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  Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie.

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Infant

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MessageSujet: Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie.   Sam 7 Jan - 23:39


Une berceuse. Un véritable art musical dont la seule raison d’être est de faire trouver le sommeil, aux enfants principalement. Lizbeth n’avait jamais vu en ces douceurs pour l’ouïe utilité quelconque. Nul besoin d’entendre tel enchantement pour lui faire trouver les bras de Morphée. Toujours elle s’était accommodée du silence, où des signes de vie auditifs de son environnement, alors que peu à peu elle sombrait dans ce monde où tout est possible qu’est le Songe. Là encore était un point sur lequel elle n’avait jamais été difficile. Quémander de l’aide à une musique pour trouver le sommeil ? Cette entité venait d’elle-même la trouver chaque nuit, comme un fidèle amant ne pouvant se passer de sa douce. Bien loin donc d’elle l’idée d’avoir recours à tel enchantement, ou de considéré quelques sons de cette façon. Pourtant c’était différent désormais. Tout était différent. Avant tout, sa vie était différente.

Auparavant, jamais au grand jamais elle n’eut d’insomnies de ce genre. Son âme n’est point pourtant de celles qui n’ont connus ni méfait à supporter ni remords, ni peines. Bien avant l’immense chagrin, engendré par la mort de Joseph, elle dû supporter la nouvelle de ne pas être humaine, ou partiellement seulement.  Et si c’était là une bien dure réalité à accepter pour un enfant, apprendre qu’il était vital qu’elle se nourrisse du sang d’autrui ne fît qu’enfoncer davantage un enfant encore pur dans sa décadence vers l’être de la nuit –et donc une créature du Démon.  L’enfonçant encore plus dans les abîmes d’une certaine décente aux enfers –qu’elle soit proche ou lointaine- s’y étaient ajoutés certains crimes qui l’auraient envoyée en prison –où même à la potence, le Roi semblant avoir comme activité favorite de mettre ses sujets dans les bras de la Faucheuse- s’ils se trouvaient être un jour découverts.

Prendre des vies en même temps qu’un surplus de liquide de vie, par pur acte de maladresse, l’avait après tout assez marquée au départ. D’abord un être de la nuit, puis un assassin. Il était certain que malgré les activités auxquelles s’adonnait sa mère avant de rencontrer Joseph, elle n’avait aucune chance de se retrouver à côtoyer les anges lorsqu’enfin la Faucheuse viendrait frapper à sa porte. Il n’était d’ailleurs pas sûr que malgré les années passées à l’église, Elizabeth ait elle-même pu rejoindre les Cieux. Ses derniers instants n’avaient après tout pas étés vécus en tant qu’humaine. De plus, l’Eglise était peut-être ce pourquoi elle avait tant donné toutes ces années, mais un point non négligeable se trouvait dans la traitrise qu’elle avait appliquée contre ce Symbole en la quittant pour fonder une famille. Pourtant, Lizbeth s’était toujours demandée si tel acte serait vraiment puni. Après tout n’y a-t-il pas plus belle chose au monde de d’avoir un enfant ? L’acte en soi n’avait rien d’un pêché.

Contrairement à des meurtres. Des meurtres commis en connaissance de cause. Sans la moindre once de pitié, bien qu’il est impossible d’en dire de même pour les remords. Prendre la vie de ses amis, et celle d’un garçon qu’elle appréciait à l’époque où l’enfance dominait encore grandement ses façons de faire, de songer, est bien loin d’être aussi anodin que les « erreurs » de sa génitrice. Pour sa défense il pourrait être dit que le luxe de pouvoir avoir le choix ne lui était pas accordé. Bien que ce ne fût pas entièrement faux, ce ne fût pas entièrement vrai non plus. Il est une évidence que sa nature ne doit pas être découverte. Or, ils étaient au courant. Son acte n’était justifié que par cela, dès lors la question ne se posait plus. Il est des choses dont les hommes doivent restés dans l’ignorance. L’existence de tels être en fait partie. Sa part de faute, néanmoins, résidait bel et bien quelque part puisqu’ils avaient tous étés mis indirectement au courant par sa seule et unique personne…Sauf ce garçon à qui elle en avait parlé d’elle-même.

Ce fût le battement d’ailes de ce papillon qui déclencha une véritable tornade dans sa vie. Au courant, il l’avait haïe, traitée de monstre. Sans doute avait-il été en avertir ses amis par la suite…Fort heureusement il n’eut, semble-t-il, pas le temps de prévenir autre tierce personne. Du moins c’était là une supposition de Joseph puisque tout redevins comme avant par la suite…Hormis qu’à présent Lizbteh se trouvait dans une solitude quasi-parfaite. Pourtant la tristesse et les remords n’avaient pas su la priver de ce si précieux sommeil comme c’est actuellement le cas.

A croire qu’il n’est que la perte de son père qui a su réellement la toucher. Depuis la fatigue s’entassait en elle alors que les aiguilles visitaient et revisitaient chaque nombre de leurs horloges respectives. Inéluctablement, plus le temps passait, plus la fatigue se faisait sentir. Sans jamais pourtant avoir été assez importante pour conduire la belle dans les bras de Morphée. Elle voulait dormir, elle le voulait vraiment. Cette faiblesse lui était d’une part désagréable et d’autre part lorsqu’un besoin de sang se ferais ressentir elle aurait bien du mal à trouver une gorge à mordre…Peut-on mourir de sommeil ? Peut-être était-ce là un signe que son corps voulait rejoindre Joseph ? Seulement elle, elle était bien loin d’être d’accord avec pareille chose…

Il est des choses qui ne s’expliquent pas, qu’il nous est impossible de comprendre tant elles nous semblent irréalistes, ou encore stupides. D’autres que l’on ne veut pas expliquer…

Voilà bien une heure qu’elle était de retour de cette réception à laquelle elle avait dû participer plus par devoir que par envie. Depuis, elle s’était changée, et mise au lit, resongeant aux évènements. Et plus précisément à cette rencontre avec le Marquis De SainLouis. Rencontre assez…inattendue. Elle ne s’était en aucun cas attendue à faire une rencontre de ce type au sein du château…Un Lycan. Ou demi-Lycan, plus précisément. Une part de lui était comme elle, comme une part de lui était différente. Même au-delà. Ils partageaient le point commun d’être à moitié humain, moitié autre chose. L’autre nature qui l’animait, c’était d’être une vampire, lui était à moitié loup. A moitié similaires, à moitié ennemis dans les gênes. Pourtant elle ne le détestait pas…Mais elle n’était pas neutre à son sujet non plus. Etrange sensation. Voilà des années qu’elle n’avait ressenti quoi que ce soit envers quelqu’un…Et la dernière fois elle n’était rien d’autre qu’une gamine qui ne savait encore rien de la vie.

Bien sûr, elle n’aimait pas ce Marquis. C’aurait été stupide de penser de la sorte. Mais peut-être…Etait-ce un début d’affection ? L’idée l’effrayait un peu…Comment se comporter avec ce genre de personne ? Elle l’ignorait très franchement. Elle lâcha un soupire. Non pas de lassitude, mais –et elle en fût la première surprise- de bien-être. Quoi qu’elle puisse en dire, cette rencontre l’avait quelque peu…Apaisée de sa peine. Silencieusement, c’est en son être intérieur qu’elle le remercia pour tel prouesse et clôt ses paupières. Au dehors, le son de la pluie lui apparaissait comme le doux son de cette berceuse dont jamais elle n’avait eu besoin par le passé. Et, peut-être un peu grâce à ce Mezariel, enfin elle avait réussi à trouver ce sommeil qui lui manquait tant. Une nuit douce, tranquille et sans rêve. Ironiquement, tout ce dont elle rêvait depuis la mise à mort de l’être qui lui était le plus cher.

Les rayons du soleil vinrent caresser son doux visage le lendemain pour la sortir de saint monde un peu trop tôt à son gout. Encore fatiguée, elle quitta néanmoins ses draps pour contempler les jardins à sa fenêtre. La pluie avait peut-être cessée, mais là-haut résidaient encore en maitre les nuages gris. Il ne fit donc nul doute à ses yeux que ce n’était qu’une question de temps pour que les larmes du Ciel se remettent à tomber sur le royaume. En somme, une journée idéale pour rester dans ses appartements et se plonger toute entière dans un ouvrage…Soit très honnêtement la seule chose qu’elle faisait depuis le jour fatidique de la mort de son père, ses obligations mises à part. Cependant, en accord avec la façon dont elle avait été élevée, elle ne pouvait se résoudre à s’adonner à son activité favorite dans cet état.

Ainsi elle s’était doucement glissée dans sa douche, et avait passé le temps nécessaire à se refaire un air présentable –ce qui chez elle revenait à dire qu’elle s’était donc refaite une beauté. Elle avait enfilée l’une de ses plus jolies robes, dans des tons bleu pastel extrêmement clairs et avait passé un certain temps à coiffer sa longue et douce chevelure, y tressant deux nattes bien fine de chaque côté, volant à présent avec le reste de ses cheveux entièrement lâchés. Malgré tout en se contemplant dans le mirroir…Quelque chose n’allait définitivement pas. Elle mit un certain temps avant de mettre le doigt sur la nature du problème. Son teint pâle, habituellement bien plus vivant. Une petite touche de poudre et le problème était réglé cela dit.

S’emparant par la suite d’un gros ouvrage, elle se lança dans sa lecture, tranquillement installé dans l’un de ses coussins. Impossible pour elle de savoir combien de temps ce livre l’avait aspiré dans son monde aussi étrange que fantastique. Le plaisir de déguster un bon roman…Voilà bien longtemps qu’elle n’avait point ressenti telle chose. Peut-être prenait-elle les études un peu trop au sérieux ces derniers temps ? Sa notion de la vie n’était pas vraiment la même que celle d’un humain normal…Elle aurait tout le temps dont elle désirait pour ça. Il ne fallait pas qu’elle en oublie ce genre de petits plaisirs de la vie pour autant.

Toc, toc, toc. Trois petits coups, portés timidement contre sa porte. Juste assez pour lui faire poser son livre sur le meuble sur lequel elle était installée pour ouvrir la porte, se demandant bien qui pouvait venir lui rendre visite, ou ce que l’on pouvait bien lui vouloir. Elle n’ouvrit pas la porte bien grand, et observa un moment le garde posté devant avec un masque de surprise assez peu démontrée, comme pour demander ce qu’il pouvait bien se passer…La réalité était qu’elle s’en fichait éperdument. A moins qu’il ne soit venu lui annoncer la mort prématurée du Roi mais elle en doutait fortement. Elle soupira intérieurement lorsqu’elle apprit que ce dernier avait une mission à lui confier…En lui avouant qu’il ne savait pas vraiment de quoi il s’agissait. N’était-ce pas logique ? En quoi cela aurait-il pu le regarder de toute façon ?!

Intérieurement, elle grimaçait. En apparence voilà qu’elle lui offrait son plus beau sourire et lui annonçait qu’elle arrivait immédiatement. Porte refermée, son visage redevint une simple sculpture de marbre n’exprimant que l’ennui. Bien qu’un premier contact avec le Roi ne pouvait qu’être…Utile. Ainsi, elle rangea rapidement son livre et, passant une derrière fois devant son miroir afin de vérifier qu’elle n’était pas décoiffée, elle sortit rejoindre le garde pour le suivre dans un silence solennel. Pourquoi aurait-elle pris la peine de chercher à converser avec lui de toute façon ? Le seul homme avec qui elle avait conversé dans véritablement se forcer ces derniers jours était…A son grand damne, un certain marquis à qui elle ne voulait plus penser pour le moment. Elle avait déjà bien assez à faire de ses pensées ; trouver comment se venger du Roi.

D’un pas gracieux elle avait suivi le garde jusqu’à la porte du salon, avait frappé poliment et attendu qu’on lui permette d’ouvrir la porte pour faire pénétrer la marquise dans cette magnifique pièce et refermer la porte immédiatement derrière, restant dans le couloir. Ce n’était pas la première fois que Lizbeth avait la chance de voir cette magnifique pièce ornée de canapés recouverts d'une fine soierie brodée à l'or fin, d'une table basse aux motifs exceptionnels et de fenêtres ornées de rideaux bordeaux…Pièce magnifique, et très chaleureuse. Même le Roi, et son impressionnante beauté, semblait aller parfaitement avec les meubles ! L’idée l’amusait, mais elle resta de marbre. Pour éviter de poser son regard sur lui, elle s’inclina immédiatement dans une révérence d’usure en prononçant quelques mots…Comme elle avait appris à le faire en présence de Son Altesse. Qu’elle la méprise était un détail. Il n’y verrait que du feu, sur son impassible faciès.
[/color]

    « Bien le bonjour, mon Roi. En quoi puis-je vous être utile ? »

[color=black]Aussi utiles soit-elles, ces révérences d’usures ont une fin. Et à son grand damne elle dû se redresser et contempler le Monarque. Intérieurement, elle priait pour que cela soit rapide. Et éventuellement pour qu’il l’envoie à l’autre bout du monde. Un voyage bien long, qui la tiendrait éloigné de lui assez longtemps pour qu’elle puisse contenir sa haine. Mais bien sûr, elle doutait que Dieu ou quelconque divinité ne puisse venir en aide à une fille comme elle. Mi humaine, mi fille de la nuit, elle n’avait sans doute pas sa place auprès d’un tel être Divin.
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MessageSujet: Re: Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie.   Sam 7 Jan - 23:43

Enfin, les festivités s’étaient décidées à s’arrêter. Désormais, le calme régnait de nouveau en maître absolu sur l’intégralité du Château Royal, permettant à la douce incarnation qu’est Morphée de se glisser dans les draps des nobles logeant ici pour les emmener tous vers un monde supposé meilleur le temps de quelques heures. Tous ? Non, cette affirmation était fausse dés le départ. Certes, nombre d’âmes flottaient à présent dans des songes plus ou moins plaisant selon leur imaginations respectives, mais il y avait une stature encore debout, solitaire.

Sur le balcon de sa chambre, le Roi, Charles de France, observe les étoiles, comme cela lui arrive de temps à autre, lorsqu’il a la possibilité d’être seul, sans personne pour dénaturé son plaisir caché. C’est bien le seul qu’il ose s’accorder d’ailleurs. Ces astres si lointain paraissent être pourtant ce qui se rapproche le plus d’amies pour son être sadique et mal-aimé. Non pas qu’il n’ait guère choisit ce comportement et donc les conséquences qui allaient naturellement avec, mais parfois, laisser son cœur divaguer quelques instants lui faisait le plus grand des biens.

Les orbes vertes inexorablement accrochées au fleuve céleste, comme toujours dans ces moments là, il se laisse aller dans les réminiscences de son noir passé. Son père, l’ancien Souverain, ne faisait que le tolérer et encore, parce qu’ils partageaient le même sang. Écœurant, rien que de penser a cela, le Monarque fut presque prit de remontées acides le long de l’intérieur de sa gorge. Il fera tout ce qu’il faudra pour faire oublier son géniteur à tous, jusqu'à le rayer de tous les livres d’histoires s’il le faut. Après tout, le cruel Roi n’avait presque pas existé pour son paternel – et encore les mots sont faibles – a cause d’une rancune mal placée ; Ainsi soit-il, ce dernier ne sera plus jamais mentionner par les langues amères regrettant l’ancien temps.

Il avait abdiqué face à sa décision, dés demain, Charles fera brûler toutes les traces de son père. Et quiconque ira contre cette volonté périra également par les flammes, comme les sorcières. Il est pour vrai que tous ceux qui préféraient la monarchie précédente sont sans aucun doute animés de mauvaises intentions envers la Couronne actuelle. Et quel meilleur moyen de causé préjudice que la magie noire ? Sans doute rien n’égalait les résultats de pareilles machinations infernales. Au minimum autant que ces vampires et autres lycans se pavanant dans l’ombre des habitants de sa capitale, Paris, ainsi que de ses alentours.

Heureusement que les gens de sa Cour étaient protégés de ces choses là, en tant qu’humains fidèles, serviables et surtout, faciles à tuer. Car oui, en plus d’être l’une des victimes des caprices Sataniques d’un Ange Déchu, il fallait, pour ne rien arranger, que la Mort ne soit guère facile à donner à ces créatures anti-bibliques. C’est pour cette raison ô combien fort simple, que sa Majesté avait spécialement ordonné la création d’une milice dont les rares élus seraient formés à toutes les techniques de combats possibles et imaginables pour abattre ces choses abjectes, et ramenés l’ordre dans le royaume, par la force s’il le faut.

Un soupir lourd s’extrait des limbes de sa cage thoracique pour enfin gouter a une liberté dont il avait été privé depuis trop longtemps par les poumons du Monarque, ayant fait office de catacombes l’espace d’un instant. Sa solitude est également sa meilleure confidente. Par le biais d’une seule expiration, il en a dit bien plus qu’il n’est habitué à le faire avec des mots, à la Cour. Mais cela, personne ne peut le comprendre convenablement, pour la raison universelle que nul ne connaît parfaitement bien le Roi. Même lui à des doutes quant a se connaître sur le bout des doigts. Mais ce genre de questions philosophiques ne trouvera leur place ce soir, au milieu de ce ballet observatoire des étoiles dont les yeux de Charles se délectent, silencieusement.

En deçà de la véranda s’allonge les immenses jardins dont l’armada de domestiques prends grand soin chaque jour que Dieu faisait. Ils savaient pertinemment qu’il valait mieux que les roses aillent bien s’ils aspiraient à garder leurs têtes sur leurs épaules ; Question de principe Souverain sans doute. Les exécutions n’avaient jamais été aussi nombreuses depuis l’accession au Trône de Charles. D’un autre côté, le pays pouvait se targuer d’être stable, sans révoltes ou toutes autres calomnies du même attribut. Les guerres avec les nations voisines étaient constamment remportées et les armées avaient redoublées autant d’efficacité que de supériorité.

Tous devraient être reconnaissants envers le symbole vivant du Pouvoir car c’était bel et bien grâce à lui et ses actions que badauds comme nobles et autres titrés pouvaient jouir d’une tranquillité certaine dans les rues de France sans être terrifiée à l’idée d’une possible invasion Prussienne ou Italienne – Quoi que la seconde relève soit de l’utopie soit de la facétie bien menée. Pourtant, bien peu étaient ceux qui osaient reconnaître publiquement l’utilité du Roi à son pays. Désolant. Mais qu’importe, être détesté était presque devenu une seconde nature chez lui de toutes les manières.

D’abord sa génitrice qui l’avait abandonné à la naissance pour aller flirter avec les divinités angéliques, puis son père qui le traitait comme un moins que rien depuis son plus jeune âge. Le peuple n’était qu’une pièce annexe de ce puzzle haineux constituant jusqu'à la moindre parcelle de son corps élégant. Ce n’est pas comme s’il allait verser des larmes sobres de toutes honnêtetés. Il avait oublié comment déverser ce genre de cristaux. Et puis une telle vérité n’était pas suffisante pour le blesser dans son orgueil au point de lui tirer ce genre de liquide embastillé au creux de ses yeux. Il en faudrait bien plus. Oh oui, énormément plus même, bien que la mesure exact d’une telle nécessité d’artifice était encore inconnue.

Cela faisait un certain temps maintenant que Charles ne dévoilait plus ses émotions. Même sa femme, la Reine Diane de France ne l’a jamais vu s’abaisser à pleurer. Et les seuls sourires qu’il lui dédiait jamais étaient imbibés d’un sadisme pur, suffisamment morbide pour vous rendre fou pendant un moment. Le résultat infructueux d’une éducation malmenée, sans doute.

Inhibés dans ses sombres pensées, il en est tiré subitement par un léger choix intempestif sur sa joue gauche. De l’eau. Une goutte d’eau. Mais elle ne provient pas de son œil. Non, elle vient de beaucoup beaucoup plus haut. Du Ciel lui-même. De lourds nuages voilent peu à peu celui qui porte sur son corps incernable les étoiles que son Altesse Royale aime tant. Il semblerait que la Pluie veille à l’énerver soigneusement, en lui intimant par de nouvelles gouttes, de rentrer se mettre à l’abri a l’intérieur.

N’ayant somme guère d’autres choix a sa portée, le Roi se plis aux exigences de Mère Nature et s’immisce dans sa propre chambre ou siège son immense lit. Sans doute sa « moitié » dort-elle déjà. Heureusement, il n’avait pas la moindre envie ni motivation de converser avec elle, étant suffisamment fatigué comme cela pour ne pas avoir a supporté ces commentaires mièvres. Expirant de nouveau d’une façon des plus agacée par son activité interrompue, Charles finit par écouter la voix de sa raison, d’ordinaire éteinte dans un sépulcre de marbre dans son esprit plus torturé qu’il ne le croît et se couche, aux côtés de sa femme, sans pour autant avancer le moindre mouvement en sa direction.

D’ailleurs, pour preuve de sa contrariété a devoir partager son espace de couche avec une entité qu’il n’aime point, voici qu’il lui tourne le dos, son corps s’axant de telle manière a ce que ses yeux soient toujours braqués sur la fenêtre maintenant fermée, dont les vitres sont parcourues de fins filets d’eau fraîche. L’orage gronde au loin. Décidément, les force de la sainte Nature aurons choisit de ne pas permettre au Roi de se reposer convenablement en cette nuit de fête. Quel calvaire.

Pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraitre, l’immuable épuisement dont était envahi son corps guerrier réussit à l’inhumer dans une torpeur lourde et salvatrice. La pluie redoubla au dehors mais rien n’aurait pu le contrarier dans son sommeil profond en cette heure d’un nouveau jour. Ses muscles immobiles laissaient entrevoir pour n’importe quel espion averti, un visage sans expression négative ou glaçante. L’un des rares faciès qu’il ne montre et ne montrera jamais en public. A le voir ainsi, il est de l’ordre de l’imaginaire fantasmagorique que de penser a son appartenance à une lignée si haute mais surtout, a un comportement plus dure que la glace elle-même.

Malheureusement pour sa Majesté, le réveil intervint bien trop vite pour lui. Couché avant la Reine, il fut bien réveillé avant elle par les éclats insolents d’un soleil pointant à l’horizon. Aveugler à peine après avoir entrouvert les yeux, quelle immonde façon de recouvrer la raison sur le territoire des vivants. Mais un froncement de sourcil et l’expression de Roi était revenue l’exacte copie de celle de la veille, avant qu’il n’aille épouser les draps de son lit, étrangement inconfortables cette nuit. Il ne saurait expliquer pourquoi mais il avait très mal dormi, ce qui n’aidait en rien son humeur à être dés meilleures.

Prenant soin de se lever tout de même, Charles s’empara de quelque vêtement artisanalement brodés pour lui. Hier soir, il les avait négligemment laissé tomber sur le sol, comme s’il ne s’agissait que de banales guenilles. Ignorant des valeurs ? Impossible de poser un mot tangible sur ce caractère complexe et agressif.

Les objets de sa convoitise a présent prisonniers de ses mains pécheresses, son Altesse prends le chemin de a salle des bains dans laquelle il ose pouvoir espérer se détendre un peu mieux que dans l’étreinte désagréable de son lit. Parvenu dans la pièce d’eau, il se délesta une nouvelle fois des habits couvrant son corps d’Apollon et glissa dans l’étendue aqueuse n’attendant plus que lui, brisant l’harmonie insipide de la surface par son entrée en son corps sans formes véritables. La vapeur chaleureuse empourprant un peu son visage le fit se sentir un peu mieux qu’auparavant, oui. Son dos le faisait moins souffrir et ses yeux paraissent séduits par la simple idée de se fermer sous l’effet des sensations procurées par l’eau.

Il aurait pu, sans aucun problème, terminer se nuit dans des bras douteux tels que l’étaient ceux de son bain, mais une chose, pouvant sembler détail sans l’être nullement, vint lui hurler qu’une tâche des plus importante l’attendait aujourd’hui. Oui, c’est vrai, il avait presque oublié. C’était aujourd’hui qu’il effaçait son père du Royaume, a tout jamais. Comment Diable avait-il pu omettre chose pareille ? Alors qu’il prenait cela tant à cœur, comment ?! Sans surprise le manque de repose ne doit pas être innocent à cette vague perte de mémoire. De même que les cernes violacés maintenant logées sous ses yeux couleur herbe.

Qu’importe, se savonnant rapidement tout de même, Charles sortit de son bain dont les effets apaisants venaient soudainement de disparaitre une fois qu’il fut rincé et mit sur son dos les tuniques de grande valeur dont il s’était équipé en s’extrayant de sa chambre. D’une humeur maintenant encore plus massacrante, rien que le rythme de ses pas pouvait dissuader de tenter une conversation avec sa personne en cette heure matinale. Il croisât un soldat de la Garde au détour d’un couloir, qui se mit au garde à vous en le voyant passé.
Le Roi allait passer son chemin, mais une autre idée germa dans sa boîte crânienne. Pour tout détruire au sujet de l’ancien Monarque, il était nécessaire de rassembler l’intégralité des documents le concernant le plus rapidement possible. Or, seul, c’était impossible, il le savait bien. Et ce n’était pas a lui de s’en occuper après tout, il y avait bien des personnes disponibles pour l’aider ici, il en ferait donc bon usage.

Tournant les talons, il se posta devant le pauvre engagé à ses services et lui dit :

« Toi, va donc me chercher un Marquis le plus vite possible, j’ai une mission de la plus haute importance à confier. »

Pas un seul remerciement ou marque quelconque de gratitude, il pivota et repartit toujours droit devant lui, laissant pantois le malheureux homme de main a qui il venait d’ordonner une recherche.

Arrivant au final dans le grand salon luxueux et accueillant pour n’importe qui, Charles prit place devant l’une des fenêtres, ayant dans l’idée de patienter là en attendant que l’on daigne lui amener ce qu’il avait farouchement réclamé. L’heure lui étant encore inconnue, parce que quelques rayons de soleil osaient subrepticement pointés de temps à autres parmi le manteau de nuage gris du ciel, le Souverain partit alors du principe que les personnes réveillées à cette heure ci devaient être nombreuses, bien que les hardons et les alentours du lac soient encore vides.

Les minutes passant de plus en plus sans jamais rien apporter de nouveau ; prit d’une fatigue lancinante, il partit se poser sur l’un de ses canapé favori, celui juste en face de la porte d’entrée de la salle. Que se passait-il bon sang ? On ne met pas autant de temps pour trouver quelqu’un non ?! Il ferait couper la tête de ce mécréant et incompétente de soldat pour la peine.

Ses paupières, jusque là bien trop sollicitées, finirent par relâcher un instant leur pression en permettant aux orbes verts de se dissimuler un peu derrière elle, loin d’une réalité narrée par le silence. Combien de temps cette somnolence a-t-elle duré ? Difficile à définir avec précision.

Ce fut la voix aigüe d’une porte que l’on pousse qui tira Charles de son état semi-conscient. Il recouvra la vue et sans don champ de vision, apparu alors une demoiselle se donnant en spectacle devant lui part une révérence exquise. Bien, parfait. Au moins elle connaissait les règles de préséance incombant à toute classe sociale lorsque le Roi est proche. Sa bouche s’ouvre en de délicate vocalise qu’il dévore sans bien le reconnaître. Lui être utile ? Oh, alors c’était elle, la fameuse personne qu’on lui avait amené ? Un coup d’œil à sa pendule pour se rendre compte qu’une heure et demie s’était évadé de sa journée et il en serait presque devenu furieux. L’incompétence était plus que jamais à reconnaître en cette maudite journée qui commençait bien mal pour son Altesse.

Mais peu importait le nombre de galéjades de mauvais goûts. Puisqu’une noble était ici, autant la mettre à contribution pour qu’elle serve ses plans. Plus vite elle aura accès a ses informations et plus vite tout ce sombre plan sera clôt. Ainsi, quittant le meuble confortable, il se remit debout et toisa la belle demoiselle d’un regard mi-hautain mi-intéressé – car sa splendeur, même lui pouvait la reconnaitre… enfin pas publiquement mais il pouvait se faire à l’idée – et délia ses lèvres pâles.

« Je voudrais récupérer tout les documents traitant de l’ancien Roi. Ils se trouvent sans doutes dans la grande bibliothèque de Paris, allez me les chercher et ramenez les moi. »

Il fallait noter le ton employé pour désigner les documents. Il aurait été possible d’user du même pour définir un criminel ou une fille de basse vertu. Et puis cette façon de nommé son « père » sans y faire clairement allusion…

La rancune est-elle héréditaire ?

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MessageSujet: Re: Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie.   Sam 7 Jan - 23:45


La grandeur du Roi n’avait jamais été un détail auquel elle avait fait attention. Non pas dans le sens de sa sublimité, de sa supériorité ou autre bêtise dans ce genre, mais au niveau de sa taille. Ni grande, ni petite, la Marquise se sentait véritablement minuscule à côté d’un homme d’une telle taille. Et bien qu’en temps normal ce n’était pas là un point sur lequel elle s’arrêtait, il était ô combien agaçant et désagréable de devoir lever la tête pour contempler le Roi alors qu’un regard hautain s’était posé sur la demoiselle à la longue chevelure blanche. Mais ce n’était pas tout. Il y avait autre chose dans les orbes du Roi en cet instant. Elle avait tenté d’y plonger pour lire l’information manquante, mais elle n’en eut pas le temps que l’ordre du Roi sortait déjà de ses lèvres.

Tous les documents traitants de l’ancien Roi…Se rendait-il vraiment compte de tout ce que cela pouvait représenter ? De plus la bibliothèque de Paris n’était pas si proche du château…Jamais elle ne serait capable de les lui apporter…A quel point ce Roi pouvait être idiot, hein ? Bien assez pour quémander pareille chose alors qu’elle se trouve être impossible…Et aussi pour être ainsi seul au salon avec une tierce personne qui ne désirait que la mort du Souverain. Qu’il ignore ce dernier détail n’empêchait point son insouciance. Le Roi le plus haït que la France ait connue…Il devait bien se douter que dans de telles situations sa vie pourrait vite être mise en danger, non ? Un accident est si vite arrivé…

Liz aurait aimé, non, adoré planter ses crocs dans la gorge de son Altesse pour l’en vider de son sang en cet instant. Pourquoi ne l’avait-elle pas fait, d’ailleurs ? Elle l’ignorait d’elle-même. Son corps, tel un robot, avait agi out seul et l’avait faite quitter la pièce avec une révérence avant même que son esprit ne commence à songer à de pareilles choses. Dommage, vraiment. Entrer à nouveau dans la pièce à présent susciterait tant la méfiance du Roi que celle des gardes postés à son entrée. Ainsi elle s’était dirigée vers la sortie du château avec en tête une interrogation à laquelle elle n’avait jamais songé. Quel goût pouvait avoir le sang Royal qui coulait dans les veines de sa Majesté Charles de France ? Peut-être que sa curiosité virait ici à une mauvaise chose. Car elle ne voyait qu’une seule façon de savoir cela à présent…Encore un point sur lequel elle devrait méditer.

Mais pour l’heure elle avait autre chose à faire…De bien moins intéressant avouons le. Récupéré les documents traitant de l’ancien Roi…Cela signifiait trier les documents de la bibliothèque…Même avec de l’aide elle n’était pas certaine de pouvoir faire cela dans la journée. Et il fallait aussi avouer qu’il s’était vraiment adressé à la mauvaise personne. Lâcher Lizbeth dans une bibliothèque et espéré qu’elle fasse le travail demandé ? Elle avait beau être très appliquée…C’était comme confier une salle pleine de chocolat à un amateur de ces petites gâteries en lui interdisant de toucher à ne serait-ce qu’une de ces douceurs. Ce n’était même plus de la torture mais bel et bien une incitation à la faute. Qu’importe combien elle tenait à faire son travail correctement, la Marquise savait bien qu’il serait dur pour elle de ne pas plonger dans l’un des nombreux livres de la bâtisse et ce sans même s’en rendre compte.

Ses pas, souples, élégants et gracieux s’étaient enchaînés dans la ville de Paris alors qu’elle se dirigeait vers le bâtiment où l’on venait de l’envoyer. Au-dessus de sa tête les nuages menaçaient de laisser tomber sur elle toutes leurs larmes en pluie et ainsi elle s’était décidée à presser le pas. Devoir supporter des vêtements trempés et collant à la peau toute une journée dans ce lieu qui se devait d’être apaisant ? Jamais de la vie. Elle se surprit même à songer que si la pluie venait à tomber sur elle elle rentrerait directement dans ses appartements pour prendre un bon bain chaud…Mais à la réflexion cette idée n’était pas seulement stupide. Elle était bien pire que cela. Ignorer ainsi les ordres du Roi c’était risquer de terminer comme son père avant de n’avoir pu le venger. Et ça, c’était tout bonnement hors de question.

Le dilemme ne se présenta pas cela dit. C’est intacte et sans qu’une goutte de pluie ne se soit posée sur Paris qu’elle entra dans l’immense monument aux livres. A peine à l’intérieur, à sentir l’odeur des vieux ouvrages, elle eut déjà envie de tout abandonner et d’ailler lire dans un coin…Mais il était hors de question de se laisser aller à ses envies –aussi vite du moins- ainsi, revêtant un masque associant amabilité et sourire elle alla s’adresser directement à celui qui était à la charge du bâtiment et de tout ce qui était à l’intérieur. C’est en quelques mots armés de politesse et d’un charme bien à elle qu’elle lui exposa la situation. Le Roi voulait ces documents et c’était elle qui était cherchée de venir faire ici un tri, tri qui devait être bouclé dans la journée. Hors seule, elle n’y arriverait jamais, ainsi avec un sourire charmeur elle s’était permis de lui demander son aide à ce pauvre homme qui n’avait de toute façon rien d’autre à faire de sa longue journée. Autant le mettre à contribution, non ?

Au moins, avec son aide –non négligeable puisqu’il connaissait presque tous les livres présents sur ces nombreuses étagères- elle aurait une chance de pouvoir faire un tri correcte dans la journée et l’affaire serait close et on n’en parlerait plus. Dans l’idée d’en finir au plus vite avec toute cette histoire, d’ailleurs, elle s’était immédiatement mise à la recherche de ces documents, qui, selon le maître des lieux, n’étaient entreposés que dans une partie bien spécifique de la bibliothèque. Partie bien spécifique mais…Elle n’en restait pas moins immense et à sa vue Lizbeth c’était vue perdre d’un seul coup tout ce qui la motivait…C’est-à-dire qu’elle en terminerait vite avec tout cela. A la vue de son désarroi l’aide qu’elle avait su trouver avait tenté de la rassurer mais c’était peine perdue. L’idée de passer toute une journée ici sans pouvoir prendre le plaisir de s’installer et lire un de ces nombres ouvrages le déprimait méchamment. Mais c’était finalement avec un soupire qu’elle s’était emparé d’une premier ouvrage et qu’elle en avait survolé le contenu pour vérifier le sujet dont il traitait.

Quelques heures plus tard bon nombre d’ouvrages étaient empilés sur la table que les deux avaient réservée juste pour cela. Mais il fallait également noté qu’à présent il travaillait principalement seul. La Marquise s’en était doutée. Incapable de résister elle s’était littéralement plongée dans un ouvrage fantastique des plus passionnants et dès lors plus rien n’avait d’importance. Le monde autour d’elle n’existait plus. Elle n’était plus à Paris mais dans ce drôle de monde dans lequel les divers évènements du livre se déroulaient les uns après les autres. Mais là n’était pas le plus étrange. Le plus étrange était que même après s’en être rendu compte, celui qui l’aidait s’était contenté de sourire et avait repris l’ouvrage, seul. Cette jeune femme était vraiment effrayante de part de dont elle était capable, parfois sans même s’en rendre compte…

Endroit des plus apaisants. Activité des plus apaisantes. Le manque de sommeil, encore horriblement présent, la fit sombrer peu à peu. Assise par terre contre un mur, c’est dans cette position qu’elle finit par rejoindre Morphée plus de force que de gré alors que le livre retombait lourdement sur ses genoux. Loin de lui l’idée qu’elle se serve de lui, le manant eu de la peine pour la pauvre demoiselle en la voyant ainsi. Elle était si jeune et déjà le Roi la tuait à la tâche, pauvre enfant, s’était-il dit. Si seulement il avait pu savoir ce qu’il en était en réalité…Nul doute que son comportement aurait été tout autre envers la belle…A moins que son envoutant physique puisse parer à telle connaissance ?

Le sable du temps coula, encore et encore dans son immense sablier. Les heures se succédaient, et le soleil, au dehors, au dessus de tous ces nuages cachant cet astre majestueux continuait son habituelle course, ce petit jeu auquel il s’adonnait avec la lune depuis la création de l’univers. Et tel un enfant Lizbeth avait tout simplement profité d’une sieste toutes ces heures, sans que jamais l’homme, charmé par tant d’innocence, n’ait osé la déranger. Ce n’est pas lui qui vint réveiller la belle lorsque la patience du Roi en était arrivée à son terme, bien loin de là.
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    « Mademoiselle… ? » demanda une voix masculine une énième fois.

Petit à petit la conscience avec la réalité revenait. Elle se surprit à se demander, en premier lieu, ce que ce garde royal faisait dans ses appartements et pourquoi elle s’était endormie sur le sol. Puis tout lui revint en tête. L’ordre de mission du matin, le lieu où elle se trouvait et…Comment elle en était malencontreusement venue à s’endormir. Elle le sentait mal, très mal. Il ne faisait nul doute qu’elle serait reçue avec tout le sadisme dont il était capable dès lors qu’elle se verrait forcée d’admettre face à lui qu’elle n’avait…Absolument rien fait alors qu’il lui avait confié une mission bien précise. Dans quels genres de problèmes venait-elle de se mettre toute seule ?!

Légèrement paniquée mais ne montrant rien de tout cela, elle se redressa promptement et constata avec surprise que la table sur laquelle elle avait commencé à entasser les documents réclamés par le roi était…Etrangement pleine. Un regard au propriétaire des lieux et un petit sourire de sa part lui permit de comprendre comment tel « miracle » avait pu se produire. Son regard vira de nouveau sur le garde. Elle voulait l’interroger sur la raison de sa présence ici, ce qu’elle n’eut même pas à faire. Il lui avait, en quelques mots, clairement expliqué que le Roi s’impatientait. Amèrement elle songea que s’il n’était pas content il n’avait qu’à le faire lui-même…Mais peut-être était-ce une pensée un peu déplacée venant d’une personne qui n’avait pas fait grande besogne cette fois-là.

Lâchant un soupire, elle contempla la pile d’ouvrages qu’elle était censée « ramener » au Roi. Pensait-il vraiment qu’elle était capable de traverser une partie de Paris avec tout ça en main ? Amusant. Plus le temps passait plus ce maudit Roi lui semblait être un parfait imbécile ayant tous les défauts du monde. Sa Majesté était pourtant très cultivée…Elle ne put donc qu’en conclure –bien que c’était là un détail qu’elle connaissait depuis des années- qu’il ne vivait que dans le but d’apporter des ennuis à ses sujets. Tous.

Nul doute que cela l’amusait de voir ses sujets paniquer d’une manière incroyable et tout faire pour le satisfaire au mieux, qu’importe ce que cela pusse leur en couter. A présent c’était au tour de la belle Infant ? Quel dommage…oui, c’était vraiment dommage pour le Roi. Elle était loin d’être ce genre de personne. Elle n’allait pas se retourner le cerveau pendant des heures pour finalement conclure qu’il n’y avait pas de solution et s’encombrer de quelques livres pour faire bonne figure. Non, elle se présenterait devant lui et, que cela lui plaise ou non, lui ferait part du fait qu’il est juste impossible qu’elle puisse lui rapporter tous ces livres seules. S’il les voulait vraiment, il n’avait qu’à se déplacer ou envoyer une armée de garde les chercher après tout. Ces derniers n’étaient-ils pas faits pour ce genre de besogne ?

Elle annonça distraitement au garde qu’ils pouvaient y aller. Bien sûr, il émit une petite remarque sur les livres qu’elle était censée rapporter, mais cela ne regardait qu’elle et ainsi elle se dirigea vers la sortie de la bâtisse non pas sans avoir adressé un dernier sourire au manant qui l’avait aidé, et quelques mots pour lui faire savoir que l’on viendrait sans doute s’emparer de ses ouvrages pour l’usage du Roi prochainement.

Le temps à l’extérieur la déprima quelque peu. D’ordinaire elle aimait la pluie, mais l’idée de faire tout ce trajet à pied jusqu’au château pour se présenter finalement devant le Roi trempée de la tête aux pieds ne l’enchantait guère…D’autant que la couleur de sa robe, proche du blanc, n’était pas des plus idéales plus un tel temps…Mais elle n’avait pas le choix. Maudit temps. Résignée elle s’avança sous la pluie et prit la direction du château, en compagnie de se garde que l’on avait envoyé pour la chercher. Le trajet se fit dans un silence des plus solennels. Très franchement, elle ne voyait pas ce qui aurait bien pu lui pousser à adresser la parole à ce garde. Mis à part une fois au château…Puis lui annoncer qu’elle allait prendre un bain et se changer pour être présentable et qu’il n’avait qu’à en informer le Roi.

Devant son air paniqué et les arguments stimulants principalement qu’il ne pouvait annoncer une telle chose au Roi sans risquer d’y perdre la vie, elle ne put que renoncer. Elle n’avait jamais été véritablement altruiste…Mais cet homme allait-il vraiment se faire condamné à elle ne savait trop quoi par sa faute ? Bien sûr, le Roi était bien capable d’un acte aussi horrible. Et, contrairement à ce garde, elle n’avait pas peur d’un quelconque châtiment. Là étaient également les raisons qui l’avaient poussée à laisser ces livres là-bas sans prendre la peine d’en apporter ne serait-ce qu’un seul. Et puis…La réaction du Roi face à une Marquise se présentant à lui totalement trempée pourrait être amusante. Elle espérait juste pour que cela soit rapide. Si au dehors elle n’y avait pas fait attention, à présent qu’elle était à l’intérieur elle commençait à ressentir le froid.

Résignée, elle avait changée de direction et avait suivi ce garde jusqu’au salon, à nouveau. Y avait-il passé sa journée ? Cela ne l’aurait pas étonné, venant d’une tel Monarque qui n’en faisait qu’à sa tête, dans le fond. A nouveau, comme en début de journée, il fit s’abattre trois petits coups sur la porte et attendis qu’on lui permette de l’ouvrir pour faire entrer la marquise, qui tournait toute sorte de scénarios sur les diverses réactions que le Roi pourrait avoir, amusée. La porte refermée, elle renouvela son acte de bonne conduite du matin tout en lui faisant rapport de la situation.
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    « Tous les documents traitants de l’ancien Roi ont étés rassemblés sur une table leurs étant réservés à la grande Bibliothèque. Il n’ait plus qu’à les transporter jusqu’ici. Chose qui m’est impossible, seule du moins. Je suis bien consciente que la tâche qui m’a été confiée n’a pas été entièrement remplie, aussi, s’il est quelconque tâche où autre corvée dont je pourrais m’occuper pour rattraper telle erreur, je m’y appliquerais au mieux. »

[color=black]Ou sinon elle pouvait aussi partir prendre enfin un bon bain…Doucement elle se redressa posant un simple regard vide de toute émission sur le Roi. Peut-être l’expression sur son faciès ou ses réactions s’avèreraient être amusante aux yeux de la belle, qui sait ? Il aurait été dommage d’avoir osé se présenter face à lui dans tel état ne le fasse point réagir, ne serait-ce qu’un peu.
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MessageSujet: Re: Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie.   Sam 7 Jan - 23:48

La fugace et insolente façon de faire des aiguilles de l’immense Horloge du salon Royale, à faire désirer la rapidité sans jamais la délivrer, devenait de plus en plus insupportable aux yeux de son Altesse qui sentait son sang tourner de plus en plus vite dans ses veines. La raison ? Elle n’était que fort simple, l’un des traits humains considéré par certains comme un pur pêché à l’état brut, l’impatience. Voici bien deux heures qu’il avait envoyé cette noble en mission pour son compte et toujours pas de signe de vie émit de sa part. Pourtant, la tâche attribuée n’était en rien compliquée ! Même lui aurait pu s’y atteler, c’est dire ! Le pourquoi du comment il ne le faisait pas était tout aussi issu d’un principe simpliste et connu de tous ; Les Notables de la Cour sont aux ordres du Roi et doivent lui juré allégeance en échange de lettre de reconnaissance et de privilège qui les haussait au dessus de la masse qu’est le petit peuple.

Charles de France, de son nom complet hérité du précédent Monarque s’était de nouveau posté devant la fenêtre, derrière le verre de laquelle il pouvait observer a loisir le Lac du Château ainsi que ses jardins. Commençant a tapoter de l’extrémité de sa semelle le parquet d’où la poussière se faisait des plus absente et afin de trouver une occupation plus ludique et lucrative à son esprit – car maltraiter légèrement le bois ne parvenait plus a polariser toute son attention – il décida de finalement faire les cent pas dans l’immense salon, espérant de cette façon peu orthodoxe trompé son ennui ainsi que son énervement.

Seulement, même en étant passé à plusieurs reprises devant la grande gueule de la cheminée éteinte, le Souverain n’était guère parvenu à se calmer. L’inverse eu même été plus exact pour définir la situation dans laquelle il se retrouvait plongé à présent. La chaleur de son unité escaladait de plus en plus les flans de l’interdit, motivée par un très certain énervement à l’égard de la Marquise portée actuellement disparue. Avait-elle été si stupide au point de se perdre dans les rues de la Capitale ?! En soit, cela n’aurait même pas étonné le Blond Roi qui se torturait le système cérébrale par de sempiternelles questions commençant par « Et si… ? ». D’une part ce procédé de menait à rien et d’autre part plus il se questionnait lui-même et moins sa frêle patience parvenait à contenir les débris de haine cauchemardesque qui lui intimait de se laisser aller à gouter au plaisir doucereux de la méchanceté

Puis, cessant finalement tout mouvement aussi peu circulaire qu’un vol d’oiseaux désordonnés, le symbole du Trône laissa valser son crâne surplombé d’une forêt de la couleur des blés vers le seul autre acteur de la pièce un tant soit peu utile et qui n’ait, jusque là absolument rien demandé. Le gouffre béant de l’âtre sans vie, sans couleur, sans but précis en cet instant chronophage. Comme lui. Oui, Charles était de ces gens qui avaient appris, avec le temps et beaucoup d’acharnement que cultiver des sentiments gracieux et vibrants tel que l’amour ou l’amitié ne servait à rien et ne résolvait jamais aucun problème. Jamais. Sans cœur ? Il est vrai que cette description succincte lui va tout de même à ravir, de part ses actions et son comportement.

Mais qu’y peut-il finalement, s’il n’est point en mesure de comprendre et d’accepter les sentiments humains s’étalant face à lui, en bonne mélasse impure du genre humain. Il exécrait tout cela. Pourtant, s’imaginer le visage déformé par les larmes et les sanglots de la Marquise lorsque cette dernière reviendrait après tant de temps accumulé dans les griffes du retard faisait sourire élégamment – à moins que le terme sadique convienne bien mieux ? – sa Majesté qui s’en délectait d’avance. Il n’avait aucun tabou quant à voir une femme verser des larmes, cela ne l’atteignait pas. Ou plutôt, la correcte reformulation à donner était que cela ne l’atteignait plus, plus du tout même.

Le manque de chaleur d’une mère, l’amour et les bras porteur de fierté que cette dernière est censée vous donner a tout heure du jour ou de la nuit, toutes ces carences ont sans doute pleinement forgé à la masse d’acier, sur l’enclume de la Hargne et du Désespoir, ce qui fait du Roi ce qu’il est maintenant. Un être sadique et désinvolte quant au prix d’une vie, humaine ou non. Nombre de fois il avait eu l’occasion de contempler les larmes sur le visage de la sylphide qui lui faisait office de femme ou d’entre-ouïr des sanglots étouffés derrière une porte de bois épais. Mais jamais il n’en fut affecté car elle aussi, avait sa part de responsabilité dans ce qu’il était devenu et sans doute inconsciemment, le Souverain avait juré vengeance contre cette –trop- délicate Reine qu’on lui avait attribuée sans qu’il ait son mot à dire à quelques moments que se fusse.

Soudainement, repensé à tout ceci, à son fragment de mariage indésirable fit monter d’un cran supplémentaire le psychotisme qui l’envoutait déjà de ses arômes sulfureux, tel un volcan. D’ailleurs, en parlant d’activité de flamme, Charles décida qu’il était tant de donné deux ou trois lampées abondantes de ce liquide coulant dans ses veines communément appelé cruauté à son sadisme afin que ce dernier se désaltère correctement. Ainsi, le jardin de son ignominie ne s’assécherait point et il pourrait continuer à jouir de la souffrance des autres durant un temps certain. Cela lui était garanti.

Les secondes passent, interminables, avant qu’il ne brise le silence de sa voix imperturbable. Un ordre simple, mais prononcé avec ce ton, même lui se parait de bien effrayants costumes sonores.

« Il n’y a donc personne pour allumer un simple feu de cheminée ici ?! » Clamât-il à l’ intention de la première personne de la pièce qui avait le malheur de s’y trouver en sa compagnie.

Et le sort s’abattit donc, implacable sur un pauvre et jeune soldat tout juste enrôlé dans l’armée, assigné à la garde de sa Majesté le Roi. Exécutant avec grande maladresse un solennel Garde à vous en manquant de s’emmêler les pieds dans le tapis posé sur le sol, le damoiseau paraissait nerveux. Il faut dire que le silence de Charles est d’autant plus inquiétant que l’on ne sait jamais ce qu’il se passera dés lors que sa langue claquera sur son palais afin de commander.

Bégayant atrocement, le nouvel engagé tenta vainement de tenir la cadence d’une pareille demande.

« N..Non Messire J…J….Je ne crois pas. Dit-il, les lèvres tremblantes
-Et bien allez me chercher quelqu’un ! » Lui répondit le Monarque, hurlant.

Il n’avait guère été plus aimable avec cet aspirant qu’avec le soldat qui avait été envoyé chercher la Noble aux cheveux de lin il y a quelques heures a peine. Il n’avait pas de raison de l’être, sympathique, après tout. Au final, le jeune homme inexpérimenté fini par escorter, d’un pas peu assuré vers sa Grandeur, la personne chargée de mettre en place un foyer de flamme dans le creux de la cheminée du salon royal.

Il ne lui fallut pas plus de dix minutes – qui furent bien trop longue au goût du Représentant de la Couronne – pour que de ses soins habiles naisse un feu des plus agréable.

En revanche, en guise de « punition » plus ou moins méritée, ladite personne vit son poignet être enserré un instant par la main puissante du Roi et ses phalanges précipitées un instants dans les flammes. Ses hurlements ne changèrent rien et fort heureusement pour lui, moins de quarante secondes s’étaient évadés de l’Horloge lorsque la pression sur son ossature lâcha soudainement, la faisant tombé sur le sol, à la renverse. Ses pleurs, tout en tenant sa main meurtrie à même le sol, n’adoucirent pas non plus la colère du Monarque qui prit un malin plaisir a y appliquer une douloureuse impulsion , la plaquant sur le parquet de son talon épais.

Nouveaux cris et des excuses dont Charles se fichait éperdument. Il avait besoin de sentir la peur chez cette personne pour commencer à se sentir mieux. C’était une sorte d’addiction, à bien y regarder. Au final, laissant à sa proie une possibilité de s’échapper – a moins que silencieusement il ne lui en donnait l’amer ordre ? -, un coup de pied dans le dos lui indiqua qu’il valait mieux pour sa survie que la relève s’effectue très rapidement, aux risques d’être exposé à bien pire encore. Et la victime ne se fit pas prier pour repartir vers la porte en boitillant, tenant contre elle ses phalanges brûlées. Son faciès brisé par les salves de larmes salées, pas un mot ne revint aux oreilles du Souverain lorsque ce dernier lui lança, volontairement et de façon suffisamment agressive pour la terrorisé à vie :

« Voici ce qu’il en coute de me faire attendre ! La prochaine fois tu feras en sorte de ne pas renouveler pareil caprice ! »

Et voilà, le bois précieux de ladite porte venait de se refermer en un claquement sonore et très caractérisque. Désormais seul avec le cruel Roi dans la pièce, l’engagé essayait tant bien que mal de dissimuler à ses yeux vert le fait qu’il tremblait de plus en plus sous son armure réglementaire. C’était tellement dur qu’il crut bien tourné de l’œil lorsque le rire de sa Majesté retentit dans la pièce, meublant le silence apaisant de l’instant après ce dont il venait d’être témoin malgré lui. Le sadisme de Charles de France, celui qu’il servait… jusqu’ou pouvait-il bien s’étendre ? Sans doute bien au-delà de sa pauvre imagination désuète, il était au moins persuadé de cela. Preuve s’il en est que bien qu’en tant que jeune aspirant, il savait déjà comment définir son supérieur. Un démon, il ne voyait que cette image comparative pour convenir à la noirceur impalpable de l’Altesse. Bien entendu il se gardera de tout commentaires, n’étant pas de fibres particulièrement héroïques, ni même suicidaire.

Tenir tête au Roi, c’était synonyme de Mort assuré maintenant et ce depuis les cinq dernières années de son accession au Trône – bien que les soupçons gouverne encore une part d’ombre lorsqu’il n’était encore que Prince car des disparues inexpliquées eurent lieu après quelques affronts ou désobéissance perpétré à son encontre. Pourtant, il aurait voulu aider cette jeune personne, se faisant martyriser comme une sorcière de Salem juste devant lui. Mais il ne pouvait pas. Il n’avait pas pu. Et sans doute ne le pourrait-il jamais, son courage ne pouvant rivaliser avec la terreur qu’inspirait l’homme juste devant lui, observant le feu qu’il venait de mettre à contribution pour une injuste sanction. Et le pire dans tout cela, c’était qu’il semblait en être fier, de tout cela. Ce qu’il faisait et bien pire encore. A croire que plus ses atrocités étaient hautes sur l’échelle du crime –bien qu’on ne puisse le condamner – et plus son sourire s’élargissait. En vérité, là était peut-être la solution de l’intrigue opaque entourant le personnage infernal incarné par Charles. Entre Ordre et Morale, le choix est parfois dur à faire. Pauvre jeune soldat, puisse ton chemin n’être pas autant parsemés d’embuches que l’esprit de son Souverain peut-être mauvais.

En parlant de ce dernier, d’ailleurs, posté devant le foyer ardent en train de s’agiter, soumis, devant ses yeux vert, il eu une idée serviable a ses intérêts. Tout les documents de son père venaient de trouvés un caveau des plus exquis. A cheminée. Il se voyait déjà, se délectant de la destruction de souvenirs sans valeurs à ses yeux. Par les flammes, son prédécesseur disparaitra à jamais. Tel en avait été décidé. L’anneau imaginaire, jusque là placé autour de son cou parut moins lourd tout à coup, maintenant qu’il savait précisément ce qu’il allait advenir de ses inutiles mémoriels scripturaux. Sa respiration se fit d’ailleurs, presque plus agréable dans un sens. Ses poumons se vidèrent pour permettre à une expiration lourde de sens, le viol de l’espace restreint disponible entre les canines humaines de son Altesse Royale, lui faisant entrouvrir ses lèvres légèrement gercées par la chaleur procurées par le feu. Cloitrant ses orbes délicates derrière ses paupières, juste un instant, il se sentit bien. Les cernes sous ses yeux le rongeaient moins et sa fatigue prit un envol éphémère, le laissant jouir un tout petit instant, d’un confort sans égal. L’élément incandescent avait de drôles d’effets sur sa personne, il s’en rendit compte suffisamment vite pour stopper là toutes divagations mal venues.

De nouveau replongé sur la réalité des terres qu’il gouvernait avec une main de fer, l’étouffante lassitude le reprit soudainement à la tête, lui cause un mal dont il se serait bien passé. Il fallait qu’il trouve un autre moyen de vider son trop-plein de frustration soudaine. Mais comment ? Une exécution ? Oui, pourquoi pas. Mais pour cela, encore fallait-il qu’une personne soit coupable d’un crime justifié et suffisamment haut pour le conduire à la décapitation –l’une des techniques favorites du Seigneur – car en ce jour morose ou le soleil venait de se masquer de nouveau derrière les épais nuages gris, Charles n’était guère d’humeur à inventé des tords à n’importe qui, son imaginaire voguant en cet instant bien trop loin de lui. Mais comment faire pour trouver sujet fâcheux et exquis a son oreille ?

La réponse semblât lui venir tout naturellement, lorsqu’il repensât au damoiseau présent avec lui. Une seconde fois, il allait le mettre a l’essai de ses ordres, qu’il n’avait pas le choix de suivre, cela va de soit. Il faudrait être fou pour osé désobéir, après tout. Ce jeune homme souffrait-il de déficiences psychologiques de cet ordre-ci ? Il n’y avait qu’un seul moyen de le savoir, et le Monarque, dont les yeux ne lâchaient toujours pas le crépitement irrégulier de l’âtre, sectionna l’ambiance une seconde fois.

« Dis moi, toi qui entre tout juste dans l’armée, saurais-tu me dire si des rumeurs odieuses se colportent ? » Demandât-il serein, sans une once de félonie dans la voix.

Naïf et soudainement mis un peu plus en confiance – bien que toujours très hésitant- le garçon de garde ne sut pas quoi faire. Bien sur qu’il y en avait, des ragots, mais pouvait-il seulement les délivrer au Roi sans que ce dernier ne se mettre dans une rage folle ? Cela paraissait bien peu probable. Essayant de rester maître de lui-même le plus possible pour ne pas montrer sa peur, il crut rêver lorsque sa Majesté se fit insistante. Aurait-il retrouvé sa patience ? Mystère.

« Et bien alors, aurais-tu vu ta langue t’être arrachée ?
-N…Non votre Altesse.. C…c’est juste que….
-Et bien, parle donc ! Je ne te ferais rien, soit tranquille.
-… »

Charles paraissait si sincère que l’idée même qu’il puisse jouer là une comédie bien ficelée n’avait même pas encore effleuré l’esprit de l’innocent damoiseau. Aussi, sa langue se délia à son tour, divorçant du mutisme auquel elle semblait être liée jusqu’alors.

« Et bien.. Dans le troisième régiment, un homme du nom de Dominique DeLoiseau serait tombé sous le charme de votre épouse si j’en crois les dires circulants et…
-Ah vraiment ?
-Oui.
-Comment as-tu dis qu’il se prénommait déjà ?
-Dominique DeLoiseau mon Seigneur.
-Bien, fais passer le message à la garde royale de le mettre aux arrêts pour le faire exécuter dans l’heure.
-M…Mon Roi ?!
-Tu me contredis ? » Conclut Charles en durcissant sa voix.

Aucunes réponses, mais l’expression de terreur du plus jeune des deux était suffisamment claire et transparente pour que l’on devine dans quel état il se trouvait à présent. Tournant les talons, il sortit à son tour de la pièce pour faire honneur à l’ordre fraichement donné. Terrible désillusion qui venait ici de lui trancher son fil de rêve avec lequel il pensait voir un jour le Roi autrement que sous ce jour cruel et démoniaque. Sitôt la porte refermé, le blond chef de la France dit, plus pour lui qu’autre chose :

« Et je me souviendrais de te faire pendre haut et court également pour trahison envers l’armée Royale. »

S’en suivit un sourire immonde puis un rire guttural qui eu tôt fait d’envahir l‘espace maintenant presque vide de vie que représentait le luxueux salon. Voilà, il avait eu ses exécutions de prévues et il est vrai que rien que cela lui fit, pendant un temps, un bien fou. Faisant un petit instant volte face au feu, le Seigneur partit s’installer de toute sa longueur sur le canapé qu’il s’était vu forcé de quitter il y a peu, lorsque cette Marquise lui avait été amené, en retard. Il finissait par penser que c’était fait exprès, cette négligence des ponctualités. Lorsqu’elle sera de retour, il lui demanderait son nom, afin de savoir qui jugé pour cette faute inqualifiable. On ne fait pas attendre le Roi.

Jamais.

Puis, a force de batailles et de réconfortantes vagues incolores, la chaleur des flammes présentes dans la cheminée finit par emporter le Monarque dans un sommeil réparateur, que son corps attendait avec impatience depuis fort longtemps maintenant. Sans doute se serait-il crût dans les limbes d’un Paradis perdu tant son état de repos le satisfaisait au plus haut point.

Mais il ne put guère en profiter très longtemps – du moins à son sens. Tic Tac Tic Tac Tic Tac. Voici une bien désagréable mélodie qui se mettait soudainement en avant alors que jusqu’ici elle s’était faite effacée le plus possible. Cela avait été très bien ainsi, pourquoi fallait-il que c’eusse changé tout à coup ? Peu importe, maintenant réveillé, Charles se voyait de nouveau enlisé dans une mauvaise humeur massacrante. Scrutant l’Horloge qui causa son réveil, il fronça les sourcils en apprenant l’heure qu’il était. Était-ce une galéjade de bien piètre arôme ? Ou juste une insulte au pouvoir en place ? Charles se le demandait bien. Déjà la fin de l’après midi et cette maudite Noble n’avait pas remit les pieds au château ! Mais à quoi jouait-elle ? Voulait-elle tester la patience de son Souverain ou se révélait-elle simplement plus stupide que les ânes du Berry ? Telle était la question. Dans un cas comme dans l’autre, si elle ne revenait pas rapidement, c’était la résistance de ses cervicales face à la hache ou la corde qui serait bientôt mis sur la liste des choses à expérimenter par le Dignitaire le plus haut placé du Royaume.

Seulement, il était clair qu’après tant de temps écoulé, elle ne reviendrait pas seule. Soit ! Quitte a être énerver, autant avoir une justification de plus pour allonger la liste interminable de la journée. Se pressant vers la porte maltraitée depuis les premières lueurs du jour, le Roi d’en saisit et l’ouvrit avec puissance, se confrontant donc aux deux représentants de la Garde Royale en protégeant l’entrée.

« Allez me chercher cette Marquise paresseuse à la bibliothèque de Paris immédiatement ! Ma patience est à bout ! » Avait-il déclaré avant de se renfermer dans le cocon chaleureux du salon qu’il n’aspirait pas à quitter.

Ou du moins pas tout de suite. A ce propos, en abordant le sujet de la véhémence, le blond Monarque se rapprocha rapidement de la fournaise, pour y noyer son regard, maintenant rougit par les flammes dévorant les restes de bois qui lui avait été offert pour tout berceau. Dire que bientôt, tout ce qui rattachant ce monde à son ancien Roi allait disparaitre dans ces flammes vivaces. Quel bonheur… Un sourire apparu tout de même sur les lèvres froides de Charles. Mais là, une fois encore, rien ne se passât comme il l’avait prévu, ni même comme il le souhaitait.

Il ne saurait dire lui-même combien de temps il était resté là, accoudé à l’encadrement de la cheminée, plongé dans ses pensées, lorsqu’une voix féminine s’éleva enfin derrière lui. Elle était revenue. Anesthésié légèrement par la tranquillisante chaleur, sa Suprême Souveraineté hésita un bref instant entre s’énerver et essayer de rester calme. En partant du principe que dans quelques minutes seulement, les ouvrages périraient il était réellement comblé. Tellement qu’il aurait pu être clément avec la jeune femme même, chose des plus rare venant de lui.

« Tous les documents traitants de l’ancien Roi ont étés rassemblés sur une table leurs étant réservés à la grande Bibliothèque. Il n’ait plus qu’à les transporter jusqu’ici. Chose qui m’est impossible, seule du moins. Je suis bien consciente que la tâche qui m’a été confiée n’a pas été entièrement remplie, aussi, s’il est quelconque tâche où autre corvée dont je pourrais m’occuper pour rattraper telle erreur, je m’y appliquerais au mieux. »

Farce de mauvais goût ! Pour qui se prenait-elle ? Sa conscience lui avait-elle seulement murmuré que c’était bel et bien au Monarque de son pays qu’elle osait s’adresser ainsi et devant lequel elle se présentait les mains vides ?! Que se passait-il avec cette femme ? Voulait-elle en finir avec sa vie pour agir de la sorte ? L’idée caressa l’esprit du Roi qui se dit que l’idée d’exécuter une troisième personne serait tentante pour conclure sa journée. En revanche, lui faire grâce de la mort alors qu’elle ne paraissait attendre que cela aurait été lui rendre service et dans ce cas là, hors de question de faire œuvré ses tortionnaires et bourreaux. Si elle voulait mourir, alors elle vivrait, parole de Roi.

Serrant tout de même les poings, Charles répondit, toujours le dos tourné à son « invitée de marque. »

« Il me semble que vous autres nobles n’êtes pas en reste pour utiliser les calèches du Château pour vos petites activités oisives personnelles. L’idée de vous en servir pour vitre travail ne vous a donc pas effleurer l’esprit ? Mais de quelle famille venez-vous pour être aussi empotée ?! »

On ne pouvait nier un certain effort de communication de la part du blond qui éleva davantage la voix lors de sa phrase suivante. Lui qui se languissait de voir ses consumer dans la gueule de sa grande cheminée les mémoires de son feu père, il n’avait rien sur quoi jeter a vif sa colère et sa haine profonde, soudainement ravivé par un énervement certain. Il venait de lui donner la solution la plus adaptée à sa situation alors qu’elle ne se plaigne pas ! Il aurait tout aussi bien pu la renvoyer d’où elle venait avec pour consigne de ne pas revenir les mains vides ! Au lieu de cela, il l’avait mis sur une piste de praticité extrême. Espérons pour elle qu’elle sache profiter de ce rare instant de « bonté ».

Tournant un instant le dos au feu qui teintait les buches brûlées d’une luisante couleur rouge vive, Charles pointa la Marquise du doigt et lui hurlât :

« Alors ne revenez pas avant d’avoir accompli correctement votre travail ! »

Pourtant, il y avait sur cette étrange noble quelque chose d’indescriptible. Serait-le le fait que la pluie l’ait enveloppé d’un voile aqueux sans doute tombé récemment des nuages ? La solution de l’intrigue reste encore inconnu au Roi qui se sentit s’absenter de son propre corps ‘espace d’un instant, rien qu’en la regardant. Plus petite que lui –il ne le remarquait que maintenant-, il était clair de distinguer combien son corps frêle avait essuyé les cordes de pluie. Sa robe pâle épousait à merveille ses formes, qui jusque là étaient restées dissimulées, telles des traitresses, sous l’épaisseur du tissu utilisé pour confectionner l’ouvrage de couturière.

Heureusement pour Charles, le feu avait coloré ses joues de rouges qui ne s’étaient pas encore estompé, aussi ses sentiments restaient masqués avec application. Heureusement d’ailleurs car lui-même ne comprit pas ce qui venait de lui arriver.. .Cet espèce de choc électrique incontrôlable, désagréable, parcourant l’échine comme s’il voulait en prendre possession. Maudite intervention du Diable, le Monarque ne se laisserait pas avoir. Aussi, il fronça les sourcils pour durcir davantage son regard, espérant qu’ainsi la demoiselle comprenne qu’il était tant qu’elle se remette au travail rapidement.

Ses cernes s’étaient quelques peu estomper grâce au repos pris en après midi, mais pas entièrement, soulignant donc les émeraudes imbriquées dans ses orbites crâniennes, pour plus d’impact et plus de pression transmis à la Noble devant lui.

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Infant

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MessageSujet: Re: Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie.   Sam 7 Jan - 23:53

[justify]Les restes de larmes du ciel continuaient de couler tout doucement de sa peau, ses cheveux, où encore sa rose. Laissant de fines trainée sur sa peau, l’eau glacée lui donnait des frissons. Si au dehors l’air était plus frais, ce n’est qu’une fois dans le château que ce facteur commençait véritablement à agir sur la Lady. C’était un fait dénué de toute logique, mais un fait tout de même. Peut-être était-ce dû à la fatigue ? Seigneur, à présent elle était persuadée que cette nuit Morphée viendrait l’embrasser avec autant d’aisance qu’avant le drame ! Avait-elle enfin trouvé quelconque utilité au Monarque finalement ? Ou alors était-ce simplement parce qu’elle se sentait plus en paix, à ne pas remplir correctement ses ordres ?

Oh, elle le savait, que c’était là jouer avec le feu. Mais au fond, qu’importe combien elle fût bien éduquée, faire de son mieux pour de parfaits inconnus ? Elle n’en voyait pas l’intérêt. Se faire apprécier ? Elle rirait au nez de celui qui oserait porter pareille supposition à son oreille. Si elle n’était pas du genre à chercher les ennuis ou encore à avoir des ennemis, l’inverse était tout aussi vrai. Non pas qu’elle n’aimait pas spécialement les relations humaines…Elle n’était point douée là-dedans et de ce fait elle les négligeait tout simplement. Peut-être cela changerait lorsqu’un être sachant susciter son intérêt se présenterait devant elle ? La question se voulait rhétorique dans son esprit.

Pourtant n’était-ce point une forme de réponse que de voir le visage du marquis De SaintLouis se dessiner dans son esprit ? Qu’importe qu’elle tente de le nier ou encore quelle veuille par divers stratagèmes modifier les traits de ce personnage, la vérité restait inchangée. A lui seul il remettait en question tout ce sur quoi reposaient ses pensées depuis bien des années. Une seule soirée passée en sa compagnie avait atténué un mal qui la rongeait de l’intérieur sans qu’elle ne sache en expliquer les raisons. Nul doute ne pesait sur le fait qu’il n’était pas comme n’importe quel noble. Combien seraient prêts à se mettre un noble d’une classe sociale dite « supérieure » pour les beaux yeux d’une inconnue ? Il était sans nul doute le seul…Bien que Lizbeth aurait été capable d’agir de la sorte également. Peut-être subsistait là la véritable raison d’un début d’attachement pour sa personne…Dans le fond, peut-être avait-elle songé qu’il pût être comme elle, ne serait-ce qu’un peu ? Différent…Si l’on s’arrêtait à ce point il ne faisait pourtant aucun doute qu’ils étaient similaires…Similaire dans la différence ? L’idée restait pourtant très subjective et floue…

Dénuée de tout respect envers sa personne, l’Infant venait de se rendre compte qu’elle s’était perdue dans ses pensées en la présence du Roi…Et si cette idée ne l’embarrassait en aucun cas, elle n’en fût pas moins désagréablement surprise d’être tirée d’un tel flux de pensée par la voix sèche et autoritaire du dirigeant du pays.

    « Il me semble que vous autres nobles n’êtes pas en reste pour utiliser les calèches du Château pour vos petites activités oisives personnelles. L’idée de vous en servir pour votre travail ne vous a donc pas effleurer l’esprit ? Mais de quelle famille venez-vous pour être aussi empotée ?! »

Oh, les nobles faisaient-ils réellement pareille chose ? N’était-il donc pas en train de certifier avec audace que ces dits nobles profitaient de leurs avantages sans toujours s’en montrer digne ? Pour la Marquise, cela revenait à dire qu’ils se servaient simplement de leur position vis-à-vis du Roi…Donc du Roi lui-même, de façon indirecte. Et Dieu ce que cette idée l’amusait. Elle en aurait même eu un petit rictus amusé si elle n’eût pas pris soin de se contrôler à ce sujet. Car après tout elle n’était pas dupe…Si l’envie de la faire exécuter n’avait pas encore effleuré l’esprit odieusement immoral du Roi, une telle réaction face à –notons-le tout de même- un effort de communication l’aurais sans doute menée directement à une salle de torture ou à la pendaison. Or, bien qu’elle ait cette vilaine habitude d’agir comme bon lui semble, qu’importe les conséquences qui en retourneraient, elle n’en était pas encore suicidaire pour autant.

Il ne fait nul doute que, dans un autre contexte, la Lady aurait très mal pris cette critique. Plus pour sa famille que pour elle…Qu’il la considère comme une empotée, elle n’en avait cure. Mais son père ne méritait en aucun cas telle parjure. L’idée que la probable seule erreur qu’il ait jamais faite en sa présence de Sa Majesté lui ai couté la vie fit naitre en elle un nouveau frisson qu’elle préférait mettre sur le dos de ces fines gouttelette présente partout sur son corps. Il était toujours plus aisé de rejeté la faute sur ce coup du Destin que d’admettre que malgré les jours qui passaient l’absence de cet être si particulier était toujours aussi douloureuse. Oui…Qu’importe que le feu réchauffait suffisamment la pièce, elle ne cessait de tenter de se persuader que c’était le froid et nul autre prétexte qui causait ces frissons.

Des pensées bien vaines hélas. Masquer ses pensées n’est pas simple. Et quand bien même elles le sont…une part de nous sait avec exactitude ce qu’il se cache derrière le voile d’illusions. On peut toujours prétendre que la mer est verte. Tenter d’y croire dur comme fer. Cela ne change pas les faits. La mer est bleu, et qu’importe combien un être peut se répété qu’elle est verte, il saura toujours, au fin fond de son être, que la mer est bleu. De cette façon, le regard perdu dans les chaleureuses flammes, la marquise Valentyne tentait de chasser le vrai de son esprit afin de rester dans l’état d’esprit qu’elle avait su trouvé auprès de Mezariel. Ce n’était peut-être pas possible, en fin de compte ? Cela aurait sans doute été trop beau…L’idée de retourner le voir pour converser avec lui traversa l’esprit de la vampire…Mais en définitive elle ne semblait pas si bonne que ça. Certes, le courant était bien passé, mais une part d’elle redoutait que cela ne se passe pas aussi bien la fois suivante.

    « Alors ne revenez pas avant d’avoir accompli correctement votre travail ! »

Encore une fois c’était la voix du Roi qui vint la tirée de ses pensées. D’une façon qui n’était que plus désagréable que la précédente puisqu’il avait, cette fois ci, clairement élevé la voix. Savait-il qu’elle n’était point sourde ? Ce pauvre homme devrait apprendre un jour qu’il était inutile de crier…avec elle du moins. Car malgré la sale réputation qui le suivait…Il ne l’impressionnait pas. Elle n’avait pas peur de lui, ou plutôt, pas peur de la mort. Sa seule arme, son seul moyen de pression. Et même s’il s’était retourné pour poser son regard émeraude si elle et la pointais à présent du doigt…Elle n’avait pas l’intention de se mettre à trembler de peur pour que son égo reçoive sa dose de respect ! Peut-être que si ce feu n’était pas allumé elle aurait greloté de froid…Ainsi il aurait pu le prendre à sa sauce et en être satisfait…Mais non. Dommage, voilà qu’il n’avait plus qu’à essayer avec un autre sujet !

Quoi que quelque chose était présentement différent dans le regard du Monarque. Pas de mépris,  pas de dédain, pas même une petite once de haine ! N’était-ce pas là la première fois que la Marquise voyait cet homme fixer quelqu’un avec un air aussi…Neutre ? Quant à la couleur de ses joues…Etait-ce vraiment dû à la chaleur des flammes ? Peut-être que l’absence du feu n’aurait rien changé en cette scène…Et ce point de vue laissa l’esprit de Lizbeth se perdre un moment. Etait-elle véritablement la raison d’un tel comportement ? …N’était-ce pas horriblement intéressant ? C’est vrai, son père lui avait toujours inculpé que la beauté des êtres de la nuit était leur plus grande qualité…Qu’il était ardu d’y résister et qu’elle était le meilleur moyen d’attirer des proies…Comme un feu attirerait des papillons. De plus, il s’était tué à lui faire accepter que les humains ne valaient pas grand-chose comparés à eux –pourtant sa mère n’avait-elle point été humaine ?- et qu’ils étaient au mieux destinés à être des jouets. Rien de plus. En comprenant tout cela, en acceptant le point de vue de son père…Le Roi ne serait-il pas un jouet d’exception ? Le plus ardue, mais également le plus amusant serait sans nul doute de se l’approprier. Oh oui, il ne faisait nul doute qu’il s’agissait là de pure folie…Mais après tout pourquoi pas ? S’il tombait bel et bien dans ses filets…Alors elle aurait là le parfait moyen de venger son père. Tout en douceur…Tenter de le faire s’approcher d’elle subtilement…Afin de mieux briser cette forte personnalité si cela marchait comme elle le désirait. Et le tout en suivant à la perfection l’enseignement de son père. Aurait-elle pu trouver mieux ? Difficilement et ce petit jeu aurait le mérite de l’amuser…En toute sincérité, il l’amusait même déjà.

Ce qui rendait la chose amusante, c’était sans nul doute que le Roi ne serait pas une proie facile. La preuve en était que le charme se rompit peu après et que son air se durcit. Sourcils froncés, il se voulait sans nul doute plus imposant, plus sévère, plus effrayant…Mais si Liz n’était déjà en aucun cas intimidé par sa personne, ce point, ce petit détail n’avait pu que s’affirmer davantage lors de cette petite absence qu’il avait eue en la fixant. Pour peu, elle en aurait presque Dieu d’avoir fait pleuré le ciel. Mais les êtres de la nuit sont davantage enfants du Démon que ceux de cette divinité céleste. Elle n’avait en effet aucun doute sur le fait que sa tenue y était de beaucoup pour quelque chose…Les hommes étaient définitivement tous les mêmes ! Qu’importe leurs rangs, leurs classes sociales, leurs richesses…S’en était pathétique, quelque part.

Elle n’avait jamais eu aucun mal à s’attirer les bonnes grâces des hommes, qui qu’ils soient. Le Roi avait beau ne pas être n’importe qui, elle était persuadée que, même si avec lui elle mettrait le temps qu’il faudrait, il succomberait. Comme les autres. Mais elle était loin de s’imaginer alors à quel point ce petit jeu pourrait aller loin. Ni même la tournure qu’allait prendre les choses…On ne peut pas toujours tout prévoir, et tout ne se passe pas toujours comme on le voudrait ou comme on le prévoit…

Mais là n’était pas le plus important, pour le moment du moins. Qui sait ce que ce maudit Roi pourrait encore dire ou faire si elle ne s’activait pas ? Malgré cette idée qui venait de la traverser…Un petit détail était encore à mettre au point. Elle ne supportait pas sa présence. Voilà une chose à laquelle il lui faudrait remédier avant de commencer son petit jeu…S’il n’avait point déjà commencé d’ailleurs. Voilà un point sur lequel elle devrait méditer…Dehors. Loin de cette pièce qui commence petit à petit à l’étouffer. L’étouffer de par sa chaleur….L’étouffer de par la compagnie non désirée de l’être le plus important de France. Pourtant, ironiquement, combien de femmes auraient rêvées de pouvoir se trouver aussi proches de lui ? Il était après tout évident que l’on s’arrêtait à son physique…Le nombre de femmes qui rêveraient d’un tel homme se trouverais multiplié. Son sadisme gâchait le tout…

Elle tourna les talons et quitta la pièce, refermant doucement la porte derrière elle, sans plus poser un regard sur lui. Vraiment, elle plaignait Diane, sa Reine. Devoir être mariée à cet homme. Rester à ses côtés quoiqu’il advienne…Jamais Lizbeth n’aurait pu accepter une telle destinée. Nul doute ne planait sur le fait que le caractère des deux femmes devait être à l’extrême opposé. La rumeur planait que Diane elle-même avait peur de son mari…Idioties. Cette femme n’avait-elle donc aucun caractère ? Lizbeth elle-même n’aurait craint de lui tenir tête ouvertement à a place ! Cela dit il n’est pas dit qu’elle aurait longtemps supporté d’être mariée à un tel homme…A sa place voilà fort longtemps qu’elle aurait trouvé une solution pour s’échapper des griffes d’un tel démon. Même la mort semblait être plus agréable à coté…Mais peut-être que la Reine ne voyait pas les choses de la même façon, qui sait ? De quelle façon la peur agit-elle sur son comportement ? Certainement pas de la bonne façon du point de vu de la marquise en tout cas…

Mais passons. Lâchant un soupire, elle se dit qu’il serait une bonne idée qu’elle se remette au travail…Non pas que l’envie soudaine d’obéir au Roi venait de lui prendre, mais elle voulait prendre un bain et elle ne saurait se prélasser dans l’eau chaude avec l’idée de devoir retourner au dehors par la suite. Car oui, elle aurait très bien pu aller prendre l’objet de sa convoitise avant d’aller chercher ces maudits documents, faire attendre le Roi n’était pas un tabou chez elle. Mais à quoi bon si la Pluie devait à nouveau tomber en larmes sur elle par la suite ? Cela relèverait alors de l’inutilité, et jamais il ne saurait faire son travail de la détendre correctement.

C’est à un garde qu’elle confia la tâche de lui faire amener une calèche…Une demi-heure plus tard devant la bibliothèque. En définitive, l’idée de faire attendre le Roi semblait bien plus alléchante que celle de prendre un bain au plus tôt. Elle avait donc décidé –sur un coup de tête- d’y retourner à pied et d’attendre la calèche une fois sur place. Peut-être converserait-elle un moment avec cet homme qui l’avait aidé plus tôt en attendant son moyen de transport, qui sait ? Pour l’heure, après avoir reçu une confirmation du garde qui semblait ne pas bien comprendre la démarche de la jeune femme elle se contenta de s’éloigner d’un pas lent. Elle verrait bien sur l’instant ce à quoi elle occuperait son temps une fois sur place…L’idée de commencer un livre était tout aussi alléchant après tout…En fait non. Il l’était bien davantage.

Ses pas n’accélèrent pas un seul instant alors qu’elle traversait encore une fois la Capitale. A quoi bon puisque qu’elle n’aurait rien pu faire sans la présence de cette calèche qui n’arriverait que plus tard ? De plus, ce n’était pas cette si persistance pluie qui, après l’avoir déjà arrosée de la tête aux pieds, allait la forcer à accélérer le pas. Elle avait déjà froid et il était impossible d’être mouillée plus que c’était présentement le cas pour elle. L’avantage d’un tel temps était que l’on ne croisait personne ou presque dans les rues de la capitale. A croire que ses habitants étaient tous pareils à des chats…Fuyant la moindre gouttelette d’eau. Oh, bien sûr elle ne s’en plaignait pas. Ce n’était pas pour lui déplaire…Elle n’aimait pas la foule après tout.

Voilà donc pourquoi son trajet fût aussi serein qu’agréable, malgré le froid. En son sens elle arriva bien vite dans la grande bâtisse aux livres. L’agréable surprise de son retour se lisait aisément sur le propriétaire des lieux qui vont immédiatement conversé avec la marquise. Au final le choix de lui avait pas été laissé…Elle n’aurait pourtant pas craché sur un bon livre après une telle journée. Mais tant pis, elle aurait tout loisir de lire une fois rentrée au château. Entretenir de bonnes relation avec un homme s’occupant de tel lieu ne pouvait après tout lui être que bénéfique. Ainsi c’est derrière des masques de sourires, de rires et bien être qu’elle était un moment resté en sa compagnie. Après cela elle n’aurait su dire si l’arrivée de la calèche était une bonne ou une mauvaise chose…Etait-ce cet homme ou le Roi qui présentait la plus désagréables des compagnies ? Aussi étrange que cela puisse paraître…Lizbeth opta pour le manant face à elle. Si le Roi était pire, le peu de temps qu’elle passerait avec lui rattrapait le tout de façon étonnante.

Après des excuses qui n’était pas pour le moins du monde sincères elle annonça à cette horripilante compagnie qu’elle se devait de retourner faire son devoir. Malgré cela il l’aida à charger les livres et divers documents dans la calèche…Elle esquiva les conversation en feuilletant les ouvrages qu’elle transportait. Diable à quel point cet homme pouvait être stupide ? Car, la marquise n’avait nul doute là-dessus, s’il faisait tout cela c’était bel et bien parce qu’il pensait qu’elle l’appréciait et voulait que tout cela continu dans ce sens. La crédulité des hommes peut être effrayante parfois. S’il était un bon point qu’elle pouvait accorder au Roi après pareille rencontre, c’était bel et bien qu’il ne se ferait pas avoir aussi facilement. Oui, la tâche s’avérait ardue, mais elle l’aurait sans nul doute encore plus méprisé d’agir de la même façon que cet insupportable manant.

Fort heureusement la calèche se trouva bien vite pleine et si Liz accepta de rentrer à l’intérieur de ce moyen de transport c’était bel et bien pour rentrer au plus vite sans risquer qu’une proposition de la raccompagnée tombe au milieu des « au revoir. ». Ainsi, le retour au château se trouva être bien plus rapide que prévu…Ce qui n’arrangea pas la mauvaise humeur dans laquelle ce manant venait de la mettre. Pourtant, elle ne réagissait pas si mal d’habitude. Etait-ce la fatigue qui la rendait ainsi ? Ou y avait-il une autre raison derrière tout cela ? …Cette supposition était tout bonnement ridicule. La fatigue devait être le seul facteur à influer sur ses réactions et ses pensées, voilà tout. Il n’y avait pas à chercher plus loin car là était la seule explication probable et donc la seule explication possible. Autrement dit…Elle voulait juste en terminer avec toute cette histoire, aller prendre son bain et aller se coucher en espérant réussir à trouver de nouveau le sommeil.

Voilà pourquoi c’est sans amabilité aucune qu’elle demanda à quelques gardes de l’aider à transporter tous les documents à apporter au Roi. L’idée de faire plusieurs allers retours réussirait à elle seul à épuiser l’Infant. S’emparant donc de quelques ouvrage de ses maigres bras –se trouvant inéluctablement avec quelque humidité que la belle avait accumulé une nouvelle fois au dehors- c’est suivis de quelques gardes qu’elle se dirigea encore une fois vers ce salon qui commençait à l’agacer, lui aussi ! Et cette fois ci, elle se jura intérieurement que si ce fichu Monarque n’était pas contente, quel que soit son statut elle lui ferait bouffer l’un de ces maudits livres ! Elle était comme tout le monde, sa patience avait des limites. A l’inverse, cependant, de la plupart de ces lèches bottes du château elle n’était pas juste du genre à se taire et à subir sous prétexte que l’objet d’un tel agacement était d’une classe sociale plus élevée.

N’en oubliant cependant ni sa politesse, ni ses convenance, trois petits coups portés contre la porte vinrent avertir le Roi de son arrivée avant qu’elle n’ouvre la porte et s’engouffre dans la pièce, toujours suivie de ces hommes qui lui firent gagner un temps fou et une fatigue inutile. La chaleur de la pièce lui fit un bien fou…Mais ironiquement la chaleur avait toujours également eu cette tendance à l’endormir, aussi elle préférait ne pas rester trop longtemps dans cette pièce dont seule la présence du Roi lui retirait tout son côté chaleureux.

Soigneusement elle s’avança pour déposer les ouvrages sur la table basse, et ne fît sa révérence qu’une fois débarrassée de son fardeau. Ce n’était après tout pas elle la fautive si avoir les bras encombrés l’empêchait de faire convenable révérence…Encore une fois, si n’était pas content il pouvait bien bouffer un de ces bouquins…Avec un peu de chance il s’étoufferait avec par la même occasion ! Comme on dit « le Roi est mort, vive le Roi ! ». Il ne fait nul doute que sa mort serait une bonne nouvelle pour à peu près tout son peuple…Après tout y avait-il eu ne serait-ce qu’une fois dans l’histoire de la France un Souverain aussi haït de ses sujets ? Malgré tous les livres dévorés par la jeune femme, aucun d’eux ne répondait que oui.

Elle se redressa doucement. Fatigue, mauvaise humeur…Tout cela était parfaitement caché derrière un masque d’une impassibilité parfaite. Peut-être seuls quelques cernes, appuyés par l’état lamentable dans lequel la pluie avait mis son accoutrement, pouvaient trahir la véritable demoiselle, sous son mur de glace que ce satané feu n’était pas capable de faire fondre.

    « Y a-t-il autre chose que je puisse faire pour vous ? »

Elle s’était alors demandé si elle devait commencer son petit jeu. Elle avait beau être épuisée…Nul doute que l’état actuel de ses vêtements était un avantage plaisant et qu’elle n’aurait pas l’occasion de se présenter devant le Roi dans un tel état avant un long moment si toutefois elle était capable de le faire une nouvelle fois un jour. Une chose toute simple, peut-être ? C’est finalement sur un ravissant sourire qu’elle se décida de ponctuer cette phrase…Plus qu’à attendre de voir si cela fait réagir le blond d’une quelconque façon qu’elle soit. Histoire de savoir si ces agissements sont une bonne tactique à employer où si elle doit chercher autre chose…

Resterez-vous de marbre, Charles ?
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MessageSujet: Re: Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie.   Sam 7 Jan - 23:56

On dit que les femmes sont les plus pures des créatures qui soient. La perfection à l’état pur et parfait, l’ouvrage du Seigneur dans toute sa splendeur. Pour être intégralement honnête avec le monde entier mais aussi et surtout avec lui-même en premier, Charles doutait très fortement de ces dires qui n’étaient que félonies mensongères d’après ces constatations personnelles. L’innocence ne se trouve pas plus en les femmes qu’en leurs homologues masculins. Il n’y avait pas d’innocence, uniquement de la traitrise et du démonisme. Depuis bien longtemps, on avait prit soin d’enseigner au Monarque que faire confiance à quelqu’un, c’était lui permettre de vous détruire petit à petit. De ce fait, la solitude restait la meilleure des options pour la couronne. Il avait vainement tenté une lutte dérisoire contre ce précepte, étant plus jeune. Mais le résultat tomba finalement de toute sa masse sur ses frêles épaules ; Il n’avait pas le choix que de considérer la vérité sous sa forme la plus blessante. Celle qui lui disait de rester constamment sur ses gardes car sait-on jamais, le danger règne partout et nulle part à la fois.

D’ailleurs, il y avait quelque chose de suspect chez cette Marquise, un détail qu’il n’aurait su clairement définir mais qui était tout de même là, juste devant ces yeux, telle l’évidence même. Pourtant il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus, bien qu’il eut essayé en quelques pensées interminables, en la regardant revenir. A ce propos, cette noble avait encore une fois en moins d’une journée failli quelque peu à sa tâche. Un second retard, a croire que cela lui plaisait de déroger aux ordres –pourtant simples – que lui avait donné Charles. Un peu plus et il l’aurait volontiers faite exécuter sans autre forme de procès ! A ce propos… Son nom de famille lui disait vaguement quelque chose. Ce n’était pas familier ni étranger, seulement quelque chose entre les deux. L’aurait-il déjà entendu quelque part ? Le Roi se le demandait bien.

Bref, peu importait le patronyme de cette demoiselle. L’unique objet attirant toute son attention en cet instant était la majestueuse pile de livres tout juste déposés sur la table du Grand Salon. Derrière lui, dans son dos, le feu semble redoubler d’intensité en apercevant ces exemplaires manuscrits. Avait-il perçu, entre ses flammes immolantes les sombres pensées du Souverain ? Dans ce cas, en effet s’il avait comprit se qui attendait ces malheureux livres, sans doute devait-il se languir de pouvoir les enlacer jusqu'à ce que mort s’en suive dans son sang annihilant.

Les yeux clairs du Roi toisent un instant, sombrement, la Marquise devant lui. Elle est encore trempée, dieu, ne pouvait-elle pas aller se changer avant de retourner à son travail dans cet état déplorable ? Il ne prit même pas la peine de soupirer à la vue de tant de stupidité. Soit, si elle n’avait rien de mieux à faire de ses longues journées que de jouer les dépravées, qu’elle le fasse ! Mais aucune plainte ne sera tolérer venant de sa personne dans ce cas là ; Déjà parce qu’elle aura amplement mérité qu’on la traite ainsi et ensuite parce que Charles n’avait pas que ça à faire de plaindre ses pauvres nobles si malheureux. La preuve en est, le dernier venu se lamenter fut décapité l’heure suivante. Il ne fallait pas confondre Monarque et confident, l’un étant bien plus cruel que l’autre, cela va sans dire.

Finalement, plutôt que d’ordonner à la blanchâtre notable de lui amener les ouvrages traitant de son feu père, il prit la décision d’aller lui même les chercher. La satisfaction de la destruction n’en serait ainsi, que plus grande. Aussi, Charles usa des plus amples mouvements pour ne pas abîmer ne serait-ce qu’un seul des recoins des livres qu’il tenait maintenant dans ses mains. Lorsqu’il s’était avancé, presque nonchalant vers la table ou l’attendaient les futurs condamnés à mort, chacun de ses pas avaient paru résonner dans la pièce, soulignant son pouvoir et sa puissance a tout les manants osant prétendre le contraire. Oui, le Monarque statuait sur le Trône depuis cinq ans maintenant et son aura ne faisait que confirmer ce fait indéniable. Personne ne pouvait nier que la Couronne n’était posée sur nulle autre tête que la sienne après pareille démonstration.

Pourtant, il avait semblé presque… calme et ayant les livres dans les bras. Juste un instant, un court instant durant lequel il s’était replongé dans ses pensées lointaines, celles qui se souvenaient encore de son paternel. Et il ne regrettait pas son geste à venir, bien au contraire. Le voile reposé de mélancolie ayant durant une seconde à peine mystifié ce sentiment amer dans ses yeux s’enflamma bien vite sous l’étendard de la Haine, qui y était-elle, bien présente depuis un temps infini maintenant. Un sourire mauvais s’était peint sur ses lèvres alors qu’il s’imaginait déjà la moindre de ces pages périr sous les infernales caresses du feu présent dans les entrailles de la cheminée.

Son esprit était tellement soumis aux Brumes de sa vengeance toute personnelle qu’il ne fit même pas cas – dans un premier temps du moins- de la phrase prononcé par la rebelle Marquise, celle là même qui jouait bien trop avec le feu et risquait un jour de s’y brulée si elle ne se calmait pas immédiatement. Mais qu’importe, de même que le sourire assurément faux qu’elle lui avait adressé, là n’était pas la préoccupation première de Charles. Il se dirigeât vers le gouffre que l’on aurait pu croire blesser si les flammes avaient été gerbes de sang. Mais non, les rôles n’avaient pas à être inversés. Les bourreaux resteraient les flamboiements crépitant ardemment d’impatience en voyant leurs victimes de plus en plus proches d’eux.

Il ne fallut d’ailleurs pas bien longtemps au régent du pouvoir pour de saisir de sa paume solide de l’un des ouvrages et l’observer quelque peu. Une couverture dans les tons bordeaux sur laquelle ont pouvait lire « Naissance du Roi Henri, Verset Premier. ». Pathétique. Comment pouvait-on utiliser des centaines de pages uniquement pour raconter une part seulement de la naissance d’un enfant ? Ridicule, Charles n’avait part ailleurs, pas eu droit a de telles pensées, ou alors il n’avait jamais été mis au courant de tout cela. Rien que de se remémorer telles inepties le fit sombrer dans son flot de folie destructrice.

Sa main ne prend pas de hauteur, il se contente de lâcher négligemment l’ouvrage dans la gueule de la cheminée et de le regarder être consumé intégralement. Si ces choses étaient dotées de la parole, cela aurait presque pu être drôle. Entendre leurs hurlements de douleur aurait peut-être, pendant un temps, anesthésié l’amertume du Souverain, peut-être cela l’aurait-il même rendu un peu meilleur durant un temps. Mais non, les chimères n’ont ici pas leur place et il est nécessaire de ne se raccrocher qu’à la réalité. La seule et l’unique. La puissante et blessante. Si Charles souhaitent ouïr les cris des malheureux livres condamnés pour les écrits qu’ils portaient, il n’a d’autre choix que de se les imaginés mentalement… Ou bien faire envoyé à la potence un innocent et mettre les sons extraient de la gorge de ce dernier en imageries de ces pensées démoniaques. Après tout, une transposition est si vite faite, lorsqu’on y pense. Il n’y aurait rien de plus simple même.

Mais le Seigneur est fatigué aujourd’hui, aussi ne prendra-t-il même pas à peine d’hurler des consignes mortelles à un citoyen. Peut-être demain s’il se sent mieux. La nuit a dû l’affaiblir, il n’y a pas d’autre solution plus plausible. Pour tout défouloir, il prend un autre livre qu’il amène au même destin que son prédécesseur, déjà réduit à l’état de cendre brûlante, consommant ainsi le nouvel arrivant. C’est ironique n’est-ce pas ? L’ancien condamné devient à son tour bourreau de son camarade. Encore une sympathique vision des choses, il faut le dire. Les humains sont exactement pareils. Que ce soit hommes ou femmes, ils n’obéissent qu’a leur intérêt et peuvent retourner leurs vestes dés qu’ils se voient desservis par l’actuelle situation. Quelle détestable espèce à la tête de laquelle siège Charles. Décidément, il finissait par se demander s’il n’avait pas été foncièrement mauvais dans une autre vie pour être jeté pieds et poings liés –auparavant- dans une existence de cette sorte.

Il secoue la tête. Là encore ce n’est pas le genre de question philosophique qu’il est de rigueur de tenir à présent. Il n’a pas encore terminé la tâche à laquelle il s’était passionnément attelé. Les ouvrages manuscrits.. Il en reste encore une légion entière à détruire. D’ailleurs, ne prenant pas le temps de contempler chaque disparition avec un démoniaque rictus sur la face, il jette l’intégralité de la pile qu’il avait dans les mains au sein du feu, maintenant encore plus vivace. Ses talons pivotent à l’unisson dans un gracieux mouvement de virevolte et le voilà de retour prés de la table qu’il avait déserté il y a peu de temps. Une autre Tour est désormais prisonnière de ses bras et du sort inéluctable attendant toutes les entités ayant eu un jour le maudit privilège d’être étreintes par ces muscles du Diable.

Et bien évidemment, eux aussi subissent la même fin peu glorieuse qu’on vécu leurs prédécesseurs avant eux. Détruits, brulés, effacés. Il n’y a rien de mieux pour calmer le Roi, mais également l’épuiser. Il ne saurait dire si cela est dû à la chaleur ou aux accumulations d’énervements contenues dans son corps mais qu’il s’efforce tant bien que mal de dissimuler derrière son habituel masque inexpressif mais il éprouve quelques difficultés à respirer, soudainement. Comme si de nouveau, un étau le prenait à la gorge, sans prévenir.

Pourquoi ? Il ne connait pas la réponse. La culpabilité ? Le regret ? Allons bon, ce ne sont pas des choses qu’il est en mesure de connaître ! Tout du moins, cela fait tellement longtemps qu’il ne les a pas ressentis qu’il ne saurait même plus les définir avec exactitude. Aussi, son ressenti en est d’autant plus flou et ce n’est guère pour arranger son humeur déjà bien basse.

Les minutes et autres notions du temps défilent sous la coupe de l’Horloge du salon, observant avec une inexpression certaine la fin de vie des si précieux manuscrits que rien ni personne ne put sauver de leur triste assassinat. Une barbarie inimaginable dirait n’importe lequel des bibliovores de ce siècle. Pourtant, s’ils osent peut-être le penser, peu de chance qu’un seul d’entre eux ait la suicidaire envie de faire partager ladite pensée au Souverain. Après l’avoir tant de fois répété, inutile de déblatérer de nouveau sur les risques de Mort donner tels la providence à tout les fous voulant faire résonner leurs voies plus fortement que celle du Roi lui-même.

Le calme aurait presque pu reprendre sa dose de domination, dés lors qu’il ne restait plus qu’un seul livre miraculé dans la pièce. Le Roi avait sentit sa fureur chuter d’un cran, devenant, non pas moins lancinante mais plus supportable dira-t-on. Sérénité, cette douce sensation qui enveloppe le corps et l’âme de ses bras invisibles… Cette mystérieuse déesse avait pourtant bien sur mal à se faire accepter de l’esprit de Charles, qui paraissait inconsciemment, la rejeter en bloc solide et immuable. Elle perdait pied dans la noirceur de sa colère, sombrait dans l’épaisseur de sa rage, mourrait au sein de sa rancœur. Le dédale pensant du Monarque ne lui laissait aucune chance de se poser convenablement.

Et au final, tous les efforts faits par cette entité imaginaire volèrent en éclats aussi vite qu’ils s’étaient constitués. La raison ? Le dernier livre maintenant dans la main du Roi, Charles de France. Il n’aurait normalement pas prit le temps de s’y intéresser plus qu’aux autres, mais un éclat de lumière, venu de l’extérieur frappa la couverture dorée, se répercutant dans l’iris verte de l’homme, le forçant un instant à fermer la paupière pour ne pas laisser s’écouler une larme surprise mais indésirable. Rouvrant les yeux, il examina plus attentivement les écrits mis en reliefs sur le premier habit du livre et ce qu’il pu y voir le glaça sur place.

« En mémoire du plus aimé des Roi de France, Sir Henri de France. »

Non, non, non, NON ! Impossible ! C’était là une insulte pure et simple contre lui et rien d’autre ! Comment ? Qui avait osé mettre au jour un si immonde manuscrit ?! Si Charles le retrouvait, il le ferait succomber sous les pires tortures imaginables ! Les traits de son visage se voient déformés par la colère intense l’envahissant. Sa mâchoire se crispe et ses dents grincent atrocement. Une veine apparait alors sur son front, de même que sur ses mains et plus particulièrement sur celle tenant le bouquin.

D’un geste, incontrôlé, démesurément dosé de force, il expédie bien rapidement le livre dans son tombeau de flammes.

« DISPARAIT ! » cri-t-il soudain.

Le feu parait réagir à son impulsion colérique et s’embrase avec plus de fougue pendant quelques secondes avant de reprendre sa forme initiale, déjà bien consummante. Et le livre, comme tous les autres, brûle encore et encore, jusqu'à s’évanouir dans les chaleurs de sa prison.

Tout son dégout exprimé, Charles se sent… vide, à présent. Il halète car son corps lui murmure qu’il est épuisé. Pourtant il a bien dormi, avant. Il ne comprend pas mais ne cherche pas de solution en fin de compte. Il a laissé s’évader d’un coup d’un seul tout le noyau pourrissant de sa colère du jour. Il se sent mieux, c’est vrai, il ne peut guère le nier. Pourtant, ses yeux embués d’une solitude n’étant plus à prouver, ne parvienne pas à se rendre au calme et a l’indolence, comme si quelque chose les en empêchaient.

Et c’était le cas, en fin de compte. Le Roi vient tout juste de comprendre. La Marquise, elle n’a toujours pas quitté la pièce. Sans doute l’a-t-elle vue en proie à l’un de ses noirs sentiments. Ce n’est pas bon, il a laissé sa colère éclaté devant un oubli certes restreint mais présent tout de même. Ce n’est pas bon, il ne s’agissait pas de la même moiteur haineuse qu’il laisse flâner a son gré lorsque la foule l’entoure. Ce n’est pas bon du tout, là, il était question d’une part de lui-même et don être, quelque chose qu’il n’a jamais dévoilé a personne, pas même à Diane, son épouse.

Pourquoi avait-il fallut que cette noble reste là à le regarder sans rien faire ? Ne pouvait-elle pas repartir aussi vite que le retard qu’elle avait prit soin d’accumuler ? C’était persuadé de son fait que Charles l’avait littéralement effacé de son champ de vision, ne s’occupant plus d’elle, s’adonnant a son jeu favori, la destruction.

Pourtant non, elle était resté là, sans rien faire pour signaler autrement sa présence –ou alors le Monarque, tellement prit par son activité démone ne l’avait pas vu. Maudite femme ! Toujours à être là lorsqu’il ne le faudrait pas ! C’était à croire qu’elle le faisait exprès ! Bref, il faut trouver quelque chose à dire pour lui sortir de la tête ce qu’elle vient de voir. Non pas que le Souverain craignait qu’elle ait la langue trop pendue – quoi que… - car si c’était le cas il la ferait exécuter, mais il en allait plutôt de sa fierté personnelle, de son égo démesuré qu’il était essentiel de sauvé le plus vite possible.

C’est ainsi qu’il s’appuya de nouveau contre le haut de la cheminée, laissant son visage capter le flot de chaleur qui s’extirpait de l’article décorateur et, sans lui accorder un seul regard, tentât de dire, le plus sereinement possible :

« C’était là tout les documents traitant de lui ? Vous êtes sure qu’il n’existe rien d’autre ?"

Il avait seulement un viscéral besoin de se rassurer et … de se protéger de tout ce qui l’entourait. Comme un enfant.

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Infant

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MessageSujet: Re: Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie.   Dim 8 Jan - 0:08

[justify]Le son du feu, consumant toute chose à sa portée, fût l’espace d’un instant le seul son à atteindre les oreilles de la marquise. Elément destructeur, il peut réduire en cendre bon nombre d’objets et de matières entrant en son contact. Un véritable fléau…Qui pourtant est ici parfaitement maitrisé. Une source même de chaleur…C’est à se demander si le but premier de son existence est celui de détruire ou de réchauffer. Il suffirait d’un rien, d’un tout petit rien pour qu’il déborde de la cheminée le tenant captif, et dévore ce foyer qu’il était censé réchauffer de ses flammes. Une lame à double tranchant. Il peut aussi bien être un allié qu’un ennemi. N’est-il pas d’ailleurs, en ce point, semblable au Monarque de ce pays ?

Charles, le Roi. Son rôle est de protéger son pays, son peuple, pas l’inverse n’est-ce pas ? Diriger avec droiture, être un feu réchauffant le cœur de ses sujets de par ses seuls actes. En a-t-il seulement été capable un jour ? A l’inverse des flammes, il ne semble pas œuvrer pour un quelconque bien être –si ce n’est le sien propre- et s’emploie, corps et âme à la souffrance de son peuple, illustré à la perfection par toutes les mises à mort qu’il a ordonnées dès son couronnement et –la marquise n’avait aucun doute là-dessus au vu de son caractère des plus particuliers- bien même avant cela. Aurait-elle été capable de penser telle chose au propos du défunt Roi, le père de Charles ? Elle l’ignorait en toute honnêteté. Elle n’avait jamais ouïe dire du mal du précédant souverain, mais n’avait jamais eu l’occasion d’être sous ses ordres directs puisque son père l’était, et si elle l’avait aperçu quelques fois, la distance les séparant était bien trop importante pour qu’elle puisse se faire une idée du personnage. On ne disait que du bien de sa personne ; Lizbeth avait appris à ne jamais se fier à l’opinion publique et de se faire la sienne propre.

Ce fût le cas, par exemple, pour Charles. Jamais elle ne s’était laissé dire qu’il était mauvais. Elle l’avait constaté lors de la mise à mort de son père. Elle était toujours partie du principe que tout le monde ne peut pas penser la même chose. Les goûts et les avis diffèrent tellement…N’est-ce donc pas la preuve d’une profonde imbécilité que de suivre l’opinion d’une majorité sans être capable de s’en faire une soi-même ? Se dire que telle ou telle est personne est bonne ou mauvaise n’est pourtant guère plus compliquer que de se dire que tel ou tel aliment est bon ou mauvais à son palet…Il ne peut donc être qu’un imbécile heureux que celui qui se comporte comme un vulgaire mouton de panurge. Comme quoi…La pathétique ne connait –semblerait-il- aucune limite.

D’ailleurs, en parlant de pathétique…La marquise était bien curieuse de voir ce que le dirigeant du pays allait bien pouvoir faire de tous ces livres. Non pas qu’elle avait quelconque intérêt pour tout ça cela dit…La curiosité brulait en elle comme un feu menaçant de déborder le raisonnable. Elle aurait bien été capable de poser directement la question à son supérieur hiérarchique et cela quoi qu’il puisse lui en couter…Le connaissant un tel débordement ne serait d’ailleurs pas toléré, surtout après ce qu’elle venait de faire. Vraiment…Quelle vile invention des Dieu que le feu.

Qu’importe combien ses défauts sont nombreux, et affligeants, et qu’importe combien la marquise peut avoir cet homme en pitié, il est bien une chose qu’elle ne peut qu’apprécier en ce jour, c’est son désintéressement total pour tout ce qui l’entoure, y compris ses sujets les plus hauts gradés. Il avait tout bonnement ignoré la question –et le sourire- de la belle au profit de sa petite occupation, ce qui l’arrangea bien car c’était là une bonne occasion de ne pas bouger d’ici et d’assouvir sa curiosité personnelle. A dire vrai ses actes en l’instant l’intéresse fortement. Intéressant, c’était-elle même risquée à penser alors qu’il n’avait en rien réagit à son sourire. Ce petit jeu s’avèrerait donc digne d’intérêt…S’y prêter avec le Roi même n’aurait eu aucun intérêt dans le cas contraire. Maintenant il lui fallait trouver un stratagème pour le faire tomber avec tant de douceur qu’il ne s’en rendrait pas même compte dans ses filets, afin de mieux briser cet être de l’intérieur…Comme elle savait si bien le faire. On pourrait croire la marquise sans aucune morale…Mais elle avait été élevée de la sorte. Et même dans le cas contraire, que ce soit un fait considéré comme « bon » ou « mauvais », elle aurait trouvé vengeance sur la personne du roi pour son défunt père. L’enfer lui est promis depuis sa naissance même…Autant trouver de bonne raisons d’y atterrir n’est-ce pas ?

L’idée de trouver tout de suite comment procéder était tentante. Horriblement tentante seulement…Voilà que le Roi s’était décidé à prendre une pile de livre et ainsi il s’attira toute l’attention de la blanche vampire. Impossible qu’il ne veuille lire tout ça n’est-ce pas ? Oh elle était loin, bien loin de pouvoir se douter qu’il ferait une telle chose de ces précieux –non pas qu’elle les voyait comme ça pour leurs contenus, bien au contraire, mais pour leur nature même- ouvrages. Même après avoir vu se dessiner sur le visage de son Roi un sourire des plus mauvais, elle ne s’était pas attendu à tel blasphème envers des écrits. Encore alors qu’il se dirigeait vers son alter égo de chaleur tant compressée qu’elle en serait palpable, elle avait eu du mal à se faire à l’évidence. Mais qu’elle y croit ou non, qu’elle se soit attendue à telle chose ou non, qu’elle soit surprise de telle action ou non, la finalité n’aurais jamais pu changer. Plus depuis que le Roi avait décidé de ce qu’il ferait de tous les écrits traitants de son père. Bien vite, un premier ouvrage, passé dans les phalanges du roi, fini dans des flammes qui auraient tout aussi bien pu, associées à cet homme ignoble, venir tout droit de l’enfer à qui Lizbeth était promise depuis bien des années.

Elle n’en revint pas. Elle ne comprenait pas. Voilà un acte impensable à ses yeux. Elle avait toujours aimé, admiré et respecté son père, tout comme les livres et la lecture était une de ses passions premières…Décidément l’esprit de de Roi était bien complexe tant sa façon de penser se faisait simpliste en enfantine. Quelqu’un ne lui plait pas ? Il s’en débarrasse. Quelque chose ne lui plait pas ? Il s’en débarrasse. N’est-ce pas là la façon d’agir d’un enfant, d’un sale gamin prétentieux et pourris gâté ? Peut-être ne le sait-il pas encore mais…Est-il au courant que bien que tous ces ouvrages brulent, il n’arrivera jamais pourtant à effacer l’ancien roi pour autant ? Qu’importe qu’il n’existe plus aucune preuve matérielle de son existence…La plus belle de ces preuves est tout ce qu’il a accompli…Et surtout le souvenir que chacun gardera de lui au fond de soi. Une chose que, qu’importe sa bonne –ou mauvaise- volonté à vouloir se débarrasser de tout ça…même dans son esprit propre, la mémoire de son père restera intacte. Il ne pourra pas s’en débarrasser…Et devra apprendre à vivre avec. Jusqu’au jour de sa mort. Jour que Lizbeth attendait avec la plus grande des impatiences d’ailleurs.

Et c’est sous le regard sanglant de la belle fille de la nuit que les livres rejoignirent Lucifer dans ses flammes ardentes, qu’ils y atterrissent seuls ou en véritable colonie. A quoi bon tout ce petit manège ? N’aurait-il pas pu faire savoir à la marquise qu’elle pouvait disposer s’il n’avait plus besoin d’elle ? Non pas qu’elle s’ennuyait ici, mais elle avait plus intéressant à faire, comme prendre un bain chaud, par exemple. Le feu et son ardente chaleur était là pour le lui rappeler à chaque bouchée de livre engloutie. Et c’est lorsqu’elle prit enfin la décision de quitter la pièce sans demander son reste, qu’importe que le roi entre dans une colère noire par la suite, qu’il ne restait plus qu’un seul et unique ouvrage sur la table. Au point où elle en était…elle pouvait bien attendre qu’il soit également englouti par les flammes afin de s’assurer qu’elle n’aura pas à subir les sautes d’humeurs du roi et que ce dernier lui dise enfin qu’elle peut disposer n’es-ce pas ? Les choses auraient étés si simples de cette façon…Seulement il semblerait que ce petit était bien loin d’avoir calmé les esprits du Roi.

La vue de ce livre à la couverture dorée le Roi sembla changer d’une certaine façon. Un livre rédigé pour le « plus aimé des Roi de France » si Lizbeth en croyait ses souvenirs. Elle en avait lu quelques lignes alors qu’elle transportait l’ouvrage au château. Mais bien vite elle avait reposé l’objet. Lire telle chose, fondée uniquement sur les pensées des gens n’était pas vraiment dans sa nature. Libre à celui qui avait écrit cela de penser telle chose, mais n’aurait-il pas pu out aussi bien garder ses sentiments secrets pour l’ancien monarque pour lui et pour lui seul ? Lire ce que lui et –probablement- une bonne partie de la France n’intéressait personne bon sang ! Ainsi, c’était là un ouvrage qu’elle eut grand plaisir à voir se consumer dans les flammes…Ce n’était pas ça le problème, mais la réaction des plus exagérée du souverain, qui eut le mérite de la faire sursauté tant elle ne s’y attendait pas.

    « DISPARAIT ! » avait-il soudain crié en envoyant l’ouvrage rejoindre tous les autres, à l’état de cendres dans la cheminée du salon.

Elle en vint même à se demander s’il était possible de haïr son paternel à ce point…Car pour elle il n’était nul doute qu’il s’agissait bien d’Henri de France et non de l’objet rempli de futilités dont il était question. Son fils, son unique enfant, au regard qu’il posa par la suite sur la marquise, semblait bien avoir oublié qu’elle était encore là. Oh, ainsi elle aurait pu s’éclipser sans qu’il ne s’en rende compte ? Dommage, à présent les choses ne seraient probablement aussi simples…Cet homme était bien du genre à la faire exécuter pour l’avoir vu en proie à ses sentiments les plus profonds. Nul doute après tout ce cette simple journée lui avait permis de comprendre un peu mieux sa proie. Un bon point pour elle, en soi. Mais pas pour lui. Or, quiconque contrarie le Roi ne peut s’attendre qu’à la mort ou à la torture. Voilà à quoi elle s’était attendue. Des hurlements de la part du monarque. Mais ils ne vinrent pas. Jamais.

Etait-ce un contrecoup de la honte ? Ou simplement de la nostalgie qui aurait pu s’emparer de lui alors qu’il se débarrassait de ce qui se rapprochait tant de souvenirs ? L’Infant n’en savait rien. Elle n’en saurait probablement jamais rien. Les sentiments, les relations humaines, tout cela n’avait, hélas, jamais prôné dans ce qu’elle maitrisait au mieux, bien au contraire. N’était-ce pas là un fait bien ironique, lorsque l’on ose songer que pourtant, lorsqu’elle joue la comédie, semblable à l’actrice d’une pièce de théâtre, elle sait réagir au mieux avec des masques d’émotions simulés du début à la fin ? Avec cette expérience, ces situations vues et revues, même fausses, ne devrait-elle pas savoir comment réagir de façon naturelle ? Non, tout ça restait bloqué. Inéluctablement. Derrière cette barrière de glace qui refusait de fondre, qu’importe le temps qu’elle pouvait passer près d’un feu, ou au soleil…Ce que cette éternelle glace pouvait être agaçante, parfois.

Pourtant il était urgent qu’elle trouve réaction à laquelle s’adonner devant le Roi, le temps n’était pas figé et à chaque seconde passée elle s’attendait au pire. Contre toute attente, ce fût comme si rien de tout ça ne s’était passé. Elle n’arrivait plus à le voir comme elle le voyait habituellement, pourtant il semblait s’efforcer à l’être, en s’appuyant contre cette cheminée, complice de ses méfaits. Son air détaché, qui avait refusé de lui accorder un regard…

    « C’était là tous les documents traitant de lui ? Vous êtes sure qu’il n’existe rien d’autre ? »

…Et ce ton qui se voulait serein mais dans lequel elle sentait comme quelque chose qui clochait…Quelque chose n’allait définitivement pas. Ce qui se rangeait à l’avantage de la belle d’ailleurs. Mais elle ne voulait pas faire immédiatement cas de cela. Enfin si, elle l’aurait voulu. Mais quelque chose l’en empêcha…Comme une sorte de…peine ? Quelque chose qu’elle ressentait à son égard, sans pour autant définir ce que cela pouvait être véritablement. Quelque chose qui la gênait tant qu’elle ne pouvait s’en débarrasser…Comme elle ne pouvait détacher ses yeux de sang de cet être qui semblait tout d’un coup beaucoup plus…Banal. Essayait-il de se rassurer en posant une telle question ?  Car il était après tout logique que la marquise lui ai apporté tous les documents traitant de l’ancien Roi. C’était là l’ordre donné par sa personne après tout. Commençait-il à douter de son autorité avec ça ? Quel bien piètre personnage il devenait là !

Hors de toute logique, coincée à des années lumières de ce qui pourtant était si naturel pour elle, elle eut comme cette envie, ce besoin, de réconforter ce pauvre petit être. En temps normal elle se serait pourtant délectée d’une telle chose. Ou alors était-ce son inconscient qui lui soufflait que c’était là une occasion en or pour tenter une nouvelle approche ? Nul ne le sait, elle ne saurait en être sure elle-même. Une chose seulement était certaine. Le Roi n’était pas le seul en cet instant à ne pas être comme il avait coutume de l’être. Lizbeth elle-même se sentait différente, dans sa façon d’agir ou de penser. Comme si la chaleur du feu commençait à leur monter à la tête à tous les deux.

Aucun moyen de redevenir normale pourtant ne s’était présenté à elle. Pas d’échappatoire, d’autres possibilités. Seulement était là la seule et unique solution de répondre au Roi d’une voix douce. Si douce qu’elle n’aurait su laisser sortir ses timbres de voix de cette façon sans un masque. Or, elle ne savait pas même si elle portait un, ou non. Situation bien étrange qui ne l’amusait en aucun cas. Pourtant, malgré son envie profonde de partir et de regagner ses quartiers elle restait là. Pire. Elle restait en ce lieu, avec cet être qu’elle haïssait au plus haut point, et avec l’intention –si ce n’était une envie- de parer à ce qui semblait être en lui une baisse de moral.

    « La bibliothèque est un lieu que je fréquente énormément. Vous pouvez être assuré que la tâche a été correctement accomplie et que tout document écrit traitant de votre père n’est plus à présent que cendres souillant votre cheminée. »

Comme si une telle chose était nécessaire, elle s’était approchée de la source de chaleur de la pièce. De quelques pas seulement, ne voulant pas approcher non plus de trop près celui qui venait de le nourrir pour un bon moment. Pas un instant son regard ne se posa sur le monarque, mais était resté bercé, envouté par la danse dans laquelle s’adonnaient les flammes des enfers. Si belles et si dangereuses…Quelque part Lizbeth ressemblait tant à ces flammes que le Roi, n’est-ce pas ? L’idée d’avoir un point en commun avec cet homme ne l’enchantait guère. Mais elle accepta simplement l’idée pour cette fois. Après tout il ne peut y avoir que du mauvais dans cet homme…Du moins elle se complaisait à le penser en cet instant si étrange que particulier.

Tout ceci ne pourrait être qu’un rêve. Elle ne serait pas surprise de se réveiller. Non, elle le serait de ne pas se réveiller. Les relations n’étaient pas son fort. Elle ne s’était jamais retrouvé dans une telle situation et en son for intérieur elle était persuadée que le jour où ça arriverait, elle ne resterait pas là à tenter de faire ce qu’elle peut pour une tierce personne –et surtout pas pour le Roi- mais elle quitterait les lieux sans demander son reste. Se bercer d’illusion est le meilleur moyen d’être déçu et pourtant…Elle refusait de se séparer de celle-ci ; tout cela n’était qu’un rêve et sous peu elle se réveillerait dans ses draps. Aussi, elle pouvait bien continuer dans sa lancée, cela n’aurait ni importance, ni impact dans sa vie.

S’armant donc d’un brin de courage, elle releva les yeux vers le souverain, des yeux étrangement emplis d’une sincérité rare chez elle, et repris, d’une voix toujours aussi douce. Tellement qu’elle ne se savait pas capable de telle tonalité.

    « Pardonnez mon impertinence si vous le prenez ainsi, mais désirez-vous ma compagnie, si vaine puisse-t-elle être, ou dois-je vous laisser seul à présent ? »

Elle le sentait, que quelque chose ne tournait pas rond. Cela dit, c’était très probablement de sa faute et de ce fait elle se ferait très probablement congédiée. L’idée en soit était plus plaisante que rester en la compagnie du Roi à bien y réfléchir, seulement il semblait tout sauf prévisible en cet instant. Mais quelle importance puisque ce n’était qu’un rêve ? Cela n’aurait aucun incidence dans sa vie. Voilà de dont elle était persuadée.

Si seulement elle avait su…

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MessageSujet: Re: Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie.   Dim 8 Jan - 0:15

Telle une fleur s’apprêtant à ne plus faire qu’un avec la surface auparavant plane d’un lac cristallin, cette Marquise avait troublé l’esprit du Roi, bien plus qu’il ne l’aurait pensé lui-même. A moins qu’il ne s’agissait là que de l’expression de son véritable lui ? Celui qui vit encore, blessé en enchainé au fonds de son être, derrière ces masques de froideur et d’ignominie indifférente constamment –ou presque- collés à sa peau d’humain ?

Qui peut le dire ? Son Altesse Royale elle-même ignore ce qui lui arrive. Qu’est-ce qui a bien pu le pousser à entrer dans une telle colère et à l’exprimer clairement qui plus est ? Ne pas le savoir l’aurait, d’ordinaire, encore énervé bien plus qu’il ne l’était déjà, seulement aujourd’hui, peut-être que le crépitement fin des flammes empêchait son Cerbère interne de déglutir par ses trois mâchoires, toutes les haines et la noirceur de son âme, car il ne ressentait plus autant l’envie de paraitre ce qu’il n’était pas. C’était bien la première fois depuis fort longtemps d’ailleurs… Non, à bien y regarder, c’était bel et bien la toute première fois qu’un pareil trouble régnait en maître absolu sur son unité.

Son regard morne était le théâtre animé au sein duquel ses pupilles invitaient courtoisement la lumière du feu à danser avec elles, sur une piste inexistante dans ce monde ci. Captivé par son observation d’une rare application, Charles n’avait même pas remarqué encore que sa main droite était venue chercher un semblant de ce qui pourrait s’apparenter a du réconfort en se posant la l’endroit exact de son cœur, celui là même dont beaucoup doute de l’existence même. Pourtant il s’avère qu’il est là, battant et vivant.

Comme si quelques parcelles de sa mère revenaient le hantées de leurs douces vocalises tout a coup, sans lui délivrer la moindre explication quant a leur intentions d’apparences pures et nobles.
Rarement sa Majesté s’était sentie si … vulnérable. Oui, sans doute était-ce là son sentiment le plus poignant depuis bien des jours. Aussi loin qu’il prenne la peine de se remémorer, ce genre de ressenti ne lui avait pas souvent été accordé, et ce pour la simple et bonne raison qu’il s’y refusait, tout simplement. Aussi, découvrait-il, pantois, ce que cette sensation, qui prenait en ce moment le temps de se déverser dans ses veines et ses muscles, lui apportait de « nouveau ». Une légèreté certaine c’était emparé de lui et, alors qu’il inspirait et expirait toujours par la bouche, son corps lui faisait appréhender la chose d’une façon fort sympathique. Le moindre de ses souffles paraissait libérateur et leur fraicheur, contrastant avec le foyer de la cheminée, il s’en délectait sans faire dans la demi-mesure.

Fermant ses paupières un instant, de lui-même il se replongeât dans les quelques brides de son passé qui ne se faisait pas venimeuse a son subconscient. Les rares moments où il avait eu l’impression d’être réellement un enfant et non un pion préconçu. Les épines du dégout écartées, voici qu’il se souvient, de cette époque candide durant laquelle il jouait parfois avec les autres petites âmes évoluant au sein du palais Royal, contre les ordres de son père, cela va sans dire. Les rires et les sourires lui revenaient en mémoire avec la précision d’un scribe notant à la perfection chaque détail que lui ordonne de coucher sur papier son regard sur ce monde.

Un très léger sourire en coin se dessine gracieusement sur les commissures de ses lèvres. Sa tête, toujours supporter par son avant bras, lui-même posé contre l’encadrement parait chancelante tout à coup… peut-être un effet secondaire de la forte chaleur dégagée par les flammes devant lui ? Peut-être. Qui le réprimanderait pour cela après tout ? Personne. Son visage est coloré d’une teinte rouge qui lui donne un air plus avenant, tout le contraire de ce qu’il est habitué à être d’ordinaire. Même Diane, sa propre épouse, ne l’a jamais vu ainsi, aussi se surprends t-il lui-même a ne pas se reprendre rapidement en main, comme il le ferait habituellement.

Seulement, là, en cet instant de silence cacophonique, il n’éprouve guère l’envie de faire marche arrière, se laissant donc aller aux jubilations de Mère Nature, elle qui l’endors dans ses bras chaleureux sans qu’il puisse lutter. Une bataille déloyale, jouée d’avance par la domination simpliste de l’entité divine sur le banal être incarné en un humain pourtant puissant dans son monde. Rien n’y fait, que ce soit un manant de bas quartier ou un Roi tel que lui, si Morphée le veux dans ses draps soyeux et ô combien agréablement doux sur la peau, elle l’obtiendra toujours. Dans ce genre de cas-ci, peu importait le rang ou la classe sociale. Seule le poids de la fatigue comptait réellement, et apparemment, celle du Monarque était plus opaque qu’il ne l’aurait cru jusque là. Rouvrant ses paupières pour dévoiler aux danseuses enflammées des orbes entourés d’une écharpe brumeuse, il observait, pensif.

La centre des livres qu’il avait jeté lui même au bucher, formait ça et là quelques monticules surmontés par le feu, preuve s’il en est, que l’élément avait bel et bien accompli sa tâche prédéfinie avec un professionnalisme que beaucoup pourrait lui envier. Mais, un manque de confiance envers son homologue immatériel prit soudainement Charles à la gorge, tendrement. Ce n’était pas réellement gênant ou même douloureux mais… il y avait ce besoin de s’en libéré, c’était une sorte d’envie vitalisante, qui le réveillait alors de ses songes éphémères, brisant la magie de l’instant.

En silence, il se saisit de l’un des accessoires utilisés bien plus souvent en une vie par les ramoneurs que lui,- mais qu’importe ce détail – et, de la pointe noircie, il secoua les accumulations de poussières cendreuses au sein du feu, comme s’il voulait être absolument sur que rien ne subsiste des souvenirs dont il vient de se débarrasser sans vergogne. Il continuait sa tâche dans un silencieux presque religieux, seulement interrompu par les claquements irréguliers des morceaux de bois brulant, sous le joug des baisers du feu qui les entourait à la manière d’une égoïste araignée, protégeant sa proie de tout. Peu de choses auraient pu le tirer de sa semi-transe à vrai dire.

Pourtant, elle ne dura pas.

Une voix perça l’ensemble dans tout son entier, rattrapant le Roi dans le flux de ses pensées, lui rappelant qu’il n’était pas seul. Qu’il n’était plus seul. Du moins pour un temps indéterminé, cela allait de soit, bien entendu. Il savait très bien qu’une fois sorti de cette pièce, il se devrait de reprendre son imitation de chaire et plier a ce que son caractère lui intimait de faire, bien qu’il n’en ait pas toujours très envie. Néanmoins, il se fichait de tout cela, présentement. Car tel un flamboyant Camélia, cette anglaise, Dame Valentyne, lui avait fait brutalement reposer les pieds sur terre.

Se redressant de toute sa hauteur, il là regarde avec un semblant d’éclat humain dans le fonds de l’œil, presque imperceptible, mais pourtant bel et bien présent, immuable.

« Pardonnez mon impertinence si vous le prenez ainsi, mais désirez-vous ma compagnie, si vaine puisse-t-elle être, ou dois-je vous laisser seul à présent ? »

Voici qui était parvenu à lui faire avoir une expression presque chaleureuse sur son faciès d’ordinaire si froid et cruel. La surface du glacier venait d’être égratignée, mais il restait encore bien du chemin avant de pouvoir se targuer d’avoir atteint son cœur, chose plus mythologique qu’autre chose. D’ailleurs, reprenant son imposante stature, il n’accorda qu’un bref regard à la Notable de la Cour avant de repartir à la contemplation sérieuse du feu s’agitant comme les bohémiennes sur la place de Notre Dame dans une danse impossible a stopper ; des acrobaties n’ayant ni début, ni fin, que seule la Mort sait comment arrêter.

Voilà, Charles reprenait le dessus sur ce moment de faiblesse, peu à peu. Mais le fait qu’une tierce personne l’ai vu ainsi ne le dérangeait même pas, en fin de compte. Ou du moins, ce « problème » se situait bien loin dans la liste de ses priorités actuellement en place dans son esprit. Pourtant, il savait pertinemment que si c’était Diane qui s’était tenue là, a ses côtés, il serait entré dans une fureur froide et décadente. Sans doute aurait-il pu céder à la tentation de lever une main sur cette idiote de Reine qu’on lui avait imposée, pour l’avoir surpris dans un tel instant de faiblesse humanisante. Alors quoi ? Pour quelle obscure raison cette Marquise avait encore sa tête fermement tenue sur ses épaules de demoiselle dans la fleur de l’âge ? Il l’ignorait. Et son envie de faire dans le simple lui ôta toute vilité qui aurait pu le pousser à faire du mal à la jeune femme, pour toute punition plus ou moins méritée.

Seuls quelques mots s’évadèrent de sa gorge alors qu’il joignait ses mains l’une a l’autre, dans son dos, mystérieux tout a coup.

« Vous feriez mieux de rentrez chez vous et de vous vêtir d’habits plus chaud, la saison est capricieuse.. »

Et vous pourriez attraper froid. Voici ce qu’il aurait pu lui dire pour terminer sa tirade. Sauf qu’il ne le fit pas, car au fonds, sa diabolique part d’ombre lui hurlait qu’il devait se ficher totalement de l’état de santé de cette maudite donzelle qui avait trainé à faire son devoir, pourtant simple. Et il abdiqua face à ce murmure piquant à vif sa sensibilité, l’endormant de nouveau pour un sommeil qui s’annonçait enquilosant mais bien moins long que le précédent. Une année ne s’écoulera pas avant son éveil nouveau, mais cela, le Roi de France ne le savait guère encore. Une grande inspiration, il bloqua l’air dans ses poumons un instant, bombant le torse, avant de relâcher toute cette pression. Voilà, il était redevenu celui qui occupait le Trône du pays et qui supportait le lourd poids de la couronne sur sa frêle tête, alors qu’il s’était habitué a ne plus en sentir les contraintes au fil des années. Il devra se ré-exercer a cette notion de Royauté au plus vite et savait qu’il ne lui faudrait pas plus d’une demi journée rendre son endurance plus reluisante que jamais. Marquant la fin du semblant d’échange qu’il avait eu avec la Marquise, il ne dit qu’un seul et unique mot qui avait pour vocation d’être le plus clair possible :

« Sortez. »

Voici comme sa Majesté avait un instant sombré dans les filaments douteux d’une humanité qu’il ne savait plus manier. Et maintenant ? Que lui arrivera-t-il ?

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MessageSujet: Re: Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie.   Dim 8 Jan - 0:28


Le Roi était grand, noble, intransigeant, craint. Il était une véritable terreur vivante. Il n’aimait personne et n’avait pas une once d’humanité en lui. Cela résumait bien tout ce que Lizbeth avait pu entendre de lui. Elle n’avait eu aucun mal à le penser par elle-même d’ailleurs. Non pas lorsque les rumeurs commençaient à circuler à son couronnement. Ni même lorsque sa grande passion pour la décapitation humaine prit de façon importante le dessus en lui. A dire vrai elle était de toute façon persuadée que prendre des vies n’était pas une nouveauté pour lui à cette époque-là. En tant que petit prince, avec un tel comportement dès sa prise pouvoir, il avait sans doute fait de quoi le condamner à mort une bonne centaine de fois quiconque aurait agi de la sorte sans faire partit de la famille royale. Non, elle s’était elle-même rendue compte de la cruauté du seigneur blond dès l’instant où il s’en prit indirectement à elle, la blessant au point de faire couler abondement ses larmes, et le tout sans même le savoir. Dès l’instant où il avait fait condamner son père pour des broutilles. Sans doute était-il de mauvaise humeur ce jour-là, et avait-il besoin, dans sa grande et folle passion de faire perdre la tête au premier venu.

Et ce fût le père de Lizbeth. Ce même homme qui le servait depuis son couronnement, et qui avait toujours servit son père avec brio. Un homme bon, un homme efficace, et même obéissant. Un père aimant, qui a su élevé sa fille seul, en comblant l’absence de la mère que Lizbeth n’avait jamais connue. Un père qui avait su à lui seul élever et éduquer son enfant comme personne tout en continuant de servir le Roi avec toujours autant d’efficacité. Elle en était consciente pourtant, que lorsqu’elle était enfant, ou plutôt un petit bébé, les choses ne devaient pas être si simples pour lui. Il aurait très bien pu se débarrasser d’elle pour son petit confort et son bien être personnel, mais jamais il ne l’a fait. Au-delà de tout ça, il avait même accepté la mort pour ne pas que l’on découvre sa nature ainsi que celle de sa fille, pour cette dernière puisque continuer à jouir de la vie qu’elle avait menée jusque-là. Voilà le genre d’homme que Charles avait fait exécuter sans autre forme de procès, détruisant ainsi le petit bonheur tranquille et monotone de la belle aux cheveux blancs. C’était là qu’elle avait commencé à accepter la véritable nature du Roi. Elle n’avait pas voulu y croire rien qu’en se fiant aux rumeurs, en sons sens c’aurait été injuste de sa part. Au final, il n’était pas si injuste que d’être injuste avec ce genre de personne, puisqu’elles étaient injustes elles-mêmes…Depuis ce jour elle s’était jurée de prendre sa revanche sur l’homme le plus important de France.

Pourtant ce soir quelque chose n’allait définitivement pas. Quelque chose était différent. Elle connaissait bien la différence entre un monstre et un être humain…Pour cause, elle était un véritable monstre vivant de sang et prétendait à l’innocence chaque jour, sans pour autre être foncièrement mauvaise…Juste un peu joueuse et manipulatrice, mais pas vraiment mauvaise. Hors, ce qu’elle voyait en cet homme…Ce n’était ni le monstre qu’il s’efforçait d’être publiquement, ni la prétention d’une fausse innocence. Ce qu’elle voyait c’était un homme, juste un homme, peut-être un peu troublé. Beaucoup plus humain que celui qu’il semblait être à chaque heure du jour ou de la nuit. Une faille dans une divine comédie…Voilà ce à quoi elle pensa immédiatement, étant elle-même une comédienne de talent. Ce à qui elle pourrait ressemblé si cette glace se brisait enfin…En aurait-elle été la cause ?

Que c’était ironique…Alors qu’elle ignorait comment briser la glace dans laquelle elle était comme emprisonnée depuis son plus jeune âge, venait-elle vraiment de briser, ou plutôt de fissurer la glace d’un autre ? Ridicule…Pourquoi particulièrement cet homme ? Ce côté humain, fragile et éphémère qu’elle voyait là pourrait la faire changer d’avis sur le monarque et s’il était bien une chose qu’elle refusait à out pris c’était ça ! Se prendre de compassion pour lui ?! L’incompréhension de ses actions avait plutôt tout intérêt à se révéler être une des plus belles comédies de sa vie. Une comédie si finement menée qu’elle ne s’en serait pas rendue compte qui l’aurait faite se rapprocher ne serait-ce qu’un tant soit peu de cet homme dans ce but qu’elle s’était fixée un peu plus tôt. Se rapprocher de lui pour mieux le blesser. Etre un feu où ce papillon viendrait se brûler les ailes lorsqu’il sera suffisamment proche. L’espoir fait vivre dit-on…Hélas, elle était destinée à vivre encore et encore…A l’en croire ce dicton, ses chances étaient donc minimes.

    « Vous feriez mieux de rentrer chez vous et de vous vêtir d’habits plus chaud, la saison est capricieuse.. »

Etait-ce là de la bienveillance ? Il ne manquait plus que cela ! Un Roi tyrannique bienveillant ! Ah ça, nul doute que son plan démarrait encore mieux qu’elle n’aurait osé l’imaginer…Le problème dans tout cela était donc une bonne fois pour toute…Définitivement elle. Elle et cette façon d’agir qu’elle n’avait pas vraiment contrôlée…Elle avait beau se poser la question elle ne savait pas si, ou non, son masque de glace était tombé, un instant, même rien qu’un instant. Car oui, elle en était persuadée à présent, elle n’avait plus une once d’envie de tenir compagnie à cet homme détestable. Elle voulait sa mort. Elle voulait faire justice à la disparition de son père vers les enfers certains. Si seulement elle pouvait juste planter ses crocs dans la gorge de cet homme et le vider ainsi de son sang à la façon des vampires. Mais d’une part c’était dangereux –non pas qu’elle ait peur de la mort mais puisqu’elle avait une solution toute autre pourquoi ne pas sauter su l’occasion ?- et d’autre part c’était là lui rendre un immense service. Une mort lente. Une mort douce. On ne peut pas considérer que planter ses crocs dans la gorge d’un homme soit lui faire subir les pires tortures qu’il soit après tout…C’est certes un peu douloureux, mais rien de plus. On ne perd rien pour attendre, plus elle attendrait plus elle pourrait le faire souffrir…Faire en sorte que la chute n’en soit que plus longue était tout à son avantage. Ce n’était pas comme si on pouvait lui prendre sa proie de toute façon…Elle n’était pas des moindres. Un Roi…Elle serait vraiment des plus poisseuses si quelqu’un venait à s’en prendre à lui avec succès.

    « Sortez. »

Un fin sourire aux lèvres, elle fit une révérence de politesse avant de s’exécuter en silence. Elle avait touché le Roi. Qu’importe qu’elle ne comprenne pas véritablement comment elle avait su faire un pareil exploit, elle l’avait bel et bien fait ! Maintenant elle n’avait plus qu’à persévérer dans cette voie qui semblait si bien partie. Combien de temps lui faudrait-il pour atteindre le cœur de Charles avant de le détruire littéralement pour le faire périr dans la plus atroce des souffrances que les hommes peuvent connaitre ? Elle l’ignorait mais ce n’était guère important. Elle disposait bien de tout le temps nécessaire, et même davantage après tout…Et vu la tournure de leur première rencontre il ne faisait aucun doute que sous peu il serait pris dans la toile qu’elle tissait lentement autour de lui. Sans jamais plus pouvoir s’en défaire…

    « Intéressant. » murmura-t-elle, sourire aux lèvres, à peine la porte fut refermée.

Sous les regards perdus des deux gardes présents de chaque côté de la porte elle continua lentement à marcher pour rejoindre ses appartements. Malgré tout le Roi avait raison…La saison était bien capricieuse et si elle n’avait pas ressenti le froid dans ce salon chauffé un feu gracieusement alimenté…On pourrait presque dire de lui qu’il avait fait une véritable chaire de Roi d’ailleurs. La chaleur qu’il émanait, en remerciement, sans doute, était bien assez importante pour que même trempée de la tête au pied elle ne soit pas grelottante, mais ce n’était plus le cas à présent qu’elle était sortie de la pièce chauffée. C’est donc d’un pas pressé qu’elle avait rejoint ses appartements, dans lesquels la chaleur n’était pas plus présente pourtant. Bien sûr…Elle n’y avait pas mis le pied de la journée après tout et elle n’avait encore personne à son service pour le faire à sa place…L’idée ne l’avait jamais vraiment conquise à dire vrai. Soit, ce n’était pas la mort à faire de toute façon.

Elle s’activa donc à allumer un feu dans sa propre cheminée avant toute autre chose. Son bain l’attirait mais…Ainsi une fois qu’il serait pris et qu’elle serait totalement détendue elle n’aurait plus qu’à se mettre sous ses draps à attendre que Morphée vienne la prendre dans ses bras pour la guider vers un sommeil doux et réparateur, au sein d’une pièce à bonne température ambiante. La besogne accomplie elle fît couler l’eau et se débarrassa vivement de ses vêtements trempés pour s’y plonger. L’eau chaude…Voilà de quoi elle avait rêvé toute la journée. Et à présent qu’elle y était ? Elle resongeait à celui qu’elle voulait quitter et oublier tout le long de cette horrible journée…Le roi. A quel point cet être savait-il agaçant bon dieu ? Elle avait essayé de l’en sortir…Mais plus elle s’y appliquait et plus cet homme froid était présent dans ses pensées…De son côté humain qu’elle avait su faire ressortir aujourd’hui.

Rien de tel pour gâcher les bienfaisants effets d’un bain chaud. Pourtant elle y resta un bon moment. Jusqu’à ce que la fatigue se manifeste. Alors seulement elle quitta la salle d’eau dans une tenue plus appropriée pour dormir et entreprit de continuer ce livre commencé au matin à la lueur d’une bougie, installée au mieux non pas dans son canapé cette fois mais bel et bien dans ses draps, l’objet enflammé posé sur sa table de nuit. L’avantage d’un tel procédé était qu’il vous empêchait de penser à quoi que ce soit, tant l’objet tenu dans les petites mains de la marquise est capable d’aspirer les lecteurs dans son petit monde merveilleux. Une échappatoire presque inespérée. Dans le fond, c’était peut-être pour cela qu’elle avait toujours aimé les ouvrages, quels qu’ils soient. Parce qu’ils lui offraient une échappatoire lorsqu’elle en avait besoin ? Maintenant que l’idée lui traversait l’esprit…Oui, c’était bien possible. Mais ce n’était pas mal en soi. C’est une raison comme une autre d’aimer lire après tout. Ces ouvrages si particuliers qui vous transportent et vous font oublier le temps qui passe…

Bientôt, le livre gagna le sol. Les phalanges de la belle de le tenaient plus. Ses petites mains, ouvertes ne réagissaient plus, comme le reste de son corps. Paupières closes, doucement elle finit simplement par s’endormir au milieu de sa lecture. Elle était partie pour une nuit de sommeil sans rêves. Une nouvelle nuit de sommeil qui lui serait bienfaitrice et réparatrice. Comme elle en avait connu si peu. Et si jamais une quelconque personne avait pu être là pour contempler son beau visage endormi, cette personne aurait pu constater son sourire serein, cette belle expression sur son visage qui ne s’était plus ou presque plus manifestée sur elle depuis la mort de Joseph.


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Les nuages ne disparaissent pas, ils se transforment en pluie.
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