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 La vengeance des uns est la mort des autres || Rosemonde

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Humain

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Messages : 6
Âge du personnage : 22 ans


MessageSujet: La vengeance des uns est la mort des autres || Rosemonde   Dim 9 Avr - 14:15


Rosemonde

ÂGE ─ 22 ans
ANNIVERSAIRE ─ 21 mai à Brest en Bretagne
ORIENTATION SEXUELLE ─ hétérosexuelle
OCCUPATION ─ Officiellement simple artisane artificière de sa Majesté ; Officieusement, Membre de la petite troupe d’assassins aux Ordres du Roi
PAYS ─ France
CLASSE SOCIALE ─ Baronne
RACE ─ Humain
AVATAR ─ Lotti Baskerville – Pandora Hearts

Profil Psychologique


Comment suis-je, comment je peux réagir … Lorsque j’y pense, je ne sais pas vraiment pourquoi faut-il toujours répondre à ces questions même pour soi-même ? J’ai décidé de me pencher sur le sujet aujourd’hui, seulement pour un moment.

S’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que je ne passe pas inaperçue ! Qui ignorerait une demoiselle qui pénètre dans une salle bondée en claquant les portes, le sourire aux lèvres ? C’est toujours le cas qu’il y ait du monde ou non maintenant que j’y pense, mais c’est plus amusant ainsi. On dit de moi que je suis joueuse et taquine et j’avoue que ce n’est pas totalement faux. Plus c’est amusant et plus j’y prends du plaisir mais que voulez-vous, on ne se change pas. Mais vous savez, c’est épuisant de faire semblant et d’avoir ce sourire en permanence. Tout le monde me prend pour la sage demoiselle artificière qui n’a de cesse de se faire remarquer et de bondir de nulle part pourtant, cela ne reste que de la poudre aux yeux. Plus on se fait voir, plus on positive et moins les gens essayeront de creuser n’est-ce pas ? Voila la raison pour laquelle je continue sur cette voie.

Je suis heureuse, je suis franche et ridicule mais cela reste plus amusant, au fond il n’y a que moi qui puisse juger de ce que je vaux encore. Si cela ne tenais qu’à moi, je pense que je me serais glissée dans le premier trou disponible pour ne plus en sortir cependant, j’avais quelque chose à protéger, la chose la plus chère et la plus importante à mes yeux, Alphonse. Si je peux sourire encore honnêtement, c’est grâce à lui et à ce qu’il m’apporte chaque jour. Notre survie et son bien être sont les seules choses pour lesquelles je me bats encore. Même si je sais que le Roi a ses raisons pour m’avoir sauvée je m’en fiche, tout ce qui compte c’est qu’il nous ait accepté et soustrait à la vie qui nous attendait, triste, pénible et difficile. Peu de personnes sont au courant pour mon fils et c’est bien mieux comme cela, garder le secret en échange de mes services n’étaient pas le plus compliqué. Je n’ai jamais été de nature agressive mais il semblerait que je n’ai plus le choix désormais. Je ferais n’importe quoi pour son bonheur c’est tout ce que je sais.
Histoire


Chapitre  1  

Ici débute mon récit, comment j’en suis devenue à être celle que je suis aujourd’hui, la raison de ma situation actuelle … Pour ce que je m’en souviens, j’ai vu le jour un 21 mai en Bretagne, dans un petit village où mes parents avaient dû faire une halte plus longue qu’à l’accoutumée. L’aube du départ, Eveline ma mère n’avait plus eu d’autres choix que celui de rester allongée, devenue en ce jour, incapable ne serait-ce qu’imaginer reprendre la route, cette route qui devaient les emmener toujours plus loin, de village en village tels des oiseaux migrateurs. Ainsi, ce jour-là, il en fût autrement alors qu’en une heure tardive de la nuit, mon père s’en était allé quérir le médecin du village. Des problèmes de santés ces derniers mois lui avaient été rapportés prestement après son arrivée, lui qui s’était vêtu avec peine pour l’occasion encore embrumé par la nuit régnant au dehors. C’est donc en s’imaginant que la cause de cet état de fatigue prolongé et ce mal-être soudain pourrait être une énième maladie que le médecin commença son examen. Plus rapide qu’aucun d’entre eux n’aient pu le penser, l’homme se releva un sourire bienfaiteur s’étirant sur son visage fatigué, et s’exclama d’une voix ferme qui se voulait rassurante qu’il aurait besoin de matériel comprenant non seulement de l’eau et des essuies pour l’occasion. Le regard que mes parents s’échangèrent en disait long d’incompréhension. Non pas qu’ils ne sachent ce que cette demande signifiait, loin de là pour avoir déjà expérimenté la chose et mit au monde neuf enfants, il se trouvait qu’aucun d’entre eux n’étaient au courant de cette grossesse qui était maintenant à son terme.

Je n’avais pas été attendue tout comme je n’avais pas été voulue mais bien naturellement, ce n’était pas une chose que l’on allait oser me dévoiler un jour … Ainsi, les heures s’étaient écoulées bien après le petit matin dont l’air avait été envahis d’une odeur succulente de cuisson de pains chassant par la cheminée du boulanger se situant non loin de là. La faim guettait chaque membre présent de même que la fatigue de cette nuit emplie de gémissements, de pleurs et de sueurs qui se poursuivaient toujours. Alors que le travail se poursuivait en vue de son terme, un problème se posa dangereusement sur nous, oppressant, angoissant. Tout ce qui semblait se dérouler au mieux bientôt fit volte face alors que ma mère sombra peu à peu dans un sommeil signe de non retour, on la perdait. Mon père chargea l’ainé de s’éloigner avec le reste de ses frères et sœurs et de s’en aller afin de les ménager de la scène qui se déroulait sous leurs yeux bien trop curieux pour s’être résignés à attendre sagement. Non sans un refus de capituler, les enfants étaient finalement sortis ne laissant plus que le nombre nécessaire de personnes que réclamait la suite des opérations. Malgré la température agréable qui vaguait à l’extérieur, celle à l’intérieur de la pièce était loin d’être semblable où une impression de froid s’immisçait petit à petit annonçant l’arrivée imminente de la faucheuse en attente de son dû. Armé de patiente, le médecin finit par m’extirper du seul endroit familier que je connaissais, pour me frapper les fesses et me poser dans les bras de mon père tremblant alors que je poussais mon premier cri. Il fallut donc attendre un temps qui parut indéfiniment long avant qu’un soupir de soulagement emplisse la pièce guettée jusque là par la Mort et qu’enfin, un sourire me soit adressé. J’étais là, vivante et perdue sans ma mère qui revenait à présent du point que l’on aurait crû de non retour.

Le verdict était tombé, il semblait que ma mère allait pouvoir se remettre de son état dans une bonne semaine voire d’avantage avec un mot d’ordre de repos complet, mais bien que c’était ce qu’il y avait de mieux à faire afin d’espérer une remise sur pied rapide, ils ne pouvaient pas se permettre de perdre plus de temps que nécessaire s’ils souhaitaient continuer à survenir aux besoins de leur famille. Leur gagne pain ne leur permettait pas le luxe de se poser un laps de temps si long à ce stade. Après tout, ils n’étaient que des voyageurs faisant partie d’une communauté de personnes formant avec l’aide de chacun, un cirque digne de ce nom. Le besoin de poursuivre leur route en quête de public était bien plus important à leurs yeux que celui d’un repos forcé ne pouvant pas leur rapporter le minimum vital leur permettant de survivre dans ce monde. Ainsi deux jours étaient devenu le maximum acceptable pour reprendre le plus de forces possible. Le soir tombant, mon père et quelques-uns des mes frères et sœurs se rendirent au domicile du médecin aux mains salvatrices afin de lui payer notre dû. C’est ainsi que sous les yeux étonnés de cet homme de science que l’un des ainés, lui tendit une corde avec en son extrémité, un petit cochon. Là était notre seul moyen possible de payement résultant de nos maigres revenus. Une réflexion de l’un de mes frères, Anthony, ne se fit pas attendre, ne prenant pas de gant pour apposer sa désapprobation sur le payement qu’il trouvait selon lui injuste. La vie était injuste oui, le repas était devenu un payement, une réserve de moins à notre arsenal déjà bien pauvre. Réprimandé par mon père, il s’en était allé le premier non sans entendre les remerciements de l’homme qui acceptait néanmoins la bête créditant ainsi la dette occasionnée.

Notre départ était amorcé, d’ici quelques minutes, nous quitterions ce village où je venais de voir le jour, ce lieu où la faucheuse n’avait pas eu le dessus sur nous et avait dû changer ses plans. Tous les bambins ayant pris position dans la caravane dont la marche affreusement haute avait fait peiner à grimper les plus petits, Eveline monta à sa tour, aidée par son époux qui lui tint le bras. Le voyage allait être long, elle devait prendre soin de sa santé ainsi, des couvertures avaient été disposées avec soin sur le sol afin qu’elle puisse s’y allonger. Elle savait que cela avait été le travail de tous, le bienfait de ses enfants qu’elle chérissait tant et ainsi, elle embrassa tendrement les plus jeunes qui vinrent se blottir contre elle. Ouvrant les yeux après une sieste qu’elle avait pensé de courte durée, elle se redressa difficilement, ses mouvements étant toujours soumis à une légère douleur qu’elle s’efforçait à réprimer. Elle posa sa main sur la bâche permettant le contact avec l’extérieur de l’habitacle et l’écarta lentement sur le côté, regardant ainsi le soleil se coucher par delà les arbres qui demeuraient par millier sur ce chemin qu’ils empruntaient. Posant son regard sur mon visage dès lors illuminé par cette lumière faiblissant au déclin des minutes, elle décida enfin de me nommer, un nom qu’elle prononça comme la chose la plus douce au monde, Rosemonde. J’avais enfin une existence complète, je faisais dorénavant partie de cette famille tout comme les autres.


Chapitre  2  

« Henry, henry ! Elle est de nouveau fiévreuse ! »
Ces quelques mots retentirent bien des fois au grand damne de mes parents. Ils m’avaient moi à présent, une pauvre chose bien plus faible qu’elle n’aurait dû l’être. J’aurais préféré vous conter mes premiers éclats de rire mais la vérité était que j’étais bien trop malade pour ca. J’étais née avec une santé fragile comme on aurait pu s’en douter, en manque de vitamines et d’anticorps par le simple état dans lequel avait été plongée ma mère durant sa grossesse. Même ainsi, nous continuions notre voyage de village en village avec cet entrain qui ne faiblissait jamais. C’est dans cette situation que je grandis au milieu de frères et sœurs qui parfois n’étaient pas les miens, dans cette grande famille qui se serrait les coudes du mieux qu’elle le pouvait.

Bien souvent, lorsque mes parents étaient tous deux en spectacle, je ne pouvais vraiment compter que sur une personne, ma sœur Abygaelle et de ce fait, Gabriel son jumeau qui ne la quittait jamais. Les ainés de la famille avait a eux seul une existence qui nous dépassait, un monde à part où seuls les deux existaient. Je crois bien que parmi mes sept autres frères et sœurs, ce sont ceux qui ont le plus compté pour moi, ils étaient présents. Je me souviens avoir entendu qu’ils pratiquaient leur show ensemble dans un horaire qui arrivait à convenir à toute notre petite troupe, non, nous n’étions jamais seuls. Il nous fallait de l’argent, et c’est en arrivant à créer de nouveaux numéros que nous étions capables d’en obtenir suffisamment et ca, ils ne le savaient que trop bien. Par chance, je ne mangeais que très peu à cette époque la santé y aidant pour beaucoup, laissant ainsi le moyen à chacun de se satisfaire de nos maigres moyens. C’est dans cette ambiance que je prononçais mes premiers mots, fis enfin mes premiers pas et des dessins plus horribles les uns que les autres. Au fond, rien n’égalait la satisfaction que mes parents avaient de nous avoir tous autour d’eux, de nous voir ensemble. Mais était-ce vraiment si simple que ca ?

Plus les mois s’écoulaient et plus mon état de santé était incertain, rien ne présageait une brusque rechute. À l’âge de 4 ans, il semblait que j’étais devenue plus stable comme capable de mon fondre dans le monde extérieur, celui qui n’avait de cesse de vouloir m’attirer. Je n’avais pas eu l’occasion de sauter à tue tête, de courir dans la prairie avec William mon frère de 2 ans mon ainé et Jena, une petite rousse à peine plus âgé que lui … Je ne pouvais que passer mes journées au calme en évitant de m’exciter un maximum afin d’éviter à cette maudite fièvre d’avoir le dessus de nouveau. Mais à présent tout cela semblait finit, cela faisait plus d’un mois que je pouvais gambader librement, respirer à plein poumon et rire aux éclats, j’étais enfin libérée d’un poids qui m’empêchait de profiter de mes journées enfin, c’est ce que je pensais. Non, ce que nous pensions.

Cette journée là, nous étions partis pique-niquer sur le bord d’une vaste étendue d’eau, un petit lac où l’air ambiant était plus frais en cette saison d’été. Assise à l’ombre d’un arbre au feuillage épais, une couverture recouvrant le sol, ma mère nous regardait le regard attendrit, le sourire aux lèvres. Gabriel courait à la suite de William et Cassandre, Abygaelle, adossée contre un arbre voisin était plongée dans un de ses livres … au fond, chacun d’entre eux s’occupait à sa manière, seul manquait à l’appel Anthony qui tentait tant bien que mal de courtiser l’une des filles de notre cirque. Quant à moi, j’étais dans les bras de mon père, barbotant dans l’eau, les pieds s’agitant dans tous les sens, éclaboussant ainsi de loin des spectres imaginaires … Je ne pouvais toucher personne d’autre qu’Henry dont le visage se trempait à chaque fois d’avantage. Une demi-heure écoulée à me porter à bout de bras eu finalement raison de lui, nous retournâmes alors à terre. N’écoutant que mon envie insatiable de jouer, je retournais rapidement sur le bord où les fesses posées dans l’eau, je ramenais mes mains en une coupe avant de les poser dans le liquide et d’ensuite l’élancer dans les airs où il retomba bien vite en gouttelettes. Une pluie éphémère, voilà ce à quoi je pensais, rappelant ces gestes encore et encore jusqu’à en avoir assez.

Le soir tomba bien vite et avec lui une température inférieure à ce que nous avait offert cette journée des plus tranquille en famille. Je pense que chacun avait apprécié et profité du moment à sa façon et, c’est serein pour les uns et déçu pour les autres que nous plièrent bagage.  L’ombre de la nuit nous guettait petit à petit, gagnant de terrain en ce soleil couchant que l’on apercevait au loin. Nous marchions néanmoins lentement, longuement sur ce chemin doré par ces rayons colorés de fin de journée pour enfin apercevoir notre logement. La tête me tournait et je perdais pied, ne continuant d’avancer que machinalement, sans aucune volonté en vue de notre logis et tel un pantin dont coupe les ficelles, je tombais bientôt lourdement au sol. Des silhouettes floues vinrent planer à mes côtés, dangereuses et oppressantes alors que je peinais à garder les yeux ouverts et à me concentrer sur ce qu’il se passait. La tête embrumée, j’avais du mal à cerner les sons autour de moi. On me parlait, on m’appelait sans que je sache d’où provenait cette voix sur laquelle je ne pouvais mettre un visage. Alors que ces sons me semblaient de plus en plus lointains, mes yeux se fermèrent.

Cette fois-ci, mon état avait chuté sans crier gare et c’est d’avantage paniqué qu’à l’accoutumée que l’on alla quérir le médecin. Ma tête me lançait, j’étais faible à tel point que même tenter de me relever était un supplice à mes yeux, incapable d’effectuer ce mouvement comme clouée sur ce lit … La tête légèrement inclinée sur le côté, je vins bientôt posé mes yeux sur une lueur provenant d’un coin de la pièce sombre dans laquelle je demeurais. La porte bien qu’entre-ouverte n’empêchait en rien la lumière d’illuminer ne serait-ce que quelques mètres carrés alentour, me laissant émerger comme je le pouvais de mon sommeil forcé. Tâchant de me mettre sur mon flan droit, je fus secouée par une douleur au niveau de mon bras ce qui m’arracha un petit gémissement se couplant à des larmes nouvellement formées. Reprenant un tant soit peu mes esprits et décidant que me tourner n’était plus une option envisageable, je reportais mon attention sur les voix qui s’élevaient par delà les ombres et reconnu celle de ma mère.

« Qu’allons-nous faire ? Nous n’avons pas une telle somme d’argent. »
« Eve, nous n’avons pas le choix. Tu sais comme moi ce que ce traitement représente sans quoi son état se détériorera. »
« Pourquoi doit-on être les seuls à endurer ca ?! Avons-nous péchés ? Nos prières ne sont-elles pas assez fortes ? »
« On s’en sortira je te le promet. »

Ma mère, les larmes aux yeux ne pouvait plus que regarder pensivement ce sol dans lequel elle aurait aimé se terrer, elle qui m’avait mise au monde sans vraiment le vouloir, elle qui m’avait insufflé la vie, ne savait plus quoi penser pour remédier à cette situation. Elle m’aimait, moi la petite dernière, et comme pour  n’importe lequel de mes frères et sœurs, elle ne s’inquiétait que de me voir heureuse et en sécurité. Nous étions tout pour elle, une partie de son être qu’elle ne pouvait que chérir chaque jour un peu plus, laissant son cœur se gonfler d’amour à donner. Mais bien que le cœur soit grand et pur, il arrive des événements qu’il ne peut gérer à lui seul et où ces sentiments bienfaiteurs ne suffisent pas au bonheur. Eveline l’apprenait à ses dépends, sa foi ne pouvait l’aider à me guérir, ses mots ne pouvait l’aider à me donner ce qu’il me manquait, elle ne pouvait seule me mettre en sécurité et c’est, réalisant cela que ces larmes qu’elle réprimait coulèrent sans retenue le long de ses joues.

Henry lui avait donné sa parole, il lui avait promis bien que cela n’ait pas encore pris sens pour lui. Mon père ne savait pas plus qu’elle comment ils allaient survivre à cette situation. Le poids de la responsabilité était ce qu’il devait supporter maintenant plus que jamais, il se devait de trouver une solution à cette impasse. Si l’argent n’était pas un problème, les choses auraient été bien différentes que maintenant où ils peinaient à vivre correctement et à nourrir comme il se devait leurs dix enfants. Le regard dans le vague, il était sortit de l’habitacle devenu bien trop étouffant pour lui et s’avança de quelques pas dans la fraicheur de cette nuit dépourvue de lune. Il soupira bruyamment après s’être installé sur une bute de terre pour ensuite poser ses mains de chaque côté de sa tête formant ainsi un étau. Il ferma les yeux. Il fallait faire quelque chose, il devait faire quelque chose, sauver sa fille, redonner sourire à sa femme … tout cela lui semblait tellement difficile à réaliser.


Chapitre  3  

Les jours s’étaient écoulés à une vitesse folle, ne laissant guerre plus de poids aux heures que les secondes devenues bien trop volages et inutiles dans ce temps qui se déversait sans qu’on ne le demande. Il avait bien fallut qu’Henry trouve une solution et bien malheureusement celle-ci était d’autant moins appréciée que celles prises auparavant. Si Anthony mon frère ne m’aimait déjà que peu, la situation s’envenima lorsqu’il se trouva être la seule et unique source d’aide pour moi, et accessoirement mes parents. Il n’en revenait toujours pas d’avoir dû lui, trouver un boulot supplémentaire pour payer les traitements qui m’étaient destinés. C’était à présent devenu clair qu’il me détestait à chaque fois un peu plus qu’il posait les yeux sur moi, je n’étais que la pique-assiette, le poids que la famille n’arrivait pas à assumer et dont il n’avait pas besoin. Il était catégorique depuis le début, quand bien même ma mère tentait de lui faire comprendre le contraire.

Deux années de plus se succédèrent par la suite, insignifiantes et heureuses en ce qui me concernait. Mon état s’était stabilisé sans rechute quelle qu’elle soit, une vraie délivrance pour ceux qui m’avaient mis au monde et veillés sans cesse. Le temps passait si vite que j’en étais déjà à mon sixième anniversaire, j’étais toute excitée tout comme mes frères et sœurs les plus proches car aujourd’hui nous aurions du poulet à table ! Avec le peu de moyen dont nous disposions toujours, l’animal était un peu considéré comme un repas de fête que l’on servait pour chaque année de plus où nous avions la chance de respirer, la mienne ne faisant pas exception. Le poulet, j’en salivais déjà j’adorais ca ! Malheureusement, peut-être n’aurais-je pas dû aller dans la cuisine demander à ma mère d’en grignoter un morceau avant le repas alors que je l’aidais à disposer le couvert sur la nappe sortie expressément pour l’occasion. Une fois encore Anthony était passé par là a mauvais moment et pris de rage, il s’était mis à hurler des choses que je n’étais pas en âge de comprendre alors qu’il me pointait du doigts sous les supplications de ma mère. Lorsque mon père vint s’en mêler, il décida simplement de partir emmenant un bagage qu’il semblait avoir préparé à l’avance.

Le diner s’était déroulé dans un silence glacial où personne ne manque un regard vers le siège dorénavant vide de toute présence. Mon anniversaire venait de sonner le début de la fin sans que je ne le sache. L’attention qui se déversait par la suite sur moi me donnait des sueurs froides et j’en avais presque envie de pleurer quand, à peine le petit doigt levé, les regards se faisaient plus insistants me signifiant de rester à ma place. Dès que mes yeux se levèrent sur Eveline, celle-ci baissa la tête en une attitude déchirante. Ils ne roulaient pas sur l’or et se tuaient à la tâche alors qu’ils devaient continuer le traitement de leur petite dernière tandis que l’un de leur enfant était partit de la maison. C’était le pire scénario qu’ils pouvaient avoir et pourtant, c’était celui qui se déroulait pour l’instant.

« Elle pourra manger sa part maintenant, c’est déjà ce qu’elle faisait en partie non ? »

Je savais que l’on parlait de moi, rien que pour toute l’attention qu’il y avait de nouveau sur moi suite à ces mots. Maxime et Anthony étaient les plus âgés et à présent que son binôme n’était plus, il se déliait la langue jusque là retenue captive. Mon père se leva, se déplaçant jusqu’à sa hauteur avant de lui asséner une claque bien méritée. Conclusion des courses, il quitta la table pour sa chambre le regard haineux tandis que ma mère se levait pour aller pleurer ailleurs. Qu’allaient-ils bien pouvoir faire maintenant ? Eveline n’en avait pas la réponse et se sentait encore plus impuissante qu’auparavant, cette fois il n’y avait plus de solution …

Quelques jours plus tard, elle s’absenta avant que nous quittions cette ville pour une autre et lorsqu’elle revint, c’était le regard vide, les bras serrés contre un coli qu’elle se refusait de lâcher. Ainsi commença ce nouveau départ pour une destination encore différente des précédentes en vue de faire partager leur art et la prospérité du cirque. Une nouvelle route, un nouveau chemin sur lequel ils avançaient doucement jusqu’à la tombée de la nuit. Le ciel noir donnait une aura inquiétante à cette forêt qu’ils étaient entrain de traverser, pourtant ils s’y arrêtèrent lorsqu’ils furent certains que chaque des enfants avaient été emportés dans les bras de Morphée. Dès lors revenue à l’arrière, Eveline posa sa main sur ma joue et se mit à trembler avant l’arrivée d’Henry dans son dos, le fameux paquet entre les mains.

« Tu es certaine de vouloir faire ca ? »
« Nous n’avons pas d’autre solution … Elle sera bien mieux où elle ira. »

Sa phrase ainsi terminée, elle ouvrit la boite de laquelle elle en sorti une fiole au liquide curieusement violacé avant de la déboucher. Ma tête à présent dans ses bras, elle me fit boire le contenu en tâchant que je me rendorme rapidement. Ses larmes coulèrent sans s’arrêter, noyant ma joue tout en m’enveloppant dans une couverture qu’Henry attrapa précautionneusement avant de déposer dehors et de reprendre la route. J’étais laissée là sur un tapis de feuilles mortes, à la merci de toutes sortes de danger tandis que ma famille reprit sa route les sanglots étouffants leur cœur. Je ne le savais pas encore, mais c’était la dernière fois que je les voyais …

Lorsque je me réveillais le lendemain, je criais prise de panique les pleurs ne s’arrêtant pas. J’étais seule et je ne savais pas où j’étais, la seule chose qui me restait, c’était cette couverture dans laquelle je me réfugiais bientôt, les genoux contre ma poitrine. Mes cheveux étaient devenu roses, je ne le remarquais que maintenant et je n’en savais pas la cause. J’étais effrayée mais la vérité dont je n’aurai jamais conscience c’est que cette potion était censée me tuer sans douleur et qu’à la place j’étais vivante, abandonnée avec des cheveux couleurs bonbons. En revanche j’appris une chose, la vie n’est jamais juste.


Chapitre  4  

Dans cette forêt, j’étais seule et perdue et je pense que je suis restée là longtemps avant de me décidé à avancer, traînant à ma suite ma couverture qui se couvrait peu à peu de feuilles et de saletés. La nuit était tombée de nouveau, rapidement et c’est en pleurant que je m’étais endormie contre un arbre imposant que je pensais pouvoir me protéger. C’était si naïf mais au fond, je n’avais plus que ca pour me réconforter et me dire que tout irait bien, mes prières furent exhaussées trois jours plus tard. Aux premières lueurs du soleil, celles là même qui ne contre pas la rosée installée, quelqu’un était apparut. La charrette fourrée de foin, une petite dame, d’un certain âge déjà, était descendue de son pied d’estal pour s’approcher de ma petite carcasse encore endormie avec une douceur que je ne pensais plus possible. Je ne sais pas si c’était par pitié ou par compassion mais ce jour, là elle m’avait prise avec elle, déposant mon petit corps gelé dans cet amas jaunâtre avant de reprendre la route. Ma nouvelle vie venait de commencer.

Constance était le nom de ma bienfaitrice et pour les prochaines années, celui de celle que j’allais considérer comme ma mère. Ce n’était certainement pas juste pour ma génitrice pourtant, j’avais le droit d’avoir cet amour et cette reconnaissance envers quelqu’un alors que j’avais été laissée pour morte. Ainsi, j’évoluais désormais aux côtés de cette femme qui avait décidé de m’élever comme sa propre fille. Nous avions toutes les deux besoins l’une de l’autre et nous nous comprenions. J’étais dorénavant passée d’une fille de cirque à celle de ferme et la transition ne me posait aucun problème bien qu’il est vrai que ca n’ait pas été facile les premiers jours.

Bizarrement, depuis ce jour fatidique, je n’ai plus fait de rechute et je ne m’en portais pas plus mal. Peut-être était-ce cette potion que je ne me souvenais pas avoir ingurgité mais ma vie était désormais plus libre que jamais. Je restais tout de même faible, présentant rapidement quelques soucis respiratoires, toutefois rien qui puisse être comparable à ce que j’avais pu connaître, rien n’était plus insurmontable. Même mes cheveux à la couleur atypique ne posaient pas de problèmes, je n’avais besoin de m’inquiéter de rien à part mon propre bonheur désormais.

C’est ainsi que plus tard, mes années sottes de l’adolescence étant passées, que je rencontrais Léandre. Un seul coup d’œil m’avait suffit pour être complètement sous son charme alors qu’il ne devait probablement pas savoir que j’existais. Je le voyais traverser la route devant notre ferme, accompagné de bien trop de gens et de chevaux blancs. Ca n’arrivait pas beaucoup par chez nous alors c’est tout naturellement que Constance et moi nous étions arrêtées pour observer cet étrange cortège. Il était beau, il avait de la prestance tout en semblant resplendir de toute part comme si les rayons du soleil ne pouvait pas toucher sa peau, mais je ne pouvais que l’observer de loin. Après tout, lui était un marquis et moi … une pauvre fille de ferme, nous n’évoluerions jamais dans le même monde. Dès qu’il fut hors de portée, j’essayais dès lors de chasser ce sourire et ces cheveux blonds de mon esprit cependant, je m’en retrouvais bien incapable. C’était stupide.

Le cœur douloureux, je vaguais de nouveau à mes occupations, essayant de me vider la tête sans pour autant y arriver, mon regard se fixant régulièrement sur cette propriété surplombant notre propre maison. Je devais me faire une raison mais c’était bien trop compliqué … Pourtant, un jour alors que j’étais partie faire des livraisons au village qu’elle ne fut pas ma surprise de le croiser là, descendant la rue principal en saluant les villageois. C’était étonnant et même inespéré ! Alors n’écoutant que le courage que je n’avais pas, je passais dès lors à côté sans m’arrêter, me faufilant dans la foule afin de fuir. C’était la solution à laquelle j’étais arrivée en l’espace d’un instant puisque ce ne serait jamais comme je l’espère.

Par la suite, Constance qui n’avait rien manqué de mon comportement depuis le début, remarqua un détail plutôt intriguant se dessinant sous les traits d’un jeune homme venant régulièrement observer les alentours alors que je n’en savais rien. Elle garda cela pour elle jusqu’à être certaine de ce qui se tramait et dans le plus grand silence, lança son plan telle la bonne personne qu’elle était. Le jour de la fête du village, se trouva être l’occasion rêvée pour exécuter ce qu’elle avait en tête ! Préparant les feux d’artifices à la manière de véritable artificières, nous profitions des heures précédentes la soirée afin de terminer les préparatifs comme le reste du village. Je ne sais pas d’où provenait l’aptitude de ma mère pour les poudres mais je devais avouer qu’elle faisait ca bien. Depuis l’enfance, je la regardais avec admiration et ce, même quand elle me transmettait son art comme seule héritière. Je pourrais faire des explosifs si je le voulais ! J’en rigolais tellement tout cela semblait ridicule et pourtant, ca allait être un des talents principaux de ma vie.
La nuit enfin tombée, nous lancions ces lumières multicolores dans le ciel, telles des magiciennes tordant les rayons de lune dans un concert de couleur. J’adorais réellement ce spectacle qui s’offrait à nous tous les ans et dont, nous étions les détentrices du secret. Au beau milieu des lancés, Constance me chargea de rentrer à la ferme sous un prétexte que je ne compris pas de suite, elle semblait avoir oublié quelque chose, elle qui n’oubliait jamais rien … Je devais me douter que quelque chose ne tournait pas rond et pourtant je m’étais contentée de l’écouter, refaisant le chemin en sens inverse quittant le centre du village pour rentrer. Je ne m’attendais pas à percuter quelqu’un sur le coin d’une rue et d’en trébucher à m’en faire mal la cheville.

La douleur s’estompa rapidement, laissant place à la stupeur de le voir lui. Même vêtu des vêtements du peuple, il n’en restait pas moins reconnaissable si bien que j’en rougis sans m’en rendre compte.

« Mon Dieu vous n’avez rien ? Je suis terriblement confus. »
« Et moi donc, je suis désolée. »

A ces mots, il tendit une main dans ma direction que j’attrapais sans me poser de question avant que la douleur ne surgisse d’un coup me faisant perdre l’équilibre. Je m’attendais à retomber sur le pavé cependant, je me retrouvais bien vite contre lui, à quelques centimètres à peine de son visage et là je remarquais que nous rougissions tous les deux. Décidant de commun accord qu’il valait mieux discuter plus loin, Léandre m’aida à me déplacer, nous éloignant d’avantage du village jusqu’à l’arrière de notre ferme. Le voyage avait été silencieux et étrange mais à présent voila qui nous étions assis l’un en face de l’autre caché du monde et contre toute attente, c’est lui qui avait commencé la discussion.

J’étais indéniablement sous son charme buvant l’intégralité de ses paroles, ne souhaitant pas que le temps s’arrête. Je me perdais dans ses yeux d’émeraude en lui répondant et aussi bizarre que cela puisse paraître, nous enchainions les sujets et je parvenais à rigoler. Nous avons continué comme cela jusque tard dans la nuit avant qu’il ne se décide à rentrer non sans un « je reviendrai » dont le clin d’œil finissait la phrase. Il était venu en catimini, nous nous étions percutés et nous avions beaucoup parlés. Je ne sais pas pourquoi c’était tombé sur moi mais je n’en étais pas moins heureuse. C’était le début de beaucoup de choses.


Chapitre  5  

Cela s’était fait naturellement, presque comme si nous étions destinés à nous rencontrer et à être ensemble, c’est ce que je commençais à me dire au plus le temps passait. J’avais un peu de mal avec la foi depuis mon enfance mais cette idée me réconfortait dans le fait que peut-être il y avait quelque chose là haut et que chaque chose de ce monde n’arrivait pas sans raison. Peut-être pouvais-je espérer que mon périple de la petite enfance se retrouve noyé dans les flots d’un bonheur qui me serait dû. J’essayais vraiment d’y croire, j’avais besoin d’y croire …

Ainsi, nos rencontres se succédèrent dans le plus grand secret auquel seul dérogeait ma mère qui n’était pas dupe. Elle se réjouissait pour moi, et j’étais de fait heureuse de me sentir soutenue dans cette histoire aux airs de contes de fées. Rosemonde et le prince … C’était un peu comme ca que je voyais la situation, lui, beau, fortuné et attentionné venant soustraire la pauvre petite fille de ferme à son passé déplorable. C’était vraiment trop beau pour être vrai et pourtant, l’idylle se poursuivit durant des mois comme s’il en avait toujours été ainsi.

Pourtant, tout ceci ne restait qu’une liaison dangereuse liant la peur d’être découvert à l’ivresse de l’interdit. Je pense que nous y trouvions tous les deux notre compte et chaque fois que nous manquions d’être découvert, nous partions en fou rire interminable comme seul remède à ces montées subites d’adrénaline. C’était lui, c’était moi, c’était nous tout simplement et je tombais d’avantage amoureuse que je ne l’aurais jamais imaginé.

Un jour, ce qui devait découler de nos entrevues secrètes arriva et c’est à l’aube de mes vingt ans que tout changea pour moi. Je commençais à me sentir nauséeuse, les odeurs me rendant malade et depuis peu, je n’étais plus femme chaque mois… Je devais me rendre à l’évidence que j’étais tombée enceinte pourtant, alors que n’importe qui aurait été heureux de cette nouvelle, je fondis en larmes. J’avais envie de cet enfant, c’était le mien, le notre cependant, étais-je seulement prête à assumer cette situation et à lui annoncer l’irréparable ? Ses parents n’étaient pas même au courant de notre relation de plus, je n’étais qu’une fille de ferme … Je savais déjà qu’à leurs yeux c’était absolument inacceptable et lui ? Je ne savais pas. L’espace d’un instant j’étais perdue, confrontée entre le mensonge qu’il n’y avait rien et la vérité qui le ferait fuir sans nulle autre forme de procès. J’avais peur.

Ma solution à ce problème fut dès lors le déni, il n’y avait rien et tout allait très bien pourtant avec mes sautes d’humeurs et ce ventre qui grossissait petit à petit, il devenait difficile de cacher la vérité. C’est comme cela que Léandre, trop curieux pour son propre bien, découvrit le pot aux roses me demandant ce qu’il se passait comme pour confirmer ce qu’il se passait. Ma réaction ne se fit pas attendre et les larmes aux yeux j’étais déjà prête à m’éloigner en courant, l’angoisse de cet instant me rongeant désormais plus qu’autre chose. Je ne voulais pas entendre ce qu’il avait à dire, je ne voulais pas être confrontée à son regard, je préférais partir afin d’échapper à cela. Pourtant, ce que je n’avais pas imaginé se produisit et il m’attrapa le bras avant que je n’aille plus loin.

« Où comptes-tu t’enfuir comme ca ? »

Incapable de répondre, prise de panique je ne pus que le regarder les yeux brillants, suppliant de me laisser partir. Je ne pouvais pas affronter cette situation.

« J-Je … »

Je ne pouvais que bredouiller des mots, les lèvres tremblantes alors que mon envie de partir était toujours présente. Puis soudain, tout changea.

« Que les choses soient claires Rose, je ne te laisserai aller nulle part, jamais. »

Et à ces mots, à la place de me lâcher et de me laisser parti pour qu’il vive sa vie comme si je n’avais existé qu’en rêve, il s’agenouilla en me tenant la main pour me faire la demande que j’aurai pû oser imaginer un jour.

« Veux-tu me faire l’honneur de devenir ma femme ? »

Je le regardais, lui attendant une réponse franche à sa question pour laquelle il se mettait à nu. Je fondis en larmes dans ses bras comme seul acquiescement, mouillant sa chemise telle une enfant que j’étais certainement encore au fond de moi. Mais à partir de cet instant, je savais que j’allais être forte ! Et sous cette lune, seule témoin de notre engagement, je promettais de prendre en charge mon destin et de tout faire pour eux deux.

Après cette déclaration, les mois passaient et je craignais que tout ne s’effondre, j’avais un mauvais pressentiment. Léandre n’avait toujours pas mis sa mère au courant et maintenant, plus personne ne pouvait ne serait-ce que feindre ne pas savoir que j’étais enceinte ! Je ne savais pas combien de temps il me restait exactement mais tout est-il que j’avais bien du mal à me déplacer et que les douleurs se faisaient de plus en plus présentes, c’était épouvantable ! Et dans ces moments, la seule chose qui me rassurait, c’était l’idée de bientôt avoir mon bébé entre les bras aux côtés de son père, chose que Constance malheureusement était moins certaine que moi. J’étais trop idéaliste je crois…

Léandre ne se décida à parler à sa mère que lorsque notre enfant vit le jour, un petit garçon blond magnifique que je décidais sur le coup d’appeler Alphonse. L’idée semblait plaire aussi à mon fiancé, ainsi nous étions d’accord tous les deux. Nous avions un enfant et nous n’étions pas marié … le déshonneur était sur nos famille, on ne pouvait pas le cacher. Je n’avais jamais donné l’identité du père ainsi dans le village j’étais devenue à peu de chose près la putain de la ferme, la fille de mauvaise vie … mais tout cela allait changer pas vrai ? Mais dès que je ne la regardais pas, Constance essuyait les larmes qui venaient perler le coin de ses yeux. Ce n’était pas fini.

Comme on aurait dû s’y attendre, la marquise fut folle de rage en entendant la décision de son fils et les récents événements pour lesquels faire marche arrière était chose impossible. Alors dans une ultime ode à la noirceur de sa position, celle-ci décida d’essayer d’enlever mon enfant … plus de bébé, plus de preuve était là la logique insensée de cette femme pour qui l’argent régissait la vie. Ce soir-là, nous étions tous endormis dans notre logis, tous excepté moi qui avais du mal à trouver le sommeil une fois Alphonse recouché … je peinais à retrouver les bras de Morphée, sans doute ce qui m’a sauvé. J’entendis des bruits de pas alors qu’aucune lumière ne venait à s’allumer, ce n’était pas l’habitude de Constance alors, sans un mot, je restais attentive à ce qu’il se passait pourtant, cela ne m’empêcha pas de réagir trop tard. Un instant mon enfant pleurait, un instant il n’était plus là.
Je n’ai pas cherché à comprendre et dans une folie que j’eu du mal à expliquer, je me suis surprise à sauter par la fenêtre, chandelier à la main pour récupérer mon bébé. Pieds nus et vêtue d’une simple robe de chambre, je m’étais mise à courir plus vite que ce que je pensais possible jusqu’à atteindre le ravisseur.

« Imbécile, ce n’était pas prévu dans le plan ! »

L’homme s’était adressé à un autre qui venait d’envoyer une torche à l’intérieur de ma maison qui s’était mise à flamber presque aussitôt. L’homme restait figé sur le spectacle c’est le moment que je choisi pour lui asséner un coup de pied bien placé avant de le frapper à la tête avec ce que je tenais. Malheureusement ce n’était pas suffisant et bébé entre les mains, je me suis fait battre. La chance fut avec moi quand à mes côtés j’aperçu une pierre, une simple pierre que j’agrippais fermement dans ma main avant de l’écraser sur la tempe de l’homme qui s’effondra sur le sol. Je ne savais pas s’il était vivant mais il fallait que je fuie en direction du village, hurlant à qui voulait l’entendre, je réveillais à tour de rôle chaque personne afin que ces hommes ne me suivent pas et bien sûr à terme, cela s’avéra plutôt dissuasif.

Ils ne me suivaient plus, mais je continuais à en perdre haleine, fuyant ce village comme si tout ceci n’était qu’un immense cauchemar dont la noirceur s’étendait au rythme des flammes dans le ciel. Je le savais, Constance ne reviendrait plus jamais et si je restais ici, mon fils et ma vie ne seraient plus qu’un lointain souvenir. Je déchirais un pan de mes maigres habits et en enroula mon enfant qui hurlait, je n’avais d’autres choix que de fuir, quant bien même cela me faisait souffrir.


Chapitre  6  

J’ai continué à courir et à m’éloigner de mon village dans la peur de cette femme qui avait en l’espace d’une nuit, ruiné ce qu’avais réussi à construire jusqu’à maintenant. Etais-je réellement destinée à recommencer encore et encore des efforts afin de me forger une vie qui me conviendrait ? Je n’avais pas pêché, je n’avais fait que tomber amoureuse de quelqu’un qui m’aimait en retour. Était-ce trop demandé qu’avoir un peu de chance ici bas ? Pourquoi devais-je simplement endurer ces épreuves, mes efforts n’étaient pas assez étincelants que pour que « le » faire changer d’avis. Que voulait-« il » que je fasse ? J’étais perdue et en colère.

Sur mon chemin je ne trouvais que pierre et gravas alors que je continuais de m’écorcher les pieds sans but à atteindre. Il n’y avait rien devant, pas un village, pas de rivière, rien de plus que ce chemin que je suivais interminablement depuis trois jours. J’étais fatiguée, et Alphonse n’arrêtait pas de pleurer, j’étais à bout de force autant mentalement  que physiquement.

Ma route se scinda en deux me laissant la chance de passer par un sentier boiser que je décidais d’emprunter afin d’échapper un peu à la chaleur et au soleil se faisant de plus en plus oppressant. Plus j’avançais sur celui-ci, plus une impression désagréable me prenait à la gorge telle une sensation de déjà vu. Malheureusement, je ne saurai jamais que c’est là que Constance m’avait trouvé et que c’était sur ce même chemin que l’on m’avait abandonné laissé pour morte. Le destin avait un curieux sens de l’humeur que j’étais heureuse de ne pas connaître. Sans le savoir j’étais retournée sur mes pas à quelques années d’écarts ou tout du moins, c’était le cas jusqu’à revoir cet arbre creux, berceau d’une histoire qui me hantait enfant. Je connaissais cet arbre et cet agencement de feuillages que pour m’y être déjà réfugiée.

Instantanément, je fus prise d’un fou rire, nerveux et pénible brisant les dernières barrières qu’il me restait jusque là. je me mis à crier toute seule en regardant le ciel telle une cinglée qui n’apparaissait pas encore dans mes qualificatifs. Je hurlais en réclamant une réponse à toute cette mascarade alors que les larmes coulaient le long de mes joues en me piquant les yeux. C’était une blague de très mauvais goût du ciel.

« Mais qu’est-ce que je t’ai fais ? »  « Qu’est-ce que tu veux que je fasse ? » « Pourquoi moi ? »

Et je continuais d’interroger le ciel dans une haine qui me laissait un arrière goût d’inachevé. J’avais craqué, qui pourrais m’en vouloir au fond ? Deux épreuves n’étaient pas suffisantes pour montrer ma valeur, alors qu’est-ce qui en avait ? Je me noyais dans mes idées noires et mes interrogations farfelues jusqu’à en perdre le contrôle, ma vue devint floue, se couvrant d’un rideau de poussière alors que je m’écroulais sur le sol. Je n’étais plus là.
Je ne sais pas combien de temps s’était écoulé depuis ma chute mais bientôt j’entendis le bruit particulier de sabots galopant dans ma direction, me sortant de mon sommeil éphémère. J’étais incapable de bouger, la seule chose dont j’étais encore en position de faire était ramener mon enfant d’avantage contre moi alors que le cortège de fracas s’arrêtait à côté de nous. Je crois que j’étais au milieu du chemin vu les agacements que je pouvais percevoir et qui parvenait même à faire sortir l’invité de marque à descendre de son carrosse.

Je me suis retrouvée bien bête et gênée lorsque je me rendis compte qu’il s’agissait là du roi … Il posa son regard sur moi alors que je serrai d’autant plus mon bébé dans mes bras.

« Faite-la monter »
« Mon roi, que dites vous là. Une pauvre ?  »
« Vous ne vous rendez pas compte, pour quelqu’un de votre rang … »

Oui je n’étais qu’une pauvre je l’avais entendu des dizaines de fois déjà, ce n’était pas nouveau pour moi, en revanche que quelqu’un prenne part à mon cas en était autrement. En plein scandale, il restait maître de lui-même.

« Je ne vous demande pas votre avis ! »

La dernière chose dont je me souvienne c’est que l’on m’aida à me lever avant que je ne m’effondre dans l’habitacle. Je me réveillais ainsi bien plus tard aux portes d’un château, le château où l’on m’indiqua une chambre presque aussi grande que la fermette dans laquelle j’avais grandit. J’étais déboussolée et la situation ne s’améliora pas lorsque le roi lui-même ordonna que l’on me fasse présentable et que l’on s’occupe de mon enfant. Ainsi je me retrouvais avec plusieurs domestiques attelées à la tâche de me laver, récurer, soigner et habiller non sans un petit commentaire dont elles avaient le secret entres elles.

Je ne savais pas ce que je faisais là mais une fois préparée, plutôt que de pouvoir prendre mon enfant, on m’entraina en entretien avec le roi, une rencontre où seuls nous deux étions présents. Je voulais fuir une fois de plus mais un seul mot m’en dissuada.

« Je besoin de personne aux châteaux qui puissent mener à bien certaines tâches pour moi dans le plus grand secret. Si vous comprenez bien ce que je vous dis, vous serez assurée de rester ici vous, et votre enfant. »

J’acquiesçais en silence, trop abasourdie par tous ces événements qui s’étaient succédés mais je savais que cette simple proposition allait régir la suite de mon existence. Nous avons discuté rapidement à la suite histoire que nous étions bien sur la même longueur d’onde c’est ainsi qu’il en ressortit ce que j’étais désormais.

J’étais dorénavant Eiffel Rosemonde, artificière de sa majesté et officieusement espionne et assassin à sa solde.
Questionnaire

ÊTES-VOUS AU COURANT DE L'EXISTENCE DES VAMPIRES ET LYCANS? ─ Nope au courant de rien, je suis pure et innocente !
QUE PENSEZ-VOUS DES LYCANS/VAMPIRES ─ Ce sont de belles histoires pour les enfants, rien de plus.
ÊTES VOUS SATISFAIT(E) DE VOTRE VIE ACTUELLE? ─ Tant que mon fils est en sécurité oui, on peut dire ca.
SI NON, QUE VOUDRIEZ-VOUS CHANGER? ─ Si je pouvais éviter de m'occuper de certaines personnes ce ne serait pas du luxe parfois.
VOTRE POINT DE VUE SUR LE MONDE CONNU? ─ Le monde part en vrille mais encore fort heureusement, il existe des gens comme le Roi. Une certaine confiance mutuelle en ce monde où la confiance et le bonheur ne sont que de belles chimères pour la plupart des gens.

Joueur

PSEUDO ─ Lily
ÂGE ─ Entre 0 et 99 go :3
SEXEPas devant les enfants Féminin
LA COULEUR DE TON PYJAMA ─ J'en ai pas ?
Bon d'accord il est gris


Dernière édition par Rosemonde Eiffel le Mar 23 Mai - 21:45, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: La vengeance des uns est la mort des autres || Rosemonde   Lun 10 Avr - 12:40

Mwéhéhééh welcome here ♥
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MessageSujet: Re: La vengeance des uns est la mort des autres || Rosemonde   Mar 23 Mai - 21:49

••• Bienvenue parmi nous


Une très belle fiche, bien structurée & rédigée! Félicitation à toi & encore bienvenue parmi nous! Te voici validée! ♥

Le test d'entrée passé, te voilà désormais un NOBLE HUMAINE.
Tu peux dés à présent aller recenser ton avatar, chercher des partenaires de rp et poster une fiches récapitulative de tes relations que nous te conseillons d'aller consulter pour une intégration rapide.

N'hésites pas, également, à apporter ta pierre à l'édifice d'Ex-Cathedra, nous comptons sur toi. Bon séjour parmi nous et n'hésite pas à nous solliciter si le besoin en est.
Mezariel.
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MessageSujet: Re: La vengeance des uns est la mort des autres || Rosemonde   

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La vengeance des uns est la mort des autres || Rosemonde
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