absolument tout tenter pour l’emporter. Elle ne redoute pas l’échec puisqu’au même moment, elle sera déjà en train de préparer le prochain coup. Et puis, jamais elle ne perd en fin de comptes, soit elle gagne, soit elle apprend de ses erreurs. Mourir du fait de son ambition démesurée ? Cela ne l’effraye pas, la jeune femme se consolera toujours en estimant avoir vécu la vie qu’elle désirait : libre, indépendante et ambitieuse. Viser toujours plus haut et répandre le chaos. Sa haine à l’encontre de cette figure paternelle qu’elle n’a pas eu le loisir de connaître s’est étendue sur l’ensemble des hommes peuplant cette Terre, si bien qu’elle rêve en secret de mettre au point le complot le plus machiavélique qui soit. Pour être pleinement heureuse, il faudrait que les peuples se déchirent, que la guerre ravage les nations, que les victimes se comptent en centaine de milliers. La folie des grandeurs ? Pas si sûr. Quant à sa relation avec sa partie lupine, si tenté que l’on puisse parler de relation à ce stade, est difficile à décrire. L’intéressée a conscience que pour bénéficier de cette force, elle se doit de faire avec la présence de la bête, qui est également une partie d’elle-même. La jeune femme ne s’efface plus totalement lors de ses transformations comme c’était le cas auparavant et parvient à guider l’instinct de l’animal. Toutefois, une autre partie d’elle, probablement les vestiges de sa conscience humaine tend à refuser d’admettre cette part de bestialité, pourtant à jamais ancrée en elle. Il lui arrive parfois de considérer cette part d’elle-même comme une seconde personne, disons, plus violente et extrême dans ses méthodes que la principale intéressée. Une façon comme une autre de se rassurer devant la barbarie et dans la solitude.
Histoire



CHAPITRE I

Phèdre… Bien des fois son nom fut mentionné, tantôt annoncé fièrement dans les hautes sphères du pouvoir, tantôt murmuré à son oreille par un amant fou de désir bien que leurs ébats ne perdurent pas plus d’une nuit. Au commencement, n’existait rien de cette malice nominative. Seule une petite fille répondant au nom que sa mère avait choisi pour elle, afin de l’introduire officiellement dans le monde qui serait désormais le sien. Lucretia. Le simple fait de le prononcer de vive voix en sa présence fait encore frémir l’intéressée. Tendre souvenir d’une époque de sa vie à présent révolue. D’aussi loin qu’elle se souvienne, elle n’avait toujours connu que cette vieille maison en ruines, presque à l’écart dans le plus pauvre des quartiers de Rome. En dépit de son état pour le moins vétuste, une ambiance chaleureuse perdurait à l’intérieur, si bien qu’on en oubliait rapidement l’insalubrité. Souvenir de longues nuits d’hiver où une voix douce lui chantait des berceuses pour couvrir le bruit du vent qui s’infiltrait ci et là. Sa mère l’éleva tout aussi dignement que le petit prince italien lui-même. Jamais il n’était fait mention de son père. Par haine ou crainte de lui nuire ? Trop jeune pour mettre des mots sur ce silence, volontaire, la petite fille apprit à se contenter de ce foyer entièrement féminin. A ses yeux, sa mère représentait son univers. Parfois, des personnes étranges venaient leur rendre visite. Ou plutôt, ils venaient rencontrer sa mère uniquement, n’ayant que faire d’une enfant comme elle. Pourquoi étranges dites-vous ? La petite fille n’aurait su le décrire avec précision mais l’adulte qu’elle est devenue peut à présent affirmer à quel point certains paraissaient nerveux ou encore désespérés. Sa mère leur répondait avec calme et compassion, forçant l’admiration même parmi les plus réticents d’entre eux à faire appel à ses services. Elle leur remettait une petite fiole, dont seule la couleur changeait par moments puis ils disparaissaient, aussi rapidement qu’ils étaient apparus dans l’encadrement de leur porte. Ce fut l’une de ses personnes qui accusa sa mère de sorcellerie. Etait-ce là toute la reconnaissance dont pouvaient être capables des individus dont les potions de sa mère avaient sauvé la vie de leur fille ? Probablement. Du haut de ses 8 ans, elle aurait voulu crier, hurler au monde entier que c’était ce même homme au doigt accusateur qui avait convoité les dons de sa mère. Cette dernière la fit taire d’un regard, à la fois autoritaire et tendre, comme seule une mère peut y parvenir tandis qu’on l’emmenait loin de leur havre de paix. Trop fière pour fuir la sentence qui l’attendait, elle fut brûlée vive sur le bûcher, en place publique, sous les insultes de la foule haineuse. Ce spectacle de la chair léchée par les flammes jusqu’à fondre, dévoilant les os noircis puis calcinés. Jamais elle ne pourrait l’oublier, pas même après toutes ces années. Mais ce n’était rien comparé aux hurlements de sa mère agonisante ou même cette odeur de chair brûlée qui envahissait ses narines dilatées par la terreur. Et comme un écho à ces derniers, les pleurs d’une enfant se joignirent aux exclamations de la foule en colère, perdurant bien après que celle-ci se soit dispersée. La petite silhouette demeurait sur place, secouée par les bourrasques d’hiver sans que nul ne lui prête plus attention. Vraiment personne ? Un homme s’approcha d’elle avant de s’accroupir devant l’enfant pleurant toujours.

« Tu as beau pleurer toutes les larmes de ton corps, cela ne ramènera pas ta mère. »

A défaut de complètement fermer le robinet que l’on croyait ouvert à jamais, les cascades se déversant en continue sur les joues rougies diminuèrent en intensité tandis que la petite fille s’efforçait de reporter son attention sur l’inconnu, reniflant bruyamment. Ce dernier avait un drôle d’accent.

« As-tu déjà visité la France ? »

Ce fut sa première rencontre avec Thibault d’Aspremont.


CHAPITRE II

La France. Ce pays frontalier du sien dont elle ne connaissait absolument rien. Avant de s’attaquer à l’histoire ou même à la géographie, son protecteur lui enseigna l’étiquette qui siégeait à son rang puisqu’elle porterait désormais son nom, non sans se voir rebaptisée Phèdre par la même occasion, afin de contenir ses origines italiennes derrière un simple prénom. Puis ce fut au tour des langues étrangères, notamment le français, qui arrivait en tête de liste pour des raisons évidentes. Pour tout vous dire, ce n’était pas le sujet d’études préféré de la petite fille, laquelle ne comprenait pas pourquoi elle se devait d’apprendre cette langue quand son protecteur s’exprimait à la perfection dans sa langue natale. Sans la malice de ce dernier qui usait uniquement et volontairement du français en sa présence, peut-être ne serait-elle pas devenue à ce point à l’aise dans les langues, bien qu’elle en apprendrait un second usage disons plus charnel dans les années à venir. Avec le temps, la petite fille jadis accrochée aux jupons de sa mère devint une jeune femme aussi indépendante que cultivée. Aux thématiques des leçons choisies par son protecteur se virent ajoutées la littérature, la musique et la philosophie. Quand elle fut en âge d’être introduite dans les premières sphères du pouvoir, son entrée passa pour le moins inaperçue, son protecteur lui recommandant toujours d’user de modestie pour mieux délier les langues et ainsi obtenir la moindre information dont elle pourrait se servir par la suite. Ne s’était-elle jamais demandée qui était réellement Thibault d’Aspremont pour lui enseigner toutes ces choses ? Un assassin ? Un espion ? Un proche du roi de France lui-même ? L’intéressé se garda bien de lui dévoiler la réponse et sa protégée ne chercha pas à en savoir davantage. La prudence et la patience faisaient également parties de l’enseignement de son protecteur. Cependant, elle apprit par un tiers qu’il s’agissait d’un baron. Aux premières rencontres se succédèrent les premières affinités, elles-mêmes laissant la place aux intrigues de la Cour. Un véritable nid de vipères où les alliances se font et se défont, où l’on se devait d’évoluer avec tact et grâce pour ne pas voir votre réputation ternie à jamais par celle que vous croyez être votre grande amie et confidente. Curieusement, à ce petit jeu-là, la jeune femme s’en sortait plutôt bien. Etait-ce dû à son enseignement bien particulier ? Ou était-elle destinée à évoluer dans ce genre de cercles privés ? Allez savoir. Malgré tous les enjeux et les intérêts d’écouter les plaintes des uns pour mieux alimenter les quolibets des autres, elle sentait que quelque chose lui manquait. Parfois, il lui arrivait de rêver de sa mère, tantôt souriante comme lorsqu’elle lui chantait des berceuses à la nuit tombée, tantôt le visage déformée par la douleur atroce des flammes léchant sa peau d’ivoire. Le passé n’était pas quelque chose que l’on pouvait aisément oublier, laisser derrière soi comme un ensemble de souvenirs indésirables. Où était donc ce don qu’employait sa regrettée mère ? Fille de sorcière et à jamais privée de tout ce qui faisait leur essence même ? Bien vite, ce doute se mua en certitude puis en obsession. Il lui fallait ce pouvoir pour avoir la sensation d’exister, d’être unique au milieu de tous ces êtres indissociables les uns des autres. Et sans qu’elle le sache, la jeune femme allait voir son souhait bientôt réalisé, à ses dépens.


CHAPITRE III

Son sens de l’analyse et son don pour la conversation ne furent pas les seuls à s’affiner avec les années. La jeune femme gagna en élégance, son corps laissant peu à peu apparaître les courbes qui savent attirer le regard, faisant honneur aux charmes italiens dont l’origine se laissait imaginer au travers de ses longs cheveux d’ébène et sa peau d’ivoire. L’intéressée sut en jouer avec autant d’habilité que lorsqu’elle maniait l’art de la conversation dans les petits salons parisiens. A l’aube de ses 19 ans, elle attirait déjà les convoitises et les plus téméraires se vantaient même de la prendre un jour pour épouse. Ils ignoraient cependant que les préoccupations de l’objet de leurs fantasmes étaient loin de rejoindre les leurs. Qu’importe leurs regards plein de désirs et leurs petites attentions qui se déclinaient en dizaine par prétendant, la jeune femme ne pouvait s’empêcher de projeter sur eux l’image de ce père qu’elle n’avait jamais connu. Un parfait inconnu et pourtant, il avait marqué à jamais leur existence, à sa mère et elle. A présent, elle n’était plus la petite fille que le seul sourire maternel suffisait à contenter. Sa recherche de vérité s’affirmait avec les années, entraînant avec elle l’apparition d’une certaine rancœur à l’encontre de cet individu qui n’avait jamais été là pour elles. Pas plus lors de ses premiers pas que lorsque sa mère avait péri. Il n’avait pas été présent pour les protéger. D’une certaine façon, la jeune femme prenait un malin plaisir à se jouer des désirs de ses prétendants, n’hésitant pas à se faire approcher de très près par certains pour mieux rendre jaloux les autres. Suivant son évolution de très près, d’Aspremont jugea bon de la former aux plaisirs de la chair pour compléter son enseignement. Une femme capable de soutirer des informations sur l’oreiller après une nuit torride avec son amant était plus que redoutable. Et à ses yeux, la séduction était un outil comme un autre. Là-dessus, il passa le relais à un bon ami à lui, Jehan de Fiercastel, lequel eut le privilège de faire connaître les plaisirs de l’amour à la jeune femme. Contre toute attente, une relation complice se tissa entre les deux amants et l’intéressée ne se priva pas pour le revoir, bien après que sa formation soit achevée, pour renouer avec le plaisir qu’il savait lui procurer. Cette découverte des plaisirs du lit offrit une meilleure prise à la jeune femme sur ses interlocuteurs masculins, titillant les désirs de ces derniers sans jamais se montrer indécente devant ses pairs. Sa petite aventure avec Jehan ne s’ébruita pas, comme les deux amis en avaient convenu et le possible mariage de l’intéressée demeurait dans les esprits des plus acharnés. Cependant, la jeune femme n’était pas dupe et voyait bien comment d’Aspremont se servait d’elle, ou plutôt, du parti qu’elle représentait pour obtenir les faveurs des uns et des autres, ses prétendants imaginant sans doute que ce dernier finirait par leur offrir la main de celle qu’il avait recueillie par bonté. Du moins, il s’agissait là du scénario qui survivait dans les salons de thé.


CHAPITRE IV

Malgré toute la satisfaction que pouvait lui procurer ces petits jeux sentimentaux en lui donnant cet ascendant sur la gente masculine, il lui manquait le pouvoir. Une force capable d’assouvir ses pulsions vengeresses. Et cela n’échappa pas à son protecteur, lequel avait bien senti la violence qui envahissait doucement mais sûrement l’esprit de sa protégée. Toute cette haine accumulée pendant des années où feindre l’ignorance ne menait qu’à envenimer les choses… Oui, il avait une solution à lui offrir, même si celle-ci ne serait pas sans conséquences pour l’intéressée. Ce fut lors d’une soirée pendant laquelle ils s’étaient tous les deux retirés des mondanités de la Cour, dans la demeure d’Aspremont, que ce dernier lui avoua posséder la puissance qu’elle convoitait tant. Se sachant doué dans l’art de manipuler autrui à l’aide de belles paroles, il se savait certain de la convaincre sans mal. A ce moment-précis, il ignorait jusqu’où la jeune femme serait prête à aller pour obtenir cette force. Probablement aveuglé par la confiance en lui, d’Aspremont la mordit, scellant le destin qui serait désormais le leur. Les deux jours qui suivirent furent certainement les plus longues pour la jeune femme. La douleur lui fit pratiquement perdre la tête, la contraignant à hurler des journées entières à s’en casser la voix. Dans le délire qui accompagna ses tourments, elle crut voir ses membres s’étirer, se transformer jusqu’à la glacer d’horreur. Elle se crut mourir, à plusieurs reprises. Ou pire, elle souhaita que cela arrive pour qu’elle soit enfin libérer de ses souffrances. Mais elle survécut. Le retour à la vie se fit progressivement. L’analyse de son environnement prenait une tournure inattendue, lui offrant de nouvelles sensations au gré des odeurs et des sons. Et puis, il y avait cette voix qui susurrait, tapie dans un recoin de sa tête. Virait-elle folle ? Etait-ce là le contrecoup de ce pouvoir qu’elle convoitait depuis des années ? Cette voix qui réclamait la chair et le sang se faisant de plus en plus insistante, vrillant l’intérieur de son crâne au moyen de douces complaintes sensuelles. Les mots contenus dans ces murmures révélèrent tout leur sens à mesure que les jours passaient. Déchirer. Mordre. Déchiqueter. Broyer. Elle voulait tuer. Elle voulait sortir. Profitant de l’arrivée de la pleine lune, la transformation s’opéra, dans un concert de craquements osseux tandis que les membres s’allongeaient pour ensuite se recouvrir de poils noirs comme la nuit elle-même. La force et la violence de la bête furent telles que plusieurs serviteurs furent tués cette nuit-là. D’Aspremont la maîtrisa physiquement, notamment en raison de l’autorité naturelle qu’il possédait sur l’engeance qu’il venait de créer, du fait de la morsure infligée au cours des jours précédents. La jeune femme dut apprendre à concilier avec cette partie lupine, laquelle réclamait régulièrement de sortir pour chasser ou simplement se défouler, tout comme elle dut s’habituer aux douleurs occasionnés par les changements apportés à son corps au moment de chacun des transformations. Elle trouva du réconfort dans cette nouvelle force physique qui lui était offerte, tout comme ses sens décuplés ainsi que cette présence bestiale, auprès de qui elle se savait désormais liée pour l’éternité. Conscient que l’apprivoisement mutuel des deux parties impliquées après la transformation risquait de prendre du temps, D’Aspremont choisit ce moment pour se retirer de la Cour. Ce n’était pas la première fois qu’il s’envolait loin des mondanités, ce qui lui avait permis, entre autres, de croiser la route de la petite fille bien des années auparavant. Une fois les transformations spontanées maîtrisées et l’humeur de l’intéressée stabilisée, ils entamèrent tous les deux un long voyage, franchissant bon gré mal gré les frontières voisines. Cette opportunité inespérée de découvrir d’autres contrées et mœurs, en plus de lui offrir la possibilité de pratiquer ses langues étrangères, eut un effet plus que bénéfique sur Phèdre. Inconnus comme ils étaient en dehors du territoire français, la pression de se trahir était moindre sur les épaules de la jeune femme, ce qui lui permit d’apprivoiser sa partie lupine. Le souvenir douloureux et marquant de sa transformation était encore imprégné dans ses chairs et son esprit, si bien qu’une partie d’elle se refusait de reconnaître l’existence d’une telle entité bestiale, même au plus profond de son être. La proximité aidant, Phèdre profita du voyage pour en apprendre également plus sur D’Aspremont, testant les limites de ses techniques pour soutirer des informations à ses interlocuteurs. Ne lui avait-il pas enseigné d’en apprendre le plus possible sur ses adversaires pour mieux les confronter le moment venu ?


CHAPITRE V

Près d’un demi-siècle s’écoula ainsi depuis la transformation de la jeune femme et D’Aspremont jugea qu’il était temps pour elle de refaire son apparition dans les hautes sphères françaises après que leurs connaissances de l’époque lors des débuts de Phèdre à la Cour, se soient pour une grande partie éteintes. Les jeux se muèrent en intrigues puis en complots. Le temps de jouer avec les désirs d’éventuels partenaires masculins ne l’intéressaient plus. Désormais, elle prenait part aux plus sombres événements, incitant aux règlements de comptes sans jamais que son nom soit directement entaché. Manipuler pour mieux servir. Et s’il y avait un risque, même infime pour que l’un de ses pantins fasse la moindre allusion à son implication, la jeune femme s’assurait de les réduire au silence avant que cela n’arrive malencontreusement. Rares étaient les fois où elle se salissait les mains et l’on pourrait penser qu’elle arrivait à de telles extrémités uniquement dans le but de satisfaire sa partie lupine, ce qui était peut-être vrai dans le fond. Seule ombre au tableau ? L’ascendance horripilante d’Aspremont sur elle. A présent qu’elle avait la puissance et les relations nécessaires pour son propre épanouissement personnel, pourquoi devrait-elle lui obéir au doigt et à l’œil ? Elle n’avait plus rien à apprendre de lui et tout comme il désirait la garder dans son entourage pour faire appel à ses services, la jeune femme mourrait d’envie de prendre son indépendance. Patiemment, elle rongea son frein. Elle connaissait bien l’homme. Ses qualités comme ses défauts. Et elle comptait bien tirer profit de ceux-ci. L’occasion se présenta à elle des années plus tard alors qu’ils s’étaient retranchés dans le domaine d’Aspremont, comme tant d’autres fois auparavant. Avant cela, la jeune femme avait eu tout le loisir de tester les limites de son obéissance envers d’Aspremont, constatant que celle-ci s’atténuait avec le temps. L’intéressée entreprit donc de le séduire, comme beaucoup d’hommes avant lui. Sauf que cette fois, elle ne lésinait pas sur les moyens, affichant ouvertement ses intentions. Pouvait-on juger la situation étrange, voire malsaine ? Après tout, ils n’étaient pas liés par le sang, c’était tout juste s’ils portaient le même nom. Qu’est-ce qui pouvait les empêcher de s’unir au lit ? La bienséance ? Ils n’en avaient cure, surtout elle. Et entre ces murs, nul témoin pour les juger dans leur acte. D’abord intrigué par le jeu de la demoiselle, d’Aspremont finit par se laisser tenter. Elle savait où le toucher pour faire monter le désir, abaissant en même temps ses défenses. Les vêtements tombèrent au sol les uns après les autres. Sa tête bourdonnait. Elle se rappelle encore ses ongles effleurant la peau de son partenaire, s’enfonçant quelques fois plus que nécessaire simplement pour arracher un grognement à ce dernier. La jeune femme rejeta la tête en arrière, se frayant un chemin parmi les oreilles qui jonchaient le lit, offrant sa gorge découverte en un signe évident de soumission comme d’invitation à poursuivre leurs ébats à l’intention d’Aspremont. Bientôt, les lèvres humides de ce dernier vinrent au contact de sa gorge, parsemant celle-ci de baisers, parfois ponctués de légères morsures. La dernière ligne de défense s’abaissait. Elle pouvait sentir une main baladeuse se glisser entre ses cuisses ouvertes à la recherche de son intimité. Quant à elle, la jeune femme n’était pas en reste : ses mains caressèrent le corps de son partenaire, s’évadant un bref instant pour mieux revenir à la charge, remontant toujours plus haut jusqu’à atteindre le cou d’Aspremont en une tendre caresse. Un violent tremblement. Incrédule, il vit une tache sombre s’élargir sur les draps immaculés sous lui. Le sien. Il bondit en arrière, se réceptionnant maladroitement tandis qu’il plaquait machinalement une main à sa gorge. Le mal était déjà fait, il perdait beaucoup trop de sang. Et sa partenaire qui le fixait avec un calme glaçant, le petit poignard à ses côtés.

« … Pourquoi ? »

« Nos routes devaient se séparer. »

Le détachement dont elle faisait preuve, même après avoir mortellement blessé l’homme à qui elle devait tout, arracha un frisson d’horreur au mourant. Lentement, la jeune femme se mit debout, arpentant la pièce sous le regard suspicieux, bien que partiellement voilé de sa victime.

« Mon destin n’était pas de servir tes intérêts futiles, j’ai d’autres projets plus ambitieux. »

Le souvenir d’une conversation qu’ils avaient eue des mois auparavant au sujet de la Suède. Un attentat partiellement manqué qui visait la famille royale. Seule la reine avait été assassinée. Ses yeux s’écarquillèrent de surprise à mesure que les pièces du puzzle se formaient, bien trop tardivement, dans son esprit embrumé.

« Tu es folle, jamais cela n’aboutira ! »

« Tu dis cela parce que tu jalouses mon ambition. »

Puis voyant que sa victime luttait pour conserver un semblant de contenance en sa présence, la jeune femme se tourna pour lui faire face.

« C’est inutile, tu vas te vider de ton sang en comptant les minutes avant la mort. Mais nous allons t’offrir un ultime présent, celui d’une mort rapide. »

Elle se métamorphosa alors sous ses yeux, révélant une bête immense dont le pelage noir était si sombre qu’il en paraissait répandre les ténèbres autour de lui. La dernière image qu’emporta d’Aspremont de ce monde fut le regard doré, brillant d’une féroce sauvagerie avant que la bête ne se jette sur lui. Il n’eut aucune chance tandis qu’elle déchirait sa chair de ses crocs luisant, extirpant ses boyaux sanguinolents tout en ignorant les gargouillis déchirants de sa proie. Même après lui avoir arraché son dernier râle d’agonie, ce n’était pas suffisant. Cette nuit-là, tous les domestiques du manoir qui ne la reconnurent pas comme leur nouvelle maîtresse légitime périrent sous ses crocs. Ce ne fut qu’une fois le besoin de sang assouvi, plusieurs heures plus tard, que la jeune femme reprit possession de son corps. Elle avait fourni son dû à la bête, dorénavant, elle déciderait pour deux. La nuit-même, la jeune femme quitta le manoir, accompagnée des serviteurs survivants, non sans y mettre entièrement le feu avec un geste désabusé. Allait-on la croire morte ? Brûlée vive comme les autres occupants malchanceux de la demeure réduite en cendres ? Peut-être que les plus méfiants ne tomberaient pas dans le piège. Un sourire passa fugacement sur son joli visage : elle n’attendait que cela, qu’ils se méfient, rendant ainsi le jeu plus intéressant. Pour l’heure, elle était attendue en Suède, dans un ravissant petit manoir de campagne, généreux présent d’un noble de la Cour à son encontre. Quel dommage qu’elle ne puisse pas lui faire porter un souvenir de Suède : le malheureux avait perdu la vie dans un tragique accident quelques mois seulement après que l'acte de propriété lui eut été remis. On disait qu'il s'agissait là d'un acte d'un fou. Les colporteurs de ces rumeurs n'étaient pas loin du compte au final. Après tout, elle était Phèdre L. D’Envernay.

Questionnaire

QUE PENSEZ-VOUS DES LYCANS/VAMPIRESD’instinct, je me méfie plus des seconds car je ne suis pas familière de leurs méthodes, sans compter qu’ils ne sont pas liés les uns aux autres comme c’est le cas au sein d’une meute de lycans. D’un autre côté, ces derniers sont stupides de s’en tenir à des liens pareils, au point d’en perdre l’indépendance que leur formidable force leur offre.
QUEL EST VOTRE POINT DE VUE A PROPOS DES INFANTS ET DES SANG-MÊLES MAUDITS?Des êtres voués à demeurer des parias où qu’ils aillent. Bien que je n’en ai pas encore rencontrés personnellement, je me sens proche d’eux d’une certaine façon parce que nous ne sommes pas faits pour rentrer dans des cases.
ÊTES VOUS SATISFAIT(E) DE VOTRE VIE ACTUELLE? Je présume que oui.
VOTRE POINT DE VUE SUR LE MONDE CONNU?Une partie d’échecs à laquelle seuls de rares privilégiés sont amenés à participer.

Joueur

PSEUDO ─ Toujours le même
ÂGE ─ Un quart de siècle
SEXE ─ Inconnu
LA COULEUR DE TON PYJAMA ─ Un pyjama ? Quel pyjama ?
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Belladona E. Thorn
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Âge du personnage : On ne demande pas son âge à une -vieille- femme..

Jeu 10 Aoû - 23:32
Bonsoir !
Je me charge de ta fiche je voulais que tu le saches elle est en cours de lecture et je l'achèverais demain dans la journée :)
Bien à toi,
Bella'.

_________________
Autres portraits ( merci meli & ed pour le vava ~ ) :
Spoiler:
 
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Phèdre L. D'Envernay
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Jeu 10 Aoû - 23:40
Bonsoir Bella,

Merci pour le message et prends le temps qu'il te faut !
Au passage, il s'agit du DC de Mostro, j'en avais fait la demande auprès de Meza mais juste au cas où...

Bonne nuit vu l'heure !

_________________
Je me ris de vous en darkorange.
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Gustav II fran Sverige
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Lun 14 Aoû - 15:48

Gentille Phédrounette <3
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Phèdre L. D'Envernay
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Messages : 11

Dim 27 Aoû - 17:54
... J'ai récemment redécouvert que l'une des souris de Cendrillon s'appelait Gustav et surnommée Gusgus... Alors ne fais pas trop le malin Gusgus <3

Tout ça pour dire que j'ai apporté les modifications demandées à la fiche et je te les mets en spoiler Bella =)

Ajout d'environ 40 années dans l'histoire ::
 

Précisions apportées concernant l'acquisition du manoir en Suède ::
 

En espérant que ça te convienne !
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Mezariel D. de SaintLouis
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Dim 3 Sep - 14:30
••• Bienvenue parmi nous


Quelle classe, quelle élégance & quelle superbe! Il n'y a pas à dire, Phédre est VRAIMENT très intéressante! J'ai grand hâte de la voir évoluer IRP, elle et ses plans... machiavéliques! :B
Te voici validée! ♥

Le test d'entrée passé, te voilà désormais une Noble lycane.
Tu peux dés à présent aller recenser ton avatar, chercher des partenaires de rp et poster une fiches récapitulative de tes relations que nous te conseillons d'aller consulter pour une intégration rapide. Également, le serveur Discord du forum est tout près à t'accueillir. ♥

N'hésites pas, également, à apporter ta pierre à l'édifice d'Ex-Cathedra, nous comptons sur toi. Bon séjour parmi nous et n'hésite pas à nous solliciter si le besoin en est.
Mezariel.
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