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 Charles De France ••• Rougoyeant Soleil

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Humain

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Âge du personnage : 28 ans


Mémoire de vie
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MessageSujet: Charles De France ••• Rougoyeant Soleil   Sam 1 Oct - 11:43



Charles

ÂGE ─ 28 ans
ANNIVERSAIRE ─ 31 Octobre
OCCUPATION ─ Roi de France, vous ne l’aviez pas encore reconnu ?
ORIENTATION SEXUELLE ─ Désintéressé. Toutefois, si choix devait être fait, il serait sans nul doute en faveur des femmes. Les hommes n’intéressent le roi qu’une fois décapités sur le champ de bataille.
CLASSE SOCIALE ─Noble, évidemment.
PAYS ─ France ; Avez-vous encore beaucoup de question stupides de la sorte ?
RACE ─ Humain, mais aussi diabolique que n’importe quel être de la nuit.
AVATAR ─ England ••• APH

Profil Psychologique • "L'Etat, c'est moi!"

Il était là, le Roi. Fier et puissant dans son armure invisible de solitude, celle-là même qu’il s’est forgé durant toutes ces années passées à gouverner. Le balcon supportant sa présence se pare de couleurs si fades par rapport à lui qu’il est difficile de se croire quelque part au sein du château Royal. Le Monarque est la pièce maîtresse de cette superbe scène digne de plus belles peintures du monde. Les yeux levés vers le ciel où le soleil levant s’immisce peu à peu, ses deux orbes profitent des derniers instants de noirceur nocturne pour observer les rares étoiles encore brillantes sur le bleu tapissant une partie de l’immensité au-dessus de sa tête. Un soupir lourd passe la barrière de ses lèvres tandis que sa main vint prendre appui sur la rambarde de marbre de la terrasse, tout en douceur.

Il va encore devoir patienter toute une journée avant que ses iris verts ne puissent aller courir sur l’axe de l’horizon avant d’épouser les brillantes nébuleuses dans l’obscurité. Il prendra son mal en patience car il est impuissant face au temps ; et surtout, le Souverain tient bien trop à ses petites échappées en solitaire sur sa véranda pour se permettre le luxe de se plaindre. Les étoiles sont encore les seules à apaiser son cœur de ses cicatrices suintantes tout en lui faisant follement espérer que le dernier jour de sa vie, des portes toutes autres que celles des Enfers s’ouvriront à lui. Si seulement elles pouvaient parler, elles lui diraient surement que toutes ces années passées à prier Dieu lui seront bénéfiques lorsque son heure sera venue…. N’est-ce pas ?

Noble et Puissant :
De par son statut inégalable, Charles fait des envieux, mais surtout et aussi nombre de victimes. En effet, d’un naturel qui l’empêche d’accepter facilement une quelconque contrariété, les exécutions pour de futiles raisons sont monnaies courantes à la Cour, frôlant presque l’effet de mode d’après certains fous qui oseraient critiquer les habitudes du Souverain de France. Incarnant le plus puissant symbole du pouvoir, il est craint pour ses manies-ci. La noblesse le couva de ses bienfaits dès la naissance où il se situa immédiatement sur la hiérarchie bien au-dessus des habitants de son royaume, des bourgeois ou même des marquis et autres ducs. En tant que fils de l’ancien Roi, la destinée de l’actuel Monarque était déjà toute tracée, sans qu’il n’ait eu son mot à dire. Non pas que cela le dérange d’être assis sur le Trône, mais puisqu’on ne lui a guère laissé le choix à cause du sang qu’il partageait avec son prédécesseur, il estime avoir le droit de gouverner comme bon lui semble, au risque d’être haït de tous et toutes ; ce qu’il sait très bien faire, cela va de soi.

Froideur
Mais cet homme n'a donc pas de cœur?! Hum... Possible.


Voici ce que beaucoup pensent tout bas pour éviter d’avoir à gouter à leur tour au doucereux souffle de la potence sur leur nuque vulnérable. Et sans nul doute ont-ils bel et bien raison. Oui, le Roi est une véritable statue Apollinaire faite de glace. Son cœur a depuis bien longtemps disparu en même temps que la compassion ou tout ce qui pourrait s’en rapprocher un tant soit peu. Risquez-vous à vouloir pénétrer à l’intérieur de cette partie de lui et vous êtes certain de ne pas y parvenir. Pourquoi ? Ceci trouve une solution en une fort simple explication. Son Altesse Royale rejette en bloc tous les sentiments positifs qui pourraient être tentés de se poser à la surface de son âme. Non pas qu’il déteste cela, c’est simplement qu’il ne voit pas l’intérêt de s’encombrer de telles choses. N’ayant jamais connu ni l’amour d’une mère ni l’attention toute particulière d’un père, il a grandi avec un manque dans sa poitrine dû à cette variante de l’abandon.

Mais plus le temps passait et moins il ressentait ce creux dans sa poitrine, signe que son cœur et son esprit se préparaient déjà à s’isoler du reste du monde, pour ne plus souffrir ni avoir mal. Ainsi va la vie, à force de croitre vers l’âge adulte avec une douleur lancinante dans le thorax dû à une carence, au final pour ne plus ressentir cela il est souvent observé un acte aidant à renier ce qui nous entrainait vers les bas-fonds d’une dépression. Entouré en permanence pendant sa jeunesse de prêtres, d’évêques et autres Papes, Charles a fini par se dire qu’avoir un cœur ne rimait à rien, aussi a-t-il tué cette partie de lui - ou du moins grièvement blessé- et vécu une sorte de renaissance le jour où il prit la décision formelle de ne plus jamais être comme son père. La froideur est bien davantage qu’un comportement pour cet individu, c’est une part de lui-même. Cette chose a réussi à s’insinuer si profond dans son être que beaucoup auraient du mal à dissocier la froideur de la chaire de son subconscient. Il n’est pas né ainsi, il fut forgé de telle manière à devenir celui qu’il est aujourd’hui, un Roi Tyrannique et puissant.

• Sévérité
Un autre point sur lequel il est fort simple de tomber d’accord : la sévérité du Roi. Qu’il s’agisse d’un crime de Haut-Fait ou d’une simple bousculade, Charles se verra être terriblement sévère dans son jugement. S’il décide que vous êtes coupable, alors vous le serez quoi qu’il advienne, inutile de continuer à espérer autre démêlé dans ce cas-ci. Mais s’il estime que vous êtes innocent alors peut-être pourrez-vous songer à sortir des geôles du château sans un coup de fouet dans le dos ou un passage par quelques supplices délivrés par les tortionnaires des cachots. Néanmoins, inutile de penser que le Souverain accorde son pardon ou sa clémence à n’importe qui.
Le Roi est très exigeant envers tout ce qui l’entoure. Des domestiques à ses courtisans de la Haute Cour, si quelqu’un déroge à l’une de ses règles ou encore à ses ordres, la classe sociale importe peu, il vous fera arrêter puis mettre sous les verrous des prisons du cachot dans le meilleurs des cas, puis torturer jusqu’à ce que mort s’en suive, si le cœur l’en dit. Toute sa vie, on lui a inculqué des préceptes de droitures sans failles et des notions de Royauté bien définies. De ce fait, il applique les enseignements durement acquis avec une joie non dissimulée, surtout lorsqu’il s’agit de mettre un terme à la vie de quelqu’un.

Égoïsme
Rajoutons maintenant un défaut –du moins si l’on en croit la Bible, c’en est un- supplémentaire à ce tableau des plus attirant qu’incarne avec perfection notre Roi, Charles de France. D’une nature égoïste, il part d’un principe très simple se résumant en une phrase des plus simplistes qui est : « Ce qui est à moi est à moi ». Il est déconseillé de tenter de lui dérober un objet lui appartenant ou les sanctions, toutes moins enviables les unes que les autres, tomberont plus vite que l’éclair sur votre pauvre personne avant même que vous n’ayez compris ce qu’il se passe. Le Roi apprécie tout particulièrement avoir la main mise sur son pays et sa population.

Il défendra ses possessions avec ferveur et détermination car oui, s’il protège avec tant de force sa nation, c’est bien part intérêt, en grande partie du moins. Certes, il honore son titre de Monarque, mais avant tout, il n’est guère prêteur et si une tierce personne ou un pays autre tente de s’emparer de territoires lui appartenant, il ira jusqu'à déclencher une guerre pour bouter l’ennemi hors de ses frontières, en dérobant au passage, un morceau de la suicidaire nation ayant osé lancer une attaque sur la France. Nous pouvons d’ailleurs à ce titre compléter la phrase précédente avec une fin pour le moins évocatrice donnant ce résultat-ci « Tout ce qui est à moi est à moi, Tout ce qui est à Toi est à Moi. ». La Conquête ne lui fait nullement peur, au contraire, elle le fascine ; Voici pourquoi il tente aussi souvent de faire s’étendre ses terres et donc son influence royale.

Avez-vous bien cerné l’homme qu’est Charles à ce niveau-ci du caractère ? Il est un être horrifique et horrifiant. Pour autant, il faut tout de même souligner un point au sujet des conquêtes : Charles est un Roi guerrier. Il accompagne toujours son armée et tient à être au premier rang lors des batailles afin d’y prendre part aux côtés de ses soldats. Regarder les faits depuis une colline ? Certainement pas. Si l’armée se bat, c’est sous son commandement, aussi doit-il en assumer le poids. Tel est son combat.

• Sadisme et Cruauté :
La réputation –justifiée- du Roi concernant ces deux points de son caractère n’est plus à prouver. Plus d’une fois il fit reculer des armées ennemies après un sanglant spectacle qu’il avait soigneusement façonné dans l’ombre, en attendant d’attaquer. Etre l’un de ses domestiques, qu’il malmène sans arrêt n’est guère enviable, mais s’incarner sous la forme de l’un de ses ennemis est sans doute bien pire. Dans le second cas, mieux vaut encore mettre fin à ses jours soi-même car si c’est Charles qui décide de prendre en main votre destin, soyez assurés que souffrance et désir de mourir seront au rendez-vous. S’il n’aime pas qu’on lui résiste, il apprécie encore moins qu’on attente à ses terres –qu’il estime bien plus que sa population d’ailleurs.

Les tortures telles que l’écartèlement ou la planche à clous vous seront sans doute infligées – quoi que le Roi laisse souvent le choix des sévices à effectuer aux tortionnaires de ses cachots. Un être détestable, dont les actes de barbarie ont eu plus d’une fois l’occasion de passer la limite de ses frontières. Le résultat obtenu de tout cela est que le Souverain de France parvient à être craint au sein d’autres Nations que la sienne. Le pire de l’histoire dans tout ceci ? Il se délecte de telles retombées le concernant.

• Solitude Entourée :
Nombreux sont les ignorants se plaisant tout particulièrement à penser que le Roi, de par les nombreuses présences de ses courtisans à la Cour, se sent surement très entouré. Il l’est peut-être, en apparence. Après tout, la solitude constante ne siérait nullement au Roi de France. Seulement, bien que les courtisans et autres membres de la Cour lui tiennent souvent compagnie lors des bals et festivités, Charles n’en demeure pas moins quelqu’un de très solitaire. Lors des soirées mondaines organisées au palais, jamais personne ne l’a vu danser, que ce soit avec sa femme la Reine ou encore une tierce personne, et pour cause ; il déteste ce genre d’activité, menant souvent à un bain de foule, ce qu’il ne supporte guère très longtemps.

Peut-être qu’un jour une demoiselle saura le tirer de son mutisme et de son enfermement, mais d’ici là, il ne fera que le strict minimum lors de ce genre d’événements, c'est-à-dire ce que lui impose au moins son rang : L’acte de présence pur et simple. Il ne parle que très peu et semble haïr la plupart de ses semblables. Ce n’est pas tout à fait vrai. Pour être correct dans cette analyse il est plus approprié de dire que le Roi se lasse tellement vite qu’il peut vite devenir désagréable. C’est ainsi qu’il est depuis le jour de son accession au Trône, un apôtre froid et distant, méprisant un monde qu’il désire tout de même protéger pour son propre intérêt, du moins pour l’instant.

Questionnaire

ÊTES-VOUS AU COURANT DE L'EXISTENCE DES VAMPIRES ET LYCANS? ─ Oui, Charles est parfaitement au courant de leur existence et fait tout ce qu’il peut pour ne pas l’ébruiter tout en la combattant. Après tout, aux engeances, on ne se doit que jeu l’opprobre, n’est-il point ?
QUE PENSEZ-VOUS DES LYCANS/VAMPIRES ─ Comme la majorité des êtres vivants, Charles les voit comme des ennemis. Peut-ête un jour cette situation saura changer ; mais pour l’heure, rien n’est moins certain.
QUEL EST VOTRE POINT DE VUE A PROPOS DES INFANTS ET DES SANG-MÊLES MAUDITS? ─ Ils sont à moitié humains, pour certains… Peuvent-ils réellement être sauvés des foudres divines ?
ÊTES VOUS SATISFAIT(E) DE VOTRE VIE ACTUELLE? ─ //
SI NON, QUE VOUDRIEZ-VOUS CHANGER? ─ //
VOTRE POINT DE VUE SUR LE MONDE CONNU? ─ Un monde à conquérir… Et une Angleterre à modeler à son image.

BAGHERA/CARDINAL RED

CF MEZARIEL LES COUPAINS ♥
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Dernière édition par Charles De France le Sam 1 Oct - 11:52, édité 1 fois
MessageSujet: Re: Charles De France ••• Rougoyeant Soleil   Sam 1 Oct - 11:44

Histoire


AVANT-PROPOS


D’un commun accord avec elle-même, l’humanité a très vite compris et adopté la notion d’une existence limitée pour chacun – du moins en théorie et en ce qui concerne les êtres purement humains. Ainsi donc, l’existence se voit être délimitée par deux points cruciaux auxquels nul ne peut déroger : Le début et la fin. Pour comprendre le personnage qu’incarne le Seigneur actuel de la France, il est nécessaire de remonter bien plus loin que le jour de son accès au trône ou de son mariage. Non, pour prétendre seulement bien le connaître, il faut aller abreuver notre intarissable curiosité aux confins de sa vie, au commencement de tout. Le jour... De sa mise au monde.


• CHAPITRE PREMIER •

Le silence règne presque intégralement dans le château, assombri aussi bien par l’heure tardive que par le mauvais temps régnant au dehors. Les nuages se déchainent, se laissant transpercer par des salves d’éclairs fougueux et rigoureux, aussi irréguliers que bruyants. Zébrant le ciel noir de leurs corps lumineux, ils déversent sur le peuple –noble comme manant – leur rage, sentiment transmis sans doute par Dieu lui-même ; depuis son Saint Royaume. Mais pourquoi tant de négativité ? La saison le veut-elle ? Est-ce la tradition en cette fin de mois d’Octobre ? Telle est la question. Il est vrai que cette période de l’année jamais ne fut connue pour ses frasques chaudes ou ses canicules. Mais tout de même… Le vent souffle si violemment qu’il trouve le moyen de s’engouffrer dans la demeure royale, faisant naitre des complaintes venteuses et terrifiantes dans les couloirs vides. Effrayant comme la nature peut parfois se montrer si expressive.

Mais même en rassemblant ses forces et chimères auditives, ce soir-là impossible de rivaliser avec la gorge hurlante et déployée d’une magnifique jeune femme, en proie à une souffrance des plus insoutenables. Entourée de ses intimes ainsi que de médecins et autres femmes de couches –bien que nous noterons l’absence formelle du Roi –, elle lutte contre un mal intérieur qui ne semble guère décider à la laisser en paix de sitôt.

Le corps de la superbe créature se cambre à un rythme tout aussi décadent que la foudre grondant dont elle est hors d’atteinte, bien à l’abri entre ces quatre murs. Parcouru de spasmes insipides qui l’épuisent au fur et à mesure que les aiguilles d’une horloge proche détruisent la distance les séparant l’une de l’autre, sa souffrance s’exclame sans faiblir, de façon discontinue. Son front, son visage et même ses vêtements amples et autrefois blancs se retrouvent souillés par le sang et l’humidité de son effort. Cela traduit sans mentir un ahan conséquent, que jamais ô grand jamais un homme ne sera capable de conduire. Ce fardeau privilégiant n’est réservé qu’aux femmes, les faisant devenir ainsi avatar de la vie, de la fertilité.

Mais ce genre de pensées est bien loin des préoccupations de la concernée qui ne fait que continuer à hurler autant qu’elle le peut, jusqu'à en perdre le souffle solide dont la nature l’a doté ; jusqu'à pouvoir le reprendre par le biais de grandes goulées d’airs qui ne stationnent jamais longtemps dans l’enclave de ses poumons. Ils se vident et se remplissent si vite que la panique commence à gagner l’assistance. Il y a quelque chose qui ne se passe pas comme prévu. C’est inquiétant.
Cramponnée aux draps du lit moelleux sur lequel on l’a faite se coucher, ses phalanges les maltraitent à force de les serrer plus que raison. La jointure de ses doigts en est même devenue blanche tant la douleur commence à gagner son paroxysme. Quelle ignominie, souffrir autant pour s’apprêter et faire donc du plus beau cadeau qui soit… Le Diable doit se régaler depuis son trône des Enfers.

Un répit de courte durée semble lui avoir été accordé. Elle en profite pour basculer sa tête en arrière, la laissant s’enfoncer un peu dans les oreillers de belles compositions tout en reprenant une respiration qui se veut correcte. Ses cheveux blonds sont imbibés de sueur et ses yeux divaguent sur le plafond de la pièce. Sa fatigue est telle qu’aucune réponse ne vient aux inquiétés voulant s’assurer qu’elle ne risque point d’être blessée davantage. Après tout… Il s’agit là de la Reine de France.

En son ventre résonne l’écho d’une vie nouvelle ne demandant qu’à s’exprimer. Voici pourquoi elle parait si torturée. Aucune maltraitance d’aucune sorte n’a été menée sur sa personne. Loin de là, même. Mais quoi, alors, me direz-vous ? Pourquoi des cernes épaisses et violettes se sont-elles greffées sous ses iris verdoyantes mais éteintes, telles des poches ? Tout simplement parce que son calvaire de l’instant n’est pas des moindres. Sa Majesté est en train d’accoucher de son premier enfant, celui qui devra succéder à son époux et Souverain dans un avenir plus ou moins proche.

Soudain, la dureté de son ventre reprend de plus belle, la forçant à sortir de sa confortable bulle de soie pour revenir à la réalité et donc de ce fait, à la douleur la plus totale. De vieilles femmes, déjà harpies quant à l’avenir du nourrisson encore dans les entrailles de sa mère, viennent tenir hypocritement la main à cette dernière, tout en lui épongeant le front. Ce geste ayant pour but de signifier « Voyez comme je suis présente, il faudra bien le dire à sa Grandissime Souveraineté n’est-ce pas ? ».

L’intérêt l’emporte toujours sur la raison, il faut bien le croire. Pourtant, encore innocent, l’enfant s’extraie peu à peu de sa coquille de chair et de sang, injuriant sa mère au possible, bien qu’il ne s’en soucie guère. Il ne fait que suivre son instinct et celui que la nature lui a inoculé à sa conception. Cela ne remonte qu’à peine neuf mois à peine et pourtant… Aucun présage ne laissait penser que cette entreprise de vie serait si houleuse et compliquée.

A part éponger très régulièrement l’écorce pâle de la grande dame, il n’y a rien que puisent faire les personnes présentes dans la pièce, à part observer le médecin et les femmes qualifiées officier en leur profession médicale. Sa majesté hurle le nom de celui qu’elle aime et qui, paradoxalement, est bien le seul absent de cette pièce. Qu’importe combien de fois elle l’appellera, jamais il ne daignera venir. A croire que la vie de son noyau familial ne lui importe guère. Oui, peut-être est-ce là le cœur même du problème en définitive. Mais, nous ne creuserons point cet odieux comportement, lâche et barbare. Peu nous importe le souverain présentement assis sur le trône du pays, car celui qui accapare toute notre attention et notre envie d’en savoir plus n’est autre que son descendant.

En parlant de ce petit être, le voilà qui s’extirpe finalement totalement du corps de sa génitrice, après que cette dernière n’eut fait grâce à Mère Nature d’un cri suraiguë, le plus puissant poussé alors jusque-là. Sans doute aurait-elle pu s’en faire saigner les cordes vocales, ce n’aurait été plus étonnant que cela en fin de compte.

Epuisée, elle se laisse retomber lourdement sur le dur lit, au matelas paraissant bien plus inconfortable qu’auparavant. Pour ne pas s’asphyxier, elle est contrainte de voler à l’air ambiant de grande goulée d’oxygène entre ses lèvres, sa bouche étant ouverte au maximum pour en accueillir le plus possible.

Paradoxalement, alors que les cris de son enfant, son fils, s’écorchent contre les murs blancs de la pièce, la Reine, elle, se sent réellement bien. Plus de douleur, plus de cris ni d’efforts surhumains à fournir. Tout est fini. Même si elle ne le sait point encore bien entendu. Ses doigts relâchent alors le tissu qu’ils emprisonnaient jusque-là. Sa force fut si déployée pendant cet acte de grande charité qu’elle avait réussie à imprimer la forme de sa paume compressée par ses terminaisons sur l’ancienne blancheur du drap. Son rythme cardiaque semble lui aussi bien décidé à se ménager désormais. Il ralentit de plus en plus, faisant l’effet d’un tambour engourdi dans la poitrine de son Altesse royale.

Les pleurs du nouveau-né s’arrêtent à présent tandis que les yeux de la Reine perdent peu à peu de leur éclat. Elle désire simplement se reposer un peu, le temps de récupérer de la tâche accomplie sans erreur. Ou presque.

L’une des femmes de chambre, ayant enroulé le nourrisson dans une serviette chaude et propre, l’amène doucement vers sa mère, dans l’espoir que cette dernière le prenne dans ses bras et l’enveloppe de son amour maternel, instinctif à toute femme venant d’accoucher, normalement.

Ce fut presque un succès. Mais, alors que l’épuisée tente dans un vain effort de lever sa main aussi haut qu’elle le peu pour effleurer le petit garçon, un seul mot s’échappe de ses lèvres, comme un poison annonçant la chute d’un empire, la fin d’une vie.
« Charles. »
Voici que ses muscles se plaisent à jouer la carte de l’inertie. Son bras retombe en quelques rebonds sur le meuble de literie et ses paupières décident de clore l’accès des orbes à l’assistance qui est, elle, toujours bien présente. Son crâne, devenu trop lourd pour ses ligaments chute aussi vers l’arrière, témoignant de sa fin. Sa mort.

Seuls les oppressants « Tic Tac » de la pendule rythment cette scène aussi insoutenable que perçante pour le cœur des sujets qui aimaient sincèrement leur représentante. Elle est morte. Ils ont compris maintenant. La reine n’est plus. De silencieuses larmes roulent sur les visages de chacun, personne n’osant rompre le silence imposé par la faucheuse, désormais.
Ne tenant plus, et surtout parce qu’elle ne peut rester là ainsi à contempler le corps abandonné par la vie, la femme qui tenait le petit enfant décide de sortir de la pièce, laissant les autres personnes derrière elle, sans même se soucier d’eux. Ses pas frêles et chancelants s’entendent dans les grandioses couloirs peints, mais là n’est point son centre d’intérêt. Elle cherche le Roi. Après tout, c’est le descendant de ce dernier qu’elle tient dans l’étreinte chaleureuse de ses bras maigres.

Il se trouve dans l’un des vestibules, les mains croisées dans le dos à regarder consciencieusement l’orage faisant éclipse à la Lune se déchainer par-delà les fenêtres vitrées. Le regard porté sur le ciel, il ne détourne même pas l’axe de ses yeux alors que la demoiselle, peu assurée dans son acte, vient le trouver avec la chaire de sa chaire dans un couffin encore vierge de souillures. Avec une dose immense de courage, elle trouve l’audace d’adresser directement la parole à celui qui gouverne le pays.
« M…Mon Roi je… Je suis navrée de vous importuner mais je..
-Que veux-tu ? La coupe-t-il sèchement sans pour autant laisser glisser ses orbes sur elle.
-Et bien… Votre femme, Sa Majesté la Reine, vient de mettre au monde votre fils, votre Héritier et… réponds-t-elle, angoissée
-Et donc ? Qu'en est-il d’elle ? Demande-t-il sans décoller son intérêt des vitres où courent maintenant de miniatures cascades d’eau de pluie venues directement des nuages sombres.
-Sa Majesté n’a…. pas survécue à l’accouchement, mon Roi.
-Je vois. Dit-il, presque indifférent.
-Mais… elle a trouvé un nom à votre enfant cependant.
-Quel est-il ?
-Charles.
-Oui, ce sera suffisant.
-Que dois-je faire de votre fils mon Seign..
-Mettez-le dans un berceau, au sein de l’une des chambre vide, j’aviserai ensuite.
-Mais… il sera seul…
-Vous discutez un ordre ?
-Pas le moins du monde votre Altesse, je m’en vais m’y affairer de ce pas. » Conclut la demoiselle en un hoquet de terreur.
En réalité, ce n’est nullement que le Roi n’aimait point son enfant, mais les sentiments qu'il cultivait à l'égard de la Reine étaient tels qu'il ne sût comment les libérer de son cœur meurtri par cette atroce nouvelle. Pourtant il ne versa de cristaux liquides et salés et ne fut même pas présent à la mise en terre de son épouse, accédant par ce fait au statut de Roi Veuf. Peut-être... si attendait-il, en fin de compte? Peut-être qu'il avait senti que les anges voulaient lui dérober son plus précieux trésor. Nous ne saurons jamais ce que cet homme dissimulait avec brio au fin fond de son cœur en cet instant.

Sa rancune envers son propre sang, pour lui avoir pris l'amour de sa vie était si intense que pour le moment il ne désirait nullement avoir de contact avec lui.

Ainsi commença donc la vie de Charles de France, Prince de son état. Le seul véritable amour qu’il reçut fut celui que sa mère lui prodigua en lui trouvant un prénom. Elle couva son fils de sa vie afin qu’il survive, même si cela voulait que son histoire rime avec le mot « sacrifice ».

• CHAPITRE SECOND •

C’est dans cette froide ambiance digne des antichambres de l’Enfer que le jeune Charles grandit, dans un rythme de vie férocement imposé par les adultes l’entourant. Même avant qu’il soit en âge de marcher ou de parler, déjà les rouages de plans à mener pour faire de lui un Héritier du pouvoir d’exception étaient prédéfinis dans leur ensemble. A se demander même si tout avait été prévu alors qu’il n’avait pas encore fait connaissance avec le monde extérieur, qu’il se devait maintenant de côtoyer au mieux pour un jour y régner.

Des hommes et des femmes d’église, investis d’une foi pure et inébranlable, se chargèrent de son éducation, faute d’avoir un père sur qui compter suffisamment pour assumer pleinement ce rôle. Ne portant que très peu d’intérêt à son unique enfant, il le laissa entre les griffes des divers évêques et prêtres, aux préceptes gorgés d’ironie suintante. Cette rigueur insoutenable rendait parfois l’enfant fou, mais il n’avait le droit de montrer son mal, se devant « d’honorer » selon ses plus proches intimes –soit, ses instructeurs – son père, le Roi Henri, mais aussi le Saint Créateur, Dieu - sans omettre, bien entendu, le Saint Esprit et la vierge Marie.

Il suivait sans trop rechigner les règles établies par l’église Catholique, puisse que de toute évidence, on ne lui laissait guère le choix. Néanmoins, il avait dans l’idée de ne plus jamais subir tel traitement une fois assis sur le trône d’or qui lui revenait de droit. C’est durant cette période que commença à se développer son mutisme ainsi que la destruction de son cœur d’innocent. Tout devait être fait comme les écrits qu’on lui faisait ingurgiter à longueur de temps, il aurait été intolérable que l’héritier déroge à la règle!

L’opprobre aurait été jeté sur le symbole de la couronne si Charles n’avait pas su faire bonne figure et se tenir convenablement.

C’est pourquoi le garçonnet blond vit ses libertés restreintes au strict minimum. Ce n’était pas comme s’il savait ce qu’était réellement cette sensation de ne pas avoir d’attache non plus, car de par son rang et le sang qui s’épanouissait dans ses veines, des entraves, on lui en avait posé dès sa naissance sous la formes de chaines invisibles mais pourtant bien présentes. Ô Seigneur, combien de fois avait-il voulu céder son futur héritage au premier manant passant ? Ces esquisses de volonté blasphématoires vis-à-vis de beaucoup ne se comptaient même plus, les doigts d’une main n’auraient su être suffisamment nombreux pour toute les contenir.

Plus les années s’étiolaient, emportées par l’eau coulant sous les fiers ponts de Paris, et moins l’enfance du Prince en avait les courbes. A l’extrême limite, nous aurions pu taxer les traitements subis de maltraitance de l’esprit. Il pleura, parfois. Se demandant pourquoi lui n’avait pas droit aux bras protecteurs d’une mère, comme pouvait en jouir les autre enfants qu’il côtoyait de temps à temps. Il se rongeait de l’intérieur de questions pourrissantes, restées trop longtemps en suspens. Avait-il été un mauvais garçon pour être malmené de la sorte ? Il ne lui semblait pas. Pourtant, pour qu’autant d’épreuves morales lui soient infligées, c’est qu’il devait avoir fauté quelque part.

Etait-il l’un de ces pêcheurs dont parle la Sainte Bible et qu’il est donc bien nécessaire de punir pour maintenir l’ordre et l’harmonie au sein du genre humain ? Nombreuses sont les questions du même registre ayant parcourues son esprit, voguant sur un océan d’incertitude dont il ne voyait même pas la fin. Aucune limite à son imagination n’était de mise à ce moment-là, comme quoi le hasard fait bien les choses. C’était bien les rares moments qu’il avait pour divaguer à la bonne volonté de ses envies mentales, lorsqu’il se retrouvait seul le soir dans sa grande chambre luxueuse mais pourtant si froide.

L’arôme de l’asociabilité l’aurait sans doute frappé de plein fouet si on ne l’avait pas forcé chaque jour que le Tout Puissant façonnait à se rendre à des cours religieux qu’il s’efforçait de supporter au mieux. Il en résultat une doctrine presque parfaite. Le jeune homme apprit avec une morne application les versets et chapitres du sacro-saint ouvrage biblique, de même que les chants sacrés et les rituels appropriés pour chaque événement, qu’il soit cérémonieux ou non.

Pourtant, il y a une chose que certain semblaient oublier à tort, c’était que malgré le sang qui irriguait ses fragiles canaux veineux, le Prince n’en restait pas moins un enfant comme les autres. Et à ce titre, lui aussi était sujet a des caprices et autres comportements pour le moins énigmatiques dont seuls les plus jeunes connaissent les secrets.

Ce fut justement par le biais de l’une de ses facéties que les fortifications sentimentales qui commençaient déjà à s’élever autour de son cœur furent lourdement scellées, pour un délai encore méconnu d’ailleurs. Remettons les bases du contexte afin de mieux nous imprégner des ressentis du petit.

_____

Enfermé dans sa chambre depuis une bonne heure maintenant, le Prince riait aux éclats derrière le bois de sa porte en entendant les domestiques se plaindre de son idiotie. Il aimait, jusque-là, les faire tourner en bourrique jusqu'à épuisement, puis repartir tout fringuant du haut de ses dix ans, jouer quelque part dans le château où on ne le trouverait pas. Mais ce qu’il ignorait, c’était que cette fois ci fut de trop. Pour tout le monde et lui le premier d’ailleurs.
« Mon Prince je vous en supplie ! Sortez d’ici !
-Venez me chercher si vous le pouvez !
-Messire ! Je vous en conjure ! Cessez vos galéjades et ouvrez cette porte !
-Non ! Je reste où je suis ! »
Désespérant. Comme à peu près tous les chérubins de son âge. Il y a toujours un moment où ces derniers tentent de défier l’autorité. Pour certains cela fonctionne plutôt bien, ainsi le prince voulu également faire ses preuves sur cet incertain terrain. Sauf qu’il avait oublié un détail ayant bien plus d’importance qu’il ne lui en avait jusque-là prêté ; Son père était le Roi en personne.

Et lorsque sa Majesté daigna à s’instruire un peu de la vie de son descendant –qu’il n’avait toujours pas pardonner, soit dit en passant – il arriva, fier et bien habillé dans son uniforme solennel dans le couloir menant à la chambre de son fils et, de par sa prestance, fit s’écarter les majordomes et autres femmes de chambres auparavant acculés devant le bois de la porte. Sa voix résonna une fois dans l’étroitesse d’une gorge prisonnière d’un carcan de tissu noble.
« Charles, pouvez-vous me dire ce à quoi vous vous amusez je vous prie ? » Demanda-t-il, sans une seule once de véritable intérêt dans sa voix.
De l’autre côté, ayant ouïe les phonations si particulières de la voix de son père, l’héritier eu un sourire de toutes ses dents peint sur le visage et se hâta de déverrouiller les serrures par lesquelles il se tenait bien à l’ abri du reste des serviteurs. Ouvrant la porte, espérant follement ainsi qu’enfin le Roi aurait un geste affectif pour lui – ce qu’il attendait depuis sa venue au monde – Charles lui offrit son plus beau sourire d’innocent.
« Père ! Vous tombez bien ! Je… »
Il ne put finir sa phrase qu’une main aussi solide que rapide, vint caresser sa joue gauche de son revers. Il resta un instant, interdit, le regard dans le vague, essayant de bien comprendre ce qu’il venait de se produire sur son frêle corps fragile. Son visage le piquait atrocement et la douleur lui remontait jusque dans les yeux. C’était une gifle comme il était encore rare d’en faire à cette époque-ci. Choqué, le Prince ne bougea pas lorsque son géniteur remit en place sur ses phalanges son gant de cuir noir. Au moins avait-il fait l’effort d’enlever cet accessoire avant de lever la main sur son propre fils. Sauf que faire l’effort n’est que rarement suffisant pour blesser autrui.
« Ce n’est pas à ce genre d’activité qu’un Roi doit s’adonner. Votre mère aurait bien honte de vous, Charles. » Lui assena le Roi sans un seule petit soupçon de pitié pour la chaire de sa chaire.
Il avait appuyé là où, justement, il n'était point difficile de faire mal, pour le remettre rapidement dans les rangs. Après tout, c’est bien comme cela que l’on domptait les chevaux sauvages, non ? En usant de la force, bien évidemment. Pourquoi ne serait-ce point possible non plus pour le petit blond ?

Le souverain enfin parti, le prince s’offrit le luxe de se redresser lui aussi. On venait de le gifler parce…. Qu’il voulait jouer avec son père le Roi et rien d’autre ? Fort bien, jamais plus il ne ferait de comédies de ce genre. Jamais plus il ne serait sympathique avec personne, dans ce cas-là. Il n’y eu pas de larmes en ce jour, il n’y aurait plus jamais de larmes pour un tel personnage, irradiant d’une d’aura étrangement dérangeante.

Le prince ne pleure pas, le prince ne pleurera plus. Jamais.
__________

Suite à ce "tragique" événement, le futur Maître du pouvoir devint l'égérie tant attendue par les religieux et autre décadents personnages fades. Une perle de Christianisme. Mais derrière cette apparente et obéissante soumission ne germait-il pas les semis d'un glaçant appel à l'intransigeance? Nul ne saurait le dire, car nul ne le connaissait réellement, en fin de compte.

• CHAPITRE TROISIEME •

Cette écœurante symphonie, mêlant le fer et le sang, était le ô combien désagréable timbre de voix du champ de bataille.

Fruit d’un amour mort dès lors qu’il fut né, Charles, tout en étant traité avec indifférence par son géniteur, n’en était pas moins un futur souverain. Et quoi que furent ses avis et ses envies muselées, il se devait de savoir défendre le pays qui l’accueillerait bientôt sur son trône d’or, aussi bien sur des cartes tactiques qu’au beau milieu d’affrontements sanguinaires.

Quoi de mieux qu’une guerre pour forger en ce jeune homme un caractère d’exception ? Personne – et son père le premier – n’avait trouvé meilleure solution à cela. C’est ainsi qu’on le traîna sur des terrains dangereux, sans omettre bien entendu de le vêtir de protections et d’armes suffisantes pour qu’il puisse bouter ses adversaires, qui qu’ils fussent. Bien que le Roi Henri soit un génie stratégique et un combattant hors pair, cela ne stimulait pas le moins du monde chez Charles le désir de devenir comme lui. Bien au contraire d’ailleurs. Cet être répugnant, qui n’avait jamais eu ne serait-ce qu’un geste affectif envers son fils unique… Le jeune homme priait pour ne jamais lui ressembler à l’avenir.

D’autant que son caractère actuel, il le doit essentiellement à son ascendant, qui n’a su lui apporter suffisamment de matière doucereuse. Ce « détail » aurait pu tout changer et son absence contribua grandement à bâtir la forteresse de givre autour du cœur autrefois si malléable de l’adolescent. Mais ceci est un point sur lequel nous ne reviendrons point, concentrons-nous sur cet épisode de bataille.

A la vue du sang chaud giclant des gorges et autres artères des corps, dans un premier lieu le Prince crut qu’il allait défaillir. Il n’était point accoutumé à ce genre de risibles spectacles ou le métal des épées ne s’entrechoquaient que trop fortement à ses jeunes oreilles. Perché sur le dos d’un superbe équidé blanc, aux côtés de son père et du Capitaine des armées royales, Charles observait, le teint livide, ce qui se passait au pied de la colline, au sommet de laquelle ils s’étaient tous trois rendus pour plus de « protection ». C’était idiot et lâche selon lui. Pourquoi des soldats devraient-il mourir si facilement devant les émeraudes qu’il possédait pour orbes alors que son « Altesse Royale » ne bougeait pas d’un cil ?
Injustice profonde. Mais il avait encore beaucoup à apprendre, difficile de lui jeter la pierre.

Il voyait l’armée ennemie avancer toujours plus, faisant reculer celle de son propre pays. Ses mains gantées de couteux accessoires - essentiels pour survivre ici - se resserraient toujours plus sur les rennes de son cheval, traduisant sa hargne sans aucun mal. Mais jamais son paternel ne fit le moindre commentaire. C’est tout juste s’il lui répondit évasivement lorsque le jeune homme voulu engager un semblant de conversation avec lui, mâchoires crispées et sourcils froncés.
« Père ! Pourquoi ne participons-nous pas également ?!
-C’est à l’armée de protéger son souverain et non l’inverse.
-Mais…
-Tant que le danger n’est pas écarté au maximum nous n’interviendrons pas, ces soldats sont là pour œuvrer de la sorte, Charles.
-Comment cela ?
-Ils sont là pour sacrifier leur vie pour nous. » Conclut alors le Roi, en soupirant.
Son fils l’avait peut-être exaspéré, mais ce n’était rien comparé à la rage que ledit jeune homme ressentait également pour « Sa Majesté ». Malheureusement pour le Prince, il savait pertinemment qu’une sanction lui tomberait dessus s’il dérogeait à la volonté du Tout-Puissant porteur de la couronne actuel. Il bouillait intérieurement mais tenta de le dissimuler en agrafant ses iris printanières sur les hypothétiques combats à armes égales qui se livraient par en bas.
Il finit par désobéir, bien entendu. Son caractère demeurait insolent dans l’âme.

C’était prévisible, mais son père lui portait si peu d’intérêt qu’il ne prit point la peine de se pencher sur les possibles agissements futurs de son garçon, préférant l’ignorer et contempler passivement les soldats tombant les uns après les autres sous les coups puissants de l’armée adverse.

Charles, lui aussi, se devait de seulement prendre le rôle d’un spectateur accompli, sans chercher à interrompre ces sanglants jeux d’acteurs, bien trop réaliste pour lui. Mais il ne put supporter tout ceci, cette hypocrisie infecte qui le protégeait sous prétexte qu’il était le futur monarque ! Balivernes ! Il n’était pas plus important que n’importe lequel des vaillants combattants du front qu’il voyait résister malgré tout. Peut-être était-il Prince, certes, mais il n’en restait pas moins humain – tout du moins, c’est ce dont il tentait encore de se convaincre, malgré la rancœur immense ressentie depuis déjà bien longtemps à l’intérieur de son être.

Sa chaire était si parcourue de vigoureux frissons exaltant son impatience à croiser le fer qu’il finit par baisser les bras et ne chercha plus à lui résister. Le déclencheur fut de voir un fantassin français sévèrement aux prises avec deux factionnaires étrangers. Une lutte inégale. Il fallait lui porter secours, ce n’était plus une question d’honneur ou même de rang du sang à ce niveau-ci, on parlait surtout d’humanité pure et dure. Un parfum d’altruisme s’empressa donc d’emplir de sa souveraineté l’esprit du futur damoiseau du Trône et, supplantant l’amer odeur âcre du feu et des corps ensanglantés, lui fit accéder à la requête de l’interdit.

Faisant claquer le cuir brun des rennes de son destrier dans les airs, il fondit vers la foule avant même que le Chef des Armées ou son père ne puisse lui dire quoi que ce soit. De toute manière, il ne les aurait même pas écouté, convaincu de son fait. Un tant soit peu, des deux hommes mûres, il n’était pas bien compliqué de distinguer une chose claire et nette ; Le Commandant en Chef s’inquiétait bien plus du sort de Charles que le Roi lui-même –bien qu’il n’ait fait aucun commentaire, bien entendu.

S’engouffrant dans cette atmosphère lourde et électrisante, le Prince accouru à la rescousse de l’homme en mauvaise posture. Du moins aurait-il voulut pouvoir le faire, mais il arriva trop tard et ne put que constater, impuissant, que la tête du pauvre troupier roulait à présent sur le sol boueux, détachée de son corps par une épée britannique émoussée.

Écœuré, il n’aurait pu l’être davantage. Les gerbes vermeilles voletaient encore hors du corps cloué au sol, par les artères suintantes, laissées à l’air libre. Atroce vision que celle-ci. Mais bien que cela soit des plus déplaisants, il s’agissait tout de même de l’éclatante exclamation de l’humanité et rien d’autre. Celle qui se déchire, s’entre-dévore par les mâchoires de ses différentes ethnies. C’était le symbole même de l’être humain dans toute sa superbe. Ainsi nous pouvons en déduire que les hommes ne sont qu’incarnations du mal et que le couple céleste, Adam et Eve, virent la chasteté de leur soit disant descendants bafoué le jour ou le Seigneur les condamna à vivre sur la froide terre régit par Mère Nature.

Tremblant sous l’effet de l’angoisse ou de l’énervement –bien que le savant et succulent mélange des deux soit on ne peut plus probable – le jeune blond se saisit de l’épée finement conçu pour lui par le forgeron du château et la dégaina avec une extrême rapidité –qu’il devait sans doute aux nombreuses heures sacrifiées à l’entrainement du maniement des épées et autres fleurets par son professeur particulier.

Fronçant les sourcils encore plus, les faisant presque se toucher, il hurla à gorge déployée vers les soldats qu’il assaillait, n’écoutant que son instinct et rien d’autre. Grave erreur pour le prédestiné à gouverner un jour. Son attention était aussi brouillée que son champ de vision réduit de minute en minute à cause des larmes irritantes coulant de ses yeux verts sur la surface poussiéreuse de ses pommettes encore jeunes.

Recroquevillé uniquement sur ses cibles, il en avait oublié une règle d’or lorsque l’on s’aventure si loin dans les effervescentes dangerosités que transporte une guerre ; Ici, il était la proie de nul et tout le monde à la fois. Il n’y avait pas de prédateurs prédéfinis pour telle ou telle personne, voici son erreur qui failli l’entrainer sur le même chemin que sa défunte mère, des années auparavant. Certes, l’ancienne Reine n’avait point mené de stratégie militaire pour succomber à la froide mort, mais donner la vie est en soit un combat bien plus délicat et difficile à mener à terme. Cela, beaucoup –pour ne pas dire trop- de personnes semblent l’occulter volontairement, sous prétexte que pour accoucher, l’on ne tient pas d’arme dans les mains. Idioties.

Mais cette période révolue n’aiderait en rien l’Héritier si l’on s’attardait dessus, aussi ce qu’il va très bientôt lui arriver est bien plus exquis à notre écoute de narration. En effet, alors que l’adolescent fondait à la façon d’un rapace sur les anglais devant lui, son cheval tomba en pâmoison, l’entrainant dans sa chute sur le sol. L’équidé avait reçu une flèche dans la tête, ce qui le tua instantanément, dévoilant Charles à la plausible influence des actes malsains offerts diligemment par les fantassins aux multiples couleurs devant lui. Il n’avait pas lâché son épée, cependant. Brave instinct de combattant qui se réveillait là, irradiant de son essence les yeux du prochain Souverain de cette lueur si particulière, propre aux désespérés qui n’ont plus rien à perdre.

Bien que ce fut-ce faux, il est vrai que c’était là bel et bien le genre de sentiments qui animait le garçon en cet instant. Il voulait se battre, prouver que ce n’était pas parce qu’il était le fils unique du Roi qu’il ne savait pas venir en aide à son armée, quand le besoin s’en faisait ressentir.

Malheureusement pour lui, il dû d’abord trouver le moyen d’extraire sa jambe droite, bloquée sous le corps de son cheval. En se laissant coucher sur le côté, l’animal –ou plutôt son cadavre– avait involontairement coincé son propriétaire, lui interdisant tout mouvement utile pour un combat. De plus, une douleur vive décida de choisir ce moment impropre à de tel ressentis pour s’exfolier.

Apparemment, l’os fragile s’était vu cassé en plusieurs endroits sous l’effet du poids représenter par la feu monture. C’était un manque de chance affligeant, surtout pour un début de lutte ! Charles n’avait même pas pu délivrer ne serait-ce qu’un seul coup d’épée ni décocher le moindre revers de lame. Frustrant.

En revanche, il était apparemment de grande mode que la fortune laisse ce jeune homme dans l’impasse la plus amère qui soit. Les aléas d’une vie telle que la sienne, sans doute. Comme si sa mauvaise aventure n’avait pas suffi en lui faisant épouser le sol, il fallut rajouter un danger supplémentaire.

Un engagé du camp adverse - ou plutôt l’ombre de ce dernier -, eu tôt fait de dévorer la frêle carrure du petit prince une fois que le premier cité eu tourné le dos au soleil couchant. Le ciel se parait de couleurs chaudes, s’accordant aux mosaïques de la terre où le sang et la terre s’entremêlaient, en bons amants de bataille. Charles fixa attentivement le nouvel arrivant. Il était… Immense ; un véritable colosse. Peut-être était-ce le fait d’être maintenu contre sa volonté au sol, mais l’Héritier se sentit étrangement très vulnérable face à ce personnage effrayant.

D’ailleurs, ce dernier utilisa son arme, une masse, pour asséner un coup fort virulent à la tête de sa proie de choix. Le choc fut tel que l’unité entière du blond s’envola pour atterrir lourdement contre les vestiges d’une maisonnée, trois mètres plus loin. Son casque en avait même quitté sa tête, le rendant esclave de la volonté des Dieux concernant sa vie ou sa mort. Son destin ne fut sans doute aussi fragile qu’en ces quelques instants passés à vouloir imiter les grands épéistes expérimentés. Il s’en souviendra toute sa vie.

Sonné, Charles ne put se relever immédiatement. Sa tête lui faisait mal, lui donnant l’impression que milles tambours avaient été encastrés de force à l’intérieur. Sa vision était trouble et un immonde goût ferreux s’était insinuer dans l’étreinte de ses dents. Sa tête, chancelant de droite à gauche bien qu’il soit assis, c’était grâce au bois meurtri des murs de l’ancienne habitation sur lequel il avait atterri qu’il se maintenait ainsi.
Une plaie s’était formée du côté gauche du crâne, laissant se déverser son sang vierge de toute velléité sur la terre poussiéreuse, sale.

Alors qu’il tentait courageusement de redresser son front le plus possible dans son état ; Une vive et incisive sensation se fit sentir sur son épaule gauche – à croire que Mars souhaitait voir ce côté-ci de sa personne marqué plus sévèrement que l’autre. Le Prince hurla de mal-être, faisant jubiler la personne l’ayant ainsi harponné. Un ennemi, encore. Le contraire aurait été étonnant cela dit. L’anglais le regarde, se léchant les lèvres tant il est fier de son acte. A-t-il seulement reconnu le prétendant au Trône de France ? Dieu seul le sait. Quoi qu’il en soit, une victime si facile était chose rare sur un lieu tel que celui-ci, alors il était bien décidé à en profiter au maximum.

Tournant la lame de son épée dans la plaie, il se régale des vocalises déchirantes poussées par le pauvre jeune damoiseau qui n’avait guère prévu de finir ainsi en fonçant tête baissée comme il l’avait fait. Il paya cette erreur sans doute bien plus cher que ce qu’elle valait, mais n’est-ce pas mieux ainsi ?

L’étranger essai de lui parler, mais l’affliction qui s’intègre peu à peu à son corps l’empêche de comprendre quoi que ce soit. La seule chose dont il soit certain, c’est que son bourreau n’agit là que par pur plaisir de le voir souffrir. Si vraiment le britannique avait voulu en finir vite avec lui, il aurait fait fusionné la lame de son arme avec le torse, le cœur ou encore la gorge de Charles, ne cherchant point à s’amuser comme il le faisait présentement. Quelle parjure à la couronne que voici. L’Héritier se faisant durement malmené… Quiconque du peuple verrait cette désobligeante scène penserait que ce jeune homme n’a guère les épaules pour assumer un rôle de Souverain de France. Et ils n’auraient pas tort. A cette époque, il n’était pas le moins du monde investi pleinement dans sa volonté de succession, sauf pour peut-être servir ses propres intérêts.

Les responsabilités qui incombent à un Roi, il les apprendra bien plus tard, en temps voulu.
Pour le moment, c’est l’acide et tentatrice vérité qui l’accapare entièrement. Il a mal, souffre et hurle. Mais cela ne change rien, son calvaire semble s’éterniser. Il en vient même à penser que son agonie ne connaitra jamais de crépuscule. Et pourtant, il était dans le faux.

Trois courageux soldats sont alors venus lui porter secours. Cette fois, il était celui qui devait être sauvé. Formant une figure de triangle devant le Prince, ils mettent rapidement en défaite celui qui a osé lever la main sur lui. La lame retirée de la plaie fit un bien fou à Charles qui eut presque un sourire sur les lèvres lorsque l’on mit enfin un terme à son tourment physique intenable. Mais, aussi blessé soit-il, l’inconscient futur Roi voulu tout de même préserver la vie de ses hommes à tout prix. Il ne pouvait plus se lever, ses jambes ne lui obéissaient plus et sa voix faisait d’étranges sursauts. Il n’aurait rien pu faire d’autre à part observer comme il l’a fait, interdit.
« Mon Prince ! Nous allons vous protéger, tenez bon !
-Mais vous trois…
-Nous allons vite en finir avec eux et rentrer de chez nous auprès de nos femmes et de nos fils, soyez fort Prince Charles ! »
Sur ces mots qui s’éparpillaient déjà dans les méandres du phœnix peu mélodieux de la guerre, ils chargèrent vaillamment l’ennemi avec pour objectif de protéger le jeune s’étant mis lui-même en danger. Ceci ne satisfit guère ce dernier, pourtant. Tendant sa main droite vers le trio d’infanterie, il leur cria l’ordre de faire machine arrière, l’ennemi devenant de plus en plus féroce. A contrario, se sentant déjà faiblir, le Prince céda sous le poids d’une multitude de facteurs, au profit de l’inconscience totale dès lors qu’il sentit un liquide chaud dévaler sa chevelure. Y portant ses phalanges, curieux, il ne tarda pas à les voir se colorer de rouges. Du sang. Son sang.

C’en fut trop pour son être tout entier. Ses paupières se cloitrèrent, étouffant temporairement la douleur dans une négation de vie suffisamment poussée pour qu’elle ne soit plus ressentie.

Lorsque ses traitresses membranes acceptèrent enfin de se rouvrir convenablement, tout avait changé autour du jeune Prince. Plus de flammes dévorant goulûment l’horizon ; elles avaient été remplacées par de superbes peintures artisanales sur les murs de la chambre de l’Héritier, souvent sous forme de fleurs de Lys, fleur royale. Surplombant son corps, le haut de son lit à baldaquin se veut plus rassurant que le ciel saigné de la veille. En son crâne s’agite de douloureux maux qui lui font plisser les sourcils à peine réveillé. Dans le même registre, son épaule parait si exacerbée d’avoir été transpercée qu’elle se rebelle contre le corps qui la porte, lui faisant ressentir la peine légitime qu’il se doit d’assumer.

Se pensant seul, Charles, en comprenant qu’il ne se trouve plus sur le terrain des affrontements, s’autorise à pousser un soupir empli d’un arrière-gout de lassitude. Ses yeux entrouverts laissent s’exprimer malgré eux la peine qu’il ressent en son être. Telle une flammèche de compassion ne voulant s’éteindre face à la glace tueuse de sentiments, elle est douloureuse et désagréable sur le cœur. Pour ne rien arranger, l’arôme détestable et ferreux est toujours quelque peu présent dans la gorge du jeune homme, comme une note de fond.
« Bonjour mon Prince, comment vous sentez-vous ? » Ose demander une voix, timide.
C’est là qu’il se rend compte que non, il n’est point seul dans cette pièce qu’il trouvait auparavant immensément vide et froide. Une femme vêtue d’un tablier blanc se tient prêt de lui. C’est l’une de ses ô combien nombreuses nourrices qui, au vue de l’expression peinte sur son visage, se faisait plus que du souci à son sujet. Il remarque seulement maintenant que son torse et son épaule son lourdement pansés de bandages épais. Ils ne diminuent point la douleur, mais au moins les saignements ont cessés grâce à eux.

Se redressant jusqu'à être assis sur son matelas de haute qualité, il crût être frappé d’une hallucination lorsqu’en plus de voir la jeune femme s’enquérir de sa santé, il vit son père, le Roi en personne, le fixer depuis l’entrée de sa chambre. Grand Dieu ! S’était-il inquiété ? Difficile d’accepter une chose pareille tant elle parait relever de l’hérésie pure et simple après toutes ses années. Mais il est bien là, et devant la vérité imposée, il ne peut faire autre chose que de plier, encore.

Mais cette soudaine attention de la part de son géniteur n’étouffe nullement un souvenir lui revenant soudainement à l’esprit, comme s’il voulait se sortir de la noyade sur l’océan de l’oubli. Les trois fantassins ! Que leur est-il arrivé ?! Comment vont-ils ?! Ni une ni deux, ces trois questions s’extraient de la gorge engourdie du blond damoiseau qui ne trouve rien de mieux, pour accompagner sa parole –voulant montrer son impatience certaine pour obtenir rapidement une réponse – que de sortir de sous les couvertures chaudes dont il était présentement recouvert. Tentant de courir en répétant une seconde fois la salve de question nouvellement née, une autre réalité s’accroche à son corps et le fait rencontré le sol boisé de la luxueuse pièce où il se trouve.

Sa jambe était cassée, de ce fait, les médecins avaient appliqués sur cette blessure un pansement bien plus solide afin que la cicatrisation se fasse sans trop de problème. Par cette étourderie, Charles ne fit que raviver la douleur de son tibia, endolori jusqu’ici. Un cri s’empare de sa voix pendant une petite seconde avant de se donner la potence, faute d’oxygène en quantité suffisante pour continuer sa litanie.

Prenant appui sur ses bras –plus particulièrement sur le droit étant donné que l’épaule gauche était en piètre état – le Prince trouva le moyen de se rasseoir à même la surface sur laquelle il s’est étendu il y a peu. La tête légèrement baissée et la respiration saccadée, il rencontre quelques difficultés à reprendre ses esprits. Sans doute le coup à la tête délivré par le soldat ennemi y est pour quelque chose. Dieu soit loué, heureusement que le jeune homme portait un casque, cela le sauva d’une disparition certaine.

Les talons des bottes luisantes du Roi résonnent alors dans la chambre tandis qu’il s’approche de son fils, au grand étonnement de tous –et ledit fils le premier. Il sépare la distance qui existait entre eux et va même jusqu'à poser un genou à terre pour qu’ils se retrouvent presque à taille égale, bien que ce ne soit pas tout à fait le cas, même par ce geste-ci. La main droite du Roi actuel vient se poser tout d’abord délicatement sur l’épaule injuriée du plus jeune. On pourrait presque croire à une mauvaise blague. Même si ce n’en est guère une, la saveur en se rendant compte de la supercherie doit être similaire sur la langue. Il faut demander au futur souverain pour savoir cela.

Les orbes de l’unique prétendant au Pouvoir reluiraient presque d’une soudaine envie de croire, d’espérer que l’homme qui l’a tant délaissé pendant toute ces années, depuis sa naissance, s’intéresse tout de même à lui ; qu’il s’inquiète pour lui !

Il n’en est rien. Aussitôt ces vains espoirs proférés silencieusement, la paume du Roi, ainsi que ses lourdes phalanges se resserrent sur leur prise de chaire, comme le ferait les serres d’un aigle avec le corps d’un lapereau. Le jeune blond souffre de ce mauvais traitement dont il ne comprend pas l’essence.
« Les trois fantassins sont morts, et c’est de votre faute, Charles. »
Première désillusion certaine pour le garçon qui ne s’attendait sans doute pas à une telle réponse, même s’il savait pertinemment que la guerre n’épargne personne. Mais cette culpabilisation bien tournée par le Roi pour lui faire gouter aux remords, c’est odieux et atroce ! Le venin du regret bien planté dans son cœur, il ne se retient même pas de pleurer quelque peu, violant la promesse qu’il s’était fait à lui-même des années en arrière, à cause du même homme qui lui faisait alors face. Comme si le Tout-Puissant censé régner en divinité sur l’humanité n’avait pas trouvé cette sanction à son gout, il trouva bon de faire en sorte que de la bouche du Roi, une seconde réprimande sorte, avec un rythme parfait, contrastant avec sa précédente sœur immatérielle.
« Si vous aviez obéit, rien de toute cela ne serait arrivé. Vous êtes le pire des Princes que ce château ait jamais accueilli. Un véritable pleutre que ma vénérable Reine a mis au monde. »
Suite à ces derniers mots, il relâcha l’épaule de son descendant, se releva et pivota entièrement avant de sortir de la chambre de son fils, laissant ce dernier anéanti. Comment ?! Lui ? Un pleutre ? Faux ! Si tel était le cas jamais il n’aurait pris autant de risques pour aller s’inscrire dans la bataille d’hier ! Le pire des princes ? Cet homme était-il fou à lier pour pousser sa progéniture dans ses retranchements à ce point ? Non, Charles n’était pas le pire, loin de là. Mais il pouvait aisément le devenir si son âme continuait à subir en martyr les lâches attaques du régent du trône actuel. D’ailleurs, les larmes avaient cessé de couler dès l’instant où sa disgracieuse voix s’était de nouveau élevée dans les airs, au sein de cette atmosphère tendue.

Personne n’osait encore l’approcher. Les épaules basses et la tête inclinée vers le sol, il réfléchissait. C’était donc ainsi que son propre père le considérait ? Une honte au sang de sa mère ? La rage aurait volontiers bouillie dans ses veines mais finalement, il préféra glacer ses envies inavouables de voir son père sombrer dans une inertie mortelle. L’amertume concernant les courageux l’ayant protégé au péril de leurs trois vies n’eut plus d’écho pour se faire entendre. Elle s’évapora dans le néant. Il était trop tard maintenant. Plus de peine, plus de regrets. Son cœur s’était refermé sur lui-même définitivement, devenant un carcan pour n’importe quel sentiment. Impossible d’y creuser ne serait-ce qu’un espace infime pour la compassion également. Charles venait d’oublier ces notions. Remercions le Roi pour cela.
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Dernière édition par Charles De France le Sam 1 Oct - 11:56, édité 1 fois
MessageSujet: Re: Charles De France ••• Rougoyeant Soleil   Sam 1 Oct - 11:45

Histoire


• CHAPITRE QUATRIEME •
« Le Roi est Mort, Vive le Roi! »

Pour succéder à la fameuse bataille qui entailla à jamais la compassion du jeune prince, des années mornes et répétitives firent offices de témoins. Elles purent voir l’héritier grandir, s’affirmer et gagner aussi bien en adresse à l’épée qu’en beauté marginalisée. Pourtant, aussi doué soit-il, en n’en restait pas moins un fragment encore invisible à la cour, un être voguant dans l’ombre de son père, en semi-liberté.

La vie de prétendant ne lui convenait pas, il n’aspirait sans doute qu’à une chose, que la couronne vienne rapidement se poser sur sa tête fière et droite afin de prouver sa supériorité. Son ignominie avait atteint un cap de non-retour, tel un navire envouté par le chant des sirènes d’Alexandrie. La marche arrière n’était plus envisageable. Désormais, cette froideur était une partie intégrante de son être tout entier, brûlant de fougue son hypothétique patience.
Chaque jour que Dieu faisait, il espérait que son père reste dans la prison des songes à tout jamais. Certains prétendent même l’avoir déjà vu et entendu prier une fois, dans la Sainte Chapelle, afin que le Seigneur ne fauche le roi en place à ce moment-là au plus vite. Mais est-ce là le fruit d’une réalité ou d’une fiction aussi imperméable à la crédibilité que les Gorgones ? Le mystère reste encore entier aujourd’hui, nul ne sait où commence le vrai et où s’arrête le mensonge. A moins que les deux ne soient subtilement tissés ensembles, s’amusant à perdre les plus faibles d’esprit dans leurs mangroves étriquées.

Charles était en revanche devenu un sujet de conversation des plus palpitants à la haute cour. Du fait de sa disparité physique avec le Roi, des langues trop pendues avaient même soulevées l’hypothèse – se pensant discrètes – que le père légitime du Prince n’était point celui auquel on pensait. Ils avaient tous tort et, que ce soit un coup du sort ou non, ces idiots bavards ne purent prétendre connaître le nouveau règne en marche de s’imposer sur le trône. Ils furent exécutés. Prix à payer d’un faux discernement, sans doute. Car si le bel homme blond ne supportait guère son paternel, il n’en restait pas moins son ascendant et le sang qu’ils partageaient tous les deux lui donnait un accès total au droit de prendre légitimement place sur le siège du pouvoir.

Jamais il n’aurait laissé quiconque dénigrer son autorité ou son appartenance à la couronne. Pour lui, cela relevait d’une lacune d’allégeance formelle. Pourquoi son père aurait-il plus de partisans fidèles que lui ? Il n’y avait pas de raison, aussi fit-il abattre des personnes soupçonnées de ce genre de félonie, faisant passer leur meurtre comme un jugement pour « trahison » envers la couronne et ses représentants. Nul ne contredit jamais ce genre d’ordres, de peur de le voir un jour se retourner contre soi.

Le roi ne fut jamais mis au courant, après tout cela ne le regardait point. La mise à mort des gêneurs était une initiative de son fils afin que son futur règne se passe au mieux. Les assassinats, proférés par des mercenaires, s’effectuaient toujours de nuit, pour respecter une certaine discrétion. Et lorsque sa Majesté osait demander ce qu’il était advenu d’un marquis ou d’une baronne soudainement disparue, Charles répondait les avoir envoyés en mission dans un pays étranger et qu’ils risquaient de ne point revenir avant un long moment. En soit, ce n’était pas tout à fait un mensonge, quelqu’un est-il déjà revenu du pays des morts ? Théoriquement non, voici pourquoi et comment le prince arrivait à berner son propre géniteur avec des histoires bien menées. L’enfant qu’il était n’existait plus depuis bien longtemps déjà.

Et enfin, ô oui enfin, son immense et idolâtré souveraineté finit par céder à l’appel du royaume souterrain. Un matin, en réaction à une maladie dont il était atteint depuis plusieurs mois – bien que Charles n’eut fournis aucun effort pour se souvenir du nom de cette dernière – il laissa s’évader, au creux de sa gorge, son ultime expiration. Vingt-trois ans auparavant, c’était la reine qui avait abdiqué face à cette envie soudaine de tout voir cesser, pour se reposer seulement un instant. Mais ce sommeil sera éternel et à présent, le Roi s’apprêtait à rejoindre l’âme de sa feu bien-aimée, dont il se languissait depuis plus de deux décennies.

Les femmes de chambres et hommes d’église, présents dans la pièce où eu lieu l’expiation de la royauté en place, pleurèrent de concert la perte d’un être tant aimé par le peuple et donc d’eux-mêmes également. L’héritier n’était point présent, cependant.

Se demandant où il pouvait bien se trouver en cette heure sombre, l’une des domestiques prit la décision folle d’aller à sa rencontre, pour lui porter la bien mauvaise nouvelle. Tremblante et sujette à des hoquets irréguliers à cause des salves de larmes qui ravageaient son visage, elle dut faire plusieurs arrêts au milieu de couloirs démesurément grands, pour tenter de reprendre un peu de consistance. Essayant de prendre sur elle un maximum – après tout, elle allait se présenter devant le prince, il ne fallait donc point être affublé d’une disgracieuse figure, bien que la difficulté à tout conserver sans faiblir fut plus que grande – la demoiselle aux cheveux tressés parcouru la demeure royale, solitaire, pendant un tour de cadran d’horloge, au moins.

Charles demeurait introuvable ! Partout où elle se rendait, il n’y avait qu’un vide désespérant qui s’offrait à ses yeux. Tandis que le palais sombrait dans le deuil engourdissant, elle continua à traquer la personne de sa convoitise. Éliminant les chambres, les jardins et les écuries d’où elle revenait, la demoiselle à la sombre chevelure se dirigea lentement vers la bibliothèque, dernier endroit qu’elle n’avait pas encore pensé à fouiller. Ses mains recroquevillées sur son tablier blanc de domestique, enserrant une partie du tissu, traduisaient son angoisse, sa peur de voir le prince flancher à l’annonce du décès de son père. Comment allait-il réagir ? Il était clair qu’en tant qu’humain digne de ce nom, il serait sans nul doute affecté par cette situation. Aussi, à imaginer mille et un scénarios tantôt farfelus tantôt entachés de crédibilité, la femme de chambre se demandait bien comment elle allait pouvoir s’y prendre pour « soutenir » le prince.

Dieu, ce qu’elle était loin du compte…

Entrouvrant la lourde porte de la réserve littéraire royale, la demoiselle dont le nom n’est guère important finit par trouver la personne tant recherchée. Charles. Il avait prit place dans les confortables rondeurs d’un canapé capitonné de couleur bleu nuit. Dans ses mains, un livre aux inscriptions latines. Ses yeux ne revêtaient aucun signe d’intérêt, sans doute cherchait-il un moyen de tromper son ennui mortel et n’avait su agir que de la sorte pour essayer de se distraire lui-même.

La demoiselle s’approche de lui, d’un pas fort peu assuré. Il ne lève même pas les orbes fatigués de son ouvrage vers elle, préférant l’ignorer. Mais voulant ou non faire fit de sa présence, il n’eut d’autre choix que d’écouter ce qu’elle était venu lui dire.
« Mon Prince je… Je viens vous porter une funeste nouvelle Dit-elle, la voix recommençant à trembler soudainement Pardonnez-moi. »
Pas un mot ou autre ne s’extirpa de la gorge de l’héritier qui paraissait toujours aussi peu concentré sur son livre de latin. Devant un manque flagrant et percutant d’intérêt parfaitement démontré, la jeune femme se stoppa un instant mais, rassemblant son courage à deux mains, continua sur sa lancée pourtant entaillée.
« Notre Roi… Votre père… A succomber à sa maladie. »
Le claquement du livre violemment refermé résonna tel un tambour dans toute l’immensité de la bibliothèque, tel un coup de feu lointain, suffisamment inattendu pour faire trembler la chaire de quiconque. Cette fois ci, les iris de Charles brillaient d’un éclat se situant à mi-chemin entre le bonheur et la peur d’une déception mal dissimulée. Ses sourcils relevés au maximum, écarquillant les yeux après avoir posé son livre sur le second fauteuil près de lui, il s’arrêta un instant dans ses gestes pour poser une question, unique bien que dédoublée :
« C’est vrai ? Il est vraiment mort ? »
La jeune femme laissa échapper un sanglot à cette demande, affirmant par la positive ce qui venait de lui être soutiré.

Le prince n’en revenait pas. C’était trop beau pour être vrai ! Toutes ces années de haine et de dégout avaient donc finies par payer ? Le lourd tribut qu’il avait dû débourser de sa propre personne n’était en fin de compte qu’un versement pour l’avènement de son propre règne ?! Magnifique, splendide ! Il crût rêver tant cette nouvelle le bouleversa intérieurement. Un sourire s’esquissa sur ses lèvres fines et rosées. Sa main gauche vint rejoindre la surface de son crâne, protégée par sa blonde chevelure, comme pour la soutenir face à ce trop-plein de joie peinant à se dissimuler. Dans un soupir tant attendu, les oreilles les plus fines auraient pu ouïr un « Enfin. »

Mais cette sordide expression, inadaptée à ce moment-ci d’une vie, s’évapora lentement, pour laisser place à un faciès froid et inexpressif. Le Prince se leva et détruisit la distance qui régnait alors encore entre lui et la demoiselle. Cette dernière ne comprit l’apparent soulagement qu’elle avait entraperçu sur le visage de Charles, pas plus que son changement soudain vers la tétanie d’expression la plus totale. Elle s’attendait à devoir se préparer pour consoler l’homme de pouvoir de cette perte si douloureuse à son propre cœur, mais il n’en fut rien. Au contraire. On aurait dit qu’il était…. Ravi ? Oui, c’était le mot qui convenait parfaitement à cela. Choquée, elle ne pouvait l’être davantage.

Jamais elle n’aurait cru cela. Ce n’était pas une offense à la vie qu’avait eu le précédent monarque, mais presque. Les heures sombres n’avaient en fin de compte pas encore vraiment commencées. Elle le sentait mais ne parvenait pourtant pas à exprimer le pourquoi de son ressenti.

L’héritier, maintenant droit et fier devant elle, la toise de sa paire d’yeux froids. Elle tremble, encore. Puis il descelle les lèvres :
« Agenouille-toi devant moi.
-Qu…Quoi ?
-Tu oses contredire ton Roi ?! Dit-il en haussant clairement le ton
-Non ! Non ! Jamais de la vie ! » Répond-t-elle en larme tout en s’exécutant, laissant ses rotules prendre place sur le sol de a bibliothèque tout en baissant la tête.
Pur acte de soumission auquel elle vient de s’adonner.

Le blond jubile et finalement la contourne pour se diriger promptement vers la sortie de la pièce, dont il ouvre les portes avec une remarquable simplicité. En revanche, faisant maintenant dos à Charles, la jeune femme frémit d’horreur en entendant ses dires cruels.
« Je te remercie pour cette nouvelle. Pour célébrer cela, tu seras ma première exécutée officielle. »
Avant même qu’elle ne puisse dire quoi que ce soit, il fit appel à deux engagés de la garde royale qui l’amenèrent de force jusqu’aux cachots tandis que l’héritier, derrière son masque d’insensible, riait de toute ses dents à la simple idée d’avoir enfin entre ses mains le pouvoir entier sur le pays français. L’impatience de porter enfin la couronne sur sa tête ne l’avait jamais autant brûlé qu’en ce jour de printemps. Peut-être parce qu’enfin il était seul à avoir la possibilité d’y prétendre possession ? Sans doute.

Quant à la jeune femme ? Elle fut pendue le lendemain. Charles fut persuadé qu’il avait fait preuve ici d’un geste de bonté rare. Sa dynastie s’annonçait si féroce qu’il était encore plus enviable d’être mort que de devoir l’essuyer.

Oh bien entendu, il y eu des révoltes dans les rues de Paris ainsi que des guerres civiles presque immédiates dans les champs et les rameaux. Mais le Prince n’en eut cure. Il se savait légitimement en droit d’être assis sur le Trône d’or qui avait porté autrefois ses ancêtres. Il n’y avait pas à dire, ce fut bien l’une des rares fois où il bénissait le sang coulant dans ses veines pour toutes les possibilités qu’il lui offrait.

Le peuple le détestait, alors ? Qu’importe, ce n’est pas comme s’il n’avait guère eu l’occasion de se sentir haït dès sa plus tendre enfance, pour ne pas dire sa naissance. Le seul « amour » qu’il eut jamais connu et qu’il oubliât bien vite car il était bien trop tôt dans sa jeune vie pour qu’il ne s’en souvienne ne serait-ce qu’un peu, c’était celui de sa défunte mère. Ainsi que d’autres petits éclats trop fragiles pour lutter contre l’océan de noirceur statuant en son cœur désormais. Il n’avait jamais vu cette femme, Eleonore de France, qui se sacrifia pour lui donner la vie en ce maudit jour d’Octobre, plus de deux décennies auparavant. La seule image qu’il pouvait se faire d’elle était celle peinte par les grands artistes et accrochées en portrait aux murs du Château.

Une très belle femme, à la chevelure aussi certainement blonde que ses yeux reflétaient l’herbe des prairies de printemps. Son visage avait de fins traits et son expression était si douce lorsqu’elle souriait que l’on pouvait se demander si le lien de parenté avec Charles ne s’arrêtait pas à la ressemblance physique seulement. Lui, à chaque fois qu’il s’arrêtait à contempler ce vestige de sa mère, gardait une mine lourde, souvent accentué par le froncement de ses sourcils.

Ce n’est pas qu’il haïssait sa mère mais peut-être… Qu’égoïstement, sans vouloir se l’avouer à lui-même, il lui en voulait de ne pas avoir survécu à son accouchement. Avec elle, il perdit tout espoir de connaître un jour l’amour maternel. Sans doute aurait-il été heureux de connaître ce sentiment au moins une fois dans sa vie.

Mais qu’importe. Avoir subi une carence affective ne le rendait que plus cruel et déterminé dans sa démarche pour écraser les rébellions et autres révoltes du même genre. On voulait le détester ? Fort bien, qu’ils le fassent, ces fantassins improvisés aux allures pâlottes copiés sur celle des bouffons du roi - selon ce dernier. Quelle farce de mauvais gout !

Détruire les noyaux de résistants occupait les journées de son altesse royale et de sa garde personnelle qui, en quelques instants seulement, étouffait dans l’œuf les espérances traitresses de ces hommes et ces femmes qui ne le voulaient pas sur le trône. Les individus masculins eurent la tête tranchée à la hache et les femmes furent mises sur des buchers puis brulées vives au nom de la Sainte Eglise Catholique. Après tout, elles étaient contre le Roi et donc l’autorité de la couronne, aussi ne méritaient point de continuer une vie telle que la leur sur terre. Sorcières, voici comment on les appelait.

Devenir l’avatar de l’amertume du peuple sur lequel on crache son venin de haine ne parut pas réellement changer Charles, en apparence du moins. Il avait l’habitude d’être vu ainsi depuis tout jeune alors ce n’était sans doute pas cela qui allait avoir un impact sur lui et sa capacité à tout garder pour lui. Un véritable glacier, cet homme ; atteint ni par la colère, ni par la joie, mais seulement animé par le sadisme et le côté obscur de l’humanité qu’il laissait surgir de son être dès lors que les jugements tombaient sur les têtes des prisonniers. Il n’y eut jamais autant de condamnés à mort durant aussi peu de temps de règne. Le nouveau roi voulait montrer l’exemple d’une façon frappante, pour que tout le monde se souvienne de son nom à travers l'histoire.

Certains se faisaient remarquer par leur bonté et leur humanisme, lui se serait par son intransigeance et sa volonté de glace à toujours avancer droit devant, sans laisser leur mot à dire aux rebelles qu’il écrasait avec bonhomie de sa semelle lourde et royale.

Pourtant, les apparences se trompaient lourdement et ce changement de statut, le faisant passer de Prince de l’ombre à Roi tant exécré, ne fit que durcir encore un peu plus son cœur, déjà bien endolori par le froid de la carapace l’entourant, celle-là même qu’il s’était forgé au cours du temps avec une bonne contribution de la part de son propre père aujourd’hui décédé pour son plus grand bonheur.

Le malheureux souverain dirigeait et gouvernerait de cette façon aussi longtemps que durerait sa dynastie ; c’était bien plus qu’un choix, c‘était une promesse à lui-même qu’il venait de se faire. Rien d’autre ne comptait à part le fait de tenir le pays d’une main de fer comme personne avant lui ne l’avait fait, pas même le précédent monarque. Charles avait une profonde envie de se démarquer des autres. Sans doute était-ce une grande partie de sa motivation à agir de la sorte, avec une froideur encore jamais égalée par un possesseur de la couronne.

Plusieurs mois s’écoulèrent sous les coups et le sang versé à la surface des pavés parisiens. Malgré ce que l’on aurait pu penser en ces temps-ci, où forcer le peuple à obtempérer n’était plus la meilleure manière d’agir pour avoir ses faveurs, cette tactique finit par porter ses fruits juteux à la bouche du nouveau Roi en place. Les courtisans de la cour comme les modestes manants des rues commençaient à se faire à cette façon d’agir et même, par endroit, à aimer de plus en plus le principe mis en place par sa Majesté.

Il gérait la nation avec une main brutale certes, mais ferme et protectrice par la même occasion. Les guerres avec les pays voisins étaient plus facilement remportées avec cette organisation stricte et quasiment militaire. Parfait, il gardait la France de redoutables prédateurs et c’était là un acte honorable et honoré. Il fut dès lors de plus en plus apprécié et bien moins décrié par les sujets de son Royaume. Même s’il se fichait éperdument de ce que l’on pouvait penser de lui, Charles n’en restait pas moins humain dans les tréfonds de son être et entendre des louanges à son sujet ne faisait, certes pas changer son masque facial de sa constante frigidité singulière, mais au moins il était satisfait des tournures que prenaient les choses. Il avait fait plier le pays à la seule force de ses bras et de sa cruelle volonté, qu’il en soit ainsi, il avait vaincu le peuple sur lequel il régnait en maître dès cet instant crucial.

• CHAPITRE CINQUIEME •
"La femme mariée est un esclave qu'il faut savoir mettre sur un trône."
Honoré de Balzac

Il y eu pourtant un moment, terriblement faible sur l’échelle de sa vie, où le terrible Tyran Royal aurait pu s’ouvrir un peu davantage et ne plus donner cette image de lui, froide et détestable. Ce jour où il aurait pu aisément tomber amoureux, comme son père avant lui, de la femme qu’on lui offrait pour devenir sa Reine, sa compagne avec laquelle il partagerait pouvoir et responsabilités.

Il n’avait à l’époque de vingt-trois printemps et avait eu accès au Trône seulement quelques mois auparavant. Il était donc l’égérie d’un Roi en pleine santé, sachant gouverner, honorant de par ses actions le sang coulant dans ses veines. Le meilleur parti du pays. Aucunes jeunes filles ne se seraient directement refusées à lui, c’était certain, et plus d’une en serait tombé littéralement amoureuse sur le champ si elles avaient été choisi pour devenir Souveraine à ses côtés – à moins que ce ne fusse par l’attrait du gain en pouvoir qu’elles se laisseraient conquérir, ceci ne fut jamais déterminé.

Diane, c’était son prénom. Simple, doux et terriblement beau. Rien qu’à l’entendre, Charles se laissait aller à sourire comme jamais, fait exceptionnellement rare pour lui, inutile de le cacher. Même ses domestiques le croyaient souffrant lorsqu’ils le virent se mêler à la foule de cette réception – alors que d’ordinaire il détestait ce genre de mondanités déplacées -, cherchant sa promise du regard, ou toute autre personne qui fût en mesure de le renseigner sur l’endroit où cette dernière pouvait bien se trouver.

Cette soirée fut l’apogée de sa sociabilité puisqu’il s’arrêtait souvent pour converser avec certains de ses marquis et nobles de la Cour. Plus étrange encore, il engageait lui-même certaines conversations ! Durant ces quelques heures, le Roi de France était totalement différent, comme si les divinités au-dessus de sa tête avaient étés curieuses de voir ce que donnerait le Souverain en s’ouvrant un peu aux autres. Alors, manipulation des Dieux ou simple complexité comportementale ? Difficile de déterminer avec exactitude ceci. Peut-être qu’un jour, le temps nous chuchotera à l’oreille, tout doucement, dans la brise, la clef à cette opaque énigme. Mais pour le moment, cela n’est guère dans les cordes de l’arc d’Artémis, aussi nous laisserons cette interrogation de côté si vous le voulez bien.

Enfin, Charles parvint à rencontrer les personnes tant attendues, dont Diane. L’intégralité de sa famille avait insisté pour venir avec elle à cette soirée décisive pour son avenir de future Reine. C’était la seconde fois que le Roi la rencontrait en vingt-trois années, semblant si longues et fades tout à coup. Lorsqu’on lui avait présenté la jeune femme la toute première fois, elle n’était encore qu’un nourrisson innocent gigotant dans son berceau tandis que le jeune homme portait déjà dix ans de vie sur ses épaules encore peu assurées.

Ce jour-là il avait déglutit, ne trouvant aucun intérêt à cette petit chose fripée et molle remuant dans son couffin sans arrêt et couinant à longueur de temps. Un bébé. Il avait décidé de ne jamais en avoir puisque c’était cela ! Résolution enfantine qui s’étiola avec le temps, au fur et à mesure que le temps coulait sur sa peau, le faisant grandir toujours plus. Car il était évident qu’il se devait d’irriguer de son sang une nouvelle génération d’héritiers, pour lui succéder quand le moment serait venu.

De plus, le précepte du vilain et noir petit canard devenu magnifique cygne blanc avec les années s’appliquait à merveille ici. Cette jeune femme, bien qu’elle soit dix ans plus jeune que lui, était d’une beauté insoutenable, révoltante. Son apparence de sylphide, de muse artistique ou encore d’ange tombé du Ciel pour gouverner parvint à renverser le cœur de Charles qui ne cessait de la dévorer du regard avec avidité. Ses yeux charmés n’étaient jamais lassés de la détailler intégralement, de haut en bas et de bas en haut, si bien que même lorsqu’il prenait sur son temps pour parler avec sa mère, le père ou les autres membres de cette famille, ses orbes ne la lâchaient pas le moins du monde. Dès qu’il le pouvait, c’est envouté qu’il s’arrangeait pour se tourner vers elle et capturer chaque image de sa personne, si splendide. Elle paraissait timide, assez mal à l’aise. Pourtant, le Seigneur Tout-Puissant seul saurait dire pourquoi mais ce petit « détail » ne fit que renforcer les sentiments en train d’éclore à son égard dans le corps de Charles. Il se laissait aller à connaître une sensation jamais encore ressentie au cours de son existence si froide.

L’expérience attisait sa curiosité et son être en lui-même était attiré, comme un aimant, vers cette source de questions intarissables. Tels les papillons allant d’eux même vers la lumière d’une flamme, s’y brulant les ailes, le Roi laissait grande ouverte la porte de métal de son cœur au Bifrost de l’Amour, chose dont il n’avait que peu entendu parler.

Et enfin, le moment tant attendu de la conversation entre Diane et son futur époux arriva et tous furent en émois devant le Monarque qui séparait de lui-même la distance ayant été laissée jusque-là entre son unité et la sienne. La « mise en bouche » terminé, il n’avait qu’une hâte, c’était de pouvoir jouir du plaisir d’ouïr le son de la voix de la jeune femme, qui se promettait aussi délicat que la soie et chantant que l’aube sur les murs du Palais Royal.

Avançant sa main droite gantée vers le beau visage de sa promise, le Roi se saisit de l’une de ses très longues mèches de cheveux clairs et la portait délicatement à son visage pour en humer le parfum, si agréable qu’il crût planer l’espace d’un instant. Penser que c’était avec cette ravissante créature qu’il allait gouverner le remplissait d’une joie difficilement dissimulable. Un présent divin pour un personnage de son importance. C’était logique dans un sens, et Charles remercia plus d’une fois cette notion au cours de la soirée, silencieusement.

Les paupières closes, profitant de la fragrance du fragment de chevelure encore un peu, le Roi réfléchissait. Devant le silence de l’assistance, désormais, il se devait de prononcer quelques paroles tant attendues. Il avait prévu de la féliciter dans un premier temps, pour sa beauté et sa splendeur irradiante. Une simple phrase avait germé dans son esprit maladroit avec les relations humaines ; « Permettez-moi de vous dire que je vous trouve ravissante, Mademoiselle. ». Voici ce qui descellerait ses lèvres, annonçant un renouveau total pour le Souverain.

Mais, malgré la préparation sommaire, rien ne se passa comme prévu. En effet, alors que les yeux vert de Charles se rouvrirent dans le but d’aller rencontrer la paire de la jeune femme lui faisant face, ce qu’ils captèrent eu le mérite de refroidir entièrement le courtisan qu’était devenu le Roi. Les sentiments qui transparaissaient dans ces yeux-là ? Bien qu’il ne soit en rien devin ou empathique, le blond avait très bien su les identifier, et pour cause, il les avait abrités en lui durant tant d’années que ne pas s’en souvenir relèverait de la stupidité la plus simple.

De la pitié, de la peur et un très subtil arrière-arôme de résignation. Après tout, il est vrai qu’on n’avait pas demandé son avis à Diane avant de l’offrir corps et âme à Charles, mais il espérait que son titre, ou du moins ses récits de guerre victorieux, ses exploits, la ferait un tant soit peu tomber sous le charme. Lourde erreur qu’il eut énormément de mal à accepter. C’était la première fois qu’il se méprenait – ou plutôt qu’il se faisait rejeter par une personne de sa convoitise. Les rejets apportent toujours douleur et souffrance, mais le tout premier est sans doute le pire de tous. Maléfice de Satan lui-même, il insinuait le doute sans vergogne dans les esprits et les âmes malmenées.

Pour la toute première fois de sa vie, Charles était déboussolé. Ne sachant comment agir –ou réagir- il libéra de ses phalanges surplombées de cuir la ligne de cheveux de Diane, lui rendant sa liberté de mouvements, auprès de ses nombreuses sœurs naissant du même crâne jeune. Puis, il sortit de la pièce en pivotant rapidement. Il ne fallait pas que quelqu’un puisse le voir dans cet état de faiblesse incongrue. Même lui ne comprenait pas vraiment ce qui lui arrivait, et la colère d’ignorer les fondements de son propre état grimpaient de plus en plus dans l’enceinte de son corps, faisant monter la température de l’individu.

Ses pas le menèrent jusqu'à la salle du Trône de laquelle il maltraita les portes ce soir-là en les ouvrants violemment. Mais ce n’était point là son objectif, détruire ce qui lui appartient n’a guère de sens pour lui, cet homme tellement égoïste. Avançant vers son siège royal alors que les portes se refermèrent seules, plongeant la pièce dans le noir le plus complet, Charles s’y affaissa lamentablement et se tint la tête de sa main gauche, dont le bras était soutenu par l’accoudoir luxueux. Comment tout cela avait-il pu lui arriver ?

Il ne pleurait pas, non du tout. Il ne savait plus comment faire de toute manière, et ce n’était pas un refus silencieux tel que celui-ci qui allait le retourner au point de lui tirer des larmes, impossible. Il avait connu bien trop de choses atroces pour se permettre tant de mièvreries en inepties mal placées. La seule chose qu’il aurait aimé comprendre, c’est la crainte qu’il ait vu dans les yeux clairs de Diane. Alors, il effrayait même les personnes qu’il n’avait jamais vues de son règne encore neuf ? Sa réputation faisait-elle si rage par-delà les murs de son habitation ? Il fallait bien croire que oui.

Les voix des courtisans s’élèvent dans le couloir proche de la salle du Trône. Sans doute doivent-ils le chercher, oui, c’est même très probable. Bien que blessé dans son orgueil et sa fierté, le Monarque ravala toutes ces pensées fades et futiles puis se remit debout, fier et droit, comme à son habitude. Qu’importe que Diane ai peur de lui, ils allaient se marier de toutes les manières qui soient. Même si après cette péripétie, le Souverain aurait volontiers refusé cette cérémonie déplaisante aux côtés d’une personne qui allait être terrorisée par sa simple présence, il n’avait pas le choix que d’obtempérer. C’était bien l’une des seules fois ou le Roi dû agir par obligation et non plus volonté. Pieds et poings liés, il ne pouvait faire autrement.

C’est ainsi qu’ils s’unirent devant la Croix Catholique, dans l’éteinte d’un mariage platonique. Leurs lèvres durent se joindre pour sceller à jamais leurs destins si différents l’un de l’autre devant le prêtre tout puissant. Mais ce fut bien la première et la dernière fois que les lèvres du Roi effleurèrent celles de la Reine et c’était très bien comme cela. Il ne fut en rien plaisant de se prêter à cette obligation douteuse, par laquelle Diane perdit son nom de jeune fille pour devenir officiellement la Majesté de France. Après, y a-t-elle acquis avantages ou désolation ? Son regard à lui seul pouvait répondre à cette simple question.

Ce mariage aurait pu faire renaitre chez Charles son humanité d’antan, mais le platonisme de ce dernier eu l’exact effet inverse. Il se referma encore plus sur lui-même qu’avant et redevint le Tyran qu’il avait mis de côté le temps d’une soirée. Les anges voulurent voir ce qui se passerait, et maintenant les voilà sans doute déçus. Si Diane avait eu un autre regard pour le Roi, sans doute les événements n’en seraient point arrivés là. Mais il est bien trop tard pour revenir sur une erreur pareille désormais, seul le temps peut éventuellement le faire disparaitre ou, tout du moins, l’adoucir au maximum.

Voici comment le semblant de premier amour du Roi devint une simple décoration pour sa compagnie. Triste vie n’est-il pas ?

• CHAPITRE SIXIEME •

Voici maintenant cinq longues années que le Souverain règne en Maître incontesté sur son Royaume, continuant d’y imposer sa sévère méthode de gouverner. Sa femme et Reine ne peut se targuer d’avoir eu beaucoup de conversation avec lui puisqu’il se contente de l’ignorer royalement où de lui répondre suffisamment froidement pour la faire taire pendant un long moment lorsqu’elle ose tenter de converser avec lui. Après tout, elle avait eu peur le jour où pour la première fois ils s’étaient vus en tant que futurs concubins, pourquoi ne serait-ce pas le cas après ? Elle l’avait rejeté, il ne lui restait plus qu’à assumer ce caprice puéril désormais. Il ne changerait pas pour elle, c’aurait été beaucoup trop lui demander. D’ailleurs, il se contentait assez bien de lui faire peur constamment, cela avait fini par lui plaire plus que raison et ce petit jeu semble sur la bonne voie pour continuer encore longtemps. Dommage pour la Reine qui devra le subir, tant mieux pour le Roi qui y trouvera un divertissement certain.

Néanmoins, heureusement pour Diane, d’autres occupations hantent régulièrement l’esprit de son époux, qui ne l’effraie pas durant ces rares moments de répit.

Un jour, le Chef de la Garde Royale Rapprochée vint près du Roi dans le but d’une entrevue en petit comité. Seuls, les deux hommes avaient longuement discutés de biens étranges sujets. Le militaire revenait d’un champ de bataille apparemment très mouvementé. En toute transparence, prenant le risque d’être prit pour fou à lier, il avoua au Monarque que le régiment dans lequel il avait été placé fut attaqué… Par de sordides créatures.

Étonné par ces aveux digne de Salem, Charles s’arrêta un instant dans la contemplation des jardins depuis sa fenêtre lorsque les mots « Vampire » et « Loups-Garous » surgirent de la gorge de ce malheureux. Il voulut en savoir plus. Ainsi, les explications plurent à grandes volées jusqu'à ses oreilles.

Il se vit décrire d’immenses bêtes chargeant les soldats avec la fougue de forcenées. Un pelage épais, des yeux percevant le moindre mouvement, une mâchoire armée d’un bout à l’autre de crocs immenses et surtout, des sens si aiguisés qu’il ne fut guère aisé de leur échapper. Ce fut là le tableau dressé des individus dit « Lycanthropes », ceux ayant du sang de loup coulant dans leurs corps. Impensable. Le Roi ne sut quoi penser de tout ça. Puis, vint le descriptif détaillé des personnes désignées comme étant des Vampires.

Leur apparence physique était plus trompeuse que le chant des Sirènes de légende. Aguicheurs, attirants, c’était tout ce que l’on pouvait dire d’eux. Leur beauté sans égal était l’une de leurs armes pour piéger les armées de soldats intrépides et inexpérimentés face à ce genre d’ennemis démoniaques. Mais ce n’était pas tout, bien au contraire. Dans leurs bouches sommeillaient une paire de crocs acéré, capables de percer n’importe quelle peau et d’extraire la vie des engagés en même temps que leur sang dont ils paraissaient se nourrir.

Les pertes furent immenses, des deux côtés. Pourtant les êtres « humains » en sortirent victorieux, au grand soulagement de chacun dans la pièce fermée où siégeait ce conseil si particulier entre le Roi et son Chef de la Garde Rapprochée.

Encore un peu septique tout de même, le Monarque jugea, par quelques mouvements de tête, qu’il valait mieux être prudent, au cas où. C’est de cette façon qu’une milice secrète fut mise au point. Regroupant hommes et femmes de tous horizons, elle avait pour but de les entrainer au combat comme personne, afin qu’ils puissent débusquer et abattre les vampires et autres lycans qui se baladeraient impunément dans les rues de Paris sous leurs trompeuses formes humaines. La rigoureuse méfiance était de mise. Ces « privilégiés » étaient mis dans le secret, au détriment du reste de la population. Une poignée d’élus devant combattre l’artifice malin de Satan par tous les moyens, à tout prix. Le Roi compte encore beaucoup sur eux pour ne jamais faillir à leur mission secrète, qu’ils ne doivent jamais révélées à quiconque, sous peine de lourdes représailles. Voici qui conclut ce passage surnaturel dont la couronne a à présent entière connaissance.

Un autre événement marqua un peu l’esprit de Charles. Ce fut lorsque une certaine Olympe de Belle-Joie fut annoncée comme tant sa sœur. Il n’en cru pas ses yeux, ni ses oreilles lorsqu’on lui apporta cette nouvelle. Pourtant, les directives de la missive étaient très claires. Ecrites de la main d’Henri de France, décédé depuis plusieurs années alors, elle ne permettait guère de remettre en question ce fait d’exception. Le Roi avait eu une aventure avec une bourgeoise et le résultat de cette sombre entreprise n’était autre qu’Olympe.
Charles se souvenait d’elle, en effet, pour l’avoir croisé à plusieurs reprises en soirée de bals. Il avait tout de même manifesté quelques orgues de politesse à son égard. Mais désormais, c’en serait fini de tout cela. Le Roi voyait cette annonce comme une énième trahison de la part de son père, qui continuait de rire de lui-même en étant six pieds sous terre. Sa seule consolation aura été d’avoir été le seul garçon de la royale descendance. Aucun risque que l’on puisse lui retirer le pouvoir, donc. Parfait. Olympe servirait donc d’apparat pour la couronne, donc. Rien de plus et rien de moins.

La Cour est toute prête à vous accueillir, chers amis humains ou dissimulés sous cette forme plus qu’hypnotisante, sous des masques de chaire parfaitement portés. De quel côté du Roi vous rangerez vous ? Serez-vous son dévoué sujet ou… l’un de ses Ô combien nombreux secrets ennemis ? Le choix vous est soumis cher(e) ami(e), faites-vous honneur !

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MessageSujet: Re: Charles De France ••• Rougoyeant Soleil   Sam 1 Oct - 11:45

Par décret royal, j'annonce cette fiche prête à recevoir le glaive de la validation.

Oui, le Roi avait tout prévu/out
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MessageSujet: Re: Charles De France ••• Rougoyeant Soleil   Sam 1 Oct - 14:03

••• Bienvenue parmi nous


AAAAAH MON CHER FRERE! C'est PAR-FAIT! Mais tu t'en doutes ♥ J'aime toujours autant cette fiche! J'aime toujours autant ton horrible Charles! Krrkrr ♥
Tu est donc validé(e)! ♥

Le test d'entrée passé, te voilà désormais une NOBLE HUMAIN.
Tu peux dés à présent aller recenser ton avatar, chercher des partenaires de rp et poster une fiches récapitulative de tes relations que nous te conseillons d'aller consulter pour une intégration rapide.

N'hésites pas, également, à apporter ta pierre à l'édifice d'Ex-Cathedra, nous comptons sur toi.  Bon séjour parmi nous et n'hésite pas à nous solliciter si le besoin en est.
Victoria.
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MessageSujet: Re: Charles De France ••• Rougoyeant Soleil   

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